ÉPILOGUE
Brano fut porté au hameau et déposé dans une grange avec un grand nombre de soldats français. Le chirurgien pansa sa jambe immédiatement, et chacun entoura le jeune homme souffrant de soins et d'attentions résoectueuses; car le général Jardon, qui avait signé son sauf-conduit , n'était pas homme à permettre qu'on méconnût sa signature impunément.
Lorsque Bruno fit connaître que sa mère se trouvait au hameau et exprima le désir de la voir, on l'envoya chercher sur-le-champ à la ferme indiquée par le jeune homme.
Sa mère et Geneviève furent amenées auprès de lui; elles purent rester avec lui et le consoler sans qu'aucun soldat français osât jamais leur adresser une parole ambiguë. Au contraire, comme les deux femmes aidaient aussi à soigner les autres blessés avec une affectueuse sollicitude, elles eurent bientôt conquis la reconnaissance et le sincère respect de tout le monde.
35* ŒUVRES DE HEKai CONSCIENCE.
Quinze jours plus tard, les Français transportèrent leurs blessés à Hasselt. Bruno resta au hameau. Ce fut alors seulement qu'il eut des nouvelles du sort de ses infortunés compagnons d'armes; mais les renseignements étaient si terribles que plus d'une fois il se mit à pleurer en silence en lisant la Gazette d'Anvers que lui avait procurée le notaire du village voisin.
Dans deux numéros différents de ce journal, devenu français par la pression des circonstances, Bruno lut ce qui suit :
Avis officiel. — « Cinq cents brigands ont été tués dans les alentours de Gheel, MoU, Meerhout et Holmes (probablement Olmen). On leur a pris deux chariots chargés de six barils de poudre qui leur étaient venus de la Hollande. Tous les autres paysans ont pris la fuite...