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REBELZION DE L'ÉLEMENT CIVIL. 17
l'ennemi, Lally avait commandé (1) une revue générale sur la plage sous les murs de la ville et afin d’enfler le nombre des présents sous les armes, il avait donné l'ordre à tous les Européens d'y assister; au besoin il ferait distribuer des uniformes et des armes à ceux qui n’en possédaient pas. Dans l'état des esprits, il n’est pas surprenant que l’ordre du gouverneur fût mal compris; les employés de la Compagnie s'assemblèrent devant la maison de Lally et déclarèrent hautement qu'ils ne se rendraient pas à la parade. Ils furent soutenus dans leur refus par le conseil et notamment par l’un des conseillers, La Selle, que Lally avait mis récemment aux arrêts sous accusation de détournements pendant l'expédition de Seringham. En vain le gouverneur Leyrit harangua-t-il les rautins pour les faire rentrer dans le devoir, il ne fut pas écouté, L'incident fut terminé par l'entrée en scène d’une compagnie de grenadiers qui dispersa les rebelles. Soit crainte d’aggraver la situation, soit effet de l'indulgence méprisante que Lally affichait parfois à l'égard de ses adversaires, les suites de l'affaire se bornèrent à l'exil de La Selle et de deux employés; l'autorité du général, loin de gagner à cette modération, en souffrit cruellement.
Une lettre du père Vernet, du commencement de l’automne (2), passe en revue rapidement les événements de l’année écoulée, résume la situation actuelle et en fait remonter la responsabilité tout autant à la corruption générale qu'aux fautes individuelles : « Depuis ce moment (la défaite de Vandavachy) tout a été en décadence. Les Anglais nous ont pris successivement Arcad (sic), Chetteput, Alumparvé, Valdaour, Vilnour, Karikal et plusieurs autres places. J'étais dans Karikal et j'y ai été témoin oculaire d’une défense lâche et timide; il ne nous reste plus dans
(1) Hamont, Lally Tollendal, p. 255 et suivantes. (2) Lettre du R. P. Vernet, jésuite de Trinquebar, 8 octobre 1760. Archives de la Guerre.