PROJETS DE DIVERSION SUR LE BAS EMS
n'arrêteront point l'ennemi... Le prince héréditaire à paru plus sensible aux démonstrations d'attaque faites sur Hamm. La saison étant plus avancée, il jugera que nous ne songeons joint à y faire d'établissement, et selon les apparences il y portera moins d'attention. » Sans doute il serait possible de bombarder la ville, mais on courrait risque d'atteindre les blessés et malades français qui v sont en nombre considérable et, tout compte fait, l'opération mêms couronnée de succès ne vaudrait pas la perte qu'elle entrainerait. « Cependant, si j'étais sûr de produire une diversion bien essentielle, je ne balancerais pas... Je n'ai point parlé d'un autre parti qui serait de suivr: le prince héréditaire s'il se dirige sur la haute Dymel. La difficulté des subsistances serait une des premières à surmonter; les convois auraient bien de la peine à arriver, et de quelque côté que puisse marcher l'armée, elle ne peut s'éloigner de plus de 18 lieues des points de Dusseldorf ou de Wesel. » Deux jours après, il revenait à son sujet favori : Cambefort et Conflans sont en route pour Meppen, Condé sera le 18 à Dulmen et le 19 à Coesfeldt, « Vogué le joindra et je le suivrai à 2% heures près ». Chevert restait au camp de Recklinghausen avec 8 bataillons, 6 escadrons, quelques drasons et la maison du Roi pour garder les communications avec les dépôts du Rhin.
Conformément à ce qu :l avait annoncé, Soubise installa son quartier général le 20 septembre à Coesfeldt : « L'armée est arrivée ici, avant-hier, écrit-il à Choiseul (1), comme j'avais eu l'honneur de vous l’annoncer. M, le prince de Condé est à Horstmar avec la réserve à 4 lieues de nous, et à peu près à la mème distance de Rheine sur l'Ems. Ce sera le point d'appui et de ralliement de tous
(1) Soubise à Choiseul, Coesfeldt, 22 septembre 1761. Archives de la Guerre.
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nos détachements. M. de Voyer doit y rester avec six bataillons de grenadiers et chasseurs. Il portera au delà de l'Ems 600 dragons et #00 maitres de cavalerie, destinés à protéger la retraite des volontaires qui doivent se répandre dars le pays d’Osnabrück, de Recklinbourg, Lingen, Diepholt aussi loin et aussi longtemps que les ennemis le permettront. MM. de Wurmser, Viomesnil et Comeyras les conduiront avec vivacité et prudence. M. le marquis de Conflans et M. de Cambefort ont une destination particulière. Ils ont hier dépassé Meppen, après une reconnaissance très exacte ils ont jugé cette petite place à l'abri d’un coup de main. Ils se sont contentés de la masquer. Les ennemis ont une garnison de #00 hommes, une trentaine de pières de canon de fer, et quelques mortiers. On m'’assure qu'il s’y trouve des magasins assez considérables. Selon les circonstances, et le temps que les ennemis me donneront, je verrai si l’objet vaut la peine d'envoyer une brigade d'infanterie et quelques pièces de gros canon: de campagne, pour s’en rendre maitres. La distance de 20 lieues me retient beaucoup. En attendant, M. de Conflans poursuit son chemin vers l’Ost Frise. J’espère qu'il y pénétrera et qu'il en reviendra heureusement, après avoir établi les contributions. Je serai très occupé de favoriser sa retraite et j'espère que nous réussirons. Les ennemis n'ont dans cette partie que deux régiments de dragons arrivés depuis hier aux environs de Munster. Nos détachements de dragons ct de cavalerie suffisent pour les contenir. » Il était uifficile pour un général de faire preuve de plus de timidité; il est vrai que Choiseul avaitécritau prince (1):«S.M.approuve votre prévoyance, la prudence avec laquelle vous vous conduisez. » Séparons-nous de Soubise à Coesfeldt, où son quartier général demeurera jusqu'au 1# octobre, et revenons à la
(1) Choiseul à Soubise, 29 août 1761. Archives de la Guerre,
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