‹ La guerre de Sept ans [microforme]Chapitre 90 sur 230 · POINTE SUR BRUNSWICK · texte numérisé non relu

POINTE SUR BRUNSWICK

buttel dont il commencerait sans retard l'attaque; aussitôt maitre de la place, il rejoindrait Clausen à Brunswick quoique la valeur des fortifications et l'importance de la garnison ne laissassent pas espérer le succès. « On r.e doit pas cependant compter réussir, mais cela doit causer de la frayeur à cette ville et au pays de Brunswick et faire une diversion qui engage le prince Ferdinand à se rapprocher du Weser et à le repasser. »

Pendant quelques jours, le prince Ferdinand, bien qu'ayant pénétré les projets de son adversaire sur Brunswick, n'eut pas connaissance du départ de l'expédition. I y eut entre Lückner et les généraux français Chabo et Caraman, soutenus par Poyanne, une série d’escarmouches à la suite desquelles le partisan allemand se retira à Hastenbeck. Broglie, qui avait assisté au dernier combat, accompagna la poursuite et poussa mème jusqu'aux environs de la forteresse d'Hameln. Le 9 octobre, Lückner fit passer au prince Ferdinand un billet, daté de la veille, de son frère le duc de Brunswick qui était réfugié à Celle, l'avertissant de la marche de Clausen et de Lusace, et le suppliant de secourir son duché. Ordre fut aussitôt expédié à Lückner et au prince rédéric de courir à l'aide de la ville de Brunswick; leurs forces réunies se composaient de 8 bataillons d'infanterie et de la cavalerie de Lückner. L'avis de là marche d’un corps ennemi au secours de Brunswick accrut la prudence habituelle de Broglie ; aussi manda-t-il (14) à Lusace « de ne pas trop s’acharner à Brunswick... notre objet principal était rempli de retirer l'ennemi de la Hesse, il fallait qu'il évitât de se faire battre au retour ».

Le comte de Lusace et Clausen s'acquittèrent avec intelligence de la mission qui leur avait été confiée. Entre Brunswick et le Weser, l’armée confédérée n'était

1) Broglie à Lusace, Eïmbeck, 12 octobre 1761. Archives de la Guerre,

représentée, au commencement d'octobre, que par un corps de 7 à 8.000 hommes commandé par le prince Frédéric de Brunswick et par Lückner qui manœuvraient dans la région de Holtzmünden et de Halle. La voie était done ouverte pour une expédition et le succès dépendrait de la célérité avec laquelle elle serait conduite. Le 6 octobre, « la réserve (1) composée de deux brigades d'infanterie française, d'Auvergne et de Lyonnais, de deux brigades saxonnes, de 1% escadrons de cavalerie avec 12 pièces de 12 livres, 6 obusiers et 2 mortiers, partit du camp d'Eimbeck pour se diriger sur l'Ocker et y pousser ou arrêter ses op‘ralions à proportion des nouvelles que M. le maréchal ferait passer de l'ennemi et des mouvements que M. le prince Ferdinand ferait pour s'y opposer ; M. le comte de Vaux et M. le comte de Broglie, lieutenants-sénéraux, M. le chevalier Pelletier, commandant l'artillerie, ainsi que M. de Lambert, brigadier, commandant le génie, avec une brigade d'ingénieurs, suivirent le mème jour M. le comte de Lusace qui vint camper avec la réserve à Gaudersheim ». Le 7, grâce à une étape de 7 lieues, on était à Lutter. De son côté, Clausen avait gagné Holle au confluent de la Nette et de l'Innerst; le lendemain il investissait Brunswick sur les deux rives de l'Ocker et coupait toute communication avec Wolfenbuttel. Le même jour, Lusace était en vue de cette dernière ville; les tranchées furent ouvertes au cours de Ja nuit; le tir commenca le 9 et continua le 10. Quelques boulets rouges lancés sur la place y provoquèrent un incendie qui décida la capitulation. La garnison forte de 2 ofliciers généraux, 30 officiers et environ 800 hommes fut prisonnière; les Francais s'emperèrent en

utre de 2 drapeaux, 13 canons, d'une quantité considérable de munitions qui furent ramenés à Güttingen, et {) Journal d itions de Ia réserve. Archives de la Guerre Laganne td) espace ss dune 7e » nes ” x

Page 1