LETTRE DE MONTAZET
c'était une raison de plus pour précipiter son départ. »
Dès le lendemain du combat de Reichenau, le 27 août, Daun avait écrit au (1) gouverneur Guasco pour l’autoriser à traiter : « Vous avez vu hier la tentative que j'ai faite pour me mettre à mème de lever le siège; mais puisque cela est impossible, je reprendrai demain la position que j'avais avant de déboucher dans la plaine. Ainsi n'étant plus moyen de vous délivrer et selon votre billet du 13, puisque vous êtes déjà si pressé. » I] l’autorise à rendre la place à la condition d'obtenir la libre sortie pour sa garnison. Cette proposition fut repoussée par Frédéric. Malgré cet accueil peu encourageant, le gouverneur Guasco qui parait avoir eu peu de confiance dans la durée de la résistance, adresse à Tanentzien le colonel Aspe avec mission de continuer les pourparlers; il offre cette fois une reddition sous réserve que la garnison ne servirait pas pendant une année. Nouveau refus du Roi.
Ne pouvant obtenir des conditions honorables pour la garnison, la cour de Vienne revint à l'espoir de relever Schweidnitz. Quant à Daun, son principal souci était de couvrir les approches du comté de Glatz et de la Bohème. « Nos positions, écrit Montazet (2) sont devenues des citadelles par la quantité d'ouvrages, palissades et abatis qu'on y a faits, aussi avons-nous abattu pour plus de 2 millions de florins de bois. L’ennemi de son côté en a fait autant. » Quelques jours après, il donne des nouvelles du siège (3) : « Le siège de Schweiïdnitz va toujours son train, mais Dieu merci très lentement. Il est impossible d'avoir une opinion juste sur l’époque de la
-(1) Daun à Guasco, 17 août 1762. Arneth, vol. VI, Annexes, note 559. (2) Montazet au duc de Choiseul, Cherfeneck, 3 septembre 1762. Archives de la querre.
(3) Montazet au duc de Choiseul, Cherfeneck, 7 septembre 1762. Archives de la Guerre.
prise de cette place, parce que le roi de Prusse ne fait pas un siège comme un autre et qu'il attend tout de l'effet du canon. 11 chemine d'ailleurs, autant qu'on en gent juger de fort loin avec une lunette, par une seule sappe. Jugez par là de la lenteur et du peu de solidité de son travail. »
Le 17 septembre, Daun lui confie un projet de relève. IL s'agissait de percer cette fois le blocus par les hauteurs de Koengerichdorf et Kassendorf, « ce qui entrainerait une marche de deux jours dans les montagnes ». Le projet lui paraît inexécutable aussi bien qu'à Daun, mais comme il émane de Laudon, le maréch: le soumet à la cour et s’y conformera s'il est approuvé. « L'on peut (1) et l'on doit s'attendre, selon moi, ajoute le Français, à une bonne déroute de notre part, supposé que le roi de Prusse ne soit pas apoplexié pendant les deux jours que nous marcherons à lui. » Le 20 septembre arrive la réponse de Vienne; la cour accepte le projet Laudon malgré les risques qu'il comporte; l'exécution qui devait être immédiate a été « différée à cause du temps épouvantable ». Montazet est très inquiet (2) : « Je crois de bonne foi qu'il n’y a personne ici qui connaissant le fond de l'entreprise, n’a prié Dieu pour qu’il pleuve longtemps. » En ce qui concerne le siège : « Le Roi ne paraît pas plus près de la place qu’il ya quinze jours. Reste à savoir ce qu’il fait sous terre. » Le 22, Montazet (3) annonce de nouveaux ajournements « Nous sommes prêts à marcher depuis longtemps, mais tantôt des chemins impraticables, tantôt de nouveaux abatis de la part de l'ennemi, tantôt des postes que l’on
(1) Montazet au duc de Choiseul, Cherfeneck, 17 septembre 1762. Archives
de la Guerre. à | (2) Montazet au duc de Choiseul, Cherfeneck, 20 septembre 1762. Archives
de la Guerre.
(3) Montazet à Chatelet, Scherfeneck, 22 séptembre 1762. Archives de
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