CHAPITRE V
MOUVEMENTS DE BROGLIE ET DE SOUBISE. — PASSAGE DU WESER PAR BROGLIE., — DIVERSIONS DU PRINCE FERDINAND EN HESSE,
Depuis le 2 août Broglie, de son quartier général de Villebadessen, surveillait les préparatifs pour l'établissement de ses fours à Hüxter sur le Weser et les démonstrations des confédérés du côté de la Dymel. Comme nous l'avons vu plus haut, ceux-ci avaient passé la rivière et avaient refoulé les détachements de Rochambeau et de Stainville, mais en fin de compte, ils étaient revenus à leur aucien camp et les Français avaient fait de même; néanmoins, Broglie crut prudent de renforcer ses lieutenants. Le 11, toujours de Villebadessen, il informe la cour que le prince Ferdinand était campé le 10 la gauche vers la gorge de Detmold, la droite tirant sur Steckenberg (Steckenbruich); les 10.000 hommes de Levis sont annoncés à Corbach pour le 18; l’armée du Haut-Rhin entreprendra le 16 son mouvement vers le Weser. Ce ne fut cependant que le 18 que l'opération débuta. Le mouvement des confédérés qu'annonçait Broglie avait commencé le 10 août. Ferdinand, renseigné sur les agissements des Français du côté d'Hüxter et d'Hamelen, décida de se rapprocher du bas Weser et de rappeler sur
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la Dymel le prince héréditaire aussitôt que la direction prise par Soubise lui permettrait de quitter la Westphalie sans inconvénient. En conséquence, le prince Ferdinand avec ic gros quitta Büren le 10 et, passant par Delbruck, Steckenberg et Detmold, gagna à la date du 13 les hauteurs de Belle et la forte position du Moltmerberg (1) autour de laquelle il concentra presque toute son armée : 59 bataillons et 58 escadrons. Broglie apprit tardivement le changement de position de son adversaire et crut qu'il pourrait le prévenir du côté de Blomberg et Horn ; il donna ordre à Mouy de marcher sur Driburg avec son corps qui se composait en grande partie des premiers renforts venus de l'armée de Soubise et il dirigea le comte de Lusace et Clausen sur Steinhcim. Ces détachements se heurtèrent aux avant-postes des ennemis, la résistance qu'ils éprouvèrent démontra que ceuxci étaient en force; un coup de main sur la petite ville de Horn échoua devant l’énergique résistance du lieut.colonel Dremar à la tête de 300 Hessois, enfin une reconnaissance exécutée au cours des journées des 13 et 14 convainquit le maréchal de l'impossibilité d'attaquer avec chance de succès un adversaire bien posté, concentré et vigilant; il prit donc le parti d’asseoir son camp sur les hauteurs de Nieheimb en face de son adversaire. Était-il possible de se glisser, comme le suggérait Choiseul, entre le prince Ferdinand'et la place de Lippstadt? Sans doute, mais il aurait à dos le prince héréditaire dont on vénait de signaler l’arrivée à Büren et se verrait dans un pays épuisé coupé de son point de ravitaillement, Hôüxter. Il n’y avait, selon lui, d'autre parti à prendre que de franchir le Weser et d'attirer Ferdinand de ce côté; un échec que venait de subir Belsunce près de Dassel sur la rive droïte du fleuve, le confirma dans ses intentions. Cet officier,
(1) Geschichte des Siebenjährigen Krieges, vol. V, p. 780. Berlin 1837.