‹ La guerre de Sept ans [microforme]Chapitre 95 sur 230 · GRANBY · texte numérisé non relu

GRANBY

« Ce camp était en lui-même d’un abord très difficile. M. de Poyanne ne jugea cependant pas à propos de s'y faire attaquer, et s’apercevant que la retraite par Wickensen et Wentzen sur Eimbeck lui était coupée par milord Granby, se rejeta dans la gorge de Stadt Oldendorf. Si M. de Hardenberg avait pu se trouver à l'heure convenue à son rendez-vous, M. de Poyanne aurait eu de la peine d'échapper; un accident arrivé aux pontons fit qu'il passait le Weser 8 heures plus tard qu'il ne le devait, ce qui fit gagner le temps à M. de Poyanne de se sauver. En attendant, les chasseurs de Friedrichs avaient délogé les postes ennemis sur le Weser entre Polle et Holtzminden, et ayant passé ce fleuve à gué, se portèrent en avant vers le Salling. M. de Poyanne fut suivi par une partie de nos troupes légères qui firent sur lui quelques prisonniers avec plusieurs chariots de bagages. IL avait mis Le feu aux huttes de son camp en l’abandonnaut, ce qui causa une flamme si violente qu’on ne pouvait traverser d’abord ni le camp, ni la gorge, dans laquelle il se trouvait placé. Mylord Granby n'en continua pas moins sa marche par Wentzen vers la Huve, et fut joint par le corps du lieutenant-général de Conway dans la vue de prêter la main au prince héréditaire, qu'il trouva arrivé vis-à-vis des hauteurs de la Hauve et engagé dans une forte canonnade avec les troupes ennemies qui s'y étaient formées. Ce prince, voyant que celles-ci grossissaient de moment en moment, crut devoir se borner à les canonner, d'autant plus qu'une attaque de vive force aurait demandé plus de troupes qu’il n'avait d’abord, et que vers la fin l'ennemi semblait avoir sur lui l'avantage du terrain et du nombre en même teinps.. Le gros de l’armée arriva le 5 à midi à Eschershausen, où elle assit son camp. On eut besoin de la journée du 6 pour faire arriver l'artillerie, et pour faire respirer les troupes très fatiguées par toutes ces marches faites consécutivement. »

Pour leur mouvement (1) contre les camps d’Eimbeck et Escherhausen, le prince héréditaire, Granby et Hardenberg avaient disposé de #7 bataillons, #1 escadrons et d’une forte artillerie.

Pendant la journée du 6 novembre, il n’y eut entre !es deux armées que des escarmouches insignifiantes. Ferdinand dont le quartier général était à Wickensen, se montra très mécontent de l'exécution du projet et s’en prit à son neveu pour lequel il prépara une lettre dont Westphalen obtint la suppression et qui ne fut pas expédiée; il crut nécessaire de modifier une position qui paraissait trop risquée; en censéquence il donna ordre à Granby de se porter de Wentzen à Forwohl, au prince héréditaire de s'établir à Ammensen. Cette marche rétrograde exécutée de nuit fut des plus pénibles; «le passage du village de Wentzen dura près de 3 heures, celui d’Ervié était des plus mauvais, les soldats étant obligés de défiler un à un, ce qui, joint avec un temps affreux et l'obscurité, causa beaucoup de traineurs » qui furent ramassés par les Français qui les poursuivaient.

Broglie donne (2) sur les incidents du 7 novembre les détails suivants : « Les ennemis décampèrent de devant nous la nuit du 6 au 7 et ils se retirèrent, savoir : leur droite à l'entrée de la gorge de Wickensen auprès du village de Maynholtz, et la gauche en avant du village d’Amensen sur le grand chemin d’Eimbeck à Alfeldt. Dès que le brouillard permit de distinguer les objets, ce qui ne fut que vers midi, je fis marcher sur cette partie M. le marquis de Poyanne avec les carabiniers, l'avant-garde de M. de Clozen, et 7 bataillons de grenadiers. M. le comte de Lusace déboucha aussi ‘1 même temps par la droite. » A la colonne où se trouvait le maréchal, il n’y eut pas d'engagement. De l’autre côté : «M, le comte d'Espiés et

(1) Boyd à Bute, Furwohl, 10 novembre 1761. Record Office. (2) Broglie à Choiseul, Eimbeck, 9 novembre 1761, 4 h. 0. m. Arch. Guerre.

nt

ne à

D EG A à

Page 1