‹ La guerre de Sept ans [microforme]Chapitre 60 sur 230 · RAPPORT DE SOUBISE · texte numérisé non relu

RAPPORT DE SOUBISE

munications qu’il recevait de ses deux chefs, dont l’un voyait le gros de l'ennemi à gauche tandis que l'autre avait deviné les mouvements de Ferdinand, se borna le 15 à camper sur la rive de l’Ahse au lieu de franchir le ruisseau et de relever Stainville; qu’il attenait le 16 l’arrivée de la brigade de Lyonnais pour passer l’Ahse et des ordres ultérieurs pour se porter en avant, £n résumé, la contradiction dans les instructions, le retard dans l'envoi dés renforts promis, enfin le manque d'initiative du générai eurent pour résultat de laisser inactives à faible distance du lieu d'action les troupes du prince de Condé. Examinons maintenant l'attaque sur Scheidingen d'après le rapport officiel (1) de l'état-major de Soubise : « L'armée marcha sur trois colonnts en se dirigeant sur le plateau qui domine le vallon et le village de Scheidingen. Ce plateau était déjà occupé par des bataillons de grenadiers, des dragons, des troupes légères et des divisions d'artillerie aux ordres de M. le comte d’Apchon. Les ennemis furent chassés des postes de Neumühl et de Kortmühl avant sept heures et le feu de l'artillerie avait déjà commencé très vivement. Le régiment des volontaires de Soubise attaqua un bois qui était à la rive droite du ruisseau de Salzbach et que les ennemis avaient occupé pendant la nuit, il l’emporta avec la plus grande vivacité, malgré la supériorité des ennemis et les batteries dont ils étaient protégés. À mesure que l'artillerie arrivait, elle se plaçait et s’avançait successivement, la canonnade devint très violente de part et d'autre... À huit heures, les volontaires de Soubise soutenus des grenadiers et chasseurs de la brigade des Gardes et de Briqueville et protégés par les brigades de Piedmont à la droite, Limousin et les Irlandais à la gauche aux ordres de MM. de Mailly, de Levis, de Vogué, lieutenants-géné-

(1) Bulletin de l'armée de Soubise, GUERRE DE SEPT ANS, — T, V. 8

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raux, s’approchèrent pour embrasser les haies de Scheidingen, attaquèrent la redoute qui défendait le pont et le village qu'ils emportèrent avec la même rapidité qu'ils avaient forcé le bois, on ne saurait assez louer la valeur de ce régiment et de ses chefs.

« Les dispositions étaient faites alors pour jeter des ponts sur le ruisseau, et les brigades d'infanterie prêtes à le passer pour suivre les premiers succès, lorsque M. le maréchal de Soubise reçut la lettre que M. le maréchal de Broglie lui écrivait par laquelle il lui mandait qu'il prenait le parti de se retirer et qu'il l'en prévenait pour qu'ii ne s’engageât pas. » Le retour au camp de Paradies s’effcctua sans être troublé par l'ennemi. L'engagement arait coûté environ 300 hommes tués et blessés aux Français et d’après le rapport officiel seulement 11% aux confédérés. Le prince héréditaire accusa 111 tués, blessés ou pris. Quelque insignifiante qu'elle fût au point de vue matériei, l'attaque de Scheidingen produisit de l’impression dan: l’armée confédérée. Le prince Ferdinand se rendit en personre (1) auprès du prince héréditaire qui était opposé à l’armée de Soubise et il est permis de croire que la crainte d’une attaque qui ne faisait que s’esquisser fût pour quelque chose dans la prudence extrême de la, poursuite de l’armée de Broglie. Commencée de meilleure heure et menée plus énergiquement, l'offensive de Soubise eût probablement permis à son collègue de se maintenir à Villinghausen et eût donné le temps à Dumesnil et à Voyer de mener à bonne fin les démonstrations dont ils avaient été chargés.

En fait, l’action de ces deux généraux fut absolument nulle. Dumesnil avec 16 bataillons et 30 escadrons avait été placé sur les hauteurs de Ober Ense et Rhüne avec mission de protéger la gauche de Soubise et « d'attaquer

(1) Westphalen, V, p. 628 et suivantes.

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