‹ La guerre des paysans [microforme]Chapitre 11 sur 22 · IX · texte numérisé non relu

IX

général à f és; ils ont!

ous reste pri prendre une!

s, demandez

Bus large du co

uyez loin d'ici saus la garde de Dieu; vous n’avez d'autre alternative, pu rire ironique et douloureux crispa le visage de no, tandis qu'il fixait l'oeil sur le sol et tombait s une profonde méditation :

Demandez grâce! murmura-t-il avec un râle si- ‘; agenouillez-vous devant ces appresseurs étran-

devant ces assassins de tous ceux qui vous sont ‘!... Renoncez à une légitime vengeance; refusez sang à la patrie, et allez le verser au profit de la nnie!.., Non, non; mieux vaut mourir, succommais du moins voir tomber auparavant ces bri- Es et couler leur sang impur...

se tourna vers son domestique et dit:

Jean, donne le signal; rassemble nos compagnons ! > domestique porta la corne à ses lèvres et envoya sons prolongés dans toutes les directions de la . Ces sons, lugubres et mornes, résonnèrent au- S de la colline et à travers les arbres, comme les ments d’une bête fauve blessée.

même temps, Bruno dirigea ses pas vers le talus teau, point de réunion qu’il avait doute indiqué à ses Compagnons dans le cas où ai rait lieu de se rassembler.

peine y était-il Parvenu que de tous côtés sortidu bois des jeunes paysans, et même des vi ilards, le fusil au bras. Leur nombre était beaucoup plus érable que le jour précédent ; au bout de peu de S on put en compter quatre-vingts au moins, et J'S-UnS apparaissaient encore dans le lointain.

rel de l'auberge du Lion saisit la main de Bruno, ra d’une joyeuse étreinte, et dit en montrant les anons armés :

‘h bien, Bruno, ton coeur ne se gonfle-t-i] pas de fe? Maintenant les fusils ne nous manquent pas; ‘“vons de la poudre et du plomb en abondance.

me 10 —

Nos compagnons ont parcouru cette nuit les :

alentours et nous ont amené de bons renforts instant nous arrivent des conscrits des comm ronnantes. Qu’ils se montrent maintenant, mes sans-culottes! nous saurons leur prour l’Eeurope entière cède à leur orgueilleuse ins paysans campinois osent opposer balle à balle de se railler des Belges opprimés leur pass chaque arbre, chaque buisson leur crachera .

comme si la nature inanimée elle-même se contre cette engeance étrangère, Oh! si

était déjà engagée! Si nous partions à line Je village! Nous sommes assez forts pour c Français !...

Avec un sourire plein d’amertume, Brun dans les yeux son brave compagnon, et lui d

—Tiens-toi en repos, Karel: j'ai de mauv velles. s

Puis, faisant signe qu’on se rapprochât s’adressa en ces termes aux compagnons qui saient autour de leur chef:

— Amis, écoutez avec sang-froid ce que je annoncer. Ce matin, au point du jour, six dats ont paru dans Waldeghem:; ils ont des.

de la cavalerie, et sont commandés par un gé viennent pour nous prendre ou nous tuer. Je:

se proposent d’assaillir dès aujourd’hui notre Amis, nous avons peu de temps; prenons une avant qu’il soit trop tard.

Quelques-uns des assistants pâlirent, d’aut tre-regardèrent avec désespoir, d’autres enfir baissèrent les yeux vers la terre.

—Fuyons plus avant! dit l’un d’eux.

—Oui, retirons-nous jusqu’au Rederbosch ; culottes ne nous y trouveront pas, dit un autr

| , Karel de l'auberge du Lion étreignit convulsivement t les villa res fusil, et s’écria :

forts; à cha Dieu! six cents soldats contre quelques pauvres dE ele ysans, c'est trop!

enant, ce ompagnons, je vais vous aider à prendre une déprouver que

: mination, dit Bruno avec rnlme. Ce que je veux se insolence, oir de vous, ce n’est pas :,10)l: autre retraite vous balle. leg byez pouvoir choisir, Seche tu ‘its corps de

ss upes comme celui-ci pare rer: là ‘Jampine; il hera du os st donc pas vraisemh::!.. ; ns Lu ‘ons échapne ones aux perquisitions | PPESCUrS, 11 y à encore 1! si Ja ju moyen de salut; ec” n'est “1 H0yCn qui puisse à l'instant p |

1S plaire ; votre prései: c ICI IP prouve, Pourtant la our chasser rt, une mort inévitable est araère : qeai, Que ceux

n osent risquer une lutte «. ré laissent aux auleurs armes et leurs munitions de guerre; qu'ils dirent à Waldeghem et se sourcitent. Je ne veux “OURET responsable pour personne : je ne veux meà la boucherie aucun de ceux qui craignent la mort. Ni nous retournions à Waldeghem et si nous fai- PS notre soumission? demanda un tout jeune cons-

Bruno r'egal lui dit:

mauvaise: nt

chât de lui ns qui <e ph

ue je vais fl , Six cents : des canon

En ce cas, dit d’une voix tonnante Karel du Lion, ‘ous mettra en main un fusil d’étranger; vous deulrez l'esclave des tyrans, vous âurez

à tirer sur un gén'ra. is, à brûler la demeure de vos compatriotes, de vos , Je sais is, de

“os parents, et à profaner les églises de votre notre retraié pu !

Is une décis ‘jeune conscrit secouagla tête et dit d’une voix ibre :

Plutôt mourir !

ous entouraient Bruno fon désespérée, et fixaie ateur.

en proie à la même irrésont sur lui un regard inter- >sch ; les Mais toi,

n autre. Quand m

Bruno, que ferais-tu ? demanda Karel.

ême mes amis inclineraient à la soümis- - :

sion, je persévérerais dans ma premicré résol: pondit le jeune homme. Le dési: de la venge le à mon coeur plus haut qu’au vôtre; il me

de ces étrangers; c’est un devoir pour moi.

demeurer seul, je me cacherais dans :un boi glisserais dans un trou comme un animal m je quitterais mon asile en temps favorable, armé de mon fusil, me mettre en embuscade, cher à supprimer du nombre des vivants que des ennemis de mon Dieu et de ma patrie.

ploient contre un peuple infortuné le droit fort, eh bien, j'en appellerais coutre eux au plus faible, la ruse, la prudence, linfatigal geance !

—Et si la plupart d’entre nous voulaient fidèlement ?

—En ce cas, nous ferions encore de mêm ferions disperser les femmes, les enfants, les sans armes, autant que possible dans les pro du bois, loin d'ici, afin qu'ils ne fussent pas | tement à la portée de l’ennemi. -Nous, de n nous quitterions cette colline et irions nous long du chemin qui mène de Waldeghem ici attendrions l’armée étrangère et en laisserior une partie. Dans leurs rangs pressés nous cl: chacun un homme, et à un signe donné quai d’entre eux tomberaient sur le carreau. Si pouvions lutter plus longtemps avec avantage (| embuscade, chacun de nous se sauverait en f:

fond des bois pour nous réunir tout à un en.

diqué d’avance. Tous les jours nous ferions blables attaques; nous accompagnerions nos partout où ils iraient; nous nous attacherionpas comme d’invisibles spectres, tuant, tuant ! jusqu’au dernier d’entre nous. Ah! mes ar sommes faibles et inexpérimentés: mais de «

résolution, re, si peu nombreux que nous soyons, nous ven-

vengeaice |

| | ns chèrement notre vie, et l'étranger saurait ce qu’il : nu : coûte pour réduire en esclavage un seul village de ee Ds ‘ainpine !

= bois, je LEh bien, s’écria Karel en s’adressant aux assis- Dal mal fui fs vous ne dites rien ? Serez-vous - sez lâches pour able, ci Sr ur ce que vous avez à faire? Dites, voyons, qui scade, «t d à Waldeghem pour sauver sa vie?

: crie l se tourna vers ses Compagnons; mais tous-setrie. is

; érent la tête négativement.

droit «lu \insi, s’écria Karel, c’est bien entendu! nous res- AN roi tous avec Bruno, tous jusqu’à la mort ? fatigable ne murmure approbateur s’éleva parmi les cons-

= s. quelques-uns frappèrent le sol de la crosse de aient te su S fnsils, On eût dit que l’impression de la fâcheuse

. : veille qu'ils avaient apprise s’affaiblissait par degrés meme.

Pix. et que la soif de la vengeance se ra!ïimait dans

S coeurs... Mais avant que leurs sentiments eusle temps de s’exprimer par des paroles, une appa-

8, les hon ag profond

pas nm bn inattendue vint attirer soudain leur aiiention. de Re u pied du Zandberg déboucha, du milieu des arnous tache + line personne vêtue comme un citadin, et uccomm ici: no

nie de trois ou quatre Paysans inconnus qui lui

serions pl ent évidemment servi de guides, L'un de ces der- DORE “à portait à la main un petit sac de voyage. quatre

andix que les conscrits armés regardaient avec cu-

té le personnage inconnu. celui-ci s’avança droit eux et demanda aux

Si now age dans

premiers d’entre eux qui était en fiat Chef. Tous désignèrent Bruno, qui, à la vérité, in endroi ‘il pas encore été proclamé, mais qui cependant rions (de l toujours été considéré comme tel.

nos en2 Monsieur s’approcha de lui et lui dit à l'oreille, à erlon- à | basse :

uant tou} Capitaine, êtes-vous sûr de tous vos hommes ? N°2. es amis,

‘us pas de secrets pour eux ?

de cette

—Pourquoi cette étrange question? dit Brano quelque défiance.

—J’ai à vous parler de choses importantes et sées. Si vous êtes sûr de la fidélité de vos compas je préférerais être entendu par eux aussi; cela ferait gagner du temps.

—Qui êtes-vous donc? demanda le jeune homn:

—Faites approcher un peu plus vos homnr vous dirai pourquoi je viens vous chercher si dans le bois.

Lorsqu'on eut satisfait à la demande e Pin celui-ci, tirant de son sein un papier qu’il montr: assistants, leur parla en ces termes :

—Cette lettre prouve que je suis un envoyé amis; elle est signée par le colonel des patrio Gheel. Si les Français découvraient cet écrit su: je serais fusillé à l'instant. Ayez donc pleine cor dans ce que je vais vous dire. Vous avez fui vot lage natal et vous demeurez ici aux environs ; danles bois de la Campine se cachent ainsi des hon prêts à donner leur sang pour la patrie, Vous à mes amis, vous êtes prêts, je le vois, à combattr. | la liberté et pour la foi. Mais, éloignés, comm. : l'êtes, les uns des autres, vous ne sauriez jamais tt dre votre but. Les étrangers ont beau jeu: il: | courent le pays en troupes nombreuses. rechercher! : cessivement les patriotes dispersés, et s’en emparcn: les tuent sans peine, Un nouveau péril nous nr il faut nous réunir. concentrer toutes nos forces mn ne pas être écrasés en détail. A Paris, on a sent: 4 était imprudent de continuer à se railler des Qpprimés. Et pour en finir vite avec nous, si cet sible, on a décidé d'envoyer contre nous des forc.: « sidérables, de nous traquer en même temps sur ta les points, de nous poursuivre, de nous tuer, d. n° écraser, et d’anéantir ainsi jusqu'au souvenir même!

re patriotique soulèvement, Eh bien, l’immensité danser a, comme un sanglant éperon, décidé les Beles et pre à ivnter un suprême effort ; les habitants riches des MPa 01 rs, les religieux fugitifs ‘mettent leurs trésors à cela nou re ‘isposition et nous amènent en abondance tout gui est nécessaire pour faire la guerre. De vieux itaines, des hommes courageux qui, au premier

Brano ave

homnie.

om, j ps des patriotes, ont exposé leur vie pour Ja liberté, ec pnent en foule à nous et mettent leur expérience au

ice de la cause sainte que nous défendons. Je suis ee envoyé de Parmée, chargé de rechercher les fugitifs ed persts et de les rallier vers le point central de nos

rations; des émissaires sont partis ainsi pour touné de 1 k ‘parties du nays. Toutes les forces qui sont entriotes Re Csronibles pour la défense de la patrie menacée er vent être concentrées ; il faut ne former qu'une seule Éric “Mas une armée puissante, qui soit dix fois plus tre d le que ces troupes détachées que les Français veu- Le t over contre nous, Alors a chance tournera ;

s hommé F-memes, nous irons chercher les colonnes mobiles et s ()11tIHt8 :

us aué IS les anéantirons lune après le ire Si nus hs attre jo "5. comme nous l’espérons ardemment, toute l’Eu- DUT a nous sera redevable de la conservation ais aticis Fe HOere | |

1 Conscrts considéraient lorateur avec incrédulité shent sÈ n avait bien quelques-uns eur le visage desquels parent 4 FAUEUX sourire annonçait une croissante espérance ; y mena É | plupart se regardaient entre eux d’un air de = mme ils prenaient les paroles de l'inconnu en né pure fanfaronnade.

parut péniblement affecté du

: peu d’imé avait produit son allocution.

Ci n°:} 7 . £ *. Q : II en soit, monsieur a raison, s’écria Karel É { 4 | ’ .

| : 1} fant nous reunir tous et tomber on œrand gt = = EF = T5 Sans-Cülottes; la chance sera peut-être + orah]

.—— dioTrs,

8, :t n «de la tyrannie!

Le ton de tristesse don émut

saisit la main et lui dit:

— Vous vous trompez sur notre compte, Monsieur. Pas un seul de mes Compagnons ne reculerait d’un pas, ressât-elle devant lui. Votre co:ans le cas où nous le suivrions, où S parlez? Où est l’armie S parlez? Vous nous montrez un S hommes de Gheel. La ville de € Au pouvoir des Patriotes ?

— Vous ne savez donc pas ce qui se passe? demanda l'étranger avec surprise, Ecoutez, je vais en quelques mots vous mettre au Courant des événement: Toutes les petites villes et tous les villages d'ici jusqu'à Diest et de Lierre à Be sont en notre puiseanæ: Hérenthals, G Meerhout, Westerloo. Sichem, s Û amis. : Tous les patriote:

sont déjà réunis dans !:

Campine, auprès du Hageland, et ils ont chassé 1:

Français de tous les points.

à plus de cinq mille; tous le mini davantage...

—Ah ! tout cela serait-il vrai ?

thousiasme et d’une voix pleine de larmes, tandis que > Compagnons se serraient mutuellement ] saluaient l’heureuse nouvelle p L'émissaire ré

Leur nombre s'élève déjà S jours ils refoulent l'en-

s'écria Bruno avec en-

à Main et ir des cris d’all pondit d’un ton solennel :

-Mes amis, me: frères, je vénère de Dieu pour vouloir appuyer mes paroles par un ser. ment. Nous tous, nous allons résolument mettre en jeu notre vie pour la Patrie; ce n’est Pas En présence de Ja mort que l’on se vante

où que l’on ment ; ce que je vous ai dit est la vérité, rien que la vérité, De joyeuses exc

lamations s’élèveront de la troupe de jeunes gens; ils échangeaient des paroles d'espoir et d'enthousiasme, et essuyaient les larmes que le plaisir et l’exaltation faisaient couler de leurs yeux, Les fusils furent relevés et les bassinets visités ; la charge fut vérifiée, le chien armé. En un mot, tous agissaient tomme si la bataille et le feu fussent soudain devenus Pour eux un jeu favori.

Quand on leur aVail annoncé une situation sans is- Sue, ils étaient tomhés dans une muette anxiété. Il ‘st peu de soldats, quelque braves qu’ils soient d’aillurs, qui ne tremblent en présence d’une mort certain°; mais le moindre espoir suffit peur rendre au courize toute son énergie. Cette fois aussi la conscrits ne connaissait plus de ‘laient de tous leurs voe ‘“nnemi,

egresse,

trop le saint nom

bravoure des bornes ; eux-mêmes ap- | ux lapparition immédiate de | Pendant ce temps, Bruno levait écriait avec exaltation :

[Il y aurait encore une fois liberté.

\ous pourrions re

Vi'lage, v vivre à

3 F< ER paix ei prier pour les martyrs? Mer-

les yeux au ciel, et

délivrance ?

tourner un jour dans notre pauvre

ci, merci, 6 mon Dieu, de cœ que vous vous êtes som nu de nous!

—Écoutez encore, reprit l’émissaire en. réclaina l'attention par un geste de la main. Voici ce que xo avez à faire. Dès aujourd’hui vous partirez tous « semble pour Hérenthals > Vous ÿ trouverez un rar uombre de patriotes. Le chef vous assignera une là sous ses ordres. Laissez en arrière toutes les f( et tous les hommes invalides ; sa Manquerait bientôt à eux e faut que j’aille visiter d’ fugitifs.

Il saisit la main de Bruno, et demanda :

—Eh bien! capitaine, est-ce toujours dit? Vous trou verai-je ce soir à Hérenthals ?

—Nous partons à l'instant! répondit Bruno.

Dieu vous conduise et vous site.

L’émissaire prit le sac de voyage des mains de «vi qui le portait, et l'ayant ouvert il en tira une poi d’or.

—Tenez, dit-il à Bruno, prenez cet or; il vou: «er. Y # À payer en route les vivres que Wander aux gens.

—Nous avons de l’argent ! répondit Bruno en fai. sant de la tête un signe de refus.

—C’est d'autantemieux! dit l’envoyé: il m'en reste davantage POUr Ceux qui peuvent en avoir besoin Adieu, pressez-vous; à ce soir!

L’émissaire rendit la valise à loigna, et disparut immédiate

bres.

‘THIN ns cela le nécessi t à nous. Je suis presse: :

autres communes, exhorter le

(Que donne une heureuse rius

ones

Vous aürez à de-

l’un de ses guide: st ment au milieu de: ar-

—Hâtons-nous maintenant! dit Bruno à |

à ses lommes. Vous, allez partout chez los gens du villas, et

dites-leur que nous allons loin d'ici l'ennemi. Conseille

faire la guerre à z-leur de s’enfoncer sur-le-c' mp 4

que tous ep.

n cran ne | lac fermes écessaire resse : ji rter les us trou- , (Jue je res le lui DOI Sner U< ser ; il den fai- | resté Jin...

{ arhom- 8 à mp

au plus profond des bois; annoncez-leur que dès ce matin les sans-culottes doivent venir au Zandberg. Quant à vous, prenez en toute hâte congé de vos parents et de vos amis, et tenez-vous prêts à quitter cet endroit dans quelques instants. S'il arrivait que, chemin faisant, nous fussions attaqués par des soldats, nous ferions comme je vous le disait tout à l’heure: faire feu abrités par le bois, abattre quelques ennemis, et dès que lous nous apercevons que nous ne pouvons résister au nombre, fuir chacun de son côté pour nous réunir ensuite loin du lieu du combat, dans un lieu commun. Si nous devons nous séparer dans notre marche sur Hérenthals, le rendez-vous sera au Sassenhout, derrière Proosthoven.

Il prit la corne suspendue au cou du domestique, et dit :

—Je porterai la cokge moi-même. Jà où vous l’en- ‘endrez retentir, accourez-y comme c’est entendu. Allez ct hâtez-vous! -

Chacun s’éloigna pour gagner la lisière du bois. Bruno, suivi de son domestique, gravit le Zandberg pour se rendre sur l’autre pente où se trouvait Ja cabane de sa mère. Mais à peine eut-il fait quelques pas ct donné au domestique quelques instructions relativement à sa mère et à son amie, que nombre de coups de fusil retentissent dans le bois, et que même quelques talles passent en sifflant au-dessus dn Zandberg. De sinistres clameurs s’élèvent au bord de la forêt; femmes, enfants, vieillards, tous bondissent et s'élancent à travers les buissons en poussant des cris affreux.

Cependant, les coups de fusil s succédaient plus pressés, et le sifflement des balles se mêlait aux cris de détresse des femmes et des enfants.

Aux abords du bois, plusieurs même de ces malheu- "ex étaient étendus sans mouvement snr lPherbe.

l'excès de la terreur leur avait-il fait perdre connais-

sance ou uue balle ennemie les avait-elle atteints? L'à taque avait été si prompte que personne ne pou à guère songer qu'à son propre salut, à sa propre sûrit

Bruno avait couru jusqu’à l’asile de sa mère. 1! trouva avec Geneviève et le vieux prêtre, à genoux | implorant le secours du ciel.

—Vite, ma mère, : Geneviève, mon révérend pére Debout! Fuyez dans le bois! Jean vous conduira : ; connaît le chemin. Je vous suivrai, je vous prot: rai; mais vite, pas un mot. partez!

Le domestique s’élança.vers les femmes, saisit c'a cune d'elles par la main, et les entraîna à travers le: buissons, vers l'intérieur du bois.

Bruno se retourna vers le Zandberg, fit quelques js en avant et se mit à faire retentir ]a corne de tortes ses forces,

Les conscrits, pour arriver jusqu’à lui sans être ar. Sus par les soldats, se glissèrent sous le feuillage et 1- Parurent successivement derrière lui, au bord de forêt. De ce côté ils étaient protégés par la colline.

Bien que les soldats français ne vissent plus per:on. ne dans la clairière, ils continuèrent cependant !1r feu sans interruption. Selon toute vraisemblance, aussi voulaient agir avec prudence: on voyait bien . et là leurs têtes apparaître à travers le feuillage ; nas ils se tenaient derrière et à l'abri des arbres.

Cette circonstance donna à Bruno le temps d'ati-ndre la plupart de ses COMpagnons. Quelques-uns in. tèrent pour céder la place et se rendre en toute hà! à Hérenthals,

— Non, cela ne doit pas être! dit Bruno d’un ton :». pératif en leur faisant signe de le suivre. II nous !:: protéger les habitant: de notre village, L’ennemi ous passer d’abord sur l Corps; tant que nous ser: ki il ne nourra atteindre nos parents et nos amis. (:chons-nous à quelques pas plus lin dans le bois, mais

en sorte que nos balles puissent sans obstacles balayer la clairière. Si les sans-culottes quittent le bois pour venir dans cette direction, nous visons bien et rous en abattons une partie; puis nous, nous enfoncons plus profondément dans le bois, faisant toujour: feu en reculant, jusqu’à ce que la fuite... A terre! couchez-

s? L'at.i pou ait Sûreté, = noux et

pere! vous! rampez jusqu’au bois! Les voici! 1ra : il En effet, un ordre énergique d’avancer retentit dans RotE es là partie du bois où se trouvaient les soldats” français ; — et, au même instant, une centaine d'entre eux quittèit cha rent leur retraite et s’élancèrent sur la clairière. Com- 'ers les me si cet ordre les eût transportés de joie, ils poussaient à l’envie des clameurs guerrières, 1€8 pas Simon Brutus! murmura Bruno à Karel de l’autoutes berse du Lion qui était couché aux aguets auprès de lui.

} apers —\ lui une première balle! s’écria Karel. et ap Dés que les Français eurent atteint le versant de la de à wollne qui touchait à la retraite des conscrits, Bruno €. porta la corne à ses lèvres et en tira un seul son, sourd hs et prolongé. ALL Quatre-vingts coups de fusil retentirent presque en her. même temps ; trente soldats tombèrent sur le sable, moren tellement frappés.

BUS Au bois et chargez! s’écria Bruno.

Ses hommes se levèrent et le suivirent plus avant

dan: la forêt.

Pendant ce temps, les soldats avaient tiré dans le bois un grand nombre de coups de fusil; ais la terne perte qu’ils venaient de subir au moment o ils S\ sttendaient si peu, fit hésiter la plups:t d’entre t\: quelques-uns même reculèrent vers le gros de la

‘une qui se montrait seulement sur la lisière du

cependant, en moins d’un instant, toute la clairière,

fut couverte de soldats, et ils reçurent l'ordre de nétrer d’emblée dans le bois.

Les premiers d'entre eux avaient à peine fait « ques pas sous lc; arbres que de toutes parts des b: isolées vinrent de loin à leur rencontre, ; t il fallait ceux qui les envoyaient eussent bien visé, car la part touchèrent juste et causèrent à l’ennemi une te notable,

Les soldats murmuraient contre leur position et n: dissaient leurs invisibles adversaires ; cependant, «: tés par la voix de leurs chefs, ils pressèrent lenr 1: che et s‘enfoncèrent de plus en plus avant dans le |, tout en tirant au hasard, sans savoir où leurs b:l iraient porter.

La forêt retentit longtemps du fracas de la fus:!| de, jusqu’à ce que le sinistre bruit s’éloignât peu à p et finit par s’assourdir, s’affaiblir et s’éteindre tout fait. sans que les habitants des villages environn:n pussent dire si le combat avait cessé ou non.

fl

fait quel des balle allait qué r la plus une jer

| et mat nt, GX eNT jar s le bois, rs bulles

, fusi!la.

'u à pei : tout à ‘onnints

andis que les pauvres habitants de Waldeghem ient traqués dans les bois par leurs cruels ennemis, ville d’Hérenthals offrait un étrange spectacle.

Toutes les rues, mais surtout le Marché, fourmil-

ent d'une population qui, criant, vociférant, se la-

ntant, courait de çà, de là, et remplissait l’air de urdes et confuses rumeurs, La grande majorité de tte foule consistait en paysans et conscrits armés; çà là on y remarquait aussi quelques individus qu’à ur costume on pouvait reconnaître pour des habitants > villes plus importantes et pour des gens apparte-

mt à une classe aisée. .

Quelques-uns, qui portaient certains signes distincfs au chapeau ou au bras, couraient parmi la foule vec force gestes et cris, et s’efforçaient de faire comrendre à chacun ce qu’il y avait à faire; cependant, in que la sueur coulât én grosses gouttes sur leur ront, ils ne réussissaient pas à diminuer l'agitation: ‘un ordonnait telle chose, l’autre telle autre, et de ette facon les allées et venues désordonnées n’en conintaient pas moins.

Dans les rues plus écartées on pouvait voir cepenlant quelques troupes peu nombreuses d'hommes armés qui, alignés en rangs et sous le commandement d'un chef, étaient sérieusement occupés à s'exercer au maniement des armes et aux mouvements militaires.

Le long des maisons qui entouraient le grand Marché

étaiont acaie eur des monceaux de literies, des fem-

MICROCOPY RESOLUTION TEST CHART (ANS! and ISO TEST CHART No. 2)

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