SUR LES CHAUPS DI BATAILLE
effroyables, ont assouvi leur haine, leur soit de meurtre avec un monstrueux rafTinement de cruauté.
Dans un village voisin, des gêna m'ont affirmé avoir vu pis que ce que je vois.
Après le départ de ces bêtes fauves, ils ont trouvé, dans une maison, un garçonnet, le ventre déchiqueté. Devant son cadavre, à genoux contre le mur, maintenus dans cette position par des cordes qui les liaient l'un à l'autre, son père et sa mère étaient morts, face à face, les parties sexuelles de l'enfant enfoncées de force dans leur bouche !
Terrifié, je me suis refusé à contempler d'autres scènes d'épouvante...
Les rues, pleines de soldats, sont encombrées par les convois de munitions et de vivres qui avancent lentement. Le ciel est rouge des lueurs mourantes des derniers incendies, et sur la colline qui domine la ville brillent d'innombrables feux de bivouac.
Des trompettes sonnent : c'est le « coucher » des troupes serbes et c'est aussi le « glas » de la Turquie d'Europe...
LIS VICTOmES SERBES
La Reddition d'Uskub.
Uskub, 1" novembre. — A l'aube, après une nuit passée sous la tente, je reprends ma route. Il est dix heures lorsque j'entre à Uskub. Déjà dans la ville joyeuse de soleil et d'espoir, pavoisée aux couleurs serbes, l'ordre règne. Les minarets blancs voisinent aves les clochers des églises et je suis tenté de me croire bien loin de la guerre.
Mais les troupes défilent par les rues, musique en tête, acclamées par leurs frères de race, devant l'indifférence des porteurs de fez ; elles traversent le Vardar, elles vont vers le sud, vers de nouvelles victoires, derrière te rideau des hautes montagnes aux cimes blanches qui encadrent la vallée et la ville.
Ici, au commencement de la période de tension, on avait peu d'espoir en l'issue de la lutte.
La mobilisation, la concentration des troupes turques s'étaient effectuées difficilement dans le