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même je me serais trompé.» Au surplus, il « ne voit rien » dans la lettre de Choiseul « qui porte ordre, si les armées sont déjà séparées, de vous renvoyer les 30.000 hommes, aussi dans l'incertitude et en attendant de nouveaux ordres il y aurait de l’imprudence à nous de faire aucun changement aux premières dispositions qui ont été faites ». Broglie écrivit à Choiseul dans des termes équivalents. Le jour même du refus de Broglie de lui restituer ses 30.000 hommes, Soubise reçut une nouvelle dépêche (1) de la Cour en date du 16. Le Roi reconnaissait les difficultés qu'aurait présentées une nouvelle attaque de la position de Ferdinand : « Après avoir bien constaté que les ennemis sont inattaquables, comme il le parait dans le poste qu'ils occupent », il autorisait les deux généraux à exécuter le plan convenu entre eux et donnait sa sanction au renforcement de l’armée de Broglie.
Soubisé, ravi de la solution, se déclara (2) bien « soulagé par l'approbation que le Ro‘ veut bien donner au plan de campagne » que son collègue et lui avaient jugé le plus convenable. Il eût été d’ailleurs difficile de revenir sur les décisions prises par les deux généraux. Broglie, beaucoup moins déférent pour les injonctions de la Cour, s'était avancé assez loin sur le chemin du Weser; depuis le 30 juillet son quartier général éiait à Driburg, presque * moitié distance de Paderborn et d'Hôxter où il faisait établir des fours; il venait d'envoyer Stainville à Kleinenburg sur la route de Paderhorn à Cassel avec mission de protéger la Hesse et de veiller sur les entreprises del’ennemi,et ilavait chargé Rochambeau de masquer le défilé de Stadtberg. Soubise, toujours à Herdringen, continuait à ne pas comprendre les mouvements de Ferdinand qu'il croyait parti mais qui paraissait être revenu ; l'armée française, faute de vivres, serait obligée de des-
(1) Choiseul à Soubise et Broglie, 26 juillet 1761. Archives de la Guerre. (2) Soubise à Broglie, Herdringen, 30 juillet 1761. Archives de la Guerre.
Et L'ag
RROGLIE PROPOSE LE SIÈGE DE LIPSTADT. 129
cendre la rive gauche de la Roer vers Menden et Surer.
Les derniers jours de juillet avaient été consacrés à un échange de mémoires sur les opérations à entreprendre après la séparation. Dans un document en date du 28 juillet (1) qui résumait la discussion déjà entamée entre son coilègue et lui, Broglie insistait sur le siège de Lippstadt, « que je regarde comme le plus important et sans lequel la campagne serait absolument perdue. Il y a trois moyens de faire abandonner au prince Ferdinand les environs de Lippstadt : l’un, de marcher droït à lui et de l’attaquer partout où il pourra se placer; l’auire, de menacer Hamelen par la rive gauche du Weser; le dernier, de passer cette rivière et de l’obliger par là à venir défendre l'électorat d’'Hanovre ». Grâce aux avantages stratégiques et de ravitaillement que lui donne sa position centrale, « M. le Prince Ferdinand, tant qu'il restera auprès de Lippstadt et Hamm, ne peut jamais être forcé de combattre, à moins qu'il ne croie sa position assez bonne pour vouloir le risquer. Pour ce qui est du second, c'est celui que je va:s chercher à mettre en usage, en me portant demain avec l’armée à Driburg, et poussant de gros détachements sur Hameln. M. de Chabo y va aujourd’hui et a ordre de s’e:; approcher jusqu'à la porte s’il lui est possible ».
Si cette diversion réussit et si le prince Ferdinand se place entre Bielefeld et Hameln, Broglie lui tiendra tête et Soubise aura toute liberté d'agir contre Hamm ou Lippstadt.
« A l'égard du dernier parti, de faire passer le Weser à cette armée et la porter dans l'électorat d'Hanovre, il est très vraisemblable que cela rappellerait M. le prince Ferdinand sur la rive droite de cette rivière. Mais comme il a, ainsi qu'il aété dit plus haut, la facilité de tirer son paiu de Lippstadt, il y aurait à craindre, si l’armée du Haut-
(t) Broglie à Soubise, Paderborn, 28 juillet 1761. Archives de la Guerre.
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Rhin passait en entier le Weser, que le prince Ferdinand ne marchât sur la Dymel, avec un très gros corps, ne fit une irruption en Hesse et, portant des troupes légères sur nos communications de Giessen à Ziegenhayn, Alsfeld, etc. n’interceptät tous nos convois de farines, ne nous mit dans les plus grands embarras, et ne nous obligeñt à revenir promptement songer à la défense de la Hesse. »
La protection du Landgraviat, Les garnisons, les services d’arrière absorberont au moins 25.000 hommes et affaibliront l’armée du Haut-Rhin « au point qu’elle ne sera plus en état de se commettre vis-à-vis du prince Ferdinand et encore moins d'envoyer de gros détachements dans le pays d'Hanovre et de Brunswick ».
En conséquence, Broglie renouvelle à Soubise sa prière de veiller sur les défilés de Stadtberg, et le cas échéant, de s’établir à Rhuden ou à Büren pour empêcher les confédérés de passer la Dymel. Quant à lui, il se propose de prendre position à Nieheïm, puis à Hüxter, aussitôt que les fours seront prêts. « D'ici là, nous verrons le parti auquel les ennemis se détermineront et conséquemment, ou je tâcherai de marcher à eux s'ils restent en decà du Weser, ou je passerai cette rivière pour les obliger de me suivre dans le pays d'Hanovre. Dans l’une ou l’autre supposition, il est également nécessaire que vous m’assuriez la Dymel et la Hesse... Vous avez deux moyens de m'assurer la Hesse : l’un, de vous en charger avec la partie de votre armée que vous jJugerez à propos, et dans ce cas d'en répondre, et que je n’aie plus à m'en inquiéter; le second, de m'envoyer deux troupes légères, deux régiments de dragons ei le reste en infanterie, jusqu'à la concurrence de 10.000 hommes que je placerai sur la Dymel, et dont je donnerai le commandement à M. le comte de Stainville qui connait cette partie; et alors je répondrai de la Hesse, et je me chargerai de faire corps à corps la guerre au prince Ferdinand.
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