‹ La guerre des paysansChapitre 31 sur 46 · ARTICLE 12 ET DERNIER · texte numérisé non relu

ARTICLE 12 ET DERNIER

Enfin, pour le douzième, nous nous engageons à renoncer soit à un, soit à plusieurs des articles ci-dessus énoncés, dès qu'on nous aura prouvé qu'ils ne sont pas d'accord avec l'Évangile et la parole de Dieu ; même pour le cas où l'on nous aurait déjà accordé les demandes relatées plus haut, elles seront regardées par nous comme nulles et non avenues , dès l'instant qu'on aura prouvé leur incompatibilité avec la foi du Christ. Par contre, nous nous réservons le droit d'en formuler d'autres qui s'accorderont avec la vérité évangélique, et qui seront dirigées contre les abus offensant Dieu et notre prochain.

« Que la paix du Christ soit avec nous tous ! »

Trois siècles plus tard; le peuple français a formulé ces douze articles en trois mots : Liberté , Égalité , Fraternité !

11 est clair que ce manifeste n'a pas été rédigé par une seule main. Plusieurs chroniqueurs de cette époque prétendent que les douze articles sont l'œuvre de Tho-

mas Munzer. On serait presque tenté de le croire, vu les nombreuses citations de la Bible et de l'Évangile. • Il est certain , dit Zimmermann, que l'article troisième et l'Introduction émanent de lui ; mais Munzer a toujours nié sa participation à ces articles, et il n'était pas homme à nier un fait émané de lui. »

Les douze articles , sortis d'abord de la Souabe supérieure , se répandirent en Allemagne avec une rapidité extraordinaire et devinrent partout la profession de foi religieuse et politique de tous les paysans.

Toutefois nous citerons encore quelques points indiqués dans les seize articles des paysans de la Forêt- Noire, et qui ne se retrouvent plus dans les douze.

Dans le second article , — les paysans demandent le droit de porter arbalète et hache.

— L'article onzième dit : que dorénavant aucun paysan ne pourra plus être puni pour avoir commis une faute avec sa fiancée sans la volonté du curé et du seigneur.

— Selon le douzième article , il ne sera plus permis aux seigneurs de s'approprier les biens des suicidés, ni d'hériter d'un mort quand il y a des parents collatéraux.

Enfin ils demandent le droit pour chacun qui a du vin dans sa cave , de le vendre, en gros et en détail , à qui bon lui semblera (1).

(1) Chose digne de remarque ! A mesure que les douze articles •'approchent des provinces limitrophes de France, ils gagnent ea

Ce fut dans ce moment que le duc Ulric, dont une première descente avait échoué à Untertûrkheim, fit une seconde tentative au nom de la liberté des paysans. Ceux-ci , par un retour extraordinaire de fortune , lui montrèrent quelque sympathie. Ce fait peut s'expliquer par les besoins de leur propre cause. En l'absence du duc, la Souabe avait été placée sous le régime d'un gouverneur autrichien. Or t l'Autriche opposa aux paysans une résistance opiniâtre et des forces considérables, dont le sénéchal Goerg, ennemi puissant du duc, était le chef. Après huit années d'exil, on avait donc pu oublier un peu les méfaits d'Ulric, et, comme font tous les peupies en tout temps et en tous lieux , on se laissa aller à croire aux promesses et au désintéressement d'un prince.

énergie et en concision. Voici les douze articles des paysans alsaciens et lorrains.

1. L'Évangile doit être prêché selon la vérité et non selon l'intérêt des seigneurs et des prêtres.

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