BRUNSWICK SECOURUE PAR LE PRINCE FRÉDÉRIC
prélevèrent en outre sur les habitants une contribution de plus de 200.000 écus.
Aussitôt ce succès remporté, Lusace vint camper le 12 devant la ville de Brunswick qui avait été sommée inutilement la veille; aux propositions des assiégeants le vieux général Imhoff avait répondu par un refus énergique. Le 13 octobre, les batteries étaient prêtes à ouvrir le feu, mais les généraux francais, sans nouvelles du gros de l'armée ennemie, émus de l'approche de Lückner et du prince Frédéric de Brunswick qui accouraient au secours de la place, avaient décidé d'abandonner l’entreprise; un incident qui se produisit dans la nuit du 13 an 14 les confirma dans cette résolution. Un des postes de la ligne de blocus avait été forcé par le prince Frédéric qui s'était jeté dans la ville en apportant à la garnison un renfort des plus utiles de 6 bataillons. Soit que les dispositions du commandement francais fussent mauvaises, soitque la certitude du départ du lendemain eût fait négliger quelquesunes des précautions élémentaires telles que «envoi de patrouilles et détachements sur les avenues desquelles l'ennemi pouvait aborder », le chef du poste M. de Vastan et 300 de ses hommes furent pris ou mis hors de combat, un canon enlevé et le passage forcé. Clausen, averti trop tard, ne put arriver qu après l'entrée du prince Ferdinand de Brunswick ; « il ne crut pas devoir s'engager, ayant déjà ses instructiens pour venir camper le lendemain th en avant de la gauche du camp de Fimmelsen ». Le 16, le corps de la réserve était de retour à Gaudersheim qu'il avait quitté le 7.
Quoique l'attaque de Brunswick n'ait pas été menée à bonne fin, faute d’un peu de hardiesse, l'expédition n'en avait pas moins produit le résultat que visait Broglie depuis longtemps ; il avait déterminé le prince Ferdinand à porter le gros de ses forces sur la rive gauche du Weser où il avait été précédé par Lückner et le prince Frédéric.
UERRE bE SEPT ANS, Ts Vs {
Conformément aux ordre: reçus ‘1), le premier avait gagné la ville de Hanovre le 10 octobre; de là, il transmit à son général en chef les bruits alarmants qui couraient sur la présence de 30.000 Français aux abords de Brunswick, et sur une pointe qu'ils auraient lancée sur la route de Celle; avec le peu de forces dont il pouvait disposer, il croyait impossible de dégager les places assiégées. Ferdinand lui répondit le 11 au soir que quand même les Français seraient au nombre de 30.000, ils ne pourraient faire à la fois le siège de Wolfenbuttel et de Brunswick ; il lui renouvela l'ordre impératif d'avancer à quelque prix que ce fût jusqu'à Brunswick et d’y jeter les 6 bataillons du prince Frédéric pour renforcer la garnison d'Imhoff qui n'en comptait que #. Toute l’armée était en route pour l'appuyer. Ainsi stimulés, Lückner et le prince Frédéric gagnèrent Peina, puis Abbensen sur la route de Hanovre à Brunswick : ils débouchérent d'Abhensen le 13 au soir et accomplirent la mission délicate dont ils avaient été chargés. Aussitôt le prince Frédéric entré dans la place, Lückner avec sa cavalcrie se retira à Peina. Le coup hardi des confédérés ne leur coûta qu'environ 80 hommes, parmi lesquels le général de Rotenburg qui, dans l’obseurité, fut blessé mortellement par un de ses soldats, La levée du siège de Brunswick fait d'autant plus d'honneur aux confédérés qu'à la date di 14, Le secours promis par Ferdinand à son lieutenant était encore loin ; la division du général Wangenheim (6 bataillons et 6 escadrons), qui constituait le premier échelon de l'armée confédérée, n'était arrivée à Hanovre que dans Ja nuit du 19 au 14: l'infanterie était tellement épuisée par les fatigues d’une marche à travers un pays accidenté et sans routes, que certains bataillons étaient réduits à une cinquantaine de soldats autour de leurs drapeaux.
1) Vol: pour la relève de Brunswick, Westphalen, vol. V, p. 106 et guiv.