‹ La guerre de Sept ans [microforme]Chapitre 44 sur 230 · FERDINAND SE GLISSE DERRIÈRE SOUBISE · texte numérisé non relu

FERDINAND SE GLISSE DERRIÈRE SOUBISE

bise (1), et qu’un officier de l'état-major, Lambert, avait été chargé de lui porter, Broglie explique qu'au lieu de suivre Spôrcken et de s'emparer des magasins ennemis établis sur le bord du Weser, il avait estimé « plus avantageux pour le service du Roi de ne pas laisser une de ses armées exposée à combattre seule le prince Ferdinand et de ne rien négliger pour réunir nos forces. J'ai préféré la marche sur Paderborn quoique j'en sente toute la délicatesse ».

Loin de songer à se retirer derrière la Lippe, Ferdinand avait suivi le conseil de son homme de confiance et par une manœuvre hardie s'était porté sur les derrières de Soubise qui était encore à Unna le 2 juillet. Les confédérés avaient décampé dans la nuit du 1‘ au 2 et marchaient apparemment dans la direction de Hamm. Le 3, Soubise fait une nouvelle étape sur la route de Soest. C’est de Hermerden qu’il date sa dépèche (2) à Broglie : « Les mouvements de l'ennemi m'ont teau hier dans la perplexité et ce matin les mêmes nouvelles se sont soutenues de tout côté. On assurait que le vrince Ferdinand voulait déboucher de Lünen dans la plaine de Dortmund : espions, déserteurs, prisonniers, tous s'accordaient. Cette résolution m'a paru si singulière que je n'ai jamais voulu ia croire. Cependant, comme eile demandait des précautions en me déterminant à me mettre en marche, j'ai envoyé à M. le prince de Croy pour renforcer notre communication et assurer nos convois. J'ai laissé M. de Vogué avec une grosse arrière-garde au delà d'Unna: il n’a eu affaire jusqu'à 7 heures qu'à des troupes légères. J'attends de ses nouvelles. Je marcherai demain vers Soest et je ferai le plus de chemin qu'il me sera possible. L'artillerie nombreuse et les équipages me retardent beaucoup. F'ai (1) Broglie à Soubise, Lichtenau, ? juillet 1761. Archives de la Guerre.

(2) Soubise à Broglie, Hermerden. 3 juillet, 9 beures du soir. Archives de la Guerre.

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vu arriver M. de Lambert avec la plus grande satisfaction. Il m'a appris votre arrivée à Neuhaus. l'espère avoir dans peu de jours le plaisir de vous embrasser et de vous renouveler les assurances de mon attachement. »

Quoi qu'en pensäi le maréchal-prince, les dires des espions et des déserteurs étaient exacts ; pendant que les Francais s’avançaient à petits pas sur la route de Soest, l’armée confédérée s'apprétait à les prendre à dos. Le colonel anglais Boyd (1) décrit l'opération : « Notre gros bagage a été expédié à Hamm; le départ des troupes formées en 5 colonnes, fixé à 11 heures du soir le 1°" juillet, n’eut lieu qu'à 2 heures du matin... Il avait plu ferme pendant la nuit et nous avons trouvé les chemins dans un étai exécrable ; arrivés aux hauteurs de Kamm... nou: aous sommes avancés jusqu'au ruisseau de Lisecke que la pluie avait fait déborder. Ici, il x fallu attendre deux heures pour jeter des ponts en remplacement de ceux que l’ennemi avait détruits près de Kamm. L'inten!'on était de le tourner par sa gauche et de l’attaquer en queue, mais le pays était si impraticable qu'il a été impossible de l'aborder et qu'il a fallu continuer le mouvement jusqu'aux hauteurs de Ranstrop, d’où nous avons apercu le camp français qui paraissait toat à fait tranquille, ce qui prouve qu'ils n'avaient pas la moindre notion de notre marche, qu'un brouillard survenu un peu après l'aurore aidait à dissimuler, Comme l'ennemi n'avait pas de postes à quel. que distance de leur gauche, faute capitale, el que c’est à peine s’il a envoyé une patrouille pour nous reconnaitre, on peut dire qu'ils ont été sauvés par la pluie de la veille. » Le prince héréditaire accompagné de Boyd fit une reconnaissance du village de Brackel que les Français venaient d'évacuer, ils constatèrent que de nombreux marécages rendaient la contrée peu accessible à l'infan-

(1) Boyd à Bute, Hermerden, 6 juillet 1761. Record Office.

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