RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
Liberté! égalité!
« En considération des signalés services rendus à la République par le citoyen Bruno Halinx, et, entre autres, de ce qu'il a sauvé d'une mort certaine le citoyen Meulemans, dit Simon Brutus, commissaire de l'administration centrale des Deux-Nèthes, le soussigné, général de brigade commandant le quatrième corps de l'armée des neuf départements réunis, invite toutes les autorités militaires et civiles de la République à laisser aller et venir librement le prénommé Bruno Halinx avec les siens , et à le protéger, en cas de besoin , contre toute vexation ou empêchement.
a Donné au quartier général devant Diest, dans la nuit du 6 au 7 frimaire an vu de la République française, une et indivisible.
0 Jarbon. »
Les yeux de Bruno se remplirent de larmes et demeurèrent pendant quelque temps fixés avec surprise sur le
papier. Puis, vivement touché de la généreuse intention de Simon, il se pencha sur son corps et déposa un baiser reconnaissant sur les lèvres pâles de son ami mort.
Mais tout à coup il se releva en entendant des voix retentir auprès de lui.
Il vit avec stupéfaction une dizaine de soldats français, commandés par un officier, qui semblaient épier avec le plus grand étonnement son étrange action, dont leurs regards lui demandaient l'explication.
Pour toute réponse, Bruno montra le piapier que Brutus lui avait légué. .
L'officier le lut, le lui rendit, et dit à ses hommes .
— Qu'on enlève ce citoyen avec précaution; qu'on le porte dans la grange au bord du grand chemin, et dites au chirurgien -major qu'il panse sa blessure immédiatement.
Cet ordre généreux fut exécuté à l'instant : qua soldats français emportèrent Bruno vers le hameau.