PROPOSITION DE BROGLIE ACCEPTÉE MALGRÉ CHOISEUL
et revient (1) à l'alternative de la diversion sur le Weser et du siège d'Hamelen, pour lequel il tirera de Gôüttingen ses vivres et sa grosse artillerie. Pour ses opérations actives et déduction faite des garnisons de l'arrière, il compte 105 bataillons d’un effectif moyen de 500 hommes, 128 escadrons à 140 sabres et un peu plus de 3.000 de troupes légères, soit un total de 73.500 hommes. Le prince Ferdinand sur un ensemble de 102.000, compte fait des malades, garnisons et des non complet, peut lui en opposer 68.000, dont 18.000 sous les ordres du prince héréditaire. Ce calcul lui donne une supériorité de 23.000 sur son adversaire à la condition que Soubise se charge du prince héréditaire : « Il serait fâcheux, conclut Broglie, qu'ayant 50.000 hommes (2) de plus que les ennemis en Allemagne, l’armée qu’il (le roi) destine à l'offensive se trouvât le jour décisif plus faible que celle du prince Ferdinand. »
Satisfait des résultats presque inespérés de sa victoire de Villinghausen, le prince Ferdinand n'avait pas cherché à inquiéter la retraite des Français; il était même resté sous les armes toute la journée du 17. Ce ne fut que le 27 juillet, onze jours après l'affaire, qu'il transféra son quartier général de Hohenover à Borgeln ; le 29, il était aux abords d’Erwitte où il fut rejoint par Spürcken et Wangenheim. Au cours de leur marche, les confédérés trouvèrent à Soest 24 officiers et 100 hommes de l’armée française que la gravité de leurs blessures n'avait pas permis d'évacuer. Le 30, le gros gagna Büren et poussa des avant-gardes vers Stadtberg et Wresen sur la Dymel. Les troupes de Broglie abandonnèrent cette contrée ainsi que la ville de Paderborn où elles ne prirent pas la peine de détruire les fours qui y avaient été installés pour la
(1) Broglie à Choiseul, Villebadessen, 3 août 1711. Archives de la Guerre, (2) Broglie supposait à Soubise 45.000 contre les 18.000 du prince héréditaire.
cuisson du pain. De sa nouvelle position, le prince Ferdinand dessina une opération contre Stainville qui gardait la ligne de la Dymel. A cet effet, les divisions Wangenheim et Wütginau furent dirigées par une marche de nuit sur Bredelar pour tourner les Français qui seraient abordés de front par Waldegrave; Granby, soutenu par Spôrcken, fut chargé de tenir en respect le corps de Muy posté à Kleinenburg. L'attaque de front, gênée par un épais brouillard, n'eut d'autre résultat que de faire rétrograder Stainville jusqu'aux hauteurs de la rive droite, où il recueillit le détachement de Rochambeau qui n’échappa au risque d'être coupé que grâce à la belle attitude de la brigade suédoise de Bocard. Les pertes de part et d'autre ne furent pas importantes et les combattants regaguèrent leurs postes de la veille où ils restèrent inactifs jusqu'au 10 août.
En attendant la décision de Versailles, Soubise avait levé le # août son camp de Herdringen où il était depuis le 27 juillet, passé le Roer à Swerte et installé son quartier général à Raun sur les hauteurs qui avoisinent Dortmund. Conformément à l’ordre de la Cour, il prépare pour le 9 le départ de Levis avec les 10.000 hommes destinés à protéger la Hesse. Il a en face de lui le prince héréditaire et Kielmansegge postés entre Kamen et Luynen; après le départ de Levis, il lui restera 62 bataillons, 65 escadrons et près de 5.000 troupes légères, soit environ 45.000 combattants ; ses projets sont encore indécis, mais il compte se porter du côté de Munster : «Il eût été en ellet très difficile et très dangereux de tenter une nouvelle réunion, écrit-il à Broglie (1). Je souhaite que la diversion à la rive droite (du Weser) produise un succès heureux et prompt. » Le 10, Soubise annonce à Broglie le départ de Levis qui a eu lieu la veille ; de sa personne Soubise est à
(1) Soubise à Choiseul, Raun, 7 août 1761. Archives de la Guerre.
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