CLAUSEN MARCHERA SUR WOLFENBUTTEL
Marainville qui me rassurait sur la marche de M. de Sedlitz sur Brunswick. Je prévins en même temps M. le comte de Lusace de l’entreprise de M. de Clausen sur Wolfenbutel, afin que le jour qu’il l’exécuterait, il poussât un gros délachement sur Alfeld pour occuper Lückner qu'on savait être revenu à Eltz sur le grand chemin d'Hanovre à Alfeld. |
« Après avoir raisonné longtemps ce matin avec M. de Stainville sur la position présente, nous avons pensé 1° qu'il était impossible qu'au moyen du corps de M. de Rochambeau et des places de Ziegenhayn, Marburg et Giessen, il püt arriver un inconvénient considérable de ce côté-là; 2° que ce serait remplir l'objet du prince Ferdinand que de faire revenir en Hesse toute l'armée pour
chercher : le combattre, parce que dès qu'il la verrait arriver, il se retirerait et repasserait la Dymel et nous préviendrait peut-être dans le pays d'Hanovre. D'après cela, nous sommes convenus que le meilleur parti à prendre était, après avoir pourvu à la sûreté de la communication de Cassel à Münden par un nombre de troupes suffisant, de s'attacher à interrompre la communicationde Hameln à l’armée ennemie, de tenir le plus de cavalerie et de chevaux d'artillerie et des vivres qu'il serait possible dans le pays d'Hanovre pour v subsister et ménager la Hesse, et de pousser des corpsle plus avant que la prudence le permettrait dans les pays de Hanovre et de Brunswick, et c'est ce que je vais faire exécuter. »
Pendant les jours de tranquillité relative qui régnèrent autour de Cassel, il y eut quelques combats heureux nour les Français. À Wilhemshôühe, Verteuil enleva le poste de la Cascade avec sa garnison d'une compagnie d'Écossais: les partisans La Sarre et Vallières traversèrent le Weser près de Beverungen, bousculèrent les postes ennemis et revinrent sur la rive droite, ramenant avec eux 150 prisonniers.
Quant à Clausen qui avait été envoyé le 15 septembre (1) à Goslar avecordre de pousser une pointe surWolfenbuttel, ilavait paru devant cette place le 2% avec un corps de 10 bataillons et 20 escadrons, sommé inutilement le gou verneur Stammer, jeté quelques boulets dans la ville, mais sans sou arlillerie qu'il avait prêtée à Vaubecourt, 1] ne se crut pas assez fort pour tenter un assaut et, conformément aux ordres recus de Brogl'e, se rabattitsur Eimbeck. Vaubecourt, expédié à peu près en même temps que Clansen, fut plus heureux; après une courte canonnade, il s'empara le 25 septembre par capitulation du château de Schartzleld près de Herzherg, et de sa garnison qui se composait de 378 officiers et soldats.
Broglie était demeuré à Cassel, altendant le dép. t du prince Ferdinand qu'il aurait voulu brusquer (2) en faisant mine de passer le Weser er amont de Hôxter. De son côté, Choiseul avait eu ie temps de rédiger et d’expédier de Paris un plan d'opérations (3) tenduut à forcer les confédérés à évacuer la Hesse : Broglie le trouva inexécutable. 1] s'agissait de laisser Clausen vis-à-vis Lückner en Hanovre, de marcher à la Dymel en faisant agir Stainville par Stadtberg et sur l’Alm : si Ferdinand reculait, on dévasterait le pays, « car il est trop tard pour songer aux sièges ». On voulait une rencontre; au cas où elle serait impossible à amener, il faudrait penser aux quartiers d hi1ver.
De Cassel où il était encore le 1° octobre, Broglie (# opposa ses conceptions à celles de Choiseul : faire de la lesse Le théâtre des principales opérations serait entrer
dans les vues du prince Ferdinand et renoncer aux bénélices d'une occupation même temporaire d'une partie du
(1, Broglie à Choiseul, Eimbeck, 15 septembre 1761. Archives de la Guerre.
(21 Broglie à Choiseul, Cassel, 30 septembre 1761. Archives de la Guerre.
(5) Choiseul à Broglie, 26 septembre 1761, Archives de la Guerre, Broglie à Choiseul, Cassel, 1° octobre 1761. Archives de la Guerre.