‹ La guerre de Sept ans [microforme]Chapitre 25 sur 230 · SRE ENS REE TON ENTREE · texte numérisé non relu

SRE ENS REE TON ENTREE

FORTIFICATIONS DE L'ILE. iù

que de puiser dans le mémoire d’un officier français qui s’est fait l'historien consciencieux de l’entreprise britannique. Située à 10 lieues de Port-Louis et à # lieues de Quiberon, l'ile de Belleisle couvre une superficie de 128 kilomètres carrés ; elle possède deux ports : Sauzon et le Palais, tous deux sur la côte qui fait face au Morbihan. En 1761 la seule fortification permanente était la citadelle du Palais, reconstruite par Vauban et munie (1) de « quatre bastions irréguliers avec enveloppe, chemin couvert, demi-lunes et cavaliers, fossés larges et profonds taillés verticalement dans le roc, beaux remparts dont la ligne imposante pouvait mettre en batterie 80 à 100 bouches à feu ». En 1747, les points les plus exposés du rivage, et notamment la plage du Grand-Sable, avaient été protégés par des redoutes et par des ouvrages en terres. Pour la défense, le gouverneur de Sainte-Croix disposait de 3 bataillons réguliers, d’un de milice, d'une centaine d’artilleurs et de quelques centaines de gardes-côtes moitié canonniers, moitié fusiliers. Le personnel officier des armes savantes était représenté par 4 artilleurs et par 3 ingénieurs, sur lesquels deux rejoignirent après le début des opérations.

Aussitôt arrivés en vue de l’ile, le 7 avril, le général Hodgson et le commodore Keppel (2) reconnurent la côte, ils se mirent d'accord pour essayer un débarquement à Andra, près de la pointe de Locmaria ; à l'effet de détourner l'attention des Français, une démonstration serait effectuée dans les abords de Sauzon. La journée se passa en manœuvres et en préparatifs pour la mise à terre des troupes, quelques coups de canon furent échangés avec les batteries de Sauzon.

(1) Le Cauchois Feraud, lieutenant au 7° de ligne. Mémoire manuscrit sur le siège de Belleisle. 1841. Archives dela Guerre

(2) Hodgson à Pitt, 12 avril 1761. Keppel à Clevland, 13 avril 1761. Record Office. — Relation de Sainte-Croix. Archives de la Guerre.

Le 8 de très bonne heure, les chaloupes et bateaux plats furent assemblés; 3 vaisseaux de la flotte avec quelques bâtiments de type inférieur doublèrent la pointe de Locmaria et gagnèrent la baie du Sable où le débarquement devait se faire. Le petit fort qui défendait la plage fut bientôt réduit au silence et aussitôt, sur un signal du bord, les embarcations firent force de rames vers la terre. Les Français étaient prêts à recevoir l'attaque. Dès le matin, Sainte-Croix avait acquisla conviction que l'objectif anglais était le port Andra au delà et à l’est de la pointe Locmaria ; il y porta aussitôt le gros de ses forces. Voici en quels termes le mémoire déjà cité décrit l’action : « A droite et à gauche de l'ouverture du port Andra, lorsque la mer est haute, elle bat aux pieds de rochers très élevés et très escarpés, surtout vers la gauche, maisau momentde la basse mer, le rivage offre une plage de sable assez étendue ; c’est ce point que les Anglais avaient choisi pour débarquer. Vers deux heures, 36 bateaux plats portant chacun au moins 100 hommes s’avancèrent en 3 divisions ; les deux premières de neuf, et la troisième de dix-huit. Aussitôt (le régiment de) Bigorre se porta du côté de Magouric et s’y mit en bataillesur la hauteur, la droite appuyée au village de Kernodis, tandis que la gauche étaitun peu en avant de la chapelle Sainte-Foy; neuf compagnies du régiment de Nice se rapprochèrent de Port-Andra.

« Les troupes qui montaient la première division de la flottille ennemie mirent pied à terre, les unes à droite, les autres à gauche ; le plus grand nombre au centre. Le régiment de Bigorre était descendu dans l’anse gauche du port Andra pour mieux observer leurs mouvements ; on s’apercut qu'un des bateaux avait abordé sur la droite de Locmaria, dans un escarpement où l'on ne pouvait guère s’attendre à être attaqué, et que cent grenadiers anglais, après avoir gravi des rochers jugés inacessibles, s'étaient déjà formés sur la hauteur.Les deux capitaines Dumont et Grau,

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