‹ La guerre de Sept ans [microforme]Chapitre 212 sur 230 · FRÉDÉRIC A HENRI · texte numérisé non relu

FRÉDÉRIC A HENRI

l'attaque pour le lendemain et tout en se félicitant de sa victoire était loin de la croire complète. Dans sa lettre au prince Ferdinand, il attribue à Daun 55 bataillons et 113 escadrons, tandis qu'il n’en avait eu de présents à l'affaire que 23 bataillons e’ 78 escadrons; ce serait aux belles charges des 13 escadrons de Czettritz et de Werner conduits par le colonel Lossow qu'il faudrait imputer le succès. « Cinq bataillons autrichiens et cinq du prince de Bevern ont été dans le feu; le reste a été spectateur. Voilà le plus singulier combat de cette guerre. L'affaire a commencé à 5 heures de l'après-midi et à 7 heures tout était fini. »

Le lendemain, Frédéric écrit au prince Henri : « Voici une nouvelle à laquelle vous ne vous attendiez pas : La nuit du 17 au 18, Daun s’est retiré avec toute l’armée à Wartha. Aujourd’hui, s'entend cette nuit, il en est parti une colonne, prenant le chemin de Braunau, l’autre celui de la Moravie.. Vous jugez bien que ce n’est pas nous qui l'avons fait fuir, il faut donc que les nouvelles de Turquie aient donné (lieu) à cet événement qui assurément n’est point dans l’ordre naturel des choses. »

Montazet reconnait que l'essai de débloquer Schweidnitz n’a pas été tenté sérieusement : « L'armée a campé (1) le 18 à Warta, le 19 à Mitelchtein, et vient de prendre sa position dans les environs de Cherfenick. J'ai tort de dire l’armée puisqu'elle est divisée aujourd’hui en 5 corps, savoir : l’un à Warta, aux ordres de M. de Beck; Vautre à Silberberg, aux ordres de M. ae Volgesian; le troisième à Thonhausen, aux ordres de M. Haddick; le quatrième à Dietersbach, aux ordres de M. de Brentano, et le reste dans ce camp-ci avec M. le maréchal Daun, qui occupe un point central, afin d'être également à portée

(1) Montazet au duc de Choiseul, Cherfenick, 20 août 1762. Archives de la Guerre.

de soutenir les # corps qui défendent l'entrée des gorges qui pénètrent dans le pays de Glatz.

« M. le maréchal m'a dit qu'il avait fait ce plan avec ses généraux qui connaissent le mieux le pays, et que, moyennant cela, il était décidé à soutenir cette position; que, si l’ennemi allait en Saxe ou en Bohême, il serait plus à portée que partout ailleurs d'y envoyer du secours. Il m'a dit aussi que c'était pour avoir plus de temps à fortifier sa position qu'il avait pris le parti de quitter aussi promptement la Silésie, d'autant qu'il n'espérait en aucune façon pouvoir délivrer Schweidnitz, puisque les positions qu'avaient prises MM. de Wurtemberg et de Bevern détruisaient la seule espérance qu’il avait eue de surprendre l'ennemi et de gagner avant lui le camp de Kelcht, qui est au pied du Zobtenberg. Il est vrai qu’il aurait fallu que le Roi eût été bien différent de ce qu'il s'est montré jusqu'ici pour faire une pareille balourdise. Aussi n’ai-je cessé de dire que nous ne ferions que des pas pour le moins inutiles; et si l’on m'avait cru, nous aurions tenté un moven bien plus décent et qui, je crois, aurait donné de Ja tablature à l'ennemi. Mais on a trouvé, comme j'ai eu l'honneur de vous le mander, mon projet trop difficile à exécuter, et on a préféré la promenade que nous venons de faire, dont on doit être, je crois, peu satisfait. Au moins aurais-je resté quelques jours de plus dans les plaines de Silésie, n'eût-ce été que pour manger le pays et pour prévenir les mauvais propos qu'on tiendra sur notre prompt retour dans la montagne. Je l'ai représenté à M. le maréchal Daun, qui m'a répondu qu'il croyait inutile de perdre en Silésie un temps qu'il comptait employer beaucoup plus utilement à fortifier les positions qu'il voulait tenir; que c'était l'avis de tous ses généraux, et que, d’ailleurs, les dernières nouvelles qu'il avait eues de Schweidnitz lui faisaient craindre que la place ne tint pas longtemps, que

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