INACTION DES DIVISIONS DUMESNIL ET VOYER
le flanc droit de l’ennemi lorsque les dispositions générales auraient éié fixées ». Soit retard dans les ordres, soit indécision, il ne prit aucune part à l'engagement. Il en fut de même de Voyer qui avec 12 bataillons ct 14 escadrons avait été détaché sur Unna et Kamen pour menacer la ligne de retraite des confédérés sur Hamm. Cette opération ne put produire son effet par suite de l’arrêt du combat : «M. de Voyer n'eut le temps d'arriver que jusques à Unna et de porter un détachement jusqu’à Hermerden. Il trouva partout des troupes de la seconde ligne des ennemis et supérieures à lui. » Cette seconde ligne ne se composait, d'après les rapports allemands, que de quelques troupes légères du major Scheiter.
En résumé, les divisions de Condé, Dumesnil et Voyer, soit presque la moitié de l'infanterie de Soubise, ne tirèrent pas un coup de fusil; tout l'effort porta donc sur les troupes de Broglie. Des 50.009 comuattants que lui attribuent plusieurs auteurs, lors de son entrée en campagne, il faut défalquer les 36 bataillons et #2 escadrons de De Muy, Lusace et Chabo opposés à Wangenheim et à Lüuckner, et surveillant la garnison de Lippstadt; il restait donc au maréchal environ 32.000 hommes. En face de ces forces, le prince Ferdinand, par suite des hésitations de Soubise, put mettre en ligne un chiffre égal de troupes et supprimer ainsi sur ie champ de bataille la supériorité numérique que possédait sur lui l’ensemble des armées françaises; le judicieux emploi de son personnel et de son artillerie, arme dans laquelle il avait l'avantage, lui assurèrent le succès.
Après avoir consulté les documents produits et surtout les billets échangés pendant les journées des 15 et 16 juillet, on est amené aux conclusions suivantes : Le plan général d'attaque préparé par Broglie et accepté par Soubise n'avait pas d'objectif précis, manquait de netteté dans les vues et ne reposait pas sut une connaissance suffisante
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de la position ennemie; il supposait pour is 12 des mouvements qui ne s’exécutèrent que le 15; la manœuvre prescrite à Dumesnil et à Voyer, mal combinée, tardivement entreprise, mollement exécutée, n’eut d'autre résultat que de laisser en dehors du champ de bataille une grosse fraction de l’armée de Soubise. Il en fut de même de la tentative pour prendre pied sur le plateau derrière Scheidingen. En se quittant le 15 après leur conférence, il est probable que ni l’un ni l’autre des maréchaux ne s'attendait à autre chose qu'un mouvement destiné à préparer une affaire qu’ils seraient libres d'engager ou de refuser le lendemain. Broglie se tint de sa personne avec la colonne de Belsunce et ne se porta à Villinghausen que quand il sut la lutte engagée sérieusement sur ce point. Une fois le combat commencé pour la possession du village, il le sontint, mais il ne l'avait pas prévu.
Soubise, quoique averti par le bruit de la canonnade ei par le billet de Broglie de la gravité de la lutte, fut hypnotisé pendant la soirée du 15 par la vue des ennemis dont il croyait, d’ailleurs avec raison, le gros devant lui; il attendit le jour pour rapprocher ses troupes et se laissa devancer par Ferdinand qui, habilement, mit à profit le couvert de la nuit pour renforcer le point faible de sa ligne. L’exécution de l’attaque de Scheidingen commença trop tard, et se ressentit des hésitations du chef.
Condé, tout en obéissant à la lettre des ordres reçus, ne sut pas en interpréter l'esprit et ne se cenforma pas au principe de marcher au feu. Son manque d'initiative, son inaction sur les bords de l’Ahse le rendit inutile pendant la matinée du 16.
Quant à Broglie, il est difficiie de lui reprocher d’avoir défendu Villinghausen au lieu de l’aï,;andonner aux Anglais de Granby; le point était important pour le dé-
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