‹ La guerre de Sept ans [microforme]Chapitre 47 sur 230 · JONCTION DES MARECHAUX · texte numérisé non relu

JONCTION DES MARECHAUX

La réunion des deux armées et l’arrivée à Soest fut un soulagement pour tout le monde : « Nous sommes tous harassés de la fatigue la plus outrée, la plus excessive, écrivait un correspondant au comte de Clermont (1); l’armée ne désire que d’en venir promptement aux mains. » Le 8 juillet, un autre officier écrit (2) à Clermont : « Hier les ennemis se sont enfin déterminés à décamper, ils espéraient être en force à Soest avant nous ; nous les y avons prévenus. » Suit un éloge de Broglie : « Il a fait plaisir au général et à tout le monde et nous avons campé et bien dormi, ce que nous n'avions pas fait depuis 9 jours ; notre Jonction avec M. de Broglie nous met à même de faire le siège de Lippstadt sans difficultés. »

Malheureusement, Ferdinand ne montrait aucune intention de prendrele parti qu'annonçaient et souhaitaient ses adversaires. Le 7 juillet, il avait établi son quartier général à Hilbeck, village à 18 kilomètres ouest de Soest, son extrême gauche appuyée à la Lippe près d'Untrop, la droite touchant la Roer; Wangenheim était à Lippstadt. Quant à Spürcken avec lequel le contact avait été repris, il avait gagné la ville de Rheda. I y reçut ordre de franchir la rivière de la Glenne, et de prendre position sur la rive nord de la Lippe, en aval de l'embouchure du petit affluent et en face de Hovestad ; il devait être rendu à destination le 10. Un billet de Ferdinand à Spôrcken (3 indique le rôle qui lui état dévolu : « L'ennemi fait des reconnaissances de tous côtés, tant vers ma gauche que vers le centre; je ne sais encore bien positivement si le’ dessein des deux maréchaux est celui de m'attaquer. Mais il est toujours bon de supposer ce cas comme pos-

(1) Lettre sans nom, camp de Schlucken, 6 juillet 1761. Fonds de Clermont.

(2) St-Leger à Clermont, Soest, 8 juillet 1761. Fonds de Clermont

(3) Ferdinand à Spürcken, Hilbeck, 10 juillet 1761. Westphalen, V, P. 266.

sible. Que Votre Excellence tombe en flanc ou en dos l’ennemi quand il m'attaquera. »

Parmi les reconnaissances dont parle Ferdinand, salle du 10, exécutée en avant d'Oestinghausen, mérite une mention spéciale. Le maréchal et le comte de Broglie (1), Stainville et Poyanne qui y prirent part avec Léa volontaires d’Austrasie, furent ramenés très vivement par la cavalerie ennemie et « furent obligés de galoper quelque temps pour ne pas compromettre la généralité ». On ramassa même sur le terrain une lorgnette aux armoiries du maréchal. Il y eut de nouvelles rencontres les 11 et 12; il devenait évident que les Français préparaient un mouvement offensif. « Il me semble, écrit Conway (2), que nous voyons la main de M. de Broglie dans quelquesunes de leurs manæuvres récentes; son talent est beaucoup plus actif que celui de son collègue et beaucoup plus porté à la petite guerre.

(1) Broglie à Choiseul, Soest, 14 juillet 1761. Archives de la Guerre. — Boyd à Bute, Hohenhover, 11 juillet 1761, Record Office. (2) Conway à Townshend, Hohenhover, 15 juillet 1761, Newcastle Papers.

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