BLOCUS DE PONDICHERY
vertes, mit sa conquête en état de défense et y installa des hôpitaux pour les nombreux malades de son armée. Sur mer, Coruish avait été rejoint par l'amiral Steevens avec # vaisseaux et 2 frégates; ce dernier prit le commandement de la flotte. Ainsi renforcés et supérieurs en forces à celles que d’Aché aurait pu leur opposer, s’il s'était décidé à renouveler sa visite annuelle à la côte de Co:omandel, les Anglais étaient devenus maitres absolus de la mer et en avaient profité pour établir le blocus de la rade de Pondichéry; pourtant, ils ne purent empêcher l'arrivée, pendant qu'ils étaient occupés au siège de Karikal, de deux frégates françaises qui apportèrent des munitions de guerre, mais aucun renfort de troupes.
Pendant les trois premiers mois de 1760, Lally n'avait rien fait pour troubler les mouvements de l'adversaire, sinon de rappeler de Seringham le contingent de 500 hommes qui lui aurait été si utile à Vandavachy ; il compensait ainsi le déficit que lui avait occasionné la perte successiv. de ses garnisons. Il nesortit de son inaction que pour tenter une surprise de Cudalore où la flotte anglaise avait établi un dépôt. L'entreprise confiée Le 11 mai à un détachement de #00 hommes ne réussit qu'à moitié; on ne put s'emparer des embarcaticns qui servaient à communiquer avec les navires et à les ravitailler, parce qu'elles avaient été ancrées hors de la portée de la plage, mais on fit prisonniers 6% malades appartenant aux équipages. Une seconde attaque plus sérieuse renouvelée le 31 mai contre Cudalore échoua. Il en fut de même d'une tentative (1) contre la position des Anglais fort étendue entre le fort de Villenour et les collines de Perembe qu'ils avaient fortifiées d'une redoute armée de trois canons. Deux colonnes devaient assaillir la redoute et le centre
(1) Malleson, History of the French in India.
de la ligne anglaise, tandis qu’une troisième, sous les ordres de d’Arambure, officier de quelque réputation, devait franchir la rivière Ariancopan et prendre l'ennemi à revers. Le succès couronna les premiers efforts des Français; l'ouvrage de Perembe fut emporté et l'attaque du centre était en bonne voie, quand une fausse manœuvre de d’Arambure fit tout échouer. Cet officier, en dépit d’une reconnaissance faite la veille avec Lally, se trompa de route et au lieu de prendre les Anglais à dos, déboucha derrière ses propres compatriotes. Force fut de rentrer dans les limites.
Ces opérations malheureuses furent les seuls efforts tentés par les Français pour percer le cercle qui peu à peu les enveloppait; le blocus n'était pas encore si resserré, qu’un corps de 2.000 cavaliers du Mysore ne parvint à se faufiler entre les détachements des assiégeants et à rallier l'armée francaise, infligeant une perte d’une cinquantaine d'hommes à la cavalerie ennemie. Lally, en proie à la maladie et au découragement, se plaignait (1) de l’état de ses soldats et du manque d'officiers : « Je vois les troupes du Roi et celles de la Compagnie commandées par des capitaines de 17 à 18 ans, que j'ai été obligé de nommer en remplacement de toutes les têtes de régiments qui ont péri dans le cours d’une campagne de 30 mois sans ure relàche de 15 jours. » IL énumère les renforts anglais et compare son abandon avec les ressources dont jouit son adversaire : « Il me reste encore environ 2.000 hommes tant bons que mauvais dont j'en peux mettre 1.500 en campagne; les Anglais en ont 3.000 dont ils peuvent mettre 2.000 en campagne; ils sont aux portes de Pondichéry, ils regorgent d'argent; il y a six mois que je suis aux expédients pour payer les troupes qui se sont déjà révoltées trois ou quatre fois. Avec tous
(1) Lally à Belleisle, Pondichéry, 4 mars 1760. Archives de la Guerre.
RENFORTS ANGLAIS. ii
ces malheurs, je tâcherai de donner encore un coup de collier d'ici à quelques jours, si je peux le faire sans mettre Pondichéry en danger, parce qu'il vaut mieux mourir du fer que de la faim; j'ai ici précisément la probité à mon zénith, car je n'y ai pas encore aperçu l'ombre d'un
-honnète homme, et encore moins d’un citoyen.
« Les grâces que j'ai demandées au Roi pour le régiment de Lorraine êt le mien vont porter, si vous me les accordez, (comme l'invitation de l'Évangile) sur les borgnes, boiteux et manchots; de tous les officiers de Lorraine il n’v en à que trois et de mon régiment cinq qui n'ont pas été blessés, et qui vraisemblablement vont avoir incessamment leur tour comme les autres. »
Alors que le gouvernement de la métropole laissait à l'abandon Lally et les débris de son armée, Ja cour de St-James re cessait de renforcer ses troupes servant aux Indes. Le 31 juillet arrivèrent d'Angleterre à Cudalore 590 hommes pour les régiments de Draper et de Coote : « Cela nous fait 2.000 Européens, écrit Steevens (1), mais nousne sommes pas assez forts pour un siège, car nous ne pouvons pas débarquer nos « marines » aussi longtemps que l’escadre française sera attendue. » Le gouverneur de Madras, Pigott, ne partageait pas cette façon de voir de l'amiral; à la date du 27 août, il lui adressait une lettre (2) dans laquelle il résumait la situation et lui demandait sa coopération sur terre. « La force totale de l’armée, tant en troupes royales qu’en celles de la Compagnie, se monte à environ 2.500 Européens avec près de 6.000 indigènes, sans compter les garnisons. D’après les avis les plus sûrs que nous pouvons nous procurer, la garnison de Pondichéry peut atteindre environ 1.500 Européens, y compris les habitants qui peuvent porter les armes et quelques
(1) Stecvens à Clevland, au large de Cudalore, 6 août 1760. Record Office. (2) Pigott-à Steevenss 27 août 1760. Record Office.
compagnies de cipayes. » Grâce aux opérations déjà accomplies et au blocus établi, « la détresse de la garnison doit être déjà grande et doit s'accroitre tous les jours ». A la pénurie de vivres il faut ajouter le manque d'argent pour la solde qui occasionne du mécontentement et provoque de fréquentes et nombreuses désertions. « Nous sommes campés en ce moment à # milles environ des murs de Pondichéry, et l'ennemi occupe encore autour de ces murs une circonférence de 3 milles, ce qui leur permet de pâturer beaucoup de bétail et comme il est impossible de les enfermer complètement, tant qu'ils seront maitres d'un espace de terrain aussi considérable, il est probable que malgré notre très grande vigilance, ils trouveront le moyen d'introduire des provisions. Il est donc très important de les resserrer le plus tôt possible dans l’enceinte. » D'après le colonel Coote, la première mesure à prendre dans ce but serait de chasser l'ennemi d'Ariancopany, petit fort à peu près à3 milles au sud des murs de Pondichéry. «La conquête de ce poste après celle du fort de Villenour, que nous possédons déjà, couperait toute communication avec le Sud. » Maisle colonel Coote estime que le siège d’Ariancopany ne pourrait être entrepris sans un déplacement de l’armée qui aurait le grave inconvénient d'ouvrir à un convoi de vivres préparé à Gingy l'accès de Pondichéry.
En vue du siège de la capitale française, on à réuni ou on s'occupe de réunir à Madras les canons et les engins nécessaires, mais ce matériel ne pourra être transporté et débarqué à Cudalore avant la fin de septembre. Or, la saison des pluies commencant au milieu d'octobre, le temps fera défaut pour aborder les préparatifs du siège avant les pluies. Quand même l’escadre française ne ferait pas son apparition sur la côte, il est plus que probable que l’ennemi, comptant sur l'absence habituelle des vaisseaux anglais pendant le mois d'octobre, cherchera à faire parvenir des secours à Pondichéry et s’il y réussit, toutes les espé-
gels:
à Fe
à | ji
jà acnison y», À rgent | pro- Nous murs le ces et de le de d'un e que loyen nt de après ns ce t fort , que avec