INACTION DE SOUBISE
élevés pour une fin de car:pagne, il pouvait donc disposer au plus d'environ 18.000 hommes contre lesquels Soubise et Voyer pouvaient réunir 55 bataillons, 35 escadrons et quelques troupes légères, soit au moins 25 à 26.000 combattants. Cependant, le général irançais n'avait aucune intention de prendre l'offensive contre son adversaire. Le 12 septembre, il prévint Broglie (1) que le prince héréditaire retournait à Hamm après avoir détaché quelques troupes sur Munster. « Peut-être avec le reste son projet est-il de rejoindre le prince Ferdinand aussitôt que sa marche sera décidée, je chercheraïi à vous instruirele plus promptement qu'ilsera possible. » À Choiseul, il écrivit (2 dans le mêmesens, tout en ajoutant qu’il cherchait à occuper l'ennemi et à l'empêcher de renforcer le prince Ferdinand ; « cependant ils en sont toujours les maitres et je ne puis parer la facilité des cherains de Lippstadt ou de Hamm à Paderborn ».
En effet le prince héréditaire était de nouveau en route pour la Dymel; le 15 septembre, Stainville !3) confirmait la nouvelle en envoyant à Broglie une lettre interceptée du prince à son oncle : « Je me hâte de remplir ses intentions, écrivait Le premier à la date du 1%, en me contenant le mieux que possible sur la Dvmel contre M. de Stainville. J'y réussirais mieux si elle pouvait me renforcer de quelques troupes légères pour empècher les courses sur ma droite. » Quant à Soubise, il se bornait à erregistrer avec plalosophie les mouvements de l’adversaire et à ne se préoccuper que des excursions sur l’Ems et en Ost Frise : « Je crois, mande-t-il à Broglie (#), que je
(1) Soubise à Broglie, Westerholtz, 12 septembre 1761, Archives de la Guerre.
(2} Soubise à Choiseul, Recklinghausen, 12 sept, 1761. Arch. de la Guerre.
3) Slainville à Broglie, Grebenstein, 15 septembre 1761, 4 h. p. m. Arch. de la Guerre.
(4) Soubise à Broglie. Recklinghausen, 13 septembre 1761. Archives de ia Guerre,
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vais me rapprocher de Munster et porter des détachements par ma gauche le plus avant qu'ilsera possible, » Le ton de la correspondance qu’il entretenait avec Choiseul (1) révèle le sentiment de l'impuissance la plus absolue : « Je ne puis m’opposer au départ du prince héréditaire et je ne sais si les diversions que je me trouve en état de faire produiront un prompt retour de sa part. Un corps de #.000 hommes, campé près de Hamm, rend une entreprise sur cette ville presque impossible. Le succès en serait au moins très douteux et les ennemis seraient les maitres d'y envoyer du secours. Je ne parle point de la difficulté d'assurer les subsistances, on pourrait y parer en faisant un nouvel établissement à Hagen, mais cette communication demanderait beaucoup de troupes pour les escortes, et au moindre mouvement des ennemis, l'armée serait obligée de revenir sur ses pas. Par la même raison, on ne peut se déterminer à suivre les pas du prince héréditaire. » Il exposait ensuite sans grande convic'ion les opérations qu'il pouvait exécuter : « Il me reste à tenter une nouvelle diversion sur le bas Ems. En me portant avec l’armée à Coesfeldt ou aux environs, je puis couvrir les détachements qui pénétreront dans l’Ost Frise et d’un autre côté dans le Diepholt (2) et jusqu'aux portes de Brême. Les ennemis ont un gros magasin dans Meppen. Cette petite ville est fortifiée, mais la garnison en est très faible et Cambefort qui la connait bien assire qu'elle ne tiendrait pas 24 heures. Je suis bien éloigaé de répondre que cette petite expédition fera revenir le prince héréditaire; elle est sûre et facile; on retirera quelques contributions, on fera rentrer des fourrages. L'armée vivra dans le pays que les ennemis doivent occuper pendant l'hiver. Ce sont des avantages qui ne sont pas à négliger, mais qui
(1) Soubise à Choiseul, Recklinghausen, 15 septembre 1761. Archives de
(2) Région entre le bas Rhin et le bas Weser.