FREE
qui a Ôté la vie à un soldat de la R Lui-même l’avoue; ie cadavre de n de porte témoignage contre lui, Cr< viction suffisamment formée sur constitue en conseil de guerre: déci
—La mort! qu’on le fusille! ré toutes les voix.
—Eh bien, dit Simon Brutus, d juge qui prononce une sentence, eh pouvoirs à moi délégués par l’adm attendu que le citoyen ici présent e de meurtre sur la personne du cito au service de la République françai du du conseil de guerre par moi in le coupable à être mis à mort par donne que la sentence soit exécutée ce lieu même. J’ordonne de plus après l’exécution de la peine, le fa tre coins de la maison du condar brûlée jusqu’aux fondements avec
— qui en dépendent, afin que la déva porte témoignage de la puissance française, et de la manière dont elle fants !
À ces derniers mots, le notaire horriblement; une, pâleur mortelle et, comme saisi de la fièvre, il se :
tite grange qui se trouvait du côté
Tous remarquèrent cette soudain:
gardèrent avec étonnement.
—I1 y a du louche dans'cette c:
sergent.
—Allons, allons, s’écria Simon | die dure depuis assez longtemps. C hommes, conduis le coupable là-b:
fais-le fusiller, et jette son cadavre
> la République SR celui de notre camarade. Vite, et que cela de notre pauvre ds
11, Croyez-vous vo poral eut bientôt trouvé ses hommes. Il sa sur ce point? .96ifäu notaire, le saisit au collet, et allait l’entrat-
: décidez de son 4m Ja direction indiquée :
le! répondirent » souhaite dire un mot encore, un dernier mot
CMèn commissaire, dit le notaire.
Lus, du ton solen:=Sbien, qu'est-ce? demanda Simon Brutus en se
ce, eh bien, en ‘4 ant de lui.
l'administration SSSs avez dit, citoyen commissaire, que vous fesent est reconnu #iiiler ma maison jusqu'aux fondements ?
u citoyen HoraccSSSWinstant même. Dans une demi-heure, tout rançaise; sur l’a 888 périr dans les flammes...
noi institué, je cMIOSe notaire, désignant du doigt la petite granrt par les arme: n soupirant :
écutée sur-le-char sous le toit de joncs, gît un homme caché, il > plus qu'immélil périr dans les flammes...
le feu soit mis 2% ah! s’écria Simon Brutus avec joie, à la fin ondamné, et qu'iéiiuverons plus que nous ne croyions. Qu'on
avec tous les ESS condamné! Que huit hommes me suivent!
| dévastation de té de la grange, au niveau du sol, il y a une ssance de la R« >, dit le notaire.
nt elle sait venc-#8Bier courut avec ses compagnons à l’endroit in- BIS hachèrent avec leurs sabres dans l'argile et otaire se mit à fSSSt le trou; tous se baissèrent et entrèrent en
rtelle couvrit sc:
il se tourna ver: Buge paraissait toute remplie jusque contre la 1 côté gauche due lourds fagots; mais par derrière un passage udaine émotion. lESSBagé au milieu. Toutefois, à peine les soldats
Se remarquer cette disposition, car toutes les outte cassine! groMiiqui pouvaient laisser pénétrer quelque lumiè-
é t fermées: 1ine profonde obscurité régmait mon Brutus, ceSsBrange. :
aps. Caporal, pré onnant avec les mains, Simon Brutus sentit > là-bas derrière R£0ts étaient disposés en escalier.
davre dans le PÉ
Il y monta jusqu’au-dessus du suivirent sur les talons.
Là ils aperçurent, dans le coin ce à une faible lumière qui sem quelques fentes, un homme, qui le genoux sur la paille et priant.
Comme il ne répondait rien a ni aux menaces qu’on lui adréssa immobile et agenouillé, on l’arra fut traîné jusqu’au bord du tas chanceté, l’un des soldats le pou:
malheureux tomba du haut en bas ge.
Tous descendirent. (Grâce à | mière qui, à travers l’ouverture, l'aire, ils reconnurent que l’ho front, et que le sang coulait su blèrent de railleries en guise d faisant entendre que bientôt il si bon.
L'homme ne paraissait pas s’é sures, car il s'était relevé sans et, toujours silencieux, il se ter ‘de ses bourreaux.
Sur ces entrefaites, Simon Bri la grange, cria du dehors qu’on grand jour.
Cet ordre fut exécuté, et Pot nouvelle victime à travers le trou
C'était un homme de haute t avoir cent ans. Des cheveux bl front; son visage était serein e de majestueux y était empreint.
—Le curé!-s’écria aussitôt Si prise et en reculant par un sent lontaire.
us du toit; ses ho e dats poussèrent des exclamations de joie. 28 le curé! s’écriaient-ils. Bonne capture! cela coin le plus retir(, @iience pas mal. Le chef des fanatiques ! bonne
i semblait passer i BSÆbonne capture!
qui leur parut un pEiemps ils avaient entraîné le curé dans la cour, nt. ès à l’endroit où se trouvait le notaire au rien aux grossièrs 61 ses gardes. Dè que celui-ci vit ie curé, il dréssait, et qu’il Jfiune voix suppliante :
l’arracha de son «ion père, mon père, vite, donnez-moi votre béu tas de fagots. IBM! Je vais mourir... Je demande pardon à e poussa dans les ‘BiBr le mal que j’ai pu faire; je remets avec con-
en bes sur le sol de pn âme entre ses mains. Priez pour ma fem- L. mon enfant! Votre bénédiction! votre bé- F2 ce à la réflexion (2888!
rture, pénétrait ju#iiiiitre leva la main vers le cial et prononça avec +: Phomme était L'Éiiiprimable majesté quelques calmes paroles sur it sur sa joue. |! — .
rise de consolation BBg et moqueur éclat de rire s’éleva parmi les t il saignerait pourk Brutus qui, en reconnaissant le curé, avait
as S’être fait d'au Dpe de stupeur, lutta un instant contre son ans le secours de PE mais bientôt il étendit impérieusement la se tonsit debout :l it au caporal qui se tenait auprès du notaire:
ME que la sentence soit exécutée ! n Brutus, qui étaitéiournant vers/les autres : = qu’on amenât le pl yen sergent, dit-il, je confie le prêtre à ta vi- Qu’on me suive dans la maison!
et lon poussa rude harassé, Simon Brutus se jeta sur une chaibon 18 salle du rez-de-chaussée; il fit approcher le aute taille; il sen lui demanda en français, langue qu’il savait ux blancs couronn@iré parlait passablement :
ein’et doux: queldiien Jacques-Dominique Torfs, sais-tu que tu rott. Mnné à être emprisonné et déporté à l’île d’9-
tôt Simon Brutu: = — 1 sentiment de rese Savals avant que vous, émissaire des enne-
mis de Dieu, vous me l’annonçassiez dans mon égli:,, répondit le curé avec un sang-froid e:traordinaire.
—-Vraiment! êt pourquoi ne t’es-tu pas enfui? dit l'officier d’un ton railleur.
—Le temps est venu où le rocher de Pierre doit être teint encore une fois du sang des martyrs Si Divu veut bien accepter le mien, qu’il coule!...
—Il radote, s’écria le sergent; sa cervelle est à l’envers.
En ce moment, on entendit retentir quelques coujs de feu, et tandis que cet incident détournait du prêtre l'attention de chacun, le caporal entra, vint se placer devant le chef, porta la main au chapeau et dit d’un ton froid et indifférent :
—Citoyen commissaire, tes ordres sont exécutés; le coupable est parti pour l’autre monde.
Deux larmes brillantes coulèrent des yeux du pritre, et il courba profondément la tête sur la poitrine. T/annonce de la mort de son malheureux ami avait brisé son coeur et abattu un instant son courage.’
Le chef se tourna de nouveau vers lui et lui deman-
. —Qu’as-tu vu ou entendu cette nuit?
—Un bruit confus d'hommes qui traversaient la cour dans l’obscurité. |
—-Un soldat a été tué ici cette nuit. Le sais-tu ?
—Je le sais. »
—Quels détails connais-tu sur cet événement ?
—Bruneo est venu me trouver dans ma retraite, ct m’a raconté comment le soldat avait terrassé son père et voulait le tuer.
—Qui a tué le soldat ?
Le prêtre resta muet.
=—Tu parleras! hurla Simon Brutus, Tu sais tout. Je te ordonne au nom de la République française, déclare ce que tu sais...
LEke
ur
Te
Le prêtre continua à garder le silence.
Un soldat, transporté de colère, lui donna un Coup de poing dans la figure.
—Paix là! s’écria Simon Brutus; ce prisonnier appartient au comité central... Eh Den, citoyen T'orfs, encore une fois, diras-tu ce que tu sais, oui ou non ?
Le prêtre releva la tête, fixa sur Simon Brutus des Yeux où rayonnait une mystérieuse inspiration, et dit l'un ton solennel:
—Ce que je sais, pécheur égaré ? Je sais que, si votre mère vivait encore, elle maudirait l'heure de votre naissance! Je sais qu’elle maudirait le fils qui, envoyé de l'enfer, vient briser les autels de son Dieu et assassiner ses frères sur le sol r ème où a reposé son berceau! Je sais que le sang inr cent des chrétiens pèsera sur vous jusqu’au pied du tr ounal de Dieu! Voilà ce nr: je sais.
Ces paroles, dites comme une lugubre pre tie, firent une profonde impression sur Simon Brutus. Cependant, quelque troublé qu’il fût, il dissimula son émotion sous un amer sourire en disant à ses hommes :
—Assez de ce ridicule sermon! Qu’on me suive à l'Aigle. Caporal, reste ici avec quatre hommes,
—Faut-il mettre le feu à la maison ? demanda le caporal.
—Non, pas encore, répondit le chef. Cette aprèsdiner je t’enverrai un ordre. Il doit y avoir ici beau- ‘oup d'argent et d’argenterie. Rassemblez tout cela. Nous l’ajouterons à ce que nous avons déjà pour l’en- "eoyer à Anvers. En attendant. mangez et buvez de fout ce que vous trouverez. Et ne te laisse pas surprendre, caporal, Qu’on emporte le corps de notre pauvre camarade.
Dès que le cadavre, placé sur une civière, fut devant ia porte, Simon Brutus quitta la maison du notaire et prit avec ses hommes le chemin du village. Le curé,
tenu par deux soldats, marchait, la tête penchée, du cadavre.
Sur leur passage, ils n’aperçurent dans le villa un être vivant; il semblait désert et abandonné, « si, en une nuit, la peste eût tué tous ses habitan pendant plusieurs personnes se tenaient toutes blantes derrière les portes et les fenêtres, et, d’u plein d’angoisse, épiaient, à travers les fentes et | vertures la marche du lugubre cortège.
En dehors du village, sur le chemin de l’'Aig coup de feu se fit entendre tout à coup; un des & atteint à la jambe, tomba sur Je sable.
Tous se précipitèrent dans le taillis en poussal cris de vengeance, et coururent vers l’éndroit où mée du coup de fusil montait encore comme un nuage vers le ciel.
Quatre hommes restèrent auprès du prêtre, et, me s’ils eussent cru qu’il était cause de ce qui :
* d'arriver, ils le rudoyèrent et le frappèrent cruelle Il se laissa patiemment maltraiter et pousser d’ur à l’autre de la route: pas un mot, pas une plain s’échappa de ses lèvres.
Il se passa un temps assez long avant que Simon tus et ses camarades revinssent du taillis. A leu parition sur la route, leurs yeux étincelaient de fu ils poussaient de confuses clameurs de dépit et de
Ils n’avaient trouvé personne.
—En avant! cria le chef ; cette après-<lînée nous donnerons leur compte !
Le prêtre fut emmené avec plus de rudesse en
on emporta le soldat blessé, et le convoi atteignit : l'auberge de l’Aigle.
achée, à «5
e village »
’était le même jour, vers trois heures après midi.
imon Brutus se promenait de haut en bas devant lerge de l’Aigle. Il semblait enfoncé dans une prode rêverie; parfeois il s’arrêtait brusquement et por-
l’'Aigle, ui des soldats
oussant de la main à son front; puis il adressait à la sentinelit où h RE ostée devant la parte quelques paroles distraites, ow ne un ge
it se placer sur : chemin du village pour voir « n'apparaissait dans le leointain. :
'e, et, OMSDcrrière la fenêtre de l'auberge se tenait baes Cuylen
QUI VER jmpassible en apparence, mais en réalité tremblant n proie à une vive anxiété, avait l’oeil fixé sur le r d'un côte
plainte nef, matin-là, le meunier avait été tt : de si terri-
scènes! On avait apporté chez lui . cadavre; le é était emprisonné dans son écurie; de toute cette rnée il n’avait entendu qu’affreuses clameurs de ven- Buce et menaces de mort et d'incendie contre le vile entier! Saisi d’une profonde terreur, il suivait le Î d'un regard inquiet et craintif ; car il était évident r lui qu'à cette heure Simon Brutus était occupé à
chiner dans sa tête des projets de vengeance et de se encore; truction.
simon Bru- A leur :pde fureur, et de rage.
> nous ler
ans aucun doute le meunier se trompait néanmoins. clque dure et méchante que fût d'habitude la phyponie de Simon Brutus, en ce moment un fugitif rire venait par intervalles adoucir la farouche ex-
ssion de ses traits. L’impatience qui le peoursuit visiblement attestait que, bien loin\de méditer des
lié
actes de violence, il attendait avec émotion une. dont il désirait ardemment l’arrivée.
Après quelque temps, il était allé inspecter po: quatrième fois la route du village, lorsqu'il vit : raître au loin quelques soldats.
Il revint précipitamment vers la sentinelle et lu d’un ton sévère: =
—Voici le sergent : il amène une femme que j'ai arrêter. Fais attention qu’on ne laisse entrer perso qui que ce soit, à l’Aigle, tant que je ne serai pas |
moi-inême te donner d’autres ordres, Le sergent mènera cette femme dans la grande salle,
À ces mots il entra dans l'auberge.
# Bientôt se montrèrent, à l'extrémité du chemin village, une dizaine de soldats qui conduisaient jeune femme en la tenant par le bras, et la-fioussa de temps en temps doucement dans le dos pour |:
sa marche,
C’était une jeune fille admirablement belle, à la t le svelte et élancée, aux cheveux noirs comme Paigle corbeau, à l’eocil plein de flamme, et dont la physio mie enchanteresse avait une noble et imposante exp sion. Bien que des larmes perlassent dans ses ye elle ne fléchissait pas la tête; sa démarche, son atti de, attestaient Je Courage et la fierté,
Les soldats eux-mêmes subissaient limpression cette virginale majesté: Ja paroles qu’ils lui adressaic wavaient pas leur rudèsse accoutumée et semblaic adoucies par un sentiment de respect.
Mais les guides de le jeune fille se montraient d'a tant plüs brutaux envers le vieillard qui les suive avec obstination, bien qu'ils leussent mainte foi: r poussé rudement en l’accablant d’affreuses menacr*.
Cet homme était le sacristain maître d'école: il co rait à la suite des soïdats avec tous les signes d’un i
une cho
er pour & | vit à Ppas
et lui di
1e j'ai fait personne | pas ven ‘gent m'a
hemin du aient une Joussa ient our lter
à Ja tail l'aigle du physiono e Ex pres ses Veux, nm attitue
ssion de ressaienti mblaient
nt d’au- " suivail Iois re nacre:
* il cond’un in-
exprimable désespeoir, s’arrachant les cheveux, déchirant avec ses ongles sa poitrine ensanglantée, versant un torrent de larmes : en un mot, on eût dit que la dou-’ leur et le désespoir l’avaient rendu fou.
Par moments aussi sa douleur convulsive semblait s'apaiser ; alors il levait les mains et les yeux au ciel et implorait par de navrantes exclamations le secours de Dieu, ou, bravant les menaces des soldats, il se rapprochait davantage du triste cortège, et s’écriait d’une voix entrecoupée de sanglots :
—0 Geneviève, mon enfant, ma malheureuse enfant ! Toi, qui es tout ce qui me reste sur la terre, inestimable don du Seigneur, mon orgueil, ma joie, toi dans les mains de ces barbares! toi livrée à leur impie perversité! Innocent agneau, que veulent de toi ces scélérats? Mon Dieu, mon Dieu, je meurs d’angoisse et d’effroi !..
Et après avoir, un instant encore, suivi le chemin en chancelant et trébuchant, ,sans conscience de ce qu’il faisait et comme anéanti, il élevait de nouveau la voix plaintive : =
0 Geneviève, chère Geneviève, ne sois pas si déseolée; mets ta confiance en Dieu, qui soutient ses martvrs dans leurs douleurs! Ah lsonge que toute infamie
des bourreaux ne peut souiller l’innocence de la victime...
Comme si ses efforts pour dissimuler son propre dé“:
sespoir avivaient encore ses souffrances, il se tordit affreusement, se mit à déchirer ses habits, et s’écria en tendant les mains vers le ciel:
—Malheur, malheur à moi, 6 mon Dieu. d’être né!
Malhcur à moi de ce qu’il vous a plu de me donner une :
enfant, un ange d'amour et de pureté! Malheur! malheir! pour être jetée en pâture à des monstres vomis par J'enfer!...
La jeune fille s’arrêta, quoi qu’on fit pour la pousser
en avant; elle sc retourna ct cria à son consolatrice :
—Ah! mon père, ne vous attristez I yoix me perce le coeur. Calmez, cal supplie votre coeur affligé. Portons a notre sanglante croix...
—Mou enfant, mon enfant chérie, s d'école, tu ne comprends pas toute lI sort !
—Je la comprends, répondit la jeune poussant les soldats loin d’elle, mais je Dieu m’a donné courage et volonté: il y de plus puissant que la rage des bourres © —Oh! non, non! dit le père en gémi te protéger sinon Dieu ?
—Ah! s’écria la jeune fille avec un vous demandez qui me protégera aujo l’imminence du danger? La mort!
—La mort! la mort! répéta le père ül tordant dans de neouvelles convulsions ; seul refuge!
Comme la jeune fille repoussait avec 1 un visible mépris lés soldats qui voul:
poursuivre son chemin, le sergent: entra lente colère et ordonna qu’on écartât le force et en recourant aux coups au besoir
Un soldat courut, le sabre levé sur L saisit par le bras et s’efforça de le faire : min en proférant de terribles menaces ; ] homme, égaré par son affection, fit rés gagea et s’élança vers sa fille, qu’on ava née plus loin.
Furieux, le soldat se précipita à la suit, le saisit pour la seconde fois, le jeta sur . Sur sa tête un sabre menaçant.
Geneviève le vit, poussa un cri déchiran
Dites stupéfaits, s’élança vers son père, saisit paules le soldat qui l’avait terrassé et le renverrière sur le sable. Tout aussitôt elle releva son | plaça au-devant de Jui, croisa les bras sur la et cria en bon français à ses gardiens qui acent vers elle:
bien, sanguinaires tyrans, venez, percez le coeur lle qui défend son père contre vos infâmes attae tardez-vous, lâches bourreaux? trembleriezvant une faible femme ?
lle figure de la jeune fille avait une expression stueuse et si saisissante, ses yeux étincelants ient d’un si superbe dédain, que les soldats, frappés d’impuissance, se regardèrent les uns fes avec stupéfaction.
Île femme murmura l’un d’eux; on dirait que -français coule dans ses veines!
: voilà une qui a du lourage! gror.mela un auère infortuné ‘ 1008; la mer ne semble voir la statue de la République! sé caporal.
avec hauteur 4 e scrait diablement belle avec le bonnet rouge voulaient li [tête! remarqua Mucius Scévola avec le plus entra dans sérieux.
at le vieillardf rrgeñt sourit avec bienveillance et dit à Geneviè-
à son père d'un
stez pas ainsi:!
, Calmez, je ons avec résiré
rie, s’écria le te l’horreur is
jeune fille «4 ais je ne craïii : il y a queiqu#
OUTTEAUX. 2 gémissant.
C un amer 54 Aujourd’hui #
besoin. Ê
sur le sacris ès bien! voilà ce que nous aimons. Tu es une faire rebrous4 he femue, Tu r’as pas bonne opinion de nous: ces; mais le te trompes, ma belle: un républicain n’est ni
it résistance,
I > ni bourreau au point de vexer une aussi charn avait déjà 4
fille, Au contraire, il te pardonne même les inù ue tu lui prodigues injustement. Allons, suisa suite du sat ans résistance; par égard pour-toi, nous laisseta sur le col »n père en paix.
ms cunc fille enlaça £és bras autour du cou d: son chirant, repo@St murmura quelques douces paroles à son oteille.
LA
— H18 — Lorsqu'elle le quitta pour obéir à l’ordr
torrent de larmes coula sur ses joues, pleurer et à sangloter tout haut. |
Le sacristain se mit à marcher non lo du chemin, en tenant les mains sur se
La troupe se rapprocha en silence lAigle. Geneviève essuya ses larmes ses joues, et, le sein palpitant, jeta un berge où elle savait que Simon Brutus semblait s’exciter elle-même à la lutte 4 à la résistance.
La sentinelle arrêta le sacristain au voulait pénétrer dans l’auberge à la st Quand il vit se refermer la porte par avait disparu, il frissonna et f\. saisi anxiété. Mille pensées plus affreuses ] autres lui passèrent par la tête; de tem} me, il lui échappait un cri d'angoisse, c« ribles visions surgissaient tout à coup « égarés.
Soudain, fou de désespoir, il se précip et voulut l’ouvrir; mais la sentinelle 1 l’apostrophant brutalement, et croisa la sa poitrine pour l’empêcher d’avancer.
Le pauvre sacristain, comme s’il eut p science de son état, se la’ssa glisser sur rampa sur le sable jusqu’à la sentinelle € compassion. Il levait vers le soldat dès 1 tes et demandait avec des gémissemen grâce de pouvoir suivre son enfant.
Après s’être vainement répandu en in nelle saisit au collet linfortuné, le traîn tre côté de la route et le jeta là à terre.
Le sacristain se releva et, comme a
__poids de la douleur, il appuya sa tête con se prit pleurer.
l'ordre du srgs oues, et elle
ion loin d’elke ; sur ses yeux.
lence de l'aube
rmes qui nou$ a un regard s1% rutus l’attendi# lutte et à sc 1rés
in au moment#
la suite de à > par laquelk;
saisi d’une !4 uses les unes $ > temps en ten sse, comme si coup devant 54
précipita sur li
elle l’en arr:
isa la baionne:
eut perdu iou8 er sur ses ven nelle en imlon : des mains su sements navri it. " en injures. if traîna jusyu4 erre. £.
ime accablé à
te contre u: 44
e temps après il quitta cet endroit et se mit à d’un pas rapide, quoique mal assuré, dans la mn du village. On eût dit que son esprit troublé t révélé un suprême secours, et qu’il se hâtait "invoquer.
pdant ce temps, Geneviève avait été introduite è Simon Brutus. Le sergent la conduisit jushilieu de la chambre, salua son chef et disparut. is que la jeune fille se tenait immobile et les issés, Simon Brutus alla à la porte et en tourna F2 mystérieuse précaution fit frémir Geneviève et d’indignation. Elle releva la tête avec fiera au chef un regard foudroyant et dit:
sais quel est le sort que vous me réservez, mais prie de croire, monsieur, que parfois le coeur aible femme recèle plus de courage que le coeur mes qui fuient devant votre tyrannie !
n Brutus resta immobile et stupéfait près de e; il contempla avec admiration cette jeune fille regard hardi le troublait jusqu’au fond de l’âme. ne majestueuse et fière attitude, le visage pâle, es frémissantes, elle ressemblait à la statue de d’une héroïne grecque.
rapprocha d’elle et lui dit:
Éneviève, pourquoi as-tu peur de moi? Crois-tu ue Simon t’ait fait rechergher pour te tourmensieds-toi, Geneviève, et sois tranquille, ne le veuilles toi-même il ne te pprocha un siège de la jeune fille et 1 omme pour l’engager à s’asseoir.
Fivacité avec laquelle elle arracha sa main à son et le regard d’indignation qu’elle lui jeta le
A moins.
sera fait aucun
ui prit la
Brälir et blessèrent très profondément son or-
Le ce 120 Æ:
gueil. Frémissant de dépit, il s’éloigna s’assit et dit d’un ton mécontent :
—Ù paraît que tu veux me ficher!
pourtant, citoyenne, que tu es en mon F crains que le lion ne te morde, ne l’agace
—Puis-je savoir Pourquoi vos soldats :
cieusement arrachée à ma demeure? den fille sans prendre garde à la menace. D
, que demandez-vous de moi? Quels sont w
—Mes projets? Je n’en sais rien moi-m cas, je ne songeais pas à t’offenser. Le d et de te parler m’a décidé à te faire veni] tion a été un peu rude, ce que je suis le gretter, cela vient de nos moeurs, Genevi blicains n’ont pas le temps d’être polis; c coeur n’est pas aussi dur que leur manière peut-être supposer.
Le ton adouci de ces paroles tranquillis neviève; l'angoisse cessa en partie de se pe visage. Elle s’assit et dit d’une voix calm
—Eh bien, monsieur, si vous avez enx chose à dire, j'écoute; si, au contraire, ve accompli, je vous prie de me laisser” partir vre père souffre d’inexprimables douleurs qui le possède lui donne un avant-goût de
Simon Brutus parut tout joyeux du cha:
venu dans l’esprit de, la jeune fille.
—Geneviève, dit-il d’une voix émue, dep j'ai mené une vie bien rude; jai vu des r des massacres, j'ai bravé vingt fois la me part au fièvreux triomphe du peuple après
j'ai partagé sa rage destructrice dans l’acco de ses vengeances ; j’ai vu couler le Sang I j'ai vu des centaines de têtes rouler sur l’écl été ballotté dans tous les sens par les éve Paris, comme un misérable jouet du sort: d
oigna un peu ;
âcher ! N'oubix mon pouvoir.
’agace pas!
Idats m’ont :i f ? demanda là à e. Dites, 1:08 ont vos projcts:i moi-même. E18 Le dés de t
venir. Si l'i uis le premier reneviève: les lis ; cependant | anière d’agir ke
zZ encore que ire, votre «lési partir, Mon uleurs ; la ter ût de la mort!
u changemont®
e, depuis cinçà des révoiu: io la mort, j'ais après la vict l’accompli ses sang par tor ir l’échafaud.
es événements ort: dans ce ti
A | à PE
Pune société en fermentation, j’ai tout oublié $ ys, mou village, mon père, tout, sauf un seul dt qui avait pris racine au plus profond de mon |. Toi, Geneviève, toi seule vivais toujours de-
Ps yeux; ton image seule ne m’a jamais abandon-
une fille écoutait ces parole muette et la tête ” sur la poitrine.
hef reprit:
land nous étions plus jeunes, Geneviève, il m’a mainte fois que tu n’étais pas indifférente aux que je faisais pour obtenir de toi un regard d’a- Dis-moi, Geneviève, me suis-je trompé? n’y aais rien eu dans ton coeur qui parlât en ma fa- -.. Tu ne réponds pas?
t-ce la vérité que vous désirez entendre? demäneviève.... Mais si cette vérité devait vous bles-
en dis pas moins la vérité, Geneviève.
h bien, il est, possible que, dans notre première e, je n’aie pas eu moins de sympathie pour le Simon Meulemans que pour mes autres comïs de je1; mais plus tard, lorsqu'il fut devenu tal et hautain jeune homme, lorsqu'il méconnut seils et les ordres de son père, et s’attacha aux mpies des tyrans qui atjourd’hui oppriment norie, alors ma sympathie pour lui se changea en
s mots, un frisson subit fit tressaillir Simon Brupieds à la tête; il contint cependant l’explosion dépit et de sa colère, et répondit :
ans ce temps-là, Geneviève, la rétrograde Belgi-
uvait encore espérer qu’elle repousserait la liber-
r continuer de vivre sous le joug de l'ignorance
l'esclavage: mais, aujourd’hui cet espeoir a dis-
Notre ci-devant patrie fait partie de la Répu-
blique française, et bientôt elle resser sante France, non-seulement par les par la langue et les moeurs, Ce qui ja une honte, est maintenant une vertu e se pourrait-il pas, Geneviève, que ‘tt ton coeur plus de sympathie pour * commissaire de l’administration cent éprouvais pour le fougueux jeune hom nu autrefois?...
—Ah! Simon, s’écria la jeune fille, cer à vous offenser’ Pourquoi me d vous est facile de deviner? Laissez-r gnez-vous à vous-même la désagréab sentiment que vous m’inspirez....
—Ce sentiment est donc bien terr chef avec un sourire plein d’amertw donc bien profondément que tu refus haine en paroles? Quoi qu’il en soit, parles.
—Voyez-vous, Simon, autrefois j’av aversion intime mais calme; mais auj vous êtes laissé choisir par des scélérs Dieu, comme le bourreau qui a pour torturer corps et âme, qui vient arrêt qui vient porter ‘une main coupable su vient profaner par un affreux sacrilè notre Dieu, qui brûle nos maisons, et me de stupides bêtes de somme ou co peau sans raison... aujourd’hui, la f( tez, la patrie en larmes, tout ce qui terre, tout me crie que je üois vous dois vous hair comme un instrument me un envoyé de ces monstres sangu de Paris, couvrent le monde entier de et de larmes!
En prononçant ces paroles la je ine
sa fière attitude; emportée par une indignasante, elle paraissait avoir oublié qu’un danle la menaçait.
Simon Brutus un grand changement s'était si sur sa physionomie; à mesure que les sébles de la jeune fille lui arrachaient toute es-
portaient à son orgueil de profondes blessuleur de la rage s’était répandue sur son visa-
sur son siège, il tremblait et son poing crisvolère étreignait convulsivement la poignée de
Quand la jeune fille se tut, il se leva brus-
ressemblera : à r les lois, muis qui jadis était ur ertu et un hour:
que ‘tu trouva Jour Simon ri centrale, que :# e homme que tu #
fille, pourquoi 1 me demander issez-moi partir:
gréable déclarité
lente! s’écria-t-il, tu ne me crains pas? Sais- . L ue je puis faire de toi ce que je veux? Sais-tu 1 terrible! mur rien au monde, qu'aucune puissance sur la mertume.” Tu 18 peut m’arrêter ou te protéger ?
refuses de tra:8s m’avez demandé la vérité, je vous l'ai dite, soit, je désiresÿ Geneviève. Je ne vous crains pas assez pour
Is j'avais pour ‘ÉBorté de fureur par le ton méprisant de ces deris aujourd’hui qi ts, le chef s’élança vers la jeune fille, l’arracha
scélérats abar do rise, et lui meurtrissant le bras de son: poing, il | pour mission i
arrêter nos frits tu ne me crains pas assez! Il faut donc que je
ble sur nos prèt entir mon pouvoir, fanatique entêtée !
sacrilège les tcBève se laissa malmener rudement, et fixa sur
ns, et nous tra scuteur un regard ironique et dédaigneux qui. ou comme un ‘h a davantage encore sa colère.
; la foi que “ue Simon Brutus la lâcha et, frémissant de ra-
> qui m'est cheSSSaca devant elle les bras croisés sur la poitrine, vous mépriser. f 2 provocateur flottait encore sur les lèvres de la
ument de Penfei le.
sanguinaires quESene comprends donc pas le danger qui te mena-
er de désastre: Ps donc folle ! s’écria le chef d’une vOiy tonnan- 2 " ?
je me fille av: ? dit la jeune fille. Etaient-ile fous ces chré-
tiens martyrs qui, du milieu des flam encore leurs bourreaux ?
—Sottises du temps du plus aveugl mura le chef.
—Eh bien, s’écria Geneviève, étaitroïne française qui délivra le monde téré de sang? Etait-elle folle, Charlot
En disant ces mots, la jeune fille a:
une si profonde expression de volont se peignait sur son visage, son regar mystérieuse menace, tout en elle ann vente exaltation que Simon Brutus, :
effrayé, fit vivement un pas en arrièr tolet de sa ceinture et en releva le ct
—Ah! c’est ainsi! s’écria-t-il C Moi qui étais assez naïf pour te parle tu viens pour m’assassiner! Peut-ê!
par cette lâche action mériter une ]} Mais tu n’y réussiras pas misérable q
— Vous vous méprenez sur mes in Geneviève; je ne craïns pas la mort, endurer le martyre, je subirais avec sort jusqu’à la fin... <<
—Que parles-tu done de Charlotte ques-tu de moi par hasard ?
—1l est un malheur plus grand qu jeune fille d’une voix sombre et en qu’un feu étrange s’allumait dans se
En ce moment on frappa doucemer chef parut mécontent de se voir dé il alla ouvrir.
—Qui te donne l’audace de méconn demanda-t-il an sergent qui avait fr:
—Titoyen commissaire, répondit c« que vous ne prendriez pas mal la ch
porte de l’auberge un homme qui veut
s flammes, prove Pour le retenir, il nous faudrait le maltrai- Minme il dit quil est le propre père du citoyen ire, cela n’irait pas. Que devons-nous faire ? Brutus frappa du pied avec impatience et ré-
veugle fanati:mg
était-elle folle ‘-ÿ nonde d’un nord
| re des gémissements et des lamentations! Dis harlotte Corda1:0
à qu’il attende un peu; je t’appellerai tout à
fille avait releve #4 and il faudra le faire entrer.
volonté et de ri ma la porte, et se tournant vers Geneviève : regard était :i j4 , citoyenne, tout est fini entre nous! lui dit-il. e annonçait unË gines cela, n’est-ce pas? Eh bien, tu te tromutus, comme do sais pourquoi tu me hais: tu es fiancée à un arrière. Il tira ÿ ame, à un lâche qui, au lieu de servir sa patrie : le chien. mi ans les bois avec un tas de stupides paysans, il. Charlott. (4 rigand qui surprend et assassine pendant la parler d’amour'f soldats de la République française. Comme ’eut-être ina: mme gage de départ de Bruno pour l’armée, tu une place en ki menée à Anvers et enfermée dans la citadelle.
ible que tu es!
oi en conséquence ; dès ce soir tu partiras avec 1es intention: r
mort, et me fiss je voir mon père avant mon départ? demanda y avec résignati®é filie avec un extrême sang-froid. 2 père? ton père est un esclave du fanatisme ; rlotte Corda;? 1 t rien te dire qui t’inspire de meilleures pen- 4, ne le verras plus!
nd que la mort rmes jaillirent des yeux de Geneviève; mais et en soupirant| n effort sur elle-même pour maîtriser les si. ins ses yeux. À rieurs d’une douleur qu'après une lutte pénicement à la por arvint à refouler au fond. de son coeur. ir dérangé; nt ce temps Simon Brutus était allé vers la éconnaître mes Ewen sergent, dit-il d’un ton impératif, qu’on ait frappé. | cette- femme avec le curé dans l'écurie ; qu’on dit celui-ci, ji > une chaise et de plus tout ce qu’elle deman-
la chose. Il: Ra, et qu’on fortifie la garde de l’écurie..…. i veut à toute M oi aussi le citoyen qui désire me parler
Tandis que le sergent emmenait ver fille, Simon Brutus dit à celle-ci :
—Tu vois bien, Geneviève, que j perdu tout espoir de te voir revenir que tu te puisse trouver, souviens-toi de te sauver et même de t’assurer u vie. Un seul mot de ta bouche, et tu
La jeune fille quitta la chambre s
Plongé dans de }. >fondes et inqui mon Brutus allait et venait par la murant à part lui d’un ton mégepten
—Mon père! Au milieu de “<e “es préoccupations j'avais presque trouvais si près de lui. Que veut-il moi, me revoir? Il n’est pas moins autres. Le village entier est pourri vient sans doute avec de grandes ex bablement aussi avec des larmes, me ses incompatibles avec mes devoirs.
son erreur; mais renoncer pour cela ma foi républicaine, ce serait une fa que tout le monde ici me haït et me méconnaîtrais-je pour l’amour d’eux de l’administration centrale, et me fe un lâche aux yeux de mes compagno:
père vienne ! S’il est raisonnable, je v
Bien que Simon Brutus prononçât apparent sang-froid, il était au fond moins calme qu’on ne Peût cru. La le troublait : la nature et l’orgueil lu:
l'issue de cette latte ne pouvait de douteuse :
—Quel enfantillage! s’écria-t-il.
pas sur la terre un être indénendan quement de ses propres actions? Et s plutôt naître fils d’un brasseur, d’ur
ait vers la porte ÆRnthrope ou d'un philosophe, est-ce en rien ma ci: u’il ne m'était pas permis de choisir? L/esque je n'ai ju: à k du père peut-il condamner le fils à la même evenir à la rai:
as-toi que j'ai \: À ja la tête avec dépit, en homme qui ne’st pas rer un sort «ligu Be convaincu de ce qu'il dit. Ce fut même avec et tu es libre..." ph découragement qui} reprit :
nbre sans lui reérité, un républicain ne devrait avoir sur Ja inquiètes réf. MRre, ni mère, ni amis; et même pas de vie pasar la chambre, 4 8, il serait libre de toute entrave et fort com- “ontent : nt, grâce à la puissance d’une volonté que rien
«es effort:, D d
sque oublié «ue oment la porte s’ouvrit ; un vieillard aux cheveut-il? Se trou es et au dos un peu voûté entra en pleurant moins fanatiiiue ambre.
pourri et verme Brutus courut au-devant de lui avec une émoles exclamations e, lui saisit la main, et le pressant affectueus, me demander r son sein: -
woirs. Je pui père, demanda-t-il, pourquoi pleurez-vous ? cela à un seul: mez-vous ; dites-moi ce qui vous afflige.
ne faiblesse... Bieux sourire illumina le visage du brasseur ; et me méprise, ! bn douce et émue de la voix de son fils parais-
d'eux l'esprit d« rprendre et le transporter de bonheur.
me ferais-je par sseyez-vous, reprit le chef, vos larmes me font pagnons ? Soit ! 4 [n'est pas ainsi qu'après cinq années d’absence e, je veux l'être: revoir mon père.
nONGÂE ces mots fils! mon fils! s’écria le brasseur en æ jetant fond du coeur SR Simon Brutus, il y a de l'affection dans ta . La venue de} me trompe peut-être; mais pour l’amour de
eil luttaient cn ll se-moi quelque temps dans cette douce erait demeurer !
assait et caressait son fils avec une fièvr 18e
LE Lionn celui-ci se prêta un instant à ces démot.: traval | tueuses, mais bientôt il détacha dnocement
? Et si le hasari ? son pére de ses épaules à lui et reprit: r, d’un lourd ps remercie, mon père, de ce que tu m’aimes en-
core d’un amour si ardent, quoique notre mani penser diffère du tout au tout. Tu es venu ici p' parler de choses importantes, je le pense du moin moi ce que tu désires; si je puis le faire sans f: mes devoirs, je me réjouirai de pouvoir te cor en quelque chose.
—Ah! Simon, dit le brasseur, puisse le ciel « ton âme en ce moment! Puisse-t-il exaucer ma désespérée et détourner de moi la mort la plus ai la mort sans espérance. Simon, il est apparu di tre village une cinquantaine de bourreaux, envo: de sanguinaires tyrans, et qui nous font mourr: froi et de tourment, et toi, toi, mon filas, tu es de ces barbares émissaires! Oh! ma douleur, m: est inexprimable! Je voudrais n’être pas né; m ne fut jamais devenu le persécuteur de ses frèr sang ne se fut jamais révolté contre Dieu!
Le visage de Simon Brutus-s’assombrit: il avec impatience sur son siège, et répondit :
—Ce sont là d’autres affaires, mon père. * que, par respect pour toi, je voulusse changer : nière de voir, je songeasse à renier mes convict publicaines, cela n’en serait pas moins impossib homme peut-il changer d’âme comme il chang bits ?
—O Simon, dit le père, abandonne cette c impie; donne la liberté à tes prisonniers, reco Anvers tes sauvages soldats et reviens dans not ge. Je te céderai tout mon bien, et te rendrai 8 tre de tout ce que je possède. Tu auras encore d jours à vivre, et tu pourras être heureux en ce :
Simon Brutus répondit avce un amer sourire
—Tu t'égares, mon père. Comment donc se que tu te sois laissé aveugler à : point-là? Ne donc pas que la République française vient Ÿ
aru dans envoyés
né; mon 3 frères, 1!
it: il 5:
re. Sup) nger ma onvictions
tte même liberté pour laquelle nos pères ont versé utilement tant de sang ?
—La liberté? dit le père stupéfait en poussant un ofond soupir. ‘"n nous apportes la liberté? Sous les ipereurs nous éliuns inGévendants; nos droits étaient violables ; il 1 y avait pa+, sur la terre, de peuple plus re que nou Aujourd'aui l’étranger envahit notre ys et prend possession sans conditions, en vertu du
qu! droit du plus fort. Sans nous consulter, il anéan-
tout ce qui nous est cher: lois, langue, moeurs, relin. Ses farouches mercenaires nous traitent commé s esclaves ; ils nous maltraitent, ils nous volent ce qui
à nous, ils incendient nos demeures... et si quelun de nous ose proférer une plainte, la mort ou la son (Ctouffent ce ressouvenir timide de nos droits
mius. Ah!... et il nous faudrait aimer cette affreuservitude, parce que nos bourreaux assurent qu’elle ppelle liberté ?
—Que tu es injuste! Combien tu es ingrat! s’écria non Brutus. Nous sommes vos bienfaiteurs, et tu Is appelles vos bourreaux !
Nos bienfaiteurs! reprit le brasseur en levant les ins au ciel... La persécution, le meurtre, l’incendie, t-ce là des bienfaits! Le langage des hommes au- “il changé de signification ?
C’est que tu ne le comprends pas. L’ignorance qui jlant des siècles, a retenu le monde dans les ténè- * à obreurei votre intelligence et vous a rendu inables de saisir la vérité. Vous attachez le plus haut à des choses insignifiantes, à des choses qu’on vous
lit respecter et aimer eémme on fait aimer et respecleurs jouets aux enfants, pour détourner leur esprit jréoccupations plus sérieuses. Et voilà comment il ait-que vous méconnaissez les bienfaits les plus pré-
* qui pussent être donnés à l’humanité. c’est-à-dire
la lumière, la raison, l'indépendance, .
ternité... Et cependant nous vous a} au nom de la généreuse République fr:
Depuis un instant le brasseur écout et l’oeil étincelant les paroles G: son f il se leva vivement et s’écria avec croissante qui finit par dégénérer en « —La lumière! Lancer au ciel de sa blasphèmes et insulter à Dieu: mettre à la place de la vertu, lâcher la bride reconnaître d’autre loi qu’un orgueil :
pour unique mobile à ses actions, à s lâche brutalité... c’est la lumière? < L'indépendance dis-tu? Dépouiller un libre et indépendant depuis des siècl qu’il est petit et faible, le dépouiller ses lois, de ses moeurs; lui voler ses t1 ter, le torturer, l’opprimer de toutes sur la nuque un pied insolent et le cha me un troupeau d’esclaves... Voilà l’:
vous nous apportez !—La fraternité! & jamais existé dans le pays que tu se l'ont étouffé dans le sang humain. Eïk qui a tiré de l’enfer la guillotine parc manquaient au massacre ? Est-ce la fra:
duit à l’échaffaud un roi innocent et ce la fraternité qui a fait noyer des pol parce que la guillotine même ne fonct vite? Est-ce elle qui, dans les rues de :
quer des canons sur les républicains e que la mitraille va vite en besogne, et comme le moissonneur les épis? Estqui faisait hurler l’infernal Marat qu tomber cent mille têtes pour que la vu sang enflammât encore l’amour pour :
pie et votre haine ardente contre V’h:
ance, Ja liberté vous a poussés vers les prisons regorgeant de pus apporton t8 Met vous a excité à égorger avec une rage
que françäise' ®e%æs milliers de prisonniers, et à vous baigner jusécoùtait en fr: noux dans le plus noble sang de la France ? son fils, Tout À s plutôt que vous êtes abandonnés de Dieu, que a Eu mal s’est emparé de Vous et vous mène à l’éfamnation en vous faisant accumuler forfaits — = its! Vous nous apportez la liberté? Quand Len Lorie ï a-t-il apporté la liberté à un peuple? Qui ppelés ? Vous attachez notre patrie à la remorbride —— l a France égarée.… Qui: vous a donné Je droit er À Ede nous les esclaves de l'étranger ?—Vous nous <, à Le __ Di la lumière? Pour nous toute lumière vient ref cest la É. urce de léternelle sagesse; elle descend de là - en oenpe 4 M l'humble humanité; vous n’avez rien que Pénn M orant qui jaillit du bourbier de vos fiévreuses uiller de "+ aises passions, et s’élance contre le ciel comme ses trésors, ë ible insulte à Dieu...
outes façons. 2 nee! plus un mot! s’écria Simon Brutus en 8e le charger SR : rieux. Si tu as des dieux que tu n’aimes pas = B Pindépendiÿ ire blasphèmer, j'ai moi aussi, une foi que je tél Si ce sent pas laisser insulter! Ah! tu as failli me faire tu sers, des n lindignation. .… ct si tu n'étais pas mon père. . n. Est-ce la 4 ie dernière exclamation il saisit un pistolet, et pare ue les g en tourmenta convulsivement la crosse, la fraternité qu on Dieu! s’écria le pauvre père d’une voix déni et sa faril. tandis que sa tête se renversait sur le dossier les populations à aise et qu’il élevait les mains jointes vers le fonctionnait ? 6n Dieu! épargnez ce crime à mon enfant! es de Paris, à ‘4 eur de la mort se répandit sur son visage; ses ains ntm ermèrent, ses bras inertes s’affaissèrent le long =? = ee or: ; il gisait là comme un cadavre inanimé. st-ce elle ] <
vue Simon Brutuüs fut saisi Lil courut tout tremblant à son
ln.
at qu’il voudrés la vue des to pour votre 1e LE re l’human:té'#
d’une extrême
père, lui pressa ; S’éloigna de nouveau, alla prendre de l’eau
et en baigna le front glacé du vieilla guant des paroles de consolation.
Après de longs efforts il vit enfin à la vie. Le vieillard ouvrit les yeux a : tonnement, promena un instant son reg chambre, sans conscience de son état, cri d’angoisse, porta vivement les main:
cacher les larmes qui commençaient à ment sur ses joues.
Simon Brutus re savait que faire:
sur ses traits et deviner l’inquiète agita vements qu’il était en proie à un profot timent où se mêlait l’impatience et la } lui.
Quelque chose lui disait que sa posit le; un autre sentiment s’efforçait aussi dans son coeur, la pitié que lui inspira son père.
Il lui prit de rouveau la main.
—Mon père, lui dit-il, tu t’es tromp« n’était pas de te menacer. Je voulai qu’un autre que toi n’eût pas impuné République française en ma présence.
donc bien perverti, bien méchant, pou de moi, comme si j'étais capable de t Allons, calme-toi et ne parlons plus de
Le vieillard se leva en silence, retira de son fils et se dirigea vers la porte:
—Tu me quittes après ce déplorab Simon Brutus d’une voix calme et en ] pir. Pardonne-moi plutôt mon empor plutôt de la profondeur de mes convic n’était pas entre nous deux, mon père; opposée à la mienne, et, dans ces ten tion du monde, l’homme disparaît dev lutte.
| nn =
vieillard, en lui # ais venu ici pour te demander une grâce, dit le
Te le calme de l’abattement et en s’arrêtant au enfin son père ‘À e la chambre," mais je sens que ma prière serait eux avec une 507 Il est donc inutile que je tente un effort: tu on regard auto flexible et impitoyable comme ceux dont tu est
état, et, pour.
rs Ds vo le toujours, répondit le chef ; peut-être me seraent à couler al le de te prouver le contraire.
on, dit le père d’une voix pleine d’affliction eva pou: uvre curé a quatre-vingts ans; sa vie touche È , agitation de «4 / mourTa cn prison. Tu crois pouvoir livrer à profond dépit: B le prôtre à cheveux blancs? Hélas, c’est un QT que tu leur présentéras. (C’est cet excellent
ui t'a baptisé! Il s’est tant réjoui lors de ta 1 position était M ?, car c'était mon ami dévoué et c’était lui qui aussi de trouvé Dieu de bénir mon union avec ta mère... nepirait la tri F pour moi et pour lui, laisse-le aller, accorde-
âce de pouvoir mourir paisiblement après de ble église !. .
? . À secou Soativ A :
rompe ; MON 113 f . a négativement la tête et parut profon - : 5 ttristé.
voulais dire s&
npunément ou} penevière | poursuivit le brasseur ; C’est une ence. Tu n ‘lle na rien fait qui puisse firriter; elle est t, pour avoir i | comme un agneau. Simon, mon fils, donnede te faire à erté., Son pére est au it, agonisant ; la perte lus de cela... ique enfant lui a percé le coeur!
retira sa main à M savais, mon père, ce que tu me demandes ! te: mon avec douleur.
orale inc dRSSOUT crut __ doute que son fils hésitait et
t en poussant fvers une décision favorable. Cette idée illu-
emportement : : £ à coup son visage d un rayonnement d’espé-
convictions. IA Fe laissa tomber aux pieds de Simon Brutus ère; ton op = levant vers lui des mains suppliantes :
és a: rs fils, vois ton père est à tes pieds ; oh! ne sois
ît devant les brable: écoute, écoute ma prière! Accorde-moi
la liberté de ces innocentes victimes: je t prierai Dieu pour toi!
Simon Brutus frémissait d'émotion, re et demeura un instant plongé dans une m tion.
—Ah! Simon, ne te laisse pas domine du mal! dit le vieillard d’une voix suppli:
Le chef releva la tête; ses traits portaie te d’une tristesse profonde.
—Le curé n’est pas mon prisonnier, di tient à l’administration centrale qui m’a c céder à son arrestation. - Geneviève sert d’ la soumission de Bruno aux lois de la Rép çaise :, elle n’épousera pas mon ennemi. ( demande est impossible. Quoi qu’il en < rejeter ta prière: le devoir me l’ordonne.
Le melheureux père se dirigea vers la | sant de nouvelles larmes, et dit avec l’acc poir:
—Simon, je dois te quitter; il me faut n hâter, car quelque choese me pousse à une ble. Ma bouche veut maudire le bourreau sang; mais mon cour est encore assez fo:
ser la malédiction. Ah! tu ne me verras ton père quitte le village où il est né; il honte et son désespoir, il va expier quelque solitude le péché de t'avoir donné la vie; i gémir, mourir dans un lieu que tu ne « mais...
Simon Brrtus s’élança vers son père; n lard tout en armes, avait quitté la charab son fils pût l’atteindre.
L’inexorable fils rentra, tomba sur une blé par émotion, et posa la tête sur la tab
Il murmura quelques mots inintelligible
= — 135 — je te bénira ont de la main à le briser, et demeur
a longtemps > anéanti dans une douloureuse rêverie.
on, releva :on É , - = :
in, au bout d’un quart d’heure il se leva. Un une muette me EE — . x amer crispalt son visage; un feu sombre étin- D vor dans ses veux.
: 4 Ïla à la porte, appela le sergent, et lui dit d’une prisée l'emy nirecoupée :
Qu'on surveille soigneusement le prêtre et la fem- ET Si mes ordres sont méconnus, je brûle sans misé- : d > la cervelle aux coupables, Qu’on fasse tous les . d’otas = atifs nécessaires pour venger l'assassinat du ca- * ( = ë . Ré #50 : dans une heure nous irons au village et mettre . da à a ce qui doit être détruit. Qu’on se tienne prêt ! : que! ——. : :
= re E ordres donnés, Simon Brutus se mit à parcourir Se À more d’un pas rapide, en maugréent et blasphé. — | comme s’il eut été poursuivi par quelque pensée rs la porte « E..
> l’accent du :
faut m’en alk à une action rreau issue de sez fort pourk erras plu: j 1é; il va cac elque part, vie; il va p ne connaît
ère; mais le hambre avai
r une chais la table.
ligibles, com
Lorsqu'on voulait quier la commune de W pour gagner le village le plus voisin, dans la de Turnhout, les habitants vous montraient et épaisse forêt, et vous indiquaient un sentier fonçait dans la partie la plus sombre du bois.
Ce sentier vous faisait d’abord traverser un chênes qui, malgré son étendue, portait enco: ces du travail de l’homme; mais à mesure qt trait plus avant dans la foret, une sauvage n: nait par degré le dessus.
Bientôt le sol s’accidentait en collines et «€ et se couvrait de plantes de toute espèce qui « au hasard dans un désordre complet.
Là des bouleaux, des trembles, des chênes, vers le ciel leurs larges couronnes ‘de verdur vraient de leur ombre les arbres de moindre ta ci, trop nombreux, se refoulaient les uns les : comme étouffés, semblaient chercher à l’envi vers la lumière. Partout où quelques rayons parvenaient obliquement jusqu’au sol, des bui talaient avec une luxurieuse vigueur, et !
leurs branches à travers tout jusqu’à ce qu’ur tion plus puissante vînt leur ravir l'air et la Plus loin, au bord d’un ruisseau presque inv saules et des aunes baionaient dans l’onde fra fantastiques racines, ou bien encore le sol, s’ brusquement, se transformait en marais moux
‘imulait sous la haute et grisâtre végétation du myr-
SH vage.
une profondeur le plus d’une demi-lieue dans la ét se trouvait un endroit noramé le Zandberg, parce à le sol humide jusque-là s’y élevait tout à coup de nn à former une colline passablement haute, et ofit un vaste espace presque nu, et qu’on eût dit ménaà dessein 1 inuieu de limpénétrable-fourré qui s’açait de toutes parts jusqu’au pied de la dune de sa2
: al , 3 4 . .
. : dired tait là qu’une partie des habitants de Waldeghem AU ; F = : = | aient réfugiés et réunis.
e Né Es : - = __ 4 était un étrange et mystérieux spectacle. Tout ausentier qui
ï du Zandberg, sur la lisière du bois et cachés en
DES taillé tie sous le feuillage, une foule de gens étaient assis pi à | petits groupes, la tête dans les mains, muets et imure qu’on j iles, comme s’ils eussent été privés de vie. :
l'était facile de voir que la crainte de la mort avait age nature]
fuir des familles entières vers ce lieu retiré, car = que les jeunes gens y fussent les plus nombreux, on 8 et en va marquait aussi des vieillards, des femmes et des en- !s, courbés sous le poids d’une profonde angoisse,
lont la pantomine désespérée attestait une extrême CHE,
> qui croiss
hênes, élevil
erdure de Mu: cxtrémités de la clairière, sur les points par lesdre taille; ls on pouvait arriver au Zandberg, étaient postés de
l es, ce = 4 e A les autre ‘S paysans, le fusil à la main et la tête penchée lenvi une
le feuillage pour épier tout danger qui pouvait surayons de SR. : = 1SSONS Fr j . < 5 .
es buiss pe temps en temps un gémissement isolé, une plainte et pou: pirauie s'élevait de l’une ou de l’autre de ces familqu’une é ntoréoes = ; ‘ :
. “P'orées; mais ces clameurs de désespoir allaient se
et a lun re dans l’espace, et un silence morne, et pour ainsi le invisible
? Ininterrompu, continuait à planer sur cette scène.
Lan $cho É + > = de fraîche érrière le Zandberg, au bord du bois, se trouvait une
sol, s’affai mouvani :
petite hutte construite à la hâte avec d feuillage.
Sur le tronc d’un saule vermoulu devant la cabane, Bruno était assis, ls
. regard fixé sur le sable; de la main d un fusil avec une force convulsive, de contre lu une vieille femme qui ple côté.
= La femme leva ses yeux pleins de 1 ne homme, et prononça quelques mots saillir. |
—Pour l’amour de Dieu, ma mère, croissez pas ma douleur par votre amè coeur est aussi déchiré par une morte prévisions, si peu fondées qu’elles soie bler. Pourquoi ne m’avez-vous pas 1
—Bruno, cher Bruno, ils t’auraient s’écria la femme,
—Mais j'aurais appris où est mor avec nous en ce moment... Cette te plus cruelle que la mort même, ne nou:
Allons, ma mère, un peu de patience « votre esprit ces rêves effrayants: Jeai retour ; il nous apportera des nouvelles
Bruno eût continué de donner des mère, si un jeune paysan, qui était n d’un sablon, ne se fut mis à pousser de clamations et n’eût fait entendre le feu ! au feu! de telle façon que tous dirent à son cri d’alarme et graviren proie à une curiosité pleine d'angoisse.
Bruno quitta aussi le tronc de saul de siège.
Bientôt l’air se remplit au haut d clameurs d’un indicible désespoir; 1 baient à genoux et levaient vers le cie
avec des bran: he; à — 139 — ou se jetaient, éperdues d’effroi, au cou de
oulu qu’on ait es ou de leurs fils; les vieillards se tordaient sis, la tête ji muet désespoir, les enfants soussaient des cris ain droite il étre sse, les jeunes gens, saisis d’une profonde déve, de l’autre il couraient çà et là, et se répandaient en excla-
i pleurait asis désespérées que leur arrachait le sentiment de uissance.
s de larmes sur & balheur! malheur! le village est en feu! notre mots qui le fre rûle! Tel était le cri qui dominait le plus dis-
pnt ce concert confus de clameurs d’épouvante. mère, répondt-| fet, les melheureux fugitifs voyaient dans le e amère tristesse au delà de la forêt, à l’endroit même où s’élemortelle anxict: t humble village, d’épais nuages de fumée mons soient me {or le ciel. Le foyer de l'incendie devait avoir une pas laissé parti étendue et le feu était très-vif, car on voyait
aient certain:m48f ment le rouge reflet des flammes qui éclairait des colonnes de fumée. :
mon père: il | n des spectateurs voyait, en <sprit brûler sa tte terrible inq lemeure, il la voyait s’écrouler, tomber en cene nous torturers ensevelir sous ses débris le bétail, la moisson ence encore, chi ée, le modeste mobilier: ils ce voyaient réservés = 47 s affreuse misère, si toutefois ils échappaient uvelles de mon ; er de la mort qui leur avait fait prendre la fuir des consolatioi tait monté aus re d’entre eux avaient des membres de leur faser de douloure n époux, une mère, un père, un frère, qui . re le terrible SRemeurés au village; leurs noms retentissaient
tous les groupe cent du désegpoir; on déplorait leur sort, et de Sant cl lamentations pleuraient leur mort, regardée
goisse. | ertaine. - :
e saule qui li & un affreux spectacle 1e de voir ces pauvres Tir éperdus, en proie à une douleur qui échap-
aut de la colli te dscription, s’arracher les cheveux, déchirer
= teme À 3 F4 2 . h ir; les fe ae SE la poitrine ou s’affaisser le ciel des ma sur !e sol.
h Dieu, mon Dieu! notre village, notre pauvre
village brûlé! brûlé tout entier! Tels déchirants qu’on entendait retentir de Bruno, debout, contemplait cette 8 “et muet; le sang lui montait à la tête boyaient, une sorte de râle sourd déchi des cris étouffés de vengeance s’échapp che. Son regard se promena sur tous l’entouraient :; huit fusils! seulement }h cri douloureux comme s’il venait de rec blessure s’échappa de son sein oppressé faissa avec découragement sur sa poitr Il était là depuis quelque temps, à amis éplorés, en proie à de terribles sou binant en lui-même d’impossibles projet lorsque quelqu'un toucha mystérieusem comme pour le rappeler à lui-même.
—Jean! s’écria Bruno avec saisissen as-tu vu mon père ? Tu trembles? Qu’es — N'est-ce pas assez que cela ?, répon que à haute voix, en indiquant le villag Mais aussitôt, se penchant à l'oreille il dit d’un ton contenu :
—Süilence ! Venez âvec moi! j'ai à parl —Et ma mère, n’iras-tu pas auprès d’ —Le temps manque. Allons, suive Champ; votre mère elle-même ne doit p Sur ces entrefaites, d’autres personne prochées de Jean et l’accablaient de mill quiètes.
Il assura qu’il ne venait pas du village quent ne pouvait rien dire de ce qui s’y p:
Après quoi il descendit la colline, et, si disparut dans les profondeurs de la forêt —Mais, Jean, dit Bruno avec émotion, ces précautions, ce mystère? Je tremble avais à m’annoncer la plus affreuse nouve
; | —141— T'els étaient leu ons, allons, répondit le domestique-en pressant
ir de toutes art ersonne au monde ne doit savoir ce que je vais à à à Les .
dde ce = s à une assez grande distance du Sablon ils déchirait sa vo èrent dans un épais massif de verdure; là le chappaient «dl: à Que s'arrêta brusquement et se tourna vers son * tous les hour haître, Le vieillard voulut parler, mais un torent huit fui larmes s’échappa de ses yeux et étouffa sa voix. de recevoir une mortelle päleur décolora le ie. ds de Bruno; pressé, et sa {it une indicible inquiétude, il arrêta son regard poitrine. ts yeux de son domestique.
ps, au milivu ci, faisant sur Jui-même un effort violent, eses souffrancis « s larmes qui baignaient ses joues et dompta sa projets de repr. Je douleur ; il sainit la main de Bruno et dit d’uieusement assourdie par l'émotion : |; sé - uno, ce que j'ai à vous dire refuse de venir sur sissement. E! res; si je devais en ce moment vous percer le Qu'est-il arriv: si je devais moi-même me porter un coup morrépondit le de s la poitrine, cela serait cent fois moins doulouvillage. Dur vous et pour moi que l’affreuse nouvelle que Me de on : Fous annoncer. Votre père, Bruno... . h bien! eh bien! Quoi? Mon père, dis-tu? Que
= H arrivé? Parle, au nom de Dieu, tu me fais : : e = Fe ! s’écria le jeune homme en saisissant le bras du es | ique et en V'étrefgnant convulsivement, comme 10 Dés mue = alait arracher de force à sa bouche la nouvelle e vos 'sonnes s’étaie
1 . À bn malheureux maître! dit Jean avec un soupir, AE a t quil semblait chercher sur la physionomie du
: 4 homme la mesure de son émotion. d illage, et par 4
: arle! parle! s’écria d’une voix tonnante le jeune SVP RE hors de lui. parle, je le veux! Quel malheur as- » €f, suivi de h’annoncer ? 7
| forêt, SR orez-vous, mon cher Bruno, reprit le domestique tion, que <'gni 5
prendre garde à l’injonction fièvreuse du jeune
emble come pe, il ne faut pas que votre mèle le sache; il ne
nouvelle...
faut pas qu’on le lui dise, autrement elle € bien sûr, sur J2 coup.
—Dieu! mon père est-il done mort ? s’écr
Le domestique ne répondit pas.
—Tu veux donc me tuer par cette horril tude? Ne vois-tu pas, crrel, que la vie m’a O Jean, Jean, ej t’en supplie, abrége ma sou
—Ah! Bruno, dit le domestique, tandis qi homme s’élançait à son cou en poussant un .. Tant, Bruno, il est mort; les soldats françai . Sillé... |
Un cri terrible et si perçant qu’il s’éleva cime des arbres, jaillit du sein de Brun: I le domestique ioin de lui, laissa tomber son f sol, et se mit à courir comme un insensé à { arbres, en levant les mains au ciel en criant
—Malheur! malheur! Mon père! mon pau assassiné, fusillé, mort! Son sang innocent : sur cette cruelle race... Oh! vengeance! ven
Longtemps il Parcourut la forêt, tout à fai sens, exhalant les plaintes les plus amères el bant sous le poids d’un indicible désespoir.
aveuglement il se heurtait contre le tronc des se blessait sans Je sentir, ou chancelait et + dans les buissons, comme un homme ivre. En:
sé, et presque défaillant, il s’arrêta au pied d’ bouleau, y APPuYa sa tête, et son coeur cher l'abondance des larmes un soulagement à la qui l’accablait.
Le domestique avait ramassé le fusil, et & jeune maître de loin, sans se presser néanmoir tendait l'instant de l’abattement pour lui ad: nouveau la parole.
Quand il le vit calme et la tête appuyée contr leau, il s’approcha lentement de lui, laissa un encre couler ses larmes sans le troubler, et «
ei —
elle en mouruc voix douce, comme s’il craignait de réveiller ga « nerveuse, s’écria Bruni Bruno, mon pauvre Bruno! le malheur qui vous
int dépasse toute expression; mais songez que Dieu horrible ince# donne qu’aux élus la couronne du martyre. Consoe m’abandom vous donc une peu par la conviction que votre père da souffrance Mic à cette heure dans le ciel la récompense de ce
dis que le jey il a souffert; fortifiez-vous par la pensée que dès nt un cri dé intenant il price devant le trône du Seigneur pour rançais l'ont { us tous et pour notre malheureuse patrie. Bruno, — 1 ami, faites un effort sur vous-même: noué ne pou- ’éleva jusque 2 demeurer ici; votre mère apprendra mon retouf ; RS Érono re disparition la frappera d'inquiétude. .. son fusil sw * jeune homme resta silencieux et ne fit pas un sé à travers uvement.
criant : Par amour pour elle qui vous reste seule, Bruno, M pauvre pè ez fort et courageux ; Je vous en conjure par la mécent retcnte ire de votre père lui-même, ne laissez rien paraître 1 vengeance! puisse apprendre ou faire craindre à votre pauvre lon re l’affreuse catastrophe accomplie, Aucun des fugires et succo ne la connaît ; le domestique de baes Cuylen l’a apoir. Dans: se de la bouche de Simon Meulemans; il n’en a dit Le des arbre MP à Personne qu’ àämoi seul. Cachez à votre mère ce et trébuc p'ible malheur ;faites-lui accroire que votre père s’est . Enfin. & ui et a trouvé une retraite sûre. Laissez-moi faire; he que nous aurons échappé à cette cruelle persécution, -hércha dl mettrai avec précaution et peu à peu la terrible ima- 1. de cette irréparable perte sous les yeux de votre mèet de cette façon, je la garantirai peut-être du coup oE pivi | brtel qui la frapperait si votre désespoir ct vos géns : L ssements Jui faisaient deviner bzrusquement la triste TE uvelle. Cette nuit, quand il fera bien obscur, nous
ns au village, pour enterrer votre père au cimetière. st un devoi 6 ; is contre le hi Le svoir sacré; quelque triste, quelque lugubre sa un insti “2 soit, le courage ne nous Inanquera pas pour acet dit ef L''" Cette tâche. Eh bien, cher Bruno, vous sentez-
vous assez de force pour paraître dev Je lui dirai que votre père s’est enfui.
Le domèsiique n’obtint pour réponse qui se mirent à coulgr sur les joues de
. nouvelle abondance. Plus d’une fois vela ses efforts pour arracher le jeune 1 sespoir, mais toutes ses exhortations d résultat.
Vaincu lui-même par sa propre dot enfin s’asscoir à quelques pas de son m lui, se mit à pleurer la tête appuyée dan - Ils demeurèrent ainsi, pendant près heure, abîmés dans une douleur sans b leva au bout de ce temps et dit d’une x prière : =
—Ah, Bruno, je vous en supplie, all soir approche.
Le domestique bondit en arrière ave goisse, lorsque Bruno se retourna. La jeune homme était toute changée; un avait prit place aux larmes; sa poitrine avec effort, ses yeux étincelaient, sa tê:
droite sur ses épaules, comme si un sen té l’eût animé.
T1 marcha droit au domestique, lui p:
mains, et se tournant vers le Zandbersg, il décidée :
—Allons! je te montrerai si j'ai du Viens, tu ne me reconnaîtras plus!
Et comme le Aomestique tremblant le faire un mouvement. il reprit :
—Tu me crois fou ? Qu’y aurait-il de effet à ce que je fusse fou? Mais tu te s’est passé en moi autre chose. A
—Pour amour de Dieu, Bruno, dit ]
-suppliant, contenez votre désespoir; songez à vre mère.
s’écria Bruno, je songe à mon père, à ma mèpnire cet arbre, j’ai enduré un instant tous les
de Penfer... Mais maintenant, le sort en est
re devant voire enfui.
1es de Bruno af fois encore il r# eune homme à &
ons demeurcrer:às quel est votre projet, Bruno? vous paraissez la n’est pas naturel!
re douleur, lea] he homme avec le même sourire amer, prit le son maître ci, «à ne par la main et dit en l’entraînant dans la se dans les nain: du Zandberg :
L près d’une pns-nous; chemin faisant, je t’expliquerai ce sans bornes. J4 [passé en moi. N'est-ce pas Jean, que les gens ’une voix plein et toi-même avez cru pa. ‘ois que Bruno était = Qui sait si quelques-uns, Karel de l'auberge du exemple, ne l’ont pas regardé comme un là- #h! moi-même je l'ai cru! Et pourtant, com-
ie, allons-nous-4
re avec un cr S AOUS trompions! Vois-tu Jean, il y a deux La physionon oi. C’est comme si j'avais deux âmes : l’une ; Un amer *
la paix, à la bonté, à l’amour; l’autre nourrit itrine se «où s de vengeance, elle verse des larmes sur le sa tête se red à patrie, elle demande le sang des méchants en nm sentiment de du sang des innocents. Eh bien, une lutte
est engagée au dedans de moi, entre ces deux e sentiment de la vengeance l’a emporté! Et mt plus Je ménagement, pius de relâche, plus >, plus d’espérance même.—Vengeance, et vendu courage 0! >ulement !.. : Allons, allons, plus vite... je
té par l’ardent désir de faire payer chèrement int le regardait e mon père!
lui prit le fus erg, il dit & um
L vre Bruno! dit Je domestique en gémissant:
1l de surpreni Esuis pas trompé. Votre esprit est troublé; vous
tu te trompes. rez... Croyez-vous done pouvoir résister à la
è de nos oppresseurs? Quand vous parviendriez
Btre un millier, À quoi cela servirait-il? Ah! recette idée; c’est une résolution insensée. ..
, dit le dome
— Une résolution insensée! dit le je ironie, Oh! je le sais bien: nous aut:
sans, mal armés, mal exercés, en pet ne pouvons rien! rien que souffrir, &
ramper comme de vils insectes devan nous foule aux pieds... Mais s’il nou subir le sort des insectes, pourquoi ne
bler en tout? I/insecte est incapable de maux plus grands; mais il mord, il
du venin, il se défend avec courage € sans vengeance... Oh! Jean, jusqu'ici
me comme un frère, et si tendrement q voulais lui tout pardonner; mais hélas nais pas que le mal a l’homme comme que par conséquent il est impossible de punir le mal sans toucher à l’homm Mais écoute! Qu'est-ce que cela? Ente au haut du Zandberg? Entendstu ec breuses et si confuses? Peut-être sont que je cherche!
TT arma son fusil et se pencha en avai ser à travers le feuillage. :
—Non, non, dit le demestique après reille un instant. Si les sans-culottes Zandberg, les paysans n’y demeureraiea vine ce que c’est: les gens du village o des flammes, et Ja plupart d’entre eux Zandberg en ce moment.
Bientôt ils sortirent du bois, et viren colline fourmillait de gens qui se mêlai autres avec de tristes exclamations. Les enfants étaient en majorité, maïntenar raissait que le domestique ne s’était pa sa conjecture.
Au pied du sablonneux monticule, troupe de jeunes gens qui semblaient étr
le jeune homnek
8 autres, pauvre M remarqua, aux efforts que faisaient les assis-
n petit nombre pr voir ou entendre ce qui se passait cu 8e di-
rir, être opurir.M intérieur du cercle, qu’il 8 ÿ Communiquait
devant l’étrancd ment d'importantes nouvelles.
Des faut e il lui fallait passer auprès de ce groupe pour
due pas leur » bver sa mère, il marcha directement dessus ;
ile de rédister «cl eut pas été si tôt aperçu de quelques-uns des
Rs 2 , que tous s’écrièrent à la fois:
d, il pique. il à Bruno! voilà Bruno!
ER + us ri, un homme aux cheveux blancs et les yeux
JUL J'AL AN RE os s’élança hor: du groupe, et, levant les
ent ei pe à ciel, se laissa tomber aux pieds de Bruno. hélas ! Jens e sacristain maître d’école.
somme Instrur Bruno! dit-il d’une voix gémissante, Bruno,
le de combattn | oi la vie! Au secours! au secours! Sauvez
homme ui-robs ë neviève ! = Entends-t CS: Que dites-vous? Geneviève? s’écria le jeune
bu ne 2. avec une mortelle angoisse.
> sont-ils ven
reprit le père désolé, les sans-culottes l’ont
È de Ja maison, l'ont traînée sur le chemin
bn agneau de sacrifice. "le est prisonnière à
+ @t notre vieux curé, in.vrtuné martyr, s’y | ssi... Ah! hâtez-vous. secourez-les bien vi. bottes étaient à soir on doit les conduire à Apvers! Hélas! reraient pa:. pus ne reverrez plus Geneviève !
age ont fui à M aintes déchirantes du sacristain avaient viveu les jeunes gens témoins de sa douleur; plus | nanda à grands cris vengeance. Le fils de virent qu’en t du Lion se distinguait surtout ; il frappait le mêlaient les 1 crosse de son fusil et lançait mille malédic- . Les femme l'adresse des tyrans. Cependant, Bruno étant atenant; d'où t avec anxiété et attenait pas tromp:
n avant pour:
après avoir pr!
‘e eux sont 11%
tous le contemplèren
réponse,
releva le bparent vers ‘1 nel :
sacristäin, ef se tournant avec un
cule, Bruno ses jeunes Compagnons, il dit d’un
nt étroiter:en:
—Amis, écoutez ma voix. Je m'adresse à comme moi, êtes condamnés par les suns-culo rés de sang à porter les armes contre votre pa tre vos frères, contre votre foi et votre Dieu. ] nous encore longtemps dans les bois comme d qui n’ont ni sang dans les veines ni courage a Attendrons-nous, pour devenir des hommes et : geance de nos oppresseurs, que nos villages proie des flammes, que nos parents et amis a combé sous la sauvage violence de /ces barbe outes nos soeurs aient été entraînées par ces dans leurs antres? Oh! non. Montrez que le paysan sait aussi se soulever soûs les coups rannie; montrez que votre patience a été ti temps mise à V’épreuve, et que chacun, dan:
brabançon, ose se révolter contre l’impiété et sion. Donnez cette vie. qu’ils réclament po guerres injustes; donnez-la pour votre foi pour votre patrie qui se meurt! Vous effraiere nombre de vos ennemis? A quoi bon cette crai tranger vous dit: Vous serez les soldats de li vous serez traqués dans les bois comme des malfaisants, et poursuivis comme une proie j que la balle qui vous cherche vous ait abat sonne de nous ne peut échapper à cette des cppresseurs ne nous laissent pas d’autre -ct bien, je vous offre, moi, une autre issue: nous comme des lâches ; courber la tête et attendr et découragés, le sort que nous réservent les t bien nous pouvons venger et nous-mêmes et diminuer du moins le nombre des ennemis Dieu, et,—s’il le-faut enfin—mourir, mouri des hommes, comme des héros, comme le:
d’une cause sacrée: nous pouvons, en un m nos pères qu’on a vus, le glaive au poing.
inébranlables au milieu des plus terribles d:
vos ämes savent s'élever jusqu’au véritable héroïsme, bien, sachez regarder la mort en face d’un oeil imsible! La victoire dût-elle nous échapper ici-bas, le pniphe nous attend là-haut, là-haut dans le sein de Qui pour le saint nom duquel nous aurons péri... Jusque-là, le fils de Pauberge du Lion, les yéux rapnants d’enthousiasme, avait écouté l’allocution de ami. En ce moment, il se jet à son cou transporté joie, et s’écria tout hors de lui: - Dieu soit loué! Voilà ce qui s’appelle parler !
sse à VOo'= q s-culotte: all re patrie, ieu. Errero nme des lid rage au co es et tirer 1e lages soient mis aient à barbarc:; 4
ir ces bi, on cher ami, je te suis jusqu’à la mort! Je que le sang ais bien que tu avais le coeur noble et courageux. —— de la Vengeance! vengeance dès cette nuit! Partons à été trop |
stant, partons de ce pas pour l’Aigle! Wécrièrent blques voix. :
Quant à moi, frère, mon parti est pris: plus de nt pour k os! Il ne s’agit plus de fuir le danger, mais de le foi de rcher; à tous les instants du jour, à toutes les heu- ERISreZ- VO de la nuit, il faut épier, poursuivre, attaquer nos Le crainte”] trreaux, vinssent-ils par centaines. Puisqu’il me : de im piété t verser du sang, je le verserai par torrents; je e des De rmerai de la tête aux pieds, je combattrai, je lutterole Jusqui ie blesscrai, je tuerai aussi longtemps qu’une étinabattus: | e de vie restera dans mon sein embrasé. Et si je ne e destiné ER délivrer mon infortunée patrie des tyrans inferre -choix. * qui l’oppriment, eh bien, je la vengerai dans la nous pouf ture de mes faibles forces; ce sera peu,—mais au tendre, ab ns cle sera vengée! Ah! ne cherchez plus des viles tyrans . n'emportez pas de literies pour vous faire un cam-
, dans lep
es et la pas ent commode au fond des bois. Autre doit être le lemis ae 1 de nos visites au village et dans les antres commumourir Cf : ce sont des fusils, des balles, du plomb qu’il faut. e les mé > quiconque a un coeur dans la poitrine et se trouan mot. ! pons armes sorte cette nuit du bois et aille prendre oing, demé jui lui manque... . Et maintenant à l’oeuvre! Que .
les dangef
ceux qui on un tusii me suivent à une cer tance. Que celui qui craint la mort se sépar
Une trentaine d’hommes, avec Karel du 4 tête, suivirent Bruno, malgré les supplicatic cris d’angoisse de leurs parents.
Après qu’ils se furent arrêtés quelques in colonne serrée, au pied de la colline, Bruno t son domestique, et lui dit:
—Non, Jean, tu ne peux venir avec nous. tranquilliser ma mère sur mon absence et lui je suis allé chercher des nouvelles. Fais en personne ne lui parle de l’affreux malheur... teras ici pour une autre raison encore > tu
les conscrits-qui n’ont pas d’armes à partir sa dans toutes les directions et à aller visiter le des environs. Qu'ils se procurent des fusils, portent de la poudre et du plomb; qu’ils ail recherche d’autres fugitifs et les amènent ici, demain, au point du jour, nous soyons muni:
ce qui est nécessaire à notre vengeance.
—Et le devoir sacré que nous avons à rem manda le domestique.
—Cette nuit, après mon retour, répondit homme. Va, ne perds pas de temps, et prend:
ma pauvre mère.
Et se tournant vers les hommes armés, il le
—Et maintenant en avant! courage de fer e d’acier !
Il s’élança à travers le feuillage au plus pre bois et disparut avec ses trente compagnons,
La nuit allait tomber ; bien que les cimes d les plus élevés reçussent encore quelque lun couchant, au niveau du sol et au milieu des br faisait déjà très sombre,
Bruno et sa troupe suivirent quelque temps tion du village; mais bientôt ils tournèrent au
ne certaine di Vircnt attentivement les ondulations dé la forêt, sans sépare di d ais En sortir, jusqu'à ce qu’ils atteignissent une du\Lion à L ne sapinière située le long du grand chemin, à une lications ct ni-lieue de Aigle,
vant qu'ils fussent auprès du chemin, Bruno dit à ues instants compagnons d’une voix contenue:
étre is Voici ce que nous allons faire: je vais me cacher,
bc quinze hommes, de ce côté-ci du chemin, vis-à-vis SR Ti, l'endroit où nous sommes maintenant ; Karel ira de et lui dire dire côté, mais à une quinzaine de pas plus haut, EE Mibusquer dans le taillis avec le reste de la troupe. EN and nous apercevrons les sans-culottes chargés d’es- 40 one ter les prisonniers, nous laisserons le convoi s’approsr r jusqu’à ce qu’il se trouve précisément entre les ES IX embuscades. Nous visons bien, chacun choisit asile, qu'il homme, et au moment où je crie: Feu! nous tirons lé aillent : hs à la fois, et nous nous Jetons au milieu de la route HE I, afin ur L utter corps à corps contre ceux qui ne seront pas di 'bés sous nos balles. (Ceux qui ont un fusil à deux
ips en réserveront un. [1 ne fera pas assez obscur
à remplir? dr que nous ne puissions bien distinguer notre but;
tes bien attention, mes amis, de ne pas blesser les dit le je ivres prisonniers, fallût-il pour cela épargner quelprends soin s soldats, Nous triompherons bien de ceux-ci à la
onde attaque. Et maintenant glissons-nous à notre
. te, Silencieusement comme des renards,” et soyons ee et vols s à l’attaque comme des lions. Allez, j'avancerai tête pour reconnaître ceux qui paraîtront sur la rounus profoni que Karel en fasse autant de l’autre côté. Que les — res se couchent à terre et restent immobiles jusqu’à de que le moment de se montrer soit venu.
honte ous se courbèrent et gagnèrent, en rampant à tra-
s les buissons, la place qui leur avait été indiquée ar des bui:con r chef. q : vu ;
Bien que }
- obscurité ne fût pas complète, un passant ût pas
emps la di : £ E Fe Soupçonné néanmoins que, dans cet endroit,
nt au no
Le. — 10 — soixante yeux ardents l’épiaient à travers sonne ne bougeait; chacun retenait son } la solitude et Je si lence d’un tombeau.
A peine étaient-ils postés là depuis un qu'un homme parut dans le lointain | grands pas, et soit Pour se donner du c même, soit pour rassurer les autres sur s il sifflait l’air d’une chansonnette,
Bruno, qui sentait déjà poindre en Jui ] les prisonniers n’eussent été emmenés soir, se réjouit intérieurement en voyant Voyageur isolé; car celui-ci suivait la direc duisait à l’Aige, ou plutôt à Waldeghem.
Sifflait était celui d’une chanson Populaire
(Ce ne pouvait donc être un ennemi,
Pour empêcher de découvrir l’embus même temps Pour obtenir de lui Jes infor cessaires, Bruno quitta sa retraite, gagna | la route et s’avança à la rencontre du voya ci, effrayé de cette apparition imprévue, s’a cula bientôt jusqu’à la lisière du bois ave évidente de s’enfuir dans le taillis si quelqu menaçait,
Ami! conscrit ! cria Bruno en contenant :
Ces paroles semblèrent rassurer le voyag
quitta le bord du chemin et s’approcha de F Vous m'avez fait ‘ne fameuse peur!
croyais que vous étiez un lieur.
—Ab!.., bonsoir, messager, dit Bruno, aut son interlocuteur et lui tendit la- main. 0SeZ-VOuS aller ainsi seul, la nuit, par les ch craignez-vous Pas que les sans-eulottes Vous Pour un réfractaire ?
—Les sans-culottes ne courent pas la nuit
le voyageur, et daïlleurs j'ai un Passe-port « nistration centrale.
ava
avers le taillis | Parlez bas, reprit le jeune homme. Et, dites-moi, son haleine : z-Vous pas rencontré des soldats depuis une heure? = Pas un seul! répondit le messager.
Un quart d vez-vous des nouvelles de la ville?
an; il marc Des nouvelles? Oui, de malheureuses nouvelles! du Courage à} ains nos pauvres conscrits! Si ce qu’on dit est vrai, Sur ses intent y en aura plus un seul en vie dans huit jours, à s qu’il ne soit soldat.
à lui la craint
: Comment cela ? Que voulez-vous dire ?
‘8 avant la io Il paraît que les Français veulent aller rondement ant appariiir sogne et recourir À la force: l’ordre est venu de direction (ui; s qu'il faut que tout soit fini par ici en quelques ghem. L'ir,
On a formé à Anvers et dans d‘autres villes de es armées, ayant chacune un général à leur tête. armée semblable s'appelle une colonne mobile. Ce embuscade, « même, Pune d’elles, sous les ordres du cruel géinformations l Duruth, est sortie d’Anvers : ais où est-elle allée ? agna le miliu nne n'en sait rien. On dit que ces colonnes moont ordre de tout massacrer partout où il y aura re de résistance, et de brûler jusqu'aux fondements. rillages où se montrerait un seul déserteur armé. runo écoutait et réfléchissait sans prononcer un Le messager poursuivit :
Il ne reste plus pour vous et vos amis qu’à choisir Voyageur: ca * une prompte soumission à la République fran- : de Bruno. . où à vous décider à vous rendre tous ensemble à peur! dii-il; iée des brigands, et à combattre pour la patrie et la pion.
Qu'est-ce que cela, tes brigands?
Comment? demeurez-vous donc dans un désert “ous ne sachiez encore rien de la révolte? Les ands, c’est le nom que les sans-culottes donnent aux Fans qui se sont sorlevés À main armée contre les à Nuit, TPE ons, Lo petit Brabant fourmillait de patriotes il port de }’: huit jours. T1 paraît que les nobles et les couvents aident; car ils sont pourvus de tout. Vous pouvez
ilaire du Bras
L Voyageur. (4 1e, s’arrêt:, et S avec l’inten quelque dns
nant sa voit,
runo, qui rt main. Com les chemin:
VOUS pren
penser combien ils sont nombreux : ils ont P de Malines, chassé les républicains et brûlé t piers de l’administration centrale...
—Pris la ville de Malines? s’écria Bruno il ÿ aurait done espoir de délivrance.
—C’est-à-dire que le même jour le général à la tête d’une colonne mobile, a repris Ma saut et a fait fusiller tous les paysans qui n pas enfuis.
Un douloureux soupir souleva le sein de Æ
—Mon Dieu! mon Dieu! dit-il en gémissar un rayon d’espoir descend-il dans notre coeu éclipsé par une sanglante désillusion !
—Ne vous trom]z pas, dit le messager ; |
tes proprement dits ne se trouvaient point à le plus grand rassemblement se trouve à ce selon le bruit publie, dans le Hageland, du Diest..
. Silence! silence! murmura Bruno d’une :
fée. Entendez-vous là-bas un chariot et le beaucoup d’hommes ? Fuyez, rebroussez ch chez-vous loin d'ici... Sans cela, il pourrai: coûter la vie.
—Qu’est-ce donc? dit le messager avec épo
—Allez-vous-en bien loin... bien loin! re no; on va se battre ici; le sang va couler.
Le messager effrayé entra dans le bois. O:
tendre, au bruissement des feuilles, qu’il s’élo toute hâte de la chaussée.
Bruno se laissa glisser sur le sol et rampa l chemin jusqu’à ce qu’il eût rejoint ses hon porta les mains à sa bouche et dit d’une Voix !
—L'oeil au fusil! ils sont là...
À mesure que le bruit du cheriot et des hoi l’accompagnaient se faisait entendre plus disti le coeur de Bruno se mit à battre avec viole:
pagnons n'étaient pas moins émus nue lui: tous
ont pris an nblaïent dans l’attente pleine d’ar . du danger rûlé tous les) mort qui s’approchait.
I ne s'étaient pas trompés sur la nature de l’es- Bruno avec j
e qui s’approchait d’un pas assez rapide du lieu où *e trouvaient.
énéral Bu
- : ‘ur un chariot attelé de deux chevaux se trouvaient
. Malin. il curé et Geneviève. On avait lié sur son dos les
qui ne s ctak ins du prêtre octogénaire, comme on eût fait d’un
ur, et de plus on l’avait attaché au chariot même.
\ de Bruno. ieviève ‘fait assise sur un banc, la tête penchée sur
missant, à p poitrine et les mains devant les yeux: des larmes » coeur qu’il
ndantes coulaient sur ses joues.
ingt soldats environ accompagnaietit les prisonger; les paë rs. Le sergent marchait en avant avec la moitié oint à-Mali ses hommes; l’autre moitié suivait le chariot. Comà cette Le cette disposition les séparait les uns des autres, ils 1, du cité laient très haut; c'était d’ailleurs leur habitude d’y Pr cn tout avec témérité èb sans la moindre crainte. -Tu dois avouer, citoyen sergent, dit en ce moment soldat, que nous nous sommes trompés sur le comple ces sauvages. ils avaient seulement de la pouct du plomb, ils nous feraient repentir d’être venus xs ce désert avec soixante hommes.
z chemin, purrait vous
PC épouvan -Bah! c’est un tas de lâches! répondit le sergent ; m! reprit R r fanatisme est leur scul courage. Ils sont bons, d me des brigands qu’ils sont, pour guetter du fond 8. On put bois les républicains, et se sauver e@ les voyant... 1 s’éloisnai -En effet, reprit le premier interlocuteur, il faut
ils soient bien stupides et bien poltrons; car s’il en mpa le long ‘autrement, ils ne nous laisser: ‘ent pas passer ainsi s hommes,
s essayer de nous en empêcher. Si une cinqnantainé tre eux seulement nous attendaient sur cette route
ée, nous aurions assez de besogne À défendre nos es hommiti} onniers. Mais ils sont trop lourdauds pour cela; s distinctes
violence.
voix sombn
leur esprit ne va pas plus loin que celui des dre et s’enfuir.
—C’est maintenant seulement que le jeu ment commencer, dit le sergent; le citoyen re a reçu un ordre en vertu duquel nous de dre demain la colonne mobile du génér:
nous allons mettre en sûreté ce monstre fa marmotte là-haut sur le chariot ses ridic el nous reviendrons ensuite avec la colonne paraît que le feu ve wanquera pas pour no fer...
Ils étaient arrivés précisément à l'endroit vaicnt les conscrits; sans qu’ils s’en aperçus fusils suivaient tous leurs mouvements.
Tout à coup le terrible mot: Feu! reten sus les arbres. Trente coups partirent, Plus tié des soldats tombèrent ; les chevaux, effr feu et le bruit de la fusillade, s’élancèrent « entraînèrent rapidement le chariot sur la ro qui-s’en aperçut, lâcha son second coup et cheval d'avant au poitrail; l’autre cheval s le premier ; le chariot s'arrêta au milieu du
—Feu! feu, sur ces brigands! cria le sa hommes lorsqu'il vit Bruno et ses compagn cer du taillis.
Trois ou quatre conscrits tombèrent en pc cris de douleur; les autres coururent sur les engagèrent une lutte acharnée. Ils étaient rité, plus nombreux que les Français, m avaient des baïonnettes et des sabres, tand paysans, dépourvus d’armes blanches, se voy gés de frapper avec la crosse de leur fusil lancer sur leurs ennemis comme des lions f les saisir à bras le corps, et de les terrasser a
Néanmoins tout fut fini en moins d’un
nr
pe soldats gisaient sans vie autour du chariot ; trois scrits étaient morts, quatre autres blessés.
Jéme avant que le dernier ennemi fût abattu, Bruétait élancé sur le chariot, en avait emporté Genee qui s'était évanouie, et l’avait adossée à un arbre bord de la chaussée.
ui des bêtc:;
e jeu va «rie itoyen commis us devons rej général Dur
ire fanati ue uis il courut à ses compagnons, qui avaient déjà ridicules brig ré le curé de ses liens et qui l’entouraient avec des olonne mobile ques de respect et d’amour. Le vieillard, à demi ur nous rc}:
t de saisissement, leur -pressait la main sans pouprononcer un mot.
Amis, dit Bruno, nous ne pouvons demeurer ici. vons et transportons à la hâte dans le bois nos res blessés et nos morts. Vite! regagnon le dberg! :s sans-eulottes qui nous ont échappé doiêtre ailés demander du secours à PAigle. Ils rraient nous repreudre les prisonniers. Vite! vite! s conscrits exécutèrent avec la plus grande promple l'ordre qu’ils venaient de recevoir.
runo donna son fusil à l’un de ses compagnons, ut à Geneviève, et, la plaçant sur ses épaules, suiles autres dans le bois.
* triste cortège n’avançait que très lentement à tra-les taillis épais et dans la plus profonde obscurité. onne ne parlait: tous étaient vivement émus et. aillaiènt en entendant les plaintes étouffées mais oureuses de leurs frères blessés. Eux, qui n’uvaient his entendu parler de la guerre que comme ‘d’un plus grands fléaux de l’humanité, ils emmenaient tenant avec eux trois cadavres, les cadavres de meilleurs amis! Du sang, et un sang qui leur cher, coulait sur leurs mains.
côté de Bruno marchait d’un pas chancelant le x prêtre, conduit par Karel du Zion.
puisé de fatigue, Bruno voulut poser sur son autre
droit où ::t perçussent. tr retentit par ‘ Plus de la 1 , effraycs pa rent en avant la route. Bn up et frapm val s’abattit u du chemin.
le sergent à mpagnons sà
en pous:ant ur les soldats taient, à la:
S, mais cel tandis (que se voyaient 4 fusil ou de ions furieux sser ain:
d’un in
épaule son amie défaillante; en fais:
il remarqua une tache hümide sur s
—Mon Dieu! du sang! s’écria-t-i Elle est blessée! morte... morte!..
Tout tremblant, il laissa glisser la sol et tomba agenouillé à côté d’élle
—O Geneviève! s’écria-t-il, me se affreux malheur viendrait-il aussi ]; tout ce qui m’est cher devait donc êt
Et tout hors de lui, en proie au poir, il s’arrachait les cheveux et hu blieux des dangers qui le menaçaient
Sur ces entrefaites, le curé s’étai!
noux auprès de Geneviève, et lui tà épaules pour rechercher la source du lait.
—Bruno, dit-il, mon fils, modérez :
neviève vit; mais il faut chercher sa semble que c’est au bras gauche; je mais c’est de sa main gauche. que dég
Les paroles consolantes du prêtre.
poir fondé que son amie pouvait en tirèrent Bruno de son désespoir et rement de son esprit.
Il retroussa avec un empressement che de Geneviève ;puis il reprit son f:
Compagnon qui le portait, approcha ] ne fille, versa un peu de poudre dans retomber le chien. Comme le fusil gé, la poudre brûla seule, et une flam ra cette triste scène.
—Ah! je l'ai vue! s’écria Bruno 2 nouant sa cravate; une blessure au I Geneviève, une balle l’a atteinte! X Dieu, ne m’enlevez pas l’amie de mon :
En parlant ainsi et en poussant <
à Re si. = n faisant ce 10% es sur ses habits,
a pp
en toura de sa cravate le bras de la jeune fille,
ria-t-il. Ma G e la blessure était très légère, cette précaute! t pour arrêter le sang.
sser la jeune ii}, > avait-il fait le noeud que Geneviève-fit un d’élle.
nt et sembla se réveiller en faisant une longue me serais-tu rar ussi m’acc::er'À vit! ma Geneviève vit! s’écria Bruno ivre de nc être sacr:/ic!
e au plus viol: me dizaine de coups de feu répondirent à sa et hurlaic de, balles volèrent au-dessus de sa tête à travers
çaient encor. + |
s'était aus m: voilà! les voilà! s’écrièrent d’une seule voix
lui tâtait JA 1 its avec terreur. En avant! Fuyons! fuyons!
rce du sang qu releva sa Geneviève: et bien que quelques intelligibles s’échappassent de la bouche de la
lérez votre (oui e, il s’enfuit, avec une aveugle précipitation,
er sa blessur les buissons,
1e; je ne pui es balles siffièrent encore derrière lui et ses
1e dégoutte le à EE
prêtre, et <ur@R. néanmoins, le plus profond silence régna
ait encore ‘tr > partie de la forêt.
ir et dissij or
ment fiévreux | son fusil des n4 ocha larme dans le ba:ir fusil n’était 14 flamme fuit
"uno avec joie!
> au bras! \f:
te! Mon Nix mon âme ‘ sant de profon
La plus grande partie des habitants de W avaient passé la nuit sous les arbres, dans le du Zandberg.
Le jour commençait à poindre à lorient ; disparaître cette triste obscurité qui avait en pauvres fugitifs comme dans une tombé, et venue ajouter à l’insomnie pleine d’angoisse turait leurs âmes, un froid glacial qui eng leur corps.
Dans les demi-ténèbres des premières heure tin, on pouvait distinguer, près de la colline le contour incertain des familles campées au | forêt: mères, filles, enfants, vieillards, étaier rés par le froid en masses indistinctes, imn muets, comme si la mort, venant à Pimpro étendu son linceul sur ces infortunés. à
Ainsi, ces pauvres gens étaient groupés parts sous le feuillage des premiers arbres, la chée sur la poitrine, le regard opiniâtrement f sol, sous l’emipire d’une désespérante préoc Passifs et découragés, ils luttaient contre le : mide de la nuit qui, en ce moment où tom abondante rosée, faisait tomber de larges gout sur leurs vêtements déjà mouillés.
Parfois une mère, un vieillard, levaient les interrogeaient avec espoir l’horizon du côté-de là se formait une rayonnante couronne de lur la route que le soleil déjà proche, le soleil, s
leur qui ranime la vie, allait ureux reportaient aussitôt : le
Parcourir; mais les ur regard vers la et frissonnait d'angoisse, à la triste pensée de ce eur apportait le jour naissant.
= la nuit les avait torturés par une douloureuse
ie et par un froid cuisant, le jour ne jue persécution, incendie et massacre
pied de la colline de sable on voyait déjà quel. jeunes gens, le fusil à la Main, rapprochés les uns
utres, et interrogeant du regard toutes les direccomme s'ils s’attendaie
nt à quelque événement.
cifet, de temps en temps, quelques-uns de leurs Anons sortaient du bois et venaient les r
inleur promet- =
ient ; elle al ait enfermé
ejoindre.
be, et quii nouveaux venus apportaient quelques fusils, de la igoisse qui À e et du plomb, ou s'ils amenaient avec”’eux d’auil engourdix sitifs armés, on se serrait joyeusement la main, m se félicitait, mais d’une voix retenue, du renheures du: urvenu.
olline de a Lutt que Jean avait construite de bois et de s au bord dk
1 pour la mère de Bruno se trouvait derrière le étaient res erg,
, immobile bon domestique était a
ssis à quelque distance,
improviste, ant fout autour de lui avec sollicitude, comme
i ntinelle qui veïle sur le sommeil de son chef.
apés de tai orne de boeuf, semblable à celle dont les bouviers es, la tite]
ent pour rassembler les vaches, pendait à son nent fixé au
préoccu pa t était calme et silencieux autour de la hutte ; re le froid igne de la main Je domestique écartait tout le ù tombait de l'endroit où il pensait que son jeune maître s gouttes à "n court repos après cette nuit pleine d’agitant les veu ndant, Bruno était assis éveillé dans la cabane. té” de l'ortcmonts étaient souillés de boue et même de tade lumière de places rouges, comme si l’on eñt vainement leil, sourtt
essayé d’enlever des traces de sang; sa :
en désordre, et ses yeux enflammés par
Les bras croisés sur la poitrine, il ten fixé sur l’autre extrémité de la cabane.
chée sa mère, endormie sur un lit de c petites branches et de feuilles; à côté vait Geneviève qui s’appuyait sur son bri tes deux étaient entièrement vêtues; une protégeait contre le froid de la nuit.
Bien qu’elles fussent réellement endo leur était profondément empreinte sur ] de toutes deux. Le visage de la vieill pâle et défait; parfois ses joues frémiss vement ou de longs soupirs et des pla s’élevaient de sa poitrine oppressée.
Les émotions de Geneviève, bien qu’é loureuses, devaient cependant être diffé sourire de mépris venait par intervalles sa bouche, et une longue aspiration go comme si, dans les illusions du rêve, ell et défié ses ennemis. :
À l’autre bout de la tente dormait dont le calme et doux visage encadré « blancs rayonnait comme si le -vénérabl déjà quitté ce monde pervers et trouvé nelle dans le sein de Dieu.
Pauvre Bruno, il était là depuis si gardant le plus profond silence, contem] humide sa mère, Geneviève, tout ce qu’il sur la terre. Seul avec sa douleur, ave avec son désespoir, il songeait au sort pe aux objets de sa fervente affection. P:
lumière n’illuminait son âme abattue; d'espoir ne réconfortait son coeur oppr la mort pour tous, telle était la seule fatale issue qui se présentait à lui. :
r; Sa chevelure l'atg il tenait son
5 par la
bane. Là
de camp fo côté d’ell: « on bras droit ; une cou
it.
endormi. :, k sur la pl vieille fciume rémissaient co es plainte: «
se
1 qu'égalemen différentes, 4 alles se dessi nm gonflait «9 re, elle eût
mait le vieu adré de :es d nérable jaste trouvé la pa
s si longien
iVSle
elle affreuse nuit le jeune homme né venait-il pas asser ? Il avait arraché sa bien-aimée des mains des ches oppresseurs; il avait pleuré sa mort appaet aubi toutes les tortures qu’un semblable malpouvait faire souffrir à son âme sensibie. Il avait ‘n coup plus fort encore peut-être lorsque la vie revenue en Geneviève, et lui-même avait failli ouir. [l avait amené sa bien-aimée auprès de sa : puis, comme une bête de proie qui ne sort que it, il s'était glissé, accompagné de son domestique, crs bois et broussailles, jusqu'aux ruines fumantes demeure. Là, il avait retiré du puits bourbeux Bivre de son père; il l'avait traîné sur le sol juscimetière, et versant des larmes de sang, il l’anterré à l’ombre de l’humble église dans le sein terre consacrée, I tremblant encore, tout bouleversé par l’accomnent de cette terrible tâche, il était assis Poeil Ir sa mère et torturé par les plus navrantes réne l
était
ert
a lumière du jour remplissait peu à peu la de clarté, il Considéra ses vêtements et frémit à ‘e que sa mère, en, le Voyant dans cet état, serait re Saisie d’une nouvelle anxiété.
Urmura d’une voix étouffée, en portant la main à bits :
* Sang de mon père, le. sang de ma bien-aimée, de mes Compagnons ! Une seu
mtemplant d U le nuit est passée...
wil aimait du sang, un Sang précieux me Couvre de la tête : ] : - Li .
ë. De sé Eds... Et maintenant il faut continuer ainsi, & ut-ôtre ier jusqu’au terme infaillible: Ja mort!.., ( | UE . . . £ - 2. ed re, pauvre femme, toi qui ne vivais que pour lui à = ns 4 01, tu rêves peut-être que tes yeux le revoient, 2 4 'Puie sur tes lèvres le :
oppressé:
seule pers
Le
= Li] cs! pos
t si affreux, gi affreux
» que je n’ose me à MmOI-même au fond du
coeur !... Mourir
LA
ainsi, être tfaité ainsi, même après la m rière, arrière cette épouvantable image!
mère, tout doit t’être ravi! Ton fils, ton E seul sur la terre, pouvait être l’appui de t ce fils unique, objet de ta plus tendre aff bera bientôt aussi abattu par une balle: la trie demandent sa mort... Et fût-il ass tendre ses mains aux fers de l’esclavage,
grâce des tyrans étrangers, il serait emmu pour aller martyriser d’autres peuples, coi . ges sont aujourd'hui martyrisés par leur Pas d’alternative, pas de grâce: partout, « le malheur, l’opprobre, la servitude ou 1 uère, Ô ma mère, je n’ai plus de père! Ti bas sans enfant, sans époux... Et toi,
Geneviève, l'épuisement t’a jetée dans la oubli, Oh! si tu savais quel coup va te 1 être! Ton père, je l’ai vu; il ne :ne connai lui ai parlé ‘de son enfant: il n’entend, il
plus rien. Son âme est atteinte; elle
chapper aux liens d’un corps brisé. Enc jours, et il sera réuni à mon père, auprès € le ciel. Mais je ne puis te dire cela: toi que je te trompe!
Le jeune hon:ne affligé porta la main comme s’il eût voulu cacher les larmes qui temps coulaient insensiblement sur ses jou ce moment débordèrent tout à coup.
Bientôt pourtant il reporta son regard murmura avec émotion:
—O ma mère! que ne puis-je vous don qui depuis si longtemps déjà brûle mes là puis-je, dans une fiévr@use étreinte d’amor ser dans votre sein une partie de mes doul ver en vous quelque consolation dans mon sespoir ! Maïs non, dors tranquille, ô ma m
la mort! Oh! us tous qui m'êtes chers! Ah! dormir ? oublier ? rê-. mage! Info r de liberté, voir le mal anéanti, et applaudir e ton bien-aimé léyresse au retour du bonheur, de la paix et de l’a-
i de ta viilk jour! Ah! puissions-nous tous nous endormir du me re affection, beil éternel jusqu’au Jour de la délivrance universelle ! Ile: la foi ct Il se tut un instant
- Le désespoir semblait lui avoir ti -nmex lice é toute énergie; les muscles de son visage se déten-
vage, pour à jrent, ses membres s’affaissèrent inertes et sa tête se emmené loi ncha lentement sur sa poitrine.
es, comme ls Il tressaillit soudain en surprenant sur la bouche de r leurs Low mère un radieux sourire; il crut même que les lètout, de tou es de la pauvre femme murmuraient avec douceur le , ou la anirt! In «de son époux.
re! Tu reite —Que c'est affreux! se dit-il en lui-même en se tortoi, pauvre ant dlouloureusement -. Elle rêve son retour, elle lui ans la torpecurit, cle a la joie au coeur, elle est heureuse ! Il y a te frapper dans cette illusion une Indicible cruauté, quelque onnaissait ji ose de barbare et d’inhumain.. Et cependant il faut id, il ne co ntinuer à garder le secret; sa douleur, ses larmes me elle sf iscraient : j'ai besoin de courage et de force d’âme Encore qu ur accomplir ma vengeance... , près de Dieu En ce moment, Jean parut à ] entrée de la hutte et ES Un signe à son maître. Celui-ci alla d un pas léger : domestique, et lui der: da ce qu’il avait à lui dire. on à ce Jean montra’ à son maître un vieillard qui, la tête es qui depuis rhée, semblait attendre à quelque distance, et es joues, et ait la sueur qui coulait de son front enflammé., C’6t le père de Simon.
gard vers M —Eh bien, baes Meulemans, demanda Bruno en lui | Sant tristement la main Île mauvaise nouvelle s donner le __
nes lèvres! ( —— Pour que v amour filii indre, aYez quitté le village.
s douleurs 4 —Ma maison est brûlée s mon aff ‘rasseur en soupirant.
FR -Votre maison ? La brasserie? Votre fils a donc
jueqw’aux fondements! dit
fait mettre le feu à la maison de son père
—Ah ! il est assez coupable; ne l’accus de cette inhumanité! Le feu qui dévorait re a été poussé par le vent sur la brasseri ses compagnons français ont essayé d’éteir mes; tout a été inutile. Mais ce n’est | que je suis venu à vous avec tant de hâ terrible nouvelle à vous annoncer.
—Que peut-i ly avoir de plus terrible noues savons ?
Le brasseur répondit avec accablemen
—Notre village est rempli de soldats sont bien six cents, avec des canons et d cheval. Un général les commande, Il quelques-uns qui parlent flamand. Ils 4 troupe une colonne mobile, et disent qu’i pour massacrer tout ce qui ferait résistanc été envoyé de Paris qu’en huit jours tout fût purgée ou brûlée jusqu’au sol. Des comme celui-ci sont sortis de différentes trés dans la Campine. C’en est fait, Br plus d’espoir !
Bruno resta un instant comme anéanti ne pas écouter les paroleselu brasseur, et bras dans un sombre désespoir.
—Six cents! murmura-t-il. De la cava nons! Que faire? Pensez-vous, baes Meul viennent nous chercher jusqu’ici ?
—Mon fils me l’a dit.
—Votre fils? Simon est-il avec eux ?
—Je lai rencontré conduisant le géné le. village. Les soldats sont fatigués; ik toute la nuit. Par conséquent, il vous r ment encore un peu de temps pour prend:
tion; mais hâtez-vous, soumettez-vous, der
1 père? C’e:t in ’accusez pu: « vorait votr de asserie: mon À d’éteindre le:
n’est pas pour de hâte. Ja
errible que «
lement :
idats françai:
s et des homn , yen:
Ils appellent t qu’ils sont sistance, L'on s toute la Car Des corp: mn rentes villes & it, Bruno. il
éanti; il pari ar, et se tordi
a cavaler oc. dé Meuleman:. !