BROGLIE PASSE LA DYMEI
Cemouvement, retardé parles troupes légtres de De Melfort, ne fut pas poussé loin, Une reconnaissance approfondie de la position oecupée par Soubise démontra que les risques d’une attaqme de front seraient trop sérieux et Ferdinand, avant de la tenter, consulta selon son habitude le dévoué Westphalen. Ce dernier déconseilla (1) l’idée de rejoindre Wangenheim fort inquiet des progrès de Broglie duns la direction de Paderborn, et proposa de rechercher une affaire avec Soubise en manœuvrant sur le flanc et le derrière du camp du maréchal : « Je serai donc d'avis de le tourner par sa gauche en se portant par Kamen sur Dortmund. »
Reportons-nous maintenant à l'armée du Haut-Rhin qui venait de faire un brillant début de campagne : Le passage de la Dymel avait été effectué le 29 juin sans grande opposition de la part de Spürcken, d’ailleurs fort inférieur à son adversaire : « J'ai ordonné, mande Broglie (2), qu'on battit la générale ce matin à trois heures, et l’armée s’est mise en marche à cinq; comme j'allais monter à cheval, M. de Belsunce m'a mandé que les ennemis étaient partis et qu'il se mettait à leur suite.
« L'armée a passé la Dymel et je l'ai fait camper à Scherfede; je me suis avancé ensuite jusqu’à Kleinenberg où j'ai trouvé M. de Belsunce qui venait d'attaquer l’arrière-garde des ennemis et leur avait fait 200 prisonniers et pris 11 ou 12 pièces de canon de parc ou obusiers presque tous de gros calibre. Nous les avons suivis jusqu’auprès du village de Villebadessen, où j'ai vu tout le corps du général Spürcken en bataille et nous avons estimé ce que nous en avons vu à 1# ou 15.000 hommes, non compris le corps de Lückner qui a repassé le Weser et est de # ou 5.000... J'irai demain camper près de Lichtenau, l'avant-garde de M. de Clozen occupera Wü-
(1) Westphalen à Ferdinand, 30 juin 1761. Westphalen, IV, p. 490. (2) Broglie à Soubise, Hardenhausen, 29 juin 1761. Archives de la Guerre.
nenberg et Fursteinberg, et celle de M. de Belsunce Attelen et Ettelen. » Le comte de Lusace et Chabo avaient été dirigés sur Brackel à la poursuite des gros équipages des ennemis qu’on disait se retirer sur Hameln. « Vous voyez par là, M. le Maréchal, continue Broglie, que les postes et : patrouilles de mes troupes légères seront demain sur l'Alme(1), ce qui doit être fort inquiétant pour M. le prince Ferdinand, s'il est encore à portée de vous, ce que j'ignore n'ayant pas de vos nouvelles depuis le 26.
« Je saurai dans la journée de demain le parti qu'aura pris M. de Spürcken pour sa retraite; je crois qu'il était un peu effarouché, et ne savait pas trop quel parti prendre; ce qu'il y a de certain, c’est que de plusieurs jours il ne lui sera pas possible de rejoindre le prince Ferdinand. Je m'occuperai demain de voir si! .e trouve un bon camp ou sur l’Alme ou près de l’Alme, où il me fût possible d'attendre M. le prince Ferdinand s’il se déterminait à revenir sur moi: enfin, je ne négligerai rien pour le rappeler d'auprès de vous. »
Conformém nt à cette promesse, Broglie poursuivit sa marche dans la direction de Paderborn; le 1° juillet, il avait poussé l'avant-garde de Clausen jusqu'à Büren et Rhuden; le gros était à Liebenau et Lusace suivait Spürcken qui s'était retiré à Driburg sur la route d'Hôxter à Paderborn. Wangenheim, surveillé per Belsunce, s'était replié sur Erwitte entre Paderborn et Soest, mais plus près de cette dernière localité. Enfin, le 3 juillet, Broglie était installé à Neuhaus près de Paderborn au quartier général que le prince Ferdinand avait occupé pendant les mois du printemps. Il croit que celui-ci repassera la Lippe « étant si dangereux pour lui d’être battu en deçà de cette rivière par une des deux armées, ayant l’autre derrière soi ». Dans une lettre de Ja veille adressée à Sou-
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(1) L'Alme se jette dans la Lippe près de Paderborn.