PRISE D'ARCUTE PAR LES ANGLAIS
n'a tenu que vingt heures, et de cinquante bl:nes que
j'ai eu de la peine à y faire entrer pour le défendre.
Les ennemis ont merché à Arcote que je ne suis point en état de secourir, l'officier n'ayant, à la lettre, pas de quoi y manger, et n'ayant pa:, également à la lettre, deux cenis pisto'es pour mettre en mouvement huit ou dix pièces de campagne. »
À partir de ce moment, Lally, qui pendant l'expédition de Vandavachy s'était montré sinon tacticien habile, tout au moins chef énergique et brave, parait avoir cédé à l'abattement ct s'être abandonné; retiré à Pondichéry, ilse désintéresse des opérations militaires et laisse les Anglais s'emparer l’une après l’autre des villes du Carnatic qui étaient restées entre les mains des Francais. Il semble que Cootc aurait pu profiter de la défaite et de la retraite préc'-"tée de l’armée de Lally pour tenter un coup de main sur Pondichéry ; il préféra une procédure plus méthodique et passa les mois de février et de mars à enlever les postes avec les garnisons que le général français y avait imprudemment laissées. Le 29 janvier, les Anglais prirent possession presque sans résistance de Chetteput où ils ramassèrent une soixantaine de soldais français, 300 cipayes et 73 hlessés de la bataille: le 2 février ils étaient devant Arcote que Zulaphee Zuig et ses mahrattes avaient délaissé ; le 9 la place capitula après une caronnade de 4 jours ; onze officiers et 236 scldais européens se rendirent prisonniers. L'effet moral de la prise d'Arcote *:t ronsidérable sur l'esprit des indigènes qi jugèrent la cause francaise perdue; le découragement avait gagné ce qui restait de troupes régulières. Coote signala (1) l’arrivée dans son camp de 27 hussards (2) avec armes et bagages; il put même
(1) Coote à Barrington, Valdoor, 1°" juillet 1700. Newcustle Papers.
(2) Ceëte désertion eut lieu à la suite d’une émeute causée par les retards apportés au paiement.
organiser avec les déserteurs un corps qui porta la dénomination de volontaires français et qui fut activement employé contre leurs compatriotes. De tous les postes francais le seul qui opposa une résistance sérieuse fut le fort de Permnola dont la prise coûta à l’assiégeant 127 tués et blessés; parmi ces derniers était Coote luimême. Sa blessure ne l’empêcha pas de marcher avec sa cavalerie, en grande partie indigène, sur Pondichéry. À un mille des limites (1) du territoire de la ville, il prit le contact avec un détachement français qui se retira sans combattre, abandonnant son camp et un canon. Après uue courte reconnaissance de la ville, Coote rejoignit son armée et recut la reddition de Alumparva avec les 200 combattants qui y étaient enfermés. La campagne continua par la prise de Karikal le 3 avril après « une pauvre défense » de la garnison de 438 hommes; les Anglais avaient dû leur succès au concours de 800 soidats marins et d'infanterie de marine débarqués par l'amiral Cornish et à l’arrivée opportune d’un petit détachement venu de Trichinopoli. Quelques jours auparavant, l’armée principale, sous les ordres de Covte, s'était emparée de l'importante localité de Valdoor située à 9 milles de Pondichéry. Le voisinage de l'armée francaise, dont les avant-postes étaient à 300 mètres du camp anglais, rendait l'attaque fort scabreuse. Coote, qui s'attendait à un effort de la part de Lally pour secourir Valdoor, chercha à tromper son adversaire par des démonstrations auxquelles celui-ci répondait en mettant tout son monde sous les armes. Le général français n'intervint pas, et le fort, après une courte résistance de 2 jours, se rendit le 16 avril avec sa petite garnison, « sous le nez » de l’armée française. Coote fit aussitôt réparer les brèches que son canon avait ou-
(1) Les limites étaic t marquées par une haie de poivriers et d'arbustes épineux.
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