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LES SERVICES AUXILIAIRES

Je ne m'étendrai pas longuement sur les services au}[iiiaires de l'armée serbe, et cependant c'est beaucoup grâce à leur fonctionnement parfait, dû à une organisation méticuleusement étudiée et au dévouement inlassable du personnel, que cette armée a pu remporter victoires sur victoires et occuper en quarante-cinq jours la vieille Serbie, la Macédoine, l'Albanie, puis ravitailler et entretenir, aux extrémités de la péninsule, les 50,000 hommes qui assiégèrent Ândrinopie pendant cinq mois et l'armée qui campait sur la côte adriatique.

Les services de ravitaillement et de transport ont lonctionné de façon remarquable en dépit des colossales difficultés résultant du terrain dans ces contrées de hautes montagnes, des intempé-

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ries et du manque de voies ferrées et de routes carrossables. L'endurance des attelages de bœufs leur a seule permis ce véritable tour de force. Les chevaux, même Ik meilleurs, auraient succombé à la tâche.

Pendant la mobilisation, la coDceotratioQ et au début des opérations, le ravitaillement fut assuré, comme en temps de paix, par les meigasins centraux installés sur les lieux de mobilisation.

Durant la campagne, on se servit des voies ferrées, des convois de trains divisionnaires quand les routes le permettaient ou des chevaux de transports lorsqu'elles manquaient.

Lorsque le ravitaillement par derrière était impossible, on employait les ressources et les moyens locaux en payant tout au comptant sur place.

Les réquisitions sur territoire ennemi ont été évitées autant que possible. Chaque troupe avait pour payer une somme d'tu^ent renouvelée par l'intendance générale.

Dans chaque armée, le train de celte intendance générale, qui transportait de la nourriture pour quatre jours, formait litùson entre les magasins généraux de l'arrière et les convois divisionnaires contenant trois jours de vivres, plus un quatrième jour de réserve. Puis venaient I«3

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convois de troupe qui, marchant avec les troupes mêmes, portaient deux jours de vivres. Enfin, chaque homme avait sur lui sa nourriture courante pour vingt'quatre heures et trois jours de

Ainsi, le ravitaillement se trouvait assuré de feçon constante pour quatorze jours.

Au début des hostilités, la base administrative du service se trouvait à la frontière. Dès l'élolgnement des troupes, une deuxième base fut créée avec une ligne secondaire de magasins de vivres à Mitrovitsa, Uskub et Djevdjeli, où passent des lignes ferrées. Ils furent approvisionnés par la Serbie et par l'étranger, via Salonique.

Les troupes du littoral adriatique eurent leurs besoins assurés par Fiume et Salonique et celles d'Andrînople par la ligne Nisch-Sofia-Pbilippopoli-Kadikaï.

Le service tanitatre. La Serbie, pauvre de médecins militaires, dut demander le concours de tous ses médecins civils — j'ai vu de vieux docteurs de 70 ans avec tes années. Leur nombre,

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au commencement de la guerre, était de 250, dont 50 olliciers de l'active et 200 de réserve. Les pharmaciens ne manquèrent pas, mais l'armée n'eut pas assez de vétérinaires.

J'ai indiqué précédemment, dans le chapitre technique, la composition de ce service, dont la tête se trouvait à la sectiOD sanitaire du quartier général ; je n'y reviendrai donc pas.

Le matériel et les médicaments ne manquèrent jamais, mais par suite de la rapidité de la marche des troupes, leur approvisionnement dut être assuré par un service de courriers spéciaux.

L'évacuation des blessés, parfois extrêmement difficile, lut tou)Ours assurée dans le délai maximum de quatre à six jours.

Le docteur Kojen, chirurgien de l'ambulance de la division de la Morava premier ban, et plus tard, chirurgien en chef de l'hôpital miUtaire d'Uskub, m'a déclaré :

« Tous les blessés arrivaient à l'ambulance divisionnaire déjà pansés, soit par eux-mêmes, avec le pansement individuel que chaque soldat serbe portait cousu à l'intérieur de sa veste et dont l'emploi lui avait été minutieusement indiqué avant la campagne, soit par les deux médecins du régiment. i

e A l'ambulance divisionnaire, ces panse- |

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ments étalent vérifiés ou remplacés par d'autres définitifs, on faisait les immobilisations de fracture, les hémostases et les opérations m^entes qui ne fmrent, du reste, pas nombreuses.

«. Une section d'infirmiers recevait les blessés à leur arrÏYée à l'ambulance, prenait leurs noms et les classait suivant la gravité de leurs blessures.

« Les moribonds étaient transportés de suite sous des tentes éloignées et les autres vers les tentes d'opération ou de pansement. La nuit, on travaillait avec des réflecteurs à acétylène.

« Souvent la pluie augmentait la difficulté de notre besogne et il fallait, pour déshabiller les hommes, couper leurs vêtements mouillés et boueux.

« La chirurgie durant toute la campagne fut, à de rares exceptions prés, une chirurgie conservatrice. On n'employa que la teinture d'iode et les pansements aseptiques, sans toucher les plaies, ni les laver, ni les désinfecter. »

Malgré leur nombre réduit, mais grâce à leur dévouement, — les médecins travaillèrent jour et nuit souvent jusqu'à complet épuisement de leurs forces ; le service sanitaire fut assuré de façon parfaite.

les missions étrangères de la Croix-Rouge les

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aidèrent considérablement et la Serbie se montra profondément émue et reconnaissante de l'aide qui lui fut ainsi spontanémeat apportée par les autres nations européennes.

E^ général, les blessures causées par les balles modernes, lorsque celles-ci n'atteignaient pas d'organe essentiel, étaient peu graves. Cependant la balle pointue, dont l'extrémité se tord facilement, a été reconnue plus dangereuse que la balle ordinaire.

Les blessures, grâce aux premiers pansements immédiats et à la rapidité de l'évacuation, ne présentaient en général aucune inflammation. Il n'y eut d'exception que pour les blessés de la bataille deMonastir. Là, de nombreuses blessures s'étaient envenimées et les hommes montraient une résistance moindre que ceux atteints aux précédents combats. Cela était dû d'abord aux fatigues plus prolongées et à la longueur du transport pendant une centaine de kilomètres en voilure, par Prilep et Vêles avant d'atteindre les trains sanitaires sur la voie ferrée.

Il y eut peu de malades jusqu'à l'armistice, mais ensuite, tous les hôpitaux furent emplis. De nombreux cas de fièvre typhoïde, gagnée sans doute pendant la marche, se déclarèrent principalement chez les troupes qui s'étaient dirigées

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sur Monastir et de Prizren à la côte adriatique. Ces dernières furent les plus éprouvées.

Trois trains sanitaires pouvaient chacun transporter en arrière 500 blessés et malades et permirent aux hôpitaux de campagne de suffire à leur mission.

Voici, en chiffres ronds, le bilan des pertes serbes pendant la campagne (1) :

Blessés 24.000

Tués 11.000

Morts de leurs blessures . . . 3.000

Malades 21.000

Morts de maladies 7.000

(1) Les pertes serbes devant Andrinople ne sont pas comprises dans ces chifTres.

Le dernier salut.

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