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fl Hal
on pleurera à la mienne. Regrette le service du fils de celui qui aida Jésus dans ses peines. Tu es trahi. »
En marge était écrit :
« Je te donne 2% heures. »
Peu après cet avertissement, le général, très éprouvé par le climat et par les épreuves morales, eut une crise de maladie qu'il attribua à tort ou à raison à une tentative d’empo'sonnement. Aux prises avec la douleur, surexcité au dernier degré, Lally se livra à des emportements dont le jésuite Lavaur, devenu le confident intime, fut seul témoin. D'après le journal de cet ecclésiastique, le général se serait écrié (1) : « Que je suis malheureux! Ah! Pondichéry! Pondichéry! Que n’ai-je la force de me tuer! Oui, je suis un poltron. Eh bien! qu’on me {ue, qu'en m'empoisonne, qu’on m'assassine, sans cela Pondichéry est perdu; qu’on me tue, mais qu'on ne me fasse pas de mal. » Lavaur attribue ce langage incohérent à l'état d'ébriété dans lequel se serait trouvé le malade. Que les propos relatés aient été tenus, cela peut à la vérité se croire, mais se baser sur eux pour étayer une accusation 4e trahison, voilà qui passe singulièrement les bornes. Cependant, le même esprit, tendancieux au point d'en être ridicule, se retrouve dans les écrits des ennemis de l’infortuné Lally. Citons un passage d'un manuscrit (2) qui décrit les souffrances de la garnison et accuse le générel de les exagérer, afin de la pousser à réclamer une capitulation qu’il souhaite, mais dont il veut esquiver la responsabilité : « 11 (le soldat) se vit réduit à une demiation de riz, et une demi-livre de bœuf; bientôt ie cheval
(1) Journal du père Lavaur. Ce journal, trouvé dans les papiers du père jésuite, mort vers la fin de (762, est un véritable acte d’accusation contre Lally dont il dénature les actes et auquel il attribue des desseins aussi noirs qu’invraisemblables. Or. prétend que Lavaër avait écrit deux journaux dont l’uu favorable à Lally; ce dernier aurai’ été détruit.
(2) Manuscrit sans titre rédigé probablement par le père Lavaur. Archives de la Guerre,