XX INTRODUCTION
un membre humain, s'amuserait à le décharner, à le désosser, à l'anatomiser pour s'écrier : voilà le corps humain ! C'est là le rôle de l'historien exclusivement patriote I
Celui, au contraire, qui, ne perdant jamais de vue les lois générales de l'organisation humaine, voue toute son activité à une branche spéciale, n'en est pas moins un grand médecin.
Or, dans le domaine de l'histoire, il n'y a aucune prééminence pour un peuple plutôt que pour un autre. Certes, dans le corps humain, le cœur et le cerveau sont deux organes plus précieux que le bras et la jambe. Un homme peut vivre sans jambes, il ne vivrait pas sans tête. Certains peuples n'ont pris aucune initiative dans la marche intellectuelle de l'humanité, mais ils n'en sont pas moins nécessaires pour l'harmonie et la beauté de l'ensemble. Un homme, quelque spirituel qu'il soit, est souvent gêné dans ses mouvements, parce qu'il a mal au pied. Eh bien , un peuple, quoiqu'à la tête de l'humanité, n'est pas moins souvent arrêté dans sa marche par les maladies morales d'un tout petit autre peuple, qui, pris isolément, Saurait pas la moinére impor-