ÉCHEC DES ANGLAIS
quicommandaien, les piquets de Bigorre plus rapprochés, se portèrent spontanément à leur rencontre, essuyèrent leur feu, les chargèrent à la baïonnette et les culoutèrent en peu d'instants; tous furent tués ou blessés, à l'exception de cinq que l’on vit fuir et regagner les bateaux. Dumont fut tué et Grau blessé. Sur la droite, la descente fut aperçue parun capitaine de Nice qui attaqua brusquement l'ennemi avec trois compagnies de son régiment, et après l'avoir repoussé, se porta derrière un retranchement d’où il découvrait les Anglais et pouvait faire sur eux un feu soutenu.
« Au centre, Bigorre, cinq compagnies de Nice et les gardes-côtes, secondés par le feu de la droite, chargèrent les ennemis avec tant de vigueur qu'ils furen! dispersés avant d’être entièrement formés; presque tous furent tués ou pris; fort peu purent se rembarquer ; quelques bateaux coulèrent bas; on fit 285 prisonniers, dont 15 officiers, parmi lesquels un lieutenant-colonel et le général major qui commandait cette première division, on estime que les Anglais perdirent environ 800 hommes tant tués que noyés. » Le récit anglais (1) évalue la perte à environ 500 hommes. D’après le rapport de Sainte-Croix (2) es Français ne perdirent que 2 officiers, 16 soldats tués et 7 officiers et 69 soldats blessés.
La démonstration sur Sauzon, entreprise avec une partie de la flotte et 3 bataillons, fut contrariée par l'état de la mer et ne sembls pas avoir détourné l'attention des Français.
Des incidents du 8 avril, le général Hodgson et le commodore Keppel (3) donnèrent une relation qui ne diffère guère de celle que nous venons de reproduire. Le commodore, dont la dépêche est postérieure de 5 jours à
(1) Annual Register, 1761, p. 16.
(2) Sainte-Croix. Relation de la descente du 8 avril. Archives de la Guerre, (8) Hoägson à Pitt, 12 avril 1761, au large de Belleisle. Record Office.
48 LA GUERRE DE SEPT ANS. — CHAP, Il.
l'affaire, se montre découragé. « Une tempête, survenue très vite après notre retraite, a causé tant de dommages en fait de pertes d'ancres et de bateaux plats que cela prend beaucoup de temps pour se préparer au parti futur que l'on estimera praticable. La capture de 22 bateaux plats diminuera nos moyens d'action et les rendra inférieurs à ceux qui ont servi pour la première tentative. » D’après Hodgson, « toute l'ile est une fortification et où le eu que la nature n'a pas contribué à cet état de choses a été largement suppléé par l’art, l'ennemi y ayant travaillé sans relâche depuis la visite de Sir E. Hawke au conrs de l'hiver dernier ».
Pendant plus de 15 jours, l'état de la mer empêcha tout nouvel essai de prendre pied sur lil: Le duc d’Aiguillon (1),quicommandait les troupes de Bretagne, mitce répit à profit pour faire passer des secours; malgré le blecus, quelques officiers d'artillerie et du génie et un détachement de 50 canonniers gardes-côtes originaires de Belleisie réussirent à regagner leurs postes. Sainte-Croix fit de son mieux pour tromper l’ennemi sur le nombre et la composition des défenseurs de l’île; :l fit promener sur la côte 50 volontaires du régiment de Nice en vestes rouges montés sur les chevaux du pays. Ses efforts furent admirablement secondés par toute la population, y compris l'élément féminin. « Les femmes de l'Isle demandèrent en grâce de faire le même simulac:c pour n'être point absolument inutiles et formèrent un escadron toutes vétues avec des casaquins rouges. Celles qui n'avaient point de chevaux montèrent sur des vaches et firent nombre du côté opposé à la mer. D’autres se chargèrent de aire les patrouilles dans les lieux les plus escarpés. Tout le monde veut être employé dans l'Isle, et on est obligé de mettre des sentinelles à la porte des fours pour empècher les
(1) Aiguillon à Choiseul, Quiberon, 21 avril 1761. Archives de la Guerre.