CAPITULATION
à gauche du chemin couvert, mais l'ennemi ayant fait des traverses avec des gabions, il en sortit un feu très vit de mousqueterie pendant le reste de la nuit et nous perdimes beaucoup de monde. Nos gens se retirèrent dans les entonnoirs; ceux-ci étant battus de revers par la flèche de Striegau, nous ne laissâmes qu’une trentaine de grenadiers dans les entonnoirs. » A en croire ce récit emprunté au journal du siège du major Lefebvre, la place devait être en état de prolonger encore la résistance. Néanmoins, vers 9 heures du matin le 9 octobre, on battit la chamade. Guasco avait réuni un conseil de guerre; tous les membres à l'exception du géuéral Giannini et d’un major d'artillerie qui croyaient encore à la possibilité d’une sortie en masse, opinèrent pour la capitulation ; eile fut signée le même jour. Marie-Thérèse récompensa largement (1) la conduite des défenseurs de Schweidnitz. Des 3 généraux, Guasco fut promu « felazeugmeister », Giannini et Gribeauval furent nommés « Feldmarshall ». Les officiers reçurent une gratification de 6 mois ou d’un an de solde, les soldats d’un mois. La garnison prisonnière de guerre fut dirigée sur l'intérieur de la Prusse.
Schweidnitz se rendit aux dures conditions imposées par le Roi après un siège de 6% jours. La garuison se composait encore de 9.000 hommes; elle avait éprouvé une perte de 32 officiers et 1.248 soldats tués ou morts de leurs blessures, 52 officiers et 2.218 blessés, celle des assiégeants était à peu près égale : 20 officiers et 1.110 soldats tués ou morts de leurs blessures; #8 officiers et 2,000 soldats blessés. Dans la forteresse, les vainqueurs trouvèrent 60 canons de fonte, 30 de fer, #6 mortiers, 2 obusiers, 1.002 quintaux de poudre. Avec la chute de Schweidnitz, se termine la campague de Silésie, sa résis-
(1) Arnetb, vol. VI, p. 343.
tance inattendue avait retenu le roi beaucoup plus longtemps qu’il ne pensait.
Aussitôt la place rendue, le Roi avait détaché sur la rive droite du Bober, à Hirschberg où il arriva le 17 octobre, un corps de 20 bataillons, 55 escadrons et 60 canons de parc sous les ordres du comte de Neuwied; l’a- | | vant-garde du général Schmettau fut poussée jusqu’à la JE Lusace supérieure. Daun imita aussitôt ce mouvement en faisant marcher sur Zittau le prince Albert de Saxe avec une partie des troupes postées à Trautenau; en même temps il resserra ses cantonnements et ne laissa dans ses ouvrages de campagne que des piquets. Frédéric donna ordre à Neuwied de continuer sa marche vers Dresde et envoya le brigadier Stechow avec 6 bataillons et 10 escadrons prendre sa place à Hirschberg. Les 20, 23, et 26 octobre de nouveaux envois de troupes furent dirigés vers la Haute-Silésie, et vers la Saxe. Enfin, le Roi de sa personne partit le 31 pour l'électorat après avoir remis le commandement au duc de Bevern. Des deux côtés, on Ml, était las de faire campagne; aussi se mit-on d'accord 4 pour la trêve habituelle de l'hiver qui fut signée le 24 novembre et qui s’étendit à la Silésie et à la Lusace.
En Saxe, les hostilités s'étaient poursuivies pendant le mois d'octobre et après quelques vicissitudes de forlune s'étaient terminées par une brillante victoire du prince Henri.
Le changement de commandement de l’armée de Saxe s'était opéré au commencement de septembre: Marainville (1) en annonçant l’arrivée de Hadick déclare que « Serbelloni est parti peu regretté ».
Le siège de Schweïdnitz était loin d’être terminé que déjà le Roi échangeait avec son frère ses vues sur la suite à donner aux opérations. Il envisageait la prise de Dresde
(1) Marainville au duc de Choiseul, Dresce, 13 septembre 1762. Archives de la Guerre. à
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