‹ La guerre de Sept ans [microforme]Chapitre 59 sur 230 · CORRESPONDANCE DE CONDÉ AVEC BROGLIE · texte numérisé non relu

CORRESPONDANCE DE CONDÉ AVEC BROGLIE

ckel, faisant face au confluent de l’Aest et du Soesthach. Vous me montrâtes ma position sur la carte de M. Île comte de Broglie et j'emportai cette même carte pour être plus sûr de suivre exactement vos intentions. I fut dit aussi que je ferais faire des ponts sur l’Aest à ma droite, au-dessous d'Ostinghausen, pour communiquer avec la gauche de votre armée, ce qui prouve bien que vous ne comptiez pas que je camperais à la rive droite de !’Aest et que j'enverrais des grenadiers de ce côté-ci du ruisseau, vis-à-vis du château de Nadel, pour favoriser l'attaque de M. de Stainville et rétablir le pont dès que le château serait emporté. » Aussitôt le prince de retour à sa division, le mouvement avait commencé et les ponts furent jetés tant en amont qu'en aval de la jonction des deux ruisseaux. Le 16 à minuit et demi, Condé reçut de Broglie l’ordre « de passer l'Aest et d'aller remplacer M. de Stainville qui y appuyait sa gauche. Il y avait une lieue et demie de mon camp, et j'y fus cependant arrivé à deux heures. Il me semble que cet ordre seul prouve assez que vous me saviez à la rive gauche de l’Aest, où j'étais, puisque vous me dites de la passer. C'est donc bien sûrement par inadvertance, Monsieur, que vous avez mandé qu'il était convenu que je passerais l’Aest le 15 au soir. J'ai exécuté ponctuellement tous les ordres que j'ai reçus de vous, et j'ose dire avec toute la célérité possible ». Le dire du prince est confirmé par une note de

astries (1), chef d'état-major de Soubise : « L'infanterie et l'artillerie de M. le prince de Condé se sont mises en marche à minuit et se sont rendues au pont de Natelen sur l’Aest où elles appuyaient leur gauche, leur droite se prolongeant vers la gauche de l’armée de Broglie, l’artillerie a passé sur le pont de Natelen et l'infanterie sur un pont de planche construit à 800 pas au-dessus. La ca-

(1) Réponses de Castries aux notes de De Vault, s. d. Archives de la Guerre.

valerie de la réserve se mit en marche au grand jour et vint se placer en colonne le long de l'Aest derrière la gauche de l'infanterie,

« Le prince de Condé était dans cette position le 16. Lorsque M. le maréchal de Broglie ordonna la retraite à environ 9 heures du matin, deux brigades de sa réserve couvrirent la gauche de l’armée de Broglie en se retirant le long de la rive droite de l’Aest, elles passèrent ensuite celle rivière à Ostinghausen pour rentrer dans le camp de Zuickaus, où elles rejoignirent les autres unités de la réserve qui y étaient déjà rentrées. La brigade de Lyonnais partit le 16 au point du jour pour remplacer M. le prince de Condé dans sa position intermédiaire entre les deux armées et recevoir ses ordres, »

A la lettre de Condé, Broglie répliqua (1) en se défendant d'avoir mis le prince en cause, mais en maintenant son assertion : «Il est vrai que dans celle du 28 à ce ministre, en énonçant les articles qui avaient été convenus le matin du 15, dans le cabinet du maréchal de Soubise, je dis : art. #, que M. le prince de Condé devait passer l'Aest, aussitôt que M. de Stainville se serait emparé du château de Nadel. C'est un fait que je crois de la plus exacte vérité, et que ne détruisent point les ponts que je convins avec V. A. S. qu'elle ferait jeter sur l’Aest, visà-vis du terrain où devait appuyer ma gauche... Il en est de même de la lettre que j'eus l'honneur de lui adresser Le 15 au soir. Il était bien simple que je m'informasse de son aide de camp, du lieu où elle était avec sa réserve; et que, sachant qu'elle n'avait pas passé l’Aest, je lui demandasse de le faire le plus tôt que cela lui serait possible. »

Des extraits que nous venons de citer, il ressort que le prince de Condé, tiraillé en sens contraires par les com-

(1) Broglie à Condé, Cassel, 6 septembre 1781. Papiers de Broglie.

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