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lin; son domestique Sus ^ qui le suivait paraissait fort mécontent et murmurait à part lui de façon à ce qu'on l'entendît.
Le meunier se retourna et dit d'un air fâché :
— Sus, mon garçon, je ne comprends pas comment tu peux être ainsi ! Dans le malheureux temps où nous vivons ne consens-tu pas à prendre volontiers ce peu de peine?
— Peu de peine ! grommela le domestique; tandis que les autres sont assis au cabaret, je suis moi, tout le dimanche, à sécher là-haut au moulin, pour voir s'il ne vole ni corbeaux ni sans-culottes. Laissez au moins le moulin en paix le décadi ^.
— Le dimanche républicain? s'écria baes Cuylen avec horreur. Si tu n'étais pas si vieux. Sus, je dirais que tu as envie d'entrer en accointaace avec cette canaille impie,
— Je voudrais que le dernier sans-culotte fût pendu à k potence ! s'écria le domestique; je pourrais alors, du moins, marcher le dimanche sur la terre ferme, au lieu d'être toujours planté là-haut sur le moulin.
— Allons, Sus, dit le baes avec bonté, ne t'épargne pas une si petite peine. Souviens4oi que chacun, en ce temps-ci, a une lourde croix à porter. Vois les malheureux serviteurs de Dieu, vois nos prêtres, comme ils sont poursuivis et emprisonnés, parce qu'ils ne veulent pas renier la foi; vois comme ils sont emmenés sur des