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k | M. de Lestanges marchèrent par la gauche le long de la - { gorge d'Eschershausen avec 6 bataillons de grenadiers, et | À! | les carabiniers de la cavalerie. Ils trouvèrent l’arrière- A garde des ennemis et la poussèrent pendant deux lieues s | jusqu'à leur camp qui avant détendu et toutes les troupes (l - qui le composaient avant marché en avant, il fallut se re- \ » tirer, ce que je fis dans le meilleur ordre. Mon frère avait à | marché avec M. d’Espiés. Depuis ce temps-là, tout le corps : du prince héréditaire s'est retiré et celui qui était à la ; 1 gorge de Wickensen est demeuré dans sa position pendant 1 t la journée du 8 et y était encore ce matin. J'ai fait mar- 1f e cher pour l’attaquer quatre brigades d'infanterie, beaue coup de grenadiers, et tous les carabiniers du corps et L de la cavalerie; mais comme je m’y portais, j'ai entendu assez de coups de canon dans la partie de Dassel, S et j'ai été averti par M. de Chabo et M. de Stainville qu'il | | paraissait beaucoup de troupes de ce côté-là. » L'attaque | à | fut contremandée et Broglie prit la résolution d'évacuer ù { son camp d’Eimbeck. Û | Dar: sa dépêche, le général français expose les raisons | | qui le décident à prendre le parti de la retraite sans at- il t tendre la date du 18 qu'il avait fixée pour l’abandon | d'Eimbeck ; il invoque surtout le manque de fourrages et | la difficulté de communications menacées par les mouvements tournants de l'ennemi : « Je partirai donc demain. M. votre frère et M. de Chabo feront l'arrièére-garde du til côté de Dassel, et l’armée ira camper près de Moringen. | | Je me conduirai ensuite en conséquence des subsistances | que je trouverai. Nous aurons dorénavant l'avantage sur Îl les ennemis qu'ils s’éloigneront des leurs, et que nous 1 nous rapprocherons des nôtres. En abandonnant Eimbeck je le ferai sauter afin qu’il ne puisse servir de retraite aux troupes légères des ennemis pendant l'hiver. » Pour couvrir la retraite, Broglie renforça Stainville f de deux brigades d'infanterie et lui donna pour ins- L
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tructions de se maintenir le plus longtemps possible sur le plateau de Dassel, en cas de nécessité absolue de se retirer en faisant passer l'infanterie par Hoppensen et sa cavalerie par la plaine d'Ottonsen. L’artillerie avait été ramenée des hauteurs et parquée sur la route de Moringen. Au cours de la journée du 9, il y eut des démonstrations sans en venir aux mains : « Vers la nuit (1) on fut instruit que la plus grande partie de l’armée des ennemis avait marché par sa droite de vers Stadt Oldendorf et que même les troupes du prince héréditaire avaient pris la même direction. Ce mouvement faisant juger que M. le prince Ferdinand voulait prendre une position pour achever de manger les subsistances qui restaient dans la partie de Holtzminden et de Stadt Oldendorf, ce qui pouvait peutêtre lui permettre de garder quelques jours cette position. M. le Maréchal ne voyant plus rien d'offensif dans les mouvements des ennemis se détermina à quitter celle que l’armée occupait, et à se rapprocher de Moringen et d'Uslar, ce parti était même devenu nécessaire, les fourrages qui étaient dans les environs d’Eimbeck étant entièrement consommés. Toute l’armée est venue camper en conséquence en avant de Moringen sur les hauteurs d'Iber et Pomsen. » Suit le détail des emplacements occupés par les différents corps de l’armée. « Toute cette marche s’est faite forttranquillement, les corps qui étaient vis-à-vis MM. de Stainville et de Chabo n'ont pas même suivi leur arrière-garde, on n’a vu sur le soir que quelques centaines d’hussards qui se sont approchés au cantonnement du régiment de Berchiny, mais ayant été découverts ils se sont sur-le-champ retirés. Le 11 toutes les troupes sont restées dans leur même position et on n’a pas de nouvelles que les ennemis aient fait aucun mouvement. »
(1) Suite des opérations de l’armée du 9 au 11 novembre 1761. Archives de la Guerre.
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Le récit que fait Ferdinand de la journée du 9 novembre (1) confirme dans ses grandes lignes celui de son adversaire : « Le gros de l'armée se mit le 9 de novembre à # h. du matin en marche sur Stadt Oldendorf et gagna heureusement les hauwæurs de Lindhorst et de Mackensen. Mylord Granby joignit la gauche de l'armée vers le soir à Wangelstadt; le prince héréditaire arriva à Forwohle et M. de Lückner à Delligen et Ammensen. Comme par ce mouvement la position de la Huve était prise à dos, M. de Broglie jugea à propos de l’abandonner, et mit la nuit du 9 au 10 à profit pour se retirer. » Les hussards de l’armée confédérée occupèrent la ville d'Eimbeck au cours de la journée du 10 novembre.
A en juger par les plaintes de Stainville (2), il était grand temps de te.ainer la campagne, tout au moins en ce qui concernait la cavalerie. « Les chevaux, rapportet-il le 8, tombent de tous côtés à force de fatigue et de faim. » Le 11, il demande au maréchal la permission de renvoyer 3 régiments de cavalerie incapables de faire le service, « les chevaux n'ayant pas mangé dcpuis plus de # jours, et ne trouvant dans tous ces environs-ci que de la paille de seigle ».
L'évacuation d'Eimbeck marqua la fin de la campagne : « Il n'y a rien de nouveau dans cette partie, écrit Broglie (3) à Soubise à la date du 2#, le prince Ferdinand est toujours à Eimbeck, et son armée partie campée, partie cantonnée entre cette ville et le Weser, souffrant, à ce qu’on assure, de la disette des fourrages, et cela doit être, le pays ayant été totalement mangé, et ne subsistant que de celui qu'ils tirent par bateaux et chariots d'Hameln. Le prince héréditaire est à Dandersheim ayant Lückner
(1) Relation de l'expédition contre Eimbeck. Record Oflice.
(2) Stainville à Broglie, Hoppensen, 8 novembre: Doressen, 11 novenbre 1761. Archives de la Guerre.
(3) Broglie à Soubise, Hardenberg, 24 novembre 1761. Arch. de la Guerre.
entre la Rühr et lui. Toutes nos troupes sont entre la Rühr et la Leyne, l'infanterie campée, la cavalerie cantonnée. Les subsistances sont très abondantes, et le temps aussi beau qu’on peut le désirer dans cette saison. Le 29, toute l'armée cantonnera aux environs de Güttingen, et le 30 chaque corps prendra la route de ses différents quartiers. »
Quoique les deux maréchaux correspondissent régulièrement et se communiquassent leurs mouvements et leurs projets, à partir de l'envoi de Levis avec le dernier renfort de 10.000 hommes, il n’y eut aucune coopération entre les deux armées. Aïnsi que nous l’avons vu, Soubise avait installé le 18 septembre son quartier générul à Coesfeldt pour couvrir et au besoin recueillir les colonnes volantes qui parcouraient la région située entre l'Ems et le Weser avec mission de détruire les magasins ennemis et de recueillir des vivres et des fourrages pour l’armée française. Vers la fin de septembre (1), Conflans était entré dans l’Ost Frise où ses exactions amenèrent la révolte des habitants qui fut d’ailleurs facilement réprimée; Viomesnil agissait dans le Diepholt; Wurmser occupait Osnabrück; Melfort descendait la rive droite de l’Embs, Voyer était à Rheine. Pour augmenter les inquiétudes de l'ennemi au sujet d’un siège de Munster qu'il n'avait d’ailleurs aucune intention de tenter, Soubise avait mis en mouvement les ingénieurs, l’artillerie, les mineurs; il a commandé les chevaux nécessaires pour trainer l’attirail d'un siège.
Si le général de l’armée du Bas-Rhin se montrait d’une prudence excessive, il faut reconnaître que les instructions qu'il recevait de la cour étaient conçues de façon à le confirmer dans son attitude. Le Roi eût préféré une tentative sur Hamm au raid sur l’Ost Frise. Pour cette
(1) Soubise à Choiseul, Coesfeldt, 26 septembre 1761. Archives de la Guerre.
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