SOUBISE MARCHE SUR SOEST. FERDINAND LE SUIT
si je trouve un moment favorable dans la journée, je marcherai et m'approcherai de Soest, le plus près qu'il me sera possible. » Une dépêche du même jour adressée à Choiseul contient quelques détails : « Nous sommes depuis avant-hier toujours à vue des ennemis. Ils avaient effectivement tourné la gauche de notre position d'Unna, et avec des fatigues incroyables pour leur armée, et marchant pendant trente-six heures, ils étaient parvenus à gagner la plaine de Dortmund. Personne ne pouvait se persuader que le prince Ferdinand prit cette direction, d'autant qu'il nous ouvrait le chemin de communication qui nous rapproche de M. de Broglie, dont j'avais recu des nouvelles de l’abbaye d’'Harhuissin. Je prisle parti de faire marcher l’armée le 5 après la distribution du pain. Elle se mit en mouvement vers les # heures et elle vint camper à Hermerden, oùelle arriva avant la nuit, excepté l'avant-garde de M. le prince de Condé qui, par sa position, se trouva un peu trop rejetée et eut beaucoup de peine à s'ouvrir (les chemins. » On devait partir le # au petit jour, « le grand nombre d’équipages et un peu de désordre dans les colonnes qui se croisèrent nous firent perdre quelques heures qui pensèrent nous causer beaucoup d'embarras ». Vogué, chargé de l’arrière-garde, fut attaqué detrès bonne heure parles troupes légères et successivement par l'avantgarde de l’armée ennemie. Soubise le fit appuver par le corps du prince de Condé et par deux brigades de renfort que Castries lui amena. Le prince héréditaire, qui commancrit l’avant-garde confédérée, jugea la position des Français trop avantageuse pour la défense et fit rompre le combat. Les pertes de part et d’autre ne furent pas considérables, mais Bauer, principal adjudant du prince Ferdinand, tomba aux mains des Français. Soubise informe Choiseul qu'il estencorrespondance suivie avec Broglie et
qu'il espère faire sa jonction avec lui près de Suest : « Je ne vous cacheraï pas que l’armée est un peu fatiguée. Heu- GUERRE DE SEPT ANS, — T, V. 6
reusement, le soldat est bien nourri et la bonne humeur se soutient. Les oflicierset surtout la Maison (du Roi) depuis le renvoi des équipages sont en souffrance. Le temps est beau et les nuits courtes. C’est une consolation pour les bivouacs. Les ennemis sont dans le même cas depuis huit jours, et leurs soldats paraissent outrés de fatigue. J'espère que dans peu de jours nous jouirons d’une plus grande tranquillité. M. le maréchal de Broglie m'écrit tousles jours et il est instruit de ma situation. Notre position est encore un peu critique. Je profiterai du premier moment favorable pour marcher du côté de Soest, où je trouverai de très bons postes. Le pays est coupé ïe ra’ïns, et l’'oa en trouvera tous les quarts de lieue, qui sont très difficiles à passer. »
L'espoir que manifestait Soubise de voir Broglie à une proximité qui permit des secours en cas de besoin, se réalisa dès le soir du 6 juillet. A une entrevue des deux maréchaux qui eut lieu au quartier général de Soubise, il fut convenu (1) que Clausen et Belsunce resteraient à Soest, que Poyanne viendrait les renforcer et que la grande armée ferait une marche de nuit dans la direction de la ville. Au jour, les deux maréchaux firent une reconnaissance qui leur apprit que les confédérés cherchaient à les devancer; on continua l'étape et on arriva le 7 au soir à Soest. Pour remplacer Poyanne à Erwette, Broglie y appela Du Muy avec une division de 15 bataillons, 12 escadrons et 24 canons. Stainville prit le commandement des avant-gardes Clausen et Belsunce, « 10.000 hommes des meilleures troupes » ; Broglie croyait (2 à la retraite de Ferdinand : « Il y a toute apparence que, sachant notre jonction faite, ils ne songeront plus qu'à repasser la Lippe à Hamm », du reste, 1l donnera ses appréciations à Sou-
bise qui fera « « u'il jugera à propos ».
ubise à Choiseul, camp de Br 7 juillet 1761. Archives de la ouerre (2) Broglie à Choiseul, Soest, 7 juillet 1761. Archives de la Guerre.
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