COMBAT DE V'LLINGHAUSEN. — INSTRUCTIONS DE LA COUR DE VERSAILLES
De part et d'autre, on se préparait à une action décisive. Ferdinand avait renforcé sa gauche en avançant une brigade de Howard et la division Wütginau des environs de Hamm à la bruyère d'Untrop. Le reste de l'armée suivit le mouvement en appuyant à gauche, le prince héréditaire au village de Wambel, Granby à portée du quartier général de Hilbeck. Le 11 juillet, une conférence eut lieu au quartier de Soubise à laquelle fut lu et discuté un mémoire de Broglie sur le parti à prendre. Ce document (1) évaluait le nombre de combattants que l’adversaire pouvait mettre en ligne : déduction faile du délachoment dé Lückner, opposé aux Saxons du prince Xavier, dos garnisons de Hameln, Minden, Munster, Lippstadt et des troupes da conmunleaton, PFerdiuand pouvait disposer de 65.00 homes, auxquels, après défalodtion dou corps de Eüsace ot de Du Muy, les deux iäréchaux seraient en état d'opposer 92.000 combattants il ÿ aurait done en faveur des Français une supériorité nutérique de 30.000 soldats. « A cette considération qui est, ce semble, importante, s'en joint une seconde tirée du
(1) Mémoire lu le 11 juillet chez le maréchal de Soubise. Archives dela Guerre.
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pays dans lequel se passera l’action, et des troupes qu'on a à y faire combattre. Ce ne sont point des plaines où une charge de cavalerie décide de tout, et où la supériorité et la légèreté des manœuvres gagnent en un moment une bataille. C'est un pays fourré, où la meilleure infanteric a beaucoup d'avantages, et dans lequel, si on recevait un échec, on peut arrêter les ennemis à chaque haie. Ainsi, si on ne réussissait pas entièrement, il semble qu'on n'aurait vas à craindre les suites qu'entraine une bataille perdue. Mais il n’en est pas de même du prince Ferdinand; s’il est battu dans la position où il est, il n’a de retraite que par les ponts de Hamm. Il ne serait pas possible que son arrière-garde ne souffrit extrèmement en les repassant, et si nous les gagnions devant lui, il courrait risque de perdre son armée entière. Ce que je viens de dire est si démontré qu'il n'y a personne dans l’armée qui pense qu'il ose hasarder un combat dans cette position, et tout le monde est étonné qu'il n’en soit pas encore parti. »
Une diversion du côté de l'Ems, à en juger par la conduite tenue jusqu'alors par le prince, ne le déterminerait pas à abandonner la rive gauche de la Lippe; il était donc nécessaire d’avoir recours à une attaque de vive force que justifiaient l'avantage numérique, la meilleure qualité de notre infanterie, la nature des lieux et le danger que courrait l'ennemi en cas de défaite, alors qu’un échec pour l'armée française ne pouvait avoir de conséquences graves. Broglie se prononçait énergiquement pour l'offensive, mais subordonnait son avis à celui de son collègue : « Je demande que ceux que M. le maréchal de Soubise jugera à propos de consulter veuillent me donner les leurs par écrit et avant l'événement, afin que, quels qu'ils soient, les avis soient connus d'avance ainsi que les raisons qui les auront déterminés. Cela mettra en même temps M. le maréchal de Soubise plus
RÉNS