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mes et des enfants, qui avaient fui des villages envi- Tonnants pour chercher un refuge dans la ville, Beau- Coup pleuraient et se lamentaient sur leur triste sort : ki plupart considéraient, immobiles et dans une muette anxiété, la fébrile agitation des hommes. Près ( l'Hôtel de Ville, sons le beffroi, on avait couvert le pavé de paille; sur- cette couche toute militaire étaien: assis ou étendus une cinquantaine de blessés qui avaien: la tête ou les bras enveloppés de linges ensanglantés. Au milieu d'eux circulaient quelques soeurs hospitalic res pour porter des vivres, des secours ou des consolàations à ceux qui pouvaient en avoir besoin. Les bienfaisantes soeur soignaient leurs malheureux compatrio-
tes avec la plus tendre sollicitude et la plus fervent charité.
La matinée était déjà très av més erraient encore pêle-mêle et à l'aventure, et couraient de côté et d’autre. les uns à la recherche de leur chefs, les autres pour rassembler leurs compagnons.
* Soudain on entendit en dehors de la ville et à une très grande distance encore, retentir quelques coup: de fusil. Tandis que chacun regardait en Pair et prétait l’oreille avec Stupéfaction, la cloche d'alarme - fit entendre...
Quelques hommes descendtrent de l'Hôtel de Ville c: s’élancèrent sur le marché au milieu de la foule, en criant :
—Aux armes! Debout! A Ja Porte-Basse! Les colonnes mobiles! Les colonnes mobiles !
Un immense tumulte formé de mille bruits confon-
dus s’éleva au-dessus de la ville: Les hommes répé-
faient le cri d’alarme et s’appelaient mutuellemen: Pour gagner la porte: les {
ambours et les trompette:
.Mêlaient leurs sons belliquer
iX, à la puissante voix du tocsin, les ffmmes et les enfants poussaient des cris de détresse et d’effroi.…
ancée; les hommes ar-
en
Les hommes coururent en désordre vers Ja porte indiquée; les femmes et les enfants se rélugièrent dans les maisons ; les blessés qui étaient encore capables de se lever ou de se traîner cherchèrent aussi un asile plus sûr... et, en moins d’un instant. Je marché et les rues furent déserts et silencieux. Les portes et les fenêtres se fermèrent; ceux auxquels Mänquait la force on le tourage pour se battre. se cachèrent dans les Caves où d’autres retraites, —et la ville devint muctte et abanlonnée, comme si elle eût perdu tous ses habitants,
Cependant les hommes armés avaient atteint Ja por ie qui semblait menacée d’une attaque de l'ennemi Comme 6n entendait toujours des Coups de fusil dans le lointain, la plupart voulaient courir au-devant des Français en rase Campagne: mais les chefs réussirent à les convaincre qu'ils feraient mieux de se tenir retranchés à l’abri des dernières maisons de la ville et d'y attendre l'ennemi. Quelques-uns des plus intrépides méconnu:ent cet ordre et s’aventurèrent dans la campagne,
Entre autres mesures prises, en toute hâte, on irou- “a bon de garnir toutes les maisons de cett: partie de la ville nommée Je Bas-Quartier, hommes qui pussent tirer des fenctres ot des caves sur l'ennemi si celui-ci parvenait à refouler les patriotes jusque-là.
A peine était-on occupé à exécuter cette résolution, ue ceux qui étaient allés se ranger en bon ordre en dehors de la ville virent au loin la poussière de Ja rout: ‘élever vers le ciel. et une troupe confuse de gens parmi lesquels il y avait beaucoup de femmes et d’enfants, accourir vers eux. Bien que la rapidité avec ]nquelle ils s’approchaient qût faire penser qu'ils étaient Poursuivis et fuyaient devant l'ennemi, on n’entendait plus de coups de feu. Cest pourquoi les soldats jm- Provisés s’arrêtèrent larme au bras, dans Pattente de ce qui allait arriver.
Comme les fugitifs s’avançaient avec la plus gra précipitation, on put bientôt mieux distinguer ce : tait cette foule alarmée.
C'était —on ne pouvait S'y tromper, —là populat de quelque village pris par l'ennemi; car on y ren quait des femmes, des jeunes filles, des enfants «1 vieillards. Beaucoup portaient un paquet d'effet «ù avaient pu sauver, d’autres tenaient leurs souliers à main, et couraient pieds nus.
Les premiers d’entre eux arrivèrent à l'entrée de ville en poussant de navrantes exclamations d’ein on chercha à les arrêter pour savoir d’où ils venaien( ce qui s'était passé; mais les pauvres fugitifs, muci: hors d’haleine, sengouffrèrent dans la ville comn | torrent... Queiques-uns seulement répondirent en pe sant aux questions qu’on leur adressait :
—De Waldeghem! Les colonnes mobiles! Elles an vent !
Il n’y avait parmi les fugitifs qu’un seul homme à mé; c’était un paysan passablement âgé, de petite tai le, le dos voûté, tenant, par la main une femme qu s’efforçait de consoler tandis que celle-ci semblait « proie au plus navrant désespoir. . De l’autre eûit à cette femme et soutenant ses pas, marchait une jeun lle dont l’oeil plein de flamme et la saisissante beaut appèrent d’admiration les spectateurs.
Un homme à cheveux blanes se traînait, épuist ( lassitude, à la suite de cette femme et de ses guicles,
Ces quatre personnes étaient Jean le domestique, 1 mère de Bruno, sa bien-aimée Geneviève, et leur mal heureux compatriote, le brasseur, père de Simon
I] fallut assez de temps pour que les fugitifs cossassent d'arriver: beaucoup d’entre eux, tout à fait rendus Ge fatigue et avant les pieds affreusement blessés. n'avaient pu suivre les autres et étaient demeuré: en
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ts Gi des let qu’ils liers à k rée «Je h d’effroi; naicni êl mucis et lie UN ;, CN pa:les arri.
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arrière; mais la terreur les poussait en avant, et eux aussi parvinrent successivement jusqu’à la ville.
Tout à coup on vit un nuage de poussière s’élever de nouveau sur la route; on ne douta pas que ce ne fût l'ennemi, Les chefs donnèrent l’ordre d’armer les fuals ct de se préparer à soutenir l’attaque imminente.
Cependant lorsqu'on put mieux reconnaître ce qui apparaissait dans le lointain, on s‘aperçut qu'on sétait trompé: c’était une troupe de paysans armés; leur costume ne permettait pas d’en douter.
En peu de temps ce petit corps atteignit aussi la ville. Cétaient les hommes valides de Waïldeghem, sous la conduite de Bruno, qui, au péril de leur vie, avaient protégé la fuite de leurs compatriotes et résisté aux ataques de lennemi assez longtemps pour permettre aux femmes et aux vieillards sans défense de se sauver.
Ds avaient perdu nombre de leurs compatriotes et résisté aux attaques de l’ennemi assez longtemps pour permettre aux femmes et aux vieillards sans défense de se SAUVEr. :
Is avaient perdu nombre de leurs compagnons, ils &vaient laissé dans les bois nombre de cadavres. Ils n'amenaient avec eux que quatre blessés; ceux-ci étaient portés par les autres sur des fusils disposés er forme de civière.
Bruno lui-même avait reçu une blessure au front: le sang coulait le long de ses joues et jusque sur sa poitrine; cependant il ne paraissait avoir perdu ni force ni courage. à
Après que les jeunes gens de Waldeghem eurent apris aux chefs qui se tenaient à Ja porte qu’ils avaient fui leur village, et, poursuivis par une colonne mobile, avaient battu en retraite tout en combattant. jusqu’à
leur tour en ville pour déposer leurs blessés dans quelque maison où ils fussent pansés et soignés.
Tandis que le vieux brasseur avait suivi les :: fugitifs plus avant dans la ville, Jean le donx : s'était arrêté dans la première rue pour attendre maître. La mère de Bruno se tenait auprès de |: quiète, tremblante, regardant si elle ne voyait pas nir son fils. A peine l’eût-elle aperçu qu’elle :'{!, vers lui avec un cri d'angoisse et se jeta à son co Sang qui ruisselait sur son visage avait arrach pauvre femme son cri de terreur, mais lorsqu'elle tit le cocur de son fils battre contre son coeur. | qu'elle entendit la voix de son enfant, elle se ré 1 effusion de joie et de reconnaissance et faillit +, nouir de bonheur.
- Le jeune homme lembrassa tendrement en lui }
diguant des paroles de consolaton, la rassura :ur Sang qui coulait de son front, et la conduisit par main dans une maison du Bas-Quartier.
Il y fit disposer à la hâte des lits pour ses malh Teux COMpagnons, t. aidé par sa mère et par Gene: ve, il panra lui-même Jeurs blessures aussi bien que p sible, tandis qu’il envoyait quelqu'un à la recherc d'un chirurgien.
Lorsqu'il eut donné ainsi les premiers soeins À : amis blessés, il se mit à échanger de douces paroles a: sa mère et Geneviève, mais soudain retentit dans rue un cri d'alarme poussé par les gens de Waldegher
—Aux armes, Bruno! aux armes! T’ennemi vien Courens à la porte! à la porte!
Le jeune homme bondit et saisit son fusil: <a mè l'embrassa en poussant des plaintes déchirantes ct sen blait vouloir le retenir, mais lui se dégageant doue ment de ses bras Ini dit:
—Mère, mère, l'instant est solennel! Serais-je le set qui fuirais le danger, maintenant qu'il s’agit pert-êh de In délivrance de Ja patrie? C’est notfe destin: Die le veut !
Le coeur serré d'anxiété, la mère couvrit son visage k se mains et dit en pleurant et avec un douloureux fupir :
—\a donc! va! qu’un bon ange te protège, mon enjant !
Bruno pressa la main de (Geneviève, déposa encore wi baiser sur le front de sa mère, ordonna au domestiae de rester avec les deux femmes pour veiller sur elks, et franchit la porte en courant. ÿ COMPAGNONS qui l'attendaïent avec impatience, saluèrent par des cris de joie son apparition et :e suivirent dans sa marche rapide vers la porte menacée.
l'arvenu là il rangea ses hommes à cèté des détachements déjà prêts à combattre, et regarda l’armée ennemie qui s’avançait très lentement ou peut-être s’était arrêtée, car les différents drapeaux s’agitaient à peine.
Bientôt un peloton de cavalerie s’avancça jusqu’à une wtite distance de la ville, sans doute pour épier de près les dispositions que ls paysans avaient prises pour leur défense.
(es éclaireurs furent accueillis par une vive fusillade; une dizaine de chevaux s’abattirent avec leurs cataliers, les autres tournèrent bride et regagnèrent précipitamment le gros de la troupe.
Ce premier avantage si facilement obtenr, st surtout la vue de la fuite de l’ennemi, allumèrent dans le coeur des paysans une belliqueuse ardeur, et ils poussèrent des cris de joie, somme s'ils eussent vu dans ce résultat le présage certain d’une prochaine victoire.
Les chefs eurent grand peine à les empêcher de marcher en avant; le plus grand nombre voulait sortir de h ville et s’avancer immédiatement à la rencontre des col:nnes mobiles.
J! se passa longtemps encore avant qu’on pût remarquer le moindre mouvement dans l’armée française. Ceux dont la vue portait le plus loin assuraient pour-
tant que l'ennemi était occupé à disposer ses cn rangs serrés sur la grande route.
Un instant après, quelques cavaliers s’avancc nouveau vers la ville. (Cette fois ils étaient au de quatre où cinq seulement ; le premier agitait peau blanc au-dessus de sa tête sun trompette à côté de Jui,
Comme les paysans se disposaient à tirer en ces nouveaux venus, les chefs se hâtèrent de ja les rangs pour faire comprendre à leurs homr ces cavaliers étaient des parlementaires, et que, les usages de la gucrre, il fallait les laisser ap Sans Opposition. Bien que la plupart ne COM pi: PAS Ce que signifiait ce mot parlementaires, ils rent d'obéir, et mirent l'arme au pied,
Malheurcusement personne n'était allé donner explication äux jeunes gens qui s'étaient aventur. loin et s'étaient embusqués dans les buissons,
Les parlementaires étaient encore assez Join de | le, quand tout À Coup une dizaine de coups de fu. tentirent sous le feuillage; le porteur de drapear trompette, blessé, vidèrent les arçons, les autres r: sèrent brusquement chemin.
L'armée française avait vu cette attaque inait el ses suites fatales: une fonnante clameur de ven, ce s’éleva sur toute la colonne ; les rangs s’émuren multueusement : les tambours et les trompettes doi rent les cris confus, et tout d’un coup l’armée enn s’élanca vers la ville. rapide comme un ouragan.
Cependant. quand les Français approchèrent de droit où les patriotes les attendaient, ils furent « Par une nuée de balles, et il en tomba tellement qu premiers ranvs Suspendirent leur marche et hésiti sur ce qu’ils avaient à faire, Ils avaient cru passer l COTPS AUX paysans ct entrer sans peine dans Ja v
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de parcouri homies ay t que. selon er aphroch COM Prism , ils oromi
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mais le nombre des patriotes était trop grand pour qu’il fût si facile d’en avoir raison et de passer outre,
En conséquence, les Français se virent forcés de renoncer à l'assaut et de chercher les moyens de déployer aussi leurs troupes pour les conduire au feu.
Pendant ce temps, les paysans tiraient toujours sans anterruption sur l'ennemi, et lui faisait iñfiniment de mal. Leur position était très favorable pour cela: ils tient éparpillés sur un grand espace, faisaient feu de outes leurs armes, et visaient sur une colonne tellement serrée que pas une de leurs balles, pour ainsi dire, ne pouvait manquer le but.
Le général français, qui avait sur le champ remarqué la situation critique de sa troupe, était occupé à ordonner un mouvement qui pouvait faire tourner la chance, IT fit abattre à la hâte quelques haies, et déploya ses hommes de ce côté jusqu’à ce que leur ligne de bataille dépassât celle des paysans.
Sur ces entrefaîtes, un détachement de cavalerie avait trouvé dans la petite Nèthe un endroit guéable. Les chevaux y passèrent l’eau, et le détachement tomba sur le flanc des paysans.
Alors seulement la lutte devint très sérieuse. Des deux parts un nuage de fumée couvrait les combattants; le plomb meurtrier remplissait. l'air de lugubres sifflements auxquels se mêlaient les plaintes des blessés, les clameurs de guerre, les cris d'encouragement des officiers et le tout se confondait en une sourde et terrible rumeur,
\ leur tour les paysans, perdaient aussi beaucoup de monde. A l’aile gauche surtout, où l'ennemi était su- Périeur en nombre, on pouvait voir qu’il ne tiendrait plus Tongtemps, car des rangs entiers étaient abattus. Cependant. à l’entrée de la ville et à l’aile droite, lenr sifuation était encore bonne; là ils tenaient tête coura-
&eusement à l'ennemi, et leur feu bien nourri fais: larges vides dans ses rangs.
Il eût été difficile de deviner qui remporterait | toire, quand la colonne centrale des Français s' soudain, et quatre canons montrèrent leurs gueuli laçantes, [ls tonnèrent bientôt. et vomirent un le de mitraille sur les paysans,
L'effet de cette décharge d'artillerie fut ter Comme la charge entière avait donné sur les ran plus épais des Belges, elle avait blessé on tué un quantaine d'hommes: mais plus fatale encore fut pression morale de ces coups de tonnerre inatt.: Qui prolongèrent leurs échos sur la ville et dans l: Pagne, et répandirent la terreur et le désespoir les villageois. =
À la deuxième explosion des canons, les paysan deux ailes commencèrent à reculer vers la porte: Français s’en apercurent et s’élancèrent en avant un nouveau courage, en poussant Jeur cri de Vive la République francaise!
Les patriotes ébranlés tinrent encore quelque près de Ja porte, jusqu'à ce que les chefs euUx- 0 1 donnèrent l’ordre de se retirer dans la ville et. &.. protection des maisons et à l’abri des canons ot Mitraille, de continuer cette Intte désespérée,
Sous la pression de lPennemi, cette retigite n pi s’opérer régulièrement : il régnait un grand dé. «4, parmi les paysans, et co désordre s’acernt encore Lr que le cénéral francais CNVOYA sa cayalcrie en avant | la fit charger sur les illageoïs qui pliaient.
Les derniers qui, en combattant comme des l'on: rentrèrent en ville, furent les jennes vens de Wii ghem, qui, Comandés par Bruno. s’élancèrent nm contre la cavalerie. et ne s’éloienèrent Que pas à pas di lieu avantacoux qu'ils occupaient au commencement de la bataille: mais les ordres des officiers françai: de-
fais l
rait !
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vinrent si énergiques et si pressants que la cavalerie se }récipita en avant comme un torrent irrésistible, et sien que par le rude effort des chevaux, renversa ou refoula Wien avant dans la ville les derniers combattants eires,
Aors la sanglante ‘atte prit un autre aspect ; de l’intrieur des maisons entre lesquelles les Francais étaient Presés, un feu très vif fut dirigé sur eux: les caves, les lenctres, les toits, tout vomissait ln mort... Les soldats, surpris et déconcertés par cette nouvelle attaque cussent probablement réculé si la pression des dernières conne ne les eût empêchés.
Bruno, encore entouré de la plupart de ses compagnons, leur cria en ce moment, en s'élançant avec dé- “poir vers ennemi:
Amis, suivez-moi! Nos frères blessés, ma mère! IS vont tomber dans les mains de l'ennemi! Au nom
de Dieu, encore un effort!
Il se précipita intrépidement sur la cavalerie, et, suivi des plus courageux d’entre les siens, il réussit à se: fraver un passage à travers les rangs ennemis et à se rapprocher de la maison où il avait laissé sa mère et
“leve après des blessés. Mais en cet instant un loii détachement de cavalerie tomba sur lui et ses com Pasnons; ceux-ci furent refoulés. Bruno se trouva seul st défendit avec une fureur inouie jusqu’à ce qu’un coup de sabre brisât son fusil entre ses mains. En même temps une voix connue lui cria:
Rends-toi, infâme fanatique, qu tu es mort!
Ah! Simon Simon! s’écria Bruno avec une amère ironie; ta patrie suecombe: tu triomphes !
Déjà quelques soldats couraient sur lui; déjà le glai- "e était suspendu sur la tête de Bruno, mais Simon . Bruins cria d’une voix impérieuse :
Arrêtez! Faites-le prisonnier! Vous me répondez de sa personne et de sa vie!
Genevi
Sur ces entrefaites, les Français étaient occu enfoncer les portes des maisons pour y recherc hommes qui tiraient sur eux par les fenêtres et le piraux. ls réussirent par ce moyen à faire cess bout d’un certain temps, la meurtrière fusillad bientôt ils purent, sans rencontrer de résistance, trer jusque sur le marché,
Les paysans avaient enfin reconnu leur impuiss la plupart avaient fui dans la campagne par les : portes; mais toutefois un bon nombre d’entre eu taient cachés dans les maisons des habitants ave poir qu'on ne les reconnaîtrait pas pour des co tants.
Les fuyards des autres villages, femmes, enfa: vicillards, à la vue des blessés qu’on apportait di du combat sur 1: marché, et surtout au grondeme canon, avaient quitté la ville en toute hâte et cl une retraite dans les bois environnants.
Lorsque les Français atteignirent le marché, i virent plus un seul paysan armé, et prirent sans lance possession de la ville.
Tandis que les détachements étaient envoyés toutes les directions pour forcer l’entrée des mais “chercher et y tuer les paysans qui s’y étaient rél le général se trouvait avec une partie de son cor près de l'Hôtel de Ville.
Furieux des pertes considérables à tous égard avait subies, il donnait les ordres les plus cruels en murmurant mille menaces de vengeance.
Auprès de lui se tenait Simon Brutus, qui à encore sa colère. Le fils du brasseur de Wald paraissait sur le pied d’une grande intimité avec néral et posséder l’entière affection de celui-ci. ( son véritable courage et son profond attacheme tout ce qui était Français ne lui eût pas gagné ce: fection, sa qualité de commissaire de l’adminiet
trale lui donnait droit à l'estime et au respect ad
OCCUjNs à herche: ss « L1 LA 1. L] : et les res de l'Hôtel de Ville, au milieu d’une forte es- Û 4 Xijlle :
L cesser. au Me *' trouvaient les paysans pris pendant le combat. he no, confié à une garde particulière, était assis sur
grosse pierre non loin de là, et avait les mains liées. soldat français, mû par la pitié, avait enveloppé use nouveau son front ensanglanté.
ance, pen
npuissance; à ! RE ,
r les autres M jeune homme fixait sur la terre un regard vitreux = Muraissait plongé dans de mornes réflexions. Assua avec l'es pat il devait souffrir toutes les tortures du martyre
mgcant au sort de sa patrie, au sort de sa mère et h hien-aimée.
jà plusieurs officiers étaient venus der:ander au ral l'autorisation de faire fusiller immédiatement risonniers; mais le chef semblait faire une difféentre ceux qu’on avait pris en plein air et cœux aient été découverts dans les maisons du Bastier: pour les premiers, il voulait qu’ils ne fussent à mort qu'après ane soi-disant décision d’un conle guerre; quant aux seconds, ils devaient être pasr les armes sur-le-champ.
coups de feu qu’on entendait retentir dans toutes ues, c'étaient autant d’hommes qu’on avait arrades maisons et fusillés devant leur porte. De cetson On tua sans doute maint habitant qui n’avait gucunc part à la lutte; car, là où les Français ne ient comprendr.: les justifications que ces infortu- Busient valoir dans leur langue maternelle, la rt étaient traînés dans la rue et impitoyablement mort,
dis que le général et Simon Brutus contem-
les comat-
enfant: et tait du lieu ndement du > et cherché
ché, ils n* sans résix
n COTpS à
égard qui cruels, toi
qui attisal avec le £
i-ci, Quar t ces sanglantes vengeances dans les rues voisines
F re rché, et sur le marché même, on apporta du Bas- 2 Aer. par où | = . ra
né cette 4! par où les Français avaient pénétré dans la
ministrati 7
ville, cinq ou six soldats des blessures desquelle coulait encore.
Le général lança son cheval à leur renco l'oeil flamboyant de colère, il demanda ce qu gnifiait.
On lui dit que les maisons d’où la lutte av:
plus vive étaient pleines de fugitifs qui avaien taquer les perquisiteurs et les accueillir à cou; sil. Le capitaine ne voulant pas exposer ses être tués à coup sûr dans l’intérieur des maiso: fait cesser toute recherche jusqu’à nouvel ordr. néral. ,
A cette nouvelle, celui-ci entra dans une vio! lère, et jura avec les plus affreuses menace: brigands, —les Français ne nommaient pas au les Belges qui avaient pris les armes —que cu brigands, qui avaient assassiné son parlement. souviendraient de son passage à Hérenthals.
Là-dessus il envoya un officier au capitaine dats blessés, avec ordre de mettre le feu à toutes | sons de la rue d’où l’on avait tiré, et de n’en pa: échapper âme qui vive.
Peu de temps après, les flammes montèrent une immense fournaise au-dessus de soixante m: un épais nuage de fumée obscurcit la lumière { et se déroula sur la ville en sinistres ondulation
Au milieu de l'incendie, à travers le rugisseme flammes et le craquement des poutres et des étag s’abîmaient, on entendait les horribles cris de 4, des malheureux qui, condamnés à être dévoré: v par le feu, se montraient aux fenêtres et sur les pour se soustraire à cette affreuse mort. . mais d tse parts les fusils des soldats étaient dirigés sur Quiconque semblait avoir quelque chance d’éch au danger était abattu par les balles et retombai hurlant dans les flammes.
quelle: le y
rencontre, g ce que cela
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le violente naces que | AS autrem ue ces lc ementaire, ils.
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èrent com nte maison ière du ja alations.
issement es étages q y de détres OTÉS viva sur les toi mai de tof rés sur cl
tombait «
ur les senoux..
alheurense Geneviève! ...
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Bruno, qui, garroté comme un voleur, était assis sur pe pierre, immobile âu milieu de ses gardes, et, en noie à de terribles rêves; songeant à tous ceux qui lui aient chers, Bruno fut tout à Coup arraché à sa somre préoccupation par le reflet rouge de l'incendie,
Son regard, fixe comme celui d’un insensé, se porta h instant sur les flammes, puis il bondit en jetant un : d'angoisse, et ce mot: Ma mère! s’échappa de son mn avec un accent déchirant,
Mais comme il voulait courir vers l'incendie, ses gars le saisirent et le contraignirent rudement à se rasur sur Ja pierre. em Simen Brutus qui sé trouvait à quelques pas de là près du général, avait entendu la navrante exclamaon de Bruno. Il se retourna, et vit le jeune homme lavec des gestes convulsifs, tombait à genoux et ten-
ait vers lui des bras Suppliants. Surpris de cette at-
tue de Bruno, il se rapprocha de lui.
Le jeune homme épuisé lui cria:
—Ah! Simon, Simon, ma mère! Elle est dans les lammes !
Une expression de froide indifférence ét un hausseent d'épaules furent tout ce qu’il obtint en réponse e Simon Brutus.
—0 Simon ! s’écria-t-il encore une fois en se traînant + Sauvez, Sauvez ma mère! sauvez la
—Quoi, Geneviève! s’écria Simon Brutus saisi d’une udaine émotion. … Geneviève dans les flammes ! Sur l'affirmation de Bruno il cria aux gardes. —Délez ses mains! suivez-moi! Allons, Bruno, vite,
ntre-nous la maison où elle est... Hâte-toi, hâte-
. où il sera trop tard.
Et s'élançant en avant. il cria quelques mots au gé- L qui ne le comprit qu'imparfaitement, mais ce-
rndant fit de la tête un signe d’assentiment.
PSE
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Na
À mesure que Bruno et Simon s’approcha pas rapide du lieu de Fincendie, l’anxiété et 1 de comprimaient leur poitrine; ils voyaient de quelques maisons s'étaient déjà écroulées, ct flammes, s'échappant par les portes et les fen autres maisons, lèchaient les murs noircis en vers le ciel.
Bruno pâlit, ses jambes s’alourdirent, Ja tourna. Une dernière étincelle d'espérance |: pourtant la force de poursuivre sa course.
—Où est la maison? où est-elle? demani.
utus. =
—Là, là, derrière le coin! dit Bruno d’une vo te et gémissante.
Et lorsqu'ils eurent tourné le coin, le jeun indiqua d’une main tremblante des ruines fu un cri sinistre comme un cri de mort jaillit de « il vacilla, et tomba lourdement sur le pavé.
Simon Brutus contempla un instant d’un o ré les cendres encore ardentes sous lesquelles, | dication de Bruno, devait être enseveli le cad Geneviève; puis il détourna le regard et tomba | cruelles et navrantes pensées.
Mais bientôt il releva la tête et dit avec san aux soldats qui l’avaient suivis :
Emportez ce prisonnier au marché et veillez : jusqu’à nouvel ordre.
Les soldats soulevèrent linfortuné jeune lion l’emportèrent par les rues; ses membres om lourds et affaissés, comme s’il eût déjà été un ca
Simon Brutus suivait de loin, le regard baiss ‘la terre; malgré tous ses efforts pour dompter s: leur et ses remords, l’image de Geneviève lutta milieu des flammes contre la mort la plus horrib le quittait pas.
Pendant ce temps, le marché et les rues avoisi
aient offert un autre spectacle de désolation.
À la vue des ardentes lueurs qui, jusque dans l’inté-
ur des maisons, annonçaient l'incendie, les habitants
pouvantés avaient paru aux fenêtres, et, la mort dans
lime, avaient aperçu l’immense foyer de l'incendie. Conme ils s’imaginèrent que la ville toute entière
ait condamnée à devenir la proie des flammes, la plu-
rochuieat j 6 et l'inquié ent de loin es, Ct que es fenêtres is EN non
la te Er précipitèrent hors de leurs demeures et cherchènce lt: dot à échapper par la fuite au sort qui les menaçait. e. D'abord les soldats français voulurent les repousser et mantlà Sin, empêcher de gagner les portes; à plusieurs reprises Lk avaient même fait feu sur le peuple qui s’enfuyait ; ane VOIX Éis comme la plus grande partie de cette multitude onsistait en femmes, enfants et vieillards impotents, jeune hondS} les laissèrent enfin sortir de la ville sans s’y opposer es lumanShrantase, Ils s’emparèrent autant que possible des it de son ommies qui semblaient encore en état de porter les arvé. mes: cependant beaucoup de ceux-ci parvinrent . aussi lun oil s'échapper de la ville et à gagner la campagne. les, selon TD Cotte fuite, accompagnée de gémissements et de lale cadavre @ entations, durait encore lorsque tout à coup on vit au omba dans bin nn spectacle étrange.
C'était une troupe de religieuses avec la supérieure ec sang-fn
leur tête: elles débouchaient lentement du côté où se muvait le Béguinage, et paraïssaient se diriger vers le point du marché où elles voyaient le général à cheval. Les soldats recomnurent au costume de ces femmes jelles étaient: du nombre de ces religieuses qui parfout soionaient avec le même amour les malades et les lessés sans distinction d'amis on d’ennemis, et qui, pour ce motif étaient entourées de respect et de sympahe, même dans les armées françaises, Elles avaient gi ainsi ce jour-là même ; il ne se tronvait pas à Hé Pnthals un blessé francais auquel de charitables soeurs
d'enscont anporté les aliments, du soulagement et des “nsolations.
eillez sur
le Jiomme s tombañ un cadà 1 baissé H pter sa dd > Juttant
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En ce moment les courageuses filles s’appr avec une sérénité sublime empreinte sur leur fortes de la foi qu’elles avaient en leur missi s’avançaient sans crainte vers le lieu même d’où fuyaient devant une mort certaine.
Sur le passage des soeurs, les soldats français geaient de côté et portaient avec respect la r chapeau.
Elles poursuivirent leur marche toujours lent lennelle jusque devant le général, qui les av: avec étonnement s’approcher.
Toutes s’agenouillèrent et tendirent les mai lui comme pour lui adresser une prière.
Tout en restant à genoux, la supérieure lui bon français:
—Au nom du Seigneur, au nom de l’human néral, grâce, grâce pour cette malheureuse ville! a mérité votre vengeance, elle l’a assez expié. U tie en est déjà détruite par les flammes! Oh! ét ce qui reste! Ecoutez, écoutez la prière de faible mes qui ont consacré leur vie au soulagement 4 qui souffrent. Voyez, nous voici à genoux, supp devant vous ;puisse notre triste supplication t un écho dans votre coeur... Ah! nous prierons pour * ‘ vous soit miséricordieux !
Le g.…eral tendit la main à la supérieure et | signe de se relever. Il Jui dit avec une certaine bilité:
—Tu me demandes, citoyenne, que j’épargne le de la ville; mon intention n’était pas de la détrui tièrement si on ne m’en donnait pas de nouveau tifs. Mais puisque tu m’adresses une prière, je Vaccueillir pour autant que cela me sera possible
I se tourna vers un officier d'état-major et dit
—Qu’on fasse cesser les represailles? Qu’on e des hommes pour éteindre le feu et l’empêcher à
s’approchaie
mission, el
ançais se rq
t la mains
s lente et
es avait vu
S mains ve
re lui dite
umanité, gl
ent le cet suppliants
rtaine af
gne Je détruire e%
uveaux mi re, je ossihle.
et dit: | u’on ent cher de #8
er de nouvelles maisons... Qu’on inquiète pas les
oens paisibles, et qu’on arrête que ceux qui s’oppomont à la perquisition dans les maisons. En vn mot. veux que toute violence cesse, pourvu toutefois que ntérèt de la République et notre propre sûreté le perjettent !
Il se tourna de nouveau vers la supériéure :
—Es-tu contente, citoyenne? lui demanda-t-il.
—Ah! jevous remercie du fond du coeur! répondit- Île, =
—Quant à vous, mes soeurs, reprit le général, j’esre que vous soignerez charitablement mes hommes, n mémoire de ce que je fais pour vous.
—Général, répondit la supérieure, quelle qu’eût été bire décision, nous eussions toujours religieusement empli ce devoir. Quiconque est homme et souffre est otre frère... La charité chrétienne n’a pas d’autre LE
—C’est bien ! dit le général, qui l’interrompit en souant, épargnenous un sermon. Allez, mes soeurs, reournez-vous-en tranquilles...
Tandis que les soeurs s’éloignaient avec la même s0ennité et regagnaient le Béguinage au milieu des mares de respect des soldats, le général s’écria :
—Qu’on prenne toutes les dispositions pour que nos pmmes campent sur le marché, et qu’on mette les primniers en lieu de sûreté jusqu’à ce que le conseil de uerre ait décidé de leur sort!
I se fit plus de mouvement parmi les soldats qui se tuvaient sur le marché. Des officiers coururent dans utes les directions pour porter aux différents chefs s ordres du général.
Les gardes firent se lever les les conduire ailleurs.
Bruno était enfin sorti de son long évanouissement l'était assis de nouveau sur la même pierre, la tête flé-
prisonniers et se prépa-
di] Pornnt \ RICLL «di
chissante et penchée sur la poitrine et l’âme | Par d’affreuses tortures à la pensée de l’épou malheur récemment survenu.
On le fit lever aussi et on le conduisit au m quelques prisonniers blessés comme lui. Il fut né avec eux dans une autre direction que celle q suivre aux hammes valides.
’épouvantah
au miiiey Il fut emmg elle qu'on 4
Dans une chambre écartée du Béguinage d’Hérenais, se trouvait la mère de Bruno. La malheureuse emme devait avoir horriblement souffert, car son viage, bien qu’il fut éclairé en ce moment par un doux ourire, portait encore les traces des tortures qu’elle ait dù endurer. Ses yeux rougis par les larmes, ses nues pâles, sa bouche crispée convulsivement, et aver ut cela le sourire de l’espérance... L'expression de tte physionomie déchirait le coeur, parce que, chez me personne âgée, quand la joie vient se mêler anx larhes, cela fait supposer le coup le plus fatal: l’égareent (ie l’intelligence sous le poids d’une douleur trop orte.
À côté d'elle était assise Geneviève, qui, bien que leurant amèrement elle-même, adressait encore à la œuvre femme des paroles de consolation et s’efforçait le lui faire espérer un avenir meilleur.
Une jeune soeur hospitalière, debout devant les deux #mmes, mélait aussi quelques paroles d'encouragement leur douloureux entretien. |
La mère de Bruno écoutait Geneviève comme si elle leût pas eu conscience des heureuses perspectives elle lui faisait entrevoir:
—Chère mère, disait-elle, voyez-vous madame la suérieure est sans doute maintenant auprès du général: lle a beaucoup d’influence ser lui: trois fois déjà elle St allée aujourd’hui le trouver à son auberge pour lui mander quelque chose, et à chaque fois il lui a accor-
dé sa demande. Il lui témoigne une grande es même du respect. Demandez plutôt à ma cou:
—Sans doute, c’est vrai, répondit la religieus doute pas qu’elle réussisse dans sa démarche,
—Oh! si cela pouvait être vrai! dit en soup mère, dont les yeux se renplirent de larmes Puisse Dieu toucher de pitié l’âme du général ! MOn pauvre fils, mon Bruno, condamné à mor:
viève, s’il refusait? Alors une balle frapperait mon unique enfant ! 8
- La jeune fille appuya un ardent baiser sur Je de la pauvre femme pour faire diversion à se: ses pensées. Puis elle dit d’une voix douce:
—Mais vous entendez bien ce que dit ma « Attendons et espérons: madame la supérieure à blement déjà quitté le général;—et pourquoi.
mère, nous créer toutes de telles douleurs de | terrible catastrophe au moment même où l’on : peutêtre vers nous avec sa grâce? Quand mêm n’obtiendrions qu’un délai, nous pourrions alor: de nouveaux efforts; la colère du général se «1 et il nous serait plus facile d’obtenir une grâce nous eut refusé dans un moment d’irritation.
puis madame la supérieure a promis de n’épars peines ni prières.
La pauvre femme inquiète sourit de nouveau.
me $i un sentiment espoir venait encore de desc dans son coeur. Elle serra la main de Geneviève étreinte reconnaissante, et allait répondre à ses « lations ; mais tout à coup elle leva la tête et diriges la porte un regard encore brillant de larmes.
On entendait distinctement dans l'escalier les F la voix d’une personne qui donnait des ordres toi montant.
—La voici! s’écrièrent la mère de Bruno et (
s PS à
nde estime, diuère tandis qu’elles se levaient tremblantes et le coeur A COUsIne, wlpitant.
igieuse : je La porte s’ouvrit.
che. A peine la pauvre mère eut-elle jeté un regard sur le L'soupirant Piuge attristé de la supérieure qui entrait, qu’elle leva rmes de jé mains au ciel avec désespoir et s’écria d’une vuix néral! Ffehiiéchirante : = mort! Gif —C en est fait, 6 mon Dieu! Mon fils! mon malheuerait demagieux fils !
—Eh bien, eh bien? s’écria Geneviève en proie à la sur le: lrilus vive émotion.
à ses affrel — Ah! dit la supérieure en soupirant et avec l’accent ice : une profonde commisération, je plains votre malheur. ma cousndNongez que Dieu lui a réservé la couronne des marure à pro!
rquoi, chèff —1l doit mourir! lui, mon unique enfantt s’écria la s de la puiinère désespérée, O mon Dieu, soyez miséricordieux, l’on revialippelez-moi à vous, accordez-moi de mourir avant que même node balles le frappent !
s alors fini} —Tout espoir est donc perdu! dit Geneviève en sanse calmerd@igotint et en s’affaissant sur un siège.
grâce que —J'ai parlé au général, reprit la supérieure; jai ation. Mpré. supplié, je me suis jeté à genoux. Il m’a écoutée
épargner dec bienveillance, mais en disant qu’il ne pouvait rien hanger à la décision du conseil de guerre; de plus, il uveau, con tjouté que le capitaine des gens de Waldeghem est le le descend} "pre prisonnier du commissaire de l'administration eviève d'ufntrale, et que, s’il était possible de faire quelque choà ses conf" (0 sa faveur, personne ne pouvait le tenter que le dirivea vatmmissaire lui-même.
= La mère se leva brusquement, frémissante d’impar les pasé tience et comme dominée par une suprême inspiration. res tout ARElle saisit la main de Geneviève, et dit: —Simon Meulemans? Il pourrait sauver mon en- +0 lant ? Viens, Geneviève, viens, allons le trouver. Je me ftierai à genoux devant lui, je ramperai à ses pieds,
mes larmes le vaincront : ce n’est pas un étranger, ra sûrement pitié d’une mère mourante,
—Simon Meulemans ? s’écria Geneviève avec t« Ah! vous ne le connaissez pas! Il est plus cruel , que les étrangers; il se réjouira de notre douleur. no est pour lui un ennemi qu’il déteste, dont il la mort; et n’en fût-il pes ainsi, il nous serait pl cile d’attendrir une pierre que le coeur d’airain bourreai !
—Non, non, répondit la nière, je ne renoncer: à ce dernier moyen de salut. Dussé-je passer à 1: les flammes pour arriver jusqu’à Simon, je veux : l'épreuve. Il y a en moi quelque chosé qui fait | mon coeur d’espérance, quelque chose qui me pou résistiblement à cette démarche... Viens, oh! vi.
—Je n’ose! dit la jeuve fille en soupirant ; je r Simon plus que la mort.
—Hélas! reprit la mère d’un ton navré, javais : ré que ta présence ferait SUT Son Coeur une impr: favorable. 11 taime: tu es peut-être la seule per: au monde à laquelle il accorderait la vie de mon heureux enfant... Mais que Dieu me soit en aide. ici; j'irai seune...
Geneviève demeura un instant immobile, l’oei! sur le sol, perdue dahs une profonde préoccupat puis elle porta une main tremblante à sa poitrine, « me pour s'assurer qu’un objet caché dans son «in trouvait encore. Alors elle leva la tête, et dit d’un résolu :
—Eh bien, ma mère, venez, je vous accompagne, tremble, il est vrai, j'ai grand peur; mais ce n’esi n persécution ni la mort que je crains; c’est l’amour Simon qui me fait trembler... Cependant j'affronte sa présence, je m’inclinerai devant ce monstre, je supplierai, je le flatterai Oh! que Dieu me le p donne, c’est pour Bruno.
anger, il au.
vec terreur.
cruel | HCore uleur., Bry.
nt il lésire
ait plis fa.
irain de ce
oncera) pas 2r à travers
veux tenter fait battrs > POU=<e jr.
h! viens!
je rloute
avais cspé Impression e per<onne mon mal aide. r ste
loei! fixé cu pation:
rine, comn sein S8Y , d’un ton
pagne. Je V’es( nil amour de ffronterai tre, je Le le le par-
Et, saisissant la main de la religieuse, elle lui dit au . went de quitter la chambre:
—Sovur Catherine, ma bonne cousine, vous savez où t logé le commissaire de l’administration centrale ? mduisez-nous, montrez-nous où nous pouvons le trou- . r
Acompagnées des voeux sÿmpathiques de la supéeure, les trois femmes descendirent l'escalier et quitmnt le Béguinage.
La religieuse s’arrêta devant une grande maison ourgvoise et dit :
—Voici le logement du commissaire que: vous désiu voir. Je ne sais pas le français; que Geneviève s’arsse au soldat assis devar . la porte.
la jeune fille se dirige: hardiment vers le soldat, et i fit comprendre qu’el!:s désiraient parler au for 4é
pouvoirs de ladministration centrale, pour un aire urgente.
Soit que la radieuse beauté de Geneviève ou la doueur de sa prière eût touché le soldat, il fit entrer les os femmes dans le corridor de la maison, avec une rtaine affabilité, et les pria d’attendre qu’il eût deandé à son chef la permission de les introduire,
Le soldat s’éloigna d’elles, s’enfonça dans l'allée, appa doueement à une porte latérale et entra. Son ef lui fit signe d’attendre un instant ; il resta debout | muet. =
Simon Brutus, assis à une table, relisait à demi-voix me lettre qu'ifavait l'intention d’envoyer à Anvers. ette lettre était écrite en français: elle finissait ainsi : —...“La ville a été prise d'assaut; les brigands “euglés se sont défendus comme si le fanatisme les eût rdus enragés ; cependant, comme toujours, les invin-
Mbles héros de la République française ont triomphé.
Sixani+ maisons brûlées de fond en comble, quatre tnis brigands morts dans les flammes, tel est le résul-
*tat de cette mémorable journée, Demain, no:
tons d’ici pour poursuivre ce qui reste de cette ra guinaire. Lors de notre départ, cinquante briga: core seront füsillés. Un adieu semblable laissi peuple stupide et ennemi de Ja liberté le souven:, façon dont la République punit ceux qui se lui: duire par les tyrans et les prêtres à repousser ]: et l’indépendance que leur offre la grande et gi nation française, Demain soir vous recevrez, sel te vraisemblance, avis de la nouvelle victoire.
Salut et Fr:tern::
Simon Brutus apposa sa signature au bas de « port, le ploya et ÿ mit Ja suscription. Il le ten, soldat et dit:
—Porte cette lettre à l'Hôtel de Ville, au sr major... Ah ça! qu'avais-tu à me dire ?
—Citoyen commissaire, répondit le soldat, il «« nu trois femmes qui te supplient de leur accori| moment d’audience,
—Je n’y suis pas! dit Simon Brutus d’un ton ! TU. A-t-on le temps en guerre d'écouter les laure tions de femmes ? Va, et dis-leur que je ne pui: voir personne, |
Comme le’soldat hésitait à quitter la chamhre,
chef s’écria d’un ton moqueur :
—Eh bien! citoyen caporal, ces femmes t'aurai elles touché au coeur, par hasard? Un Seux loup « me toi!
—Cela pourrait bien être, répondit gravement le. dat, et si tu les voyais, citoyen Commissaire, l: mé chose pourrait bien t’arriver. ...
—Quelles femmes sont-ce donc ?
—C’est une jeune fille, une vicille femme et nonnette; mais la jeune fille, citoyen commissaire,
D, nou:
tte race “ brigai is Gr laiss | d ( uven:r de }g laissent jme or la liberté et géin r'eq Z, selon Ole re, ternit.
} de (UE rape e tenilit ag AU se rsent , Il est me Ccorder yn L ton hour.
8 larmenta pui: rece ambre, le t’auraient.
lou come ent le sole la même et um saire, &
et dans son orgueil par ces évidentes preuves d’aversion
Ni —
ï belle, elle a quelque chose de si img sant dans le repri, elle est si bien faite, elle parle le français si joiment ct d’une voix si douce, qu’elle est vraiment en tat de séduire l’homme le plus insensible,
—Ah! c’est ainsi citoyen caporal! dit le commissain; il puraît, et tout cas, que ce n’est pas toi le plus insnsiole. Eh bien, pour l’amour de toi, pour être xréuble à l'objet de tes sympathies, je sacrifierai quelques instants à cette audience, Amène ces femmes ici, et porte ensuite sans retard ma lettre à l'Hôtel de Villé,
Sunon Brutus attendit l’arrivée des femmes avec un sourire où Pironie se mariait sur ses lèvres à l’insensid'ici il se campa p fe la table sur laquelle il appuya une main, et se tint a is, la tête en arrière dans la posion d'un homme rempli du sentiment de sa dignité,
A peine avait-il pris cette hautaine attitude, que la porte ouvrit, trois femmes tombèrent ? -enor:x à l’entrée de la chambre et demandèrent d’une voix sippliante et pleine de sanglots. |
—{reneviève! s’écria le chef avec une profonde émotion en courant à elle et en la relevant des deux mains. Ah! (reneviève, j'avais déjà pleuré votre mort... Vous vivez? Le sort vous a épargnée. Je suis heureux de “ous revoir...
Il sentit que les mains de Geneviève tremblaient dans les siennes ; il lut sur le visage de la jeune fille combien elle avait peur de lui ; il pénétra le sentiment dont l’expression se dessinait vivement sur les lèvres de la jeune fille, quelque effort qu’elle fit pour le lui cacher. Tandis qu'il fixait sur ses yeux, avec une colère croissante,
in rezard interrogateur, elle dégagea ses mains des
ennes avec un effort qui stimulait Peffroi.
Simon Brutus, vivement blessé dans ses sentiments
alla de nouveau s'appuyer à la table, et, frémis core de dépit, il dit d’une voix pleine d’amert:
—Vous demandez grâce! Est-ce ainsi qu’on une faveur? Voyons, quelle est cette grâce qu'or gine obtenir de moi en m’offensant !
La mère de Bruno se traîna à genoux, ten Mains, et dit d’une voix gémissante :
—O Simon Meulemans! voyez mes larmes, mon humble prière; soyez miséricordieux, ne pas le coup de mort à une pauvre femme! Oh!
* dez-moi la vie de mon unique enfant !
—La vie de Bruno? demanda le chef avec un nique sourire,
—Simon! reprit la vieille femme en sanglo: €n se rapprochant encore de lui; Simon, lorsqu mère défunte était malade, je vous ai allaité « sein, je vous ai nourri de mon lait. Oh!aü n tout ce qui vous est cher, sauvez mon fils! Ne ré} Pas à mon affection POuT Vos parents par une ir ne qui briserait mon coeur de mère !
Le chef répondit avec une évidente insensibili!
—Le conseil de guerre l’a condamné: il a mr punition. Je ne puis rien changer à son sort...
—Ah! vous avez ce Pouvoir, Simon! reprit I:
éplorée ; le général m’a envoyé vers vous comme à: qui puisse encore sauver mon enfant. Si la guc fermé votre coeur à la compassion et à la pitié, la y du moins pénétrer un seul rayon d’humanité' Venez-vous que celles qui sont agenouillées devant sont vos compatriotes infortunées : songez qu’auir je fus une mère POuT vous, que vous avez été à par le même sein que mon pauvre Bruno, et cela à lui !
La religieuse était agenouillée à la même place Jeux fixés sur le sol: Geneviève était debout et [ rait, les mains devant les yeux. Une lutte terribl
frémissaat el amertuine:
qu’on obtient :) qu'on s’imae
rmes, écoute
, ne donne Ÿ Oh! accor.
‘ec un =ardo.
anglotant et lorsque votre aité de mon
aùü nom de Ne réponde une infortu-
asibilité:
a mérité a DFE...
rit li mere iMe au seul la guerre à Itié, laissez inité! Soulevant vous qu’au refois été allaité à cela avant | place, les
It et ple terrible &
passait en elle. Par moments son coeur lui disait de se jeter de nouveau aux pieds de Simon, de le prier, de le supplier, de se montrer bonne pour lui. Le sentiment du devoir et la pitié la poussaient à ce sacrifice; mais l'horreur que lui inspirait le bourreau de tout ce qu’elle aïmait ou connaissait fut assez puissante pour étouffer dans son âme toute autre émotion. Ce douloureux combat brisa son courage et fit jaillir de ses yeux un torrent de larmes.
Simon Brutus, l’oeil fixé sur Geneviève, répondit à ® dernière supplication de la mère Bruno:
—Vous demandez grâce pour Bruno? Mais, êtesvous donc folle, ma bonne femme? Bruno n’est-il pas mon ennemi! Il l'était même avant que nous eussions atteint l’âge d’homme! Ne m’a-t-il pas ravi l’amour de l: première femme que j'aie aimée, et n’a-t-il pas par là empoisonné ma vie? Et,—dérision insultante,—<celle qui est cause de la haine ardente que je lui porte, celle-là même vient me demander sa grâce... Et pour récompense, elle me promet dédain, mépris, aversion ! Ah! si elle eût touché mon coeur au point sensible, qui sait si amour ne m’eût point rendu capable de faire un miracle, de délivrer Bruno lui-même!
La mère toujours agenouillée, se tourna vers la jeune fille, tendit les mains vers elle, et s’écria d’une voix suppliante :
Geneviève! ô Geneviève! pour l'amour de Dieu, avez pitié de moi! Ah! dites une bonne parole en fa- “eur du pauvre martyr! Sa vie est dans vos mains.
Pâle et tremblante, mais avec une certaine dignité pourtant, Geneviève dit au chef :
—Simon, vous qui assurez qu’il y a dans votre coeur un sentiment d'amour pour moi, eh bien, prouvez-leme? pour la première fois de votre vie. Faites une bonne action en mon nom!
—Et si je le faisais, Geneviève? demanda le ch d’une voix radoucie.
La jeune fille reprit avec plus d’assurance :
—Est-ce mon affection que vous désirez? Jamai< | ne vous ai hai comme hemme; au contraire, je vous moi-même fait l’aveu qu'autrefois votre présence 1° tait agréable. Mais ce qui soulève contre vous m0 coeur de chrétienne, mon âme de jeune fille, ce m'inspire de l’aversion pour vous, c’est que j'ai cr voir en vous un homme insensible, un Belge dégéntr qui demeure froid en présence des souffrances de « frères. Oh! prou:ez-moi que je me suis trompe montrez-moi que sous la rude écorce qui semble reco: vrir votre coeur, vit encore une générosité native... s cette preuve m'était donnée, alors un sentiment de re Connaissance, et plus encore, un sentiment d'amitié de sympathie pour vous pourrait encore naître dan mon Coeur. Simon, vous pouvez choisir entre mon ani tié reconnaissante et ma haine légitime; vous souveni: que vous êtes un homme et un chrétien ou persévéru dans votre cruauté et vous réjouir à la vue des mortelle: douleurs de cette malheureuse mère, dont le sein vou: à nourri, et des horribles angoisse de celle que vous (lites aimer encore!
Ces paroles dites avec une solennelle énergie et par moments aussi avec une mélancolique douceur, avaient fait une profonde impression sur Simon Brutus. Il écoutait, pensif et silencieux, les accents enchanteurs de la voix de la jeune fille. Un sourire de joie avait chassé de ses traits l'expression dure et cruelle qui leur était habituelle: en ce moment on “ût pu le prendre pour un homme bon et sensible.
Sur le visage de la mère de Bruno se puignait aussi un radieux sourire d’espérance. tandis que sa poitrinn se soulevait et s’abaissait dans l’anxieuse attente de la décision qu’allait prendre Simon.
le chef
mails je VOUS ai ce 11 ‘- US Jon ce qui Pai cru égénéré de DE om}; > recol- FES.
de 'enitié o! e dans In aliii- Juvenir sévérer ortelles n vous pus (li-
et par vaient is. Il nteurs avait 1j Jeur rendre
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Cependant, le chef demeura quelques instants le regard fixé sur les yeux de Geneviève, comme en proie à un rêve ou plongé dans une profonde préoccupation ; Geneviève aussi s’aperçut que ses paroles l’avaient touché. Elle se laissa glisser sur les genoux, et s’écria avec une entière abnégation et les joues baignées de larmes :
—Ah! Simon, soyez homme! Voyez, moi aussi je m'agenouille devant vous, moi aussi je rampe à vos pieds ! Accordez-lui sa grâce, donnez-lui la vie! Je vous aurai une éternelle reconnaissance et vous aimerai à lamais pour ce bienfait ?
Un instant encore Simon Brutus demeura immobile
la regarder fixement; puis, comm esi une soudaine solution leût arraché à sa rêverie, il courut à la jeune fille, Jui tendit la maïn pour la relever, et lui dit d’une voix rapide et profondément troublée :
-—Geneviève, son sort est entre vos mains. Vous même allez décider s’il doit vivre où mourir. Venez, je dois vous parler à vous seule. .
Il lemmena à l’autre bout de la chambre.
—Geneviève, dit-il a la jeune fille tremblante, vous avez versé dans mon coeur un bien doux espoir; mais je doute que vous sachiez bien ce que vous m’avez promis. Vous m’aimeriez donc si je délivrais Bruno, si ie le sauvais? Mais le quitteriez-vous”alors pour vous attacher à mon sort? Est-ce ainsi que vous l’entendez, où est-ce seulement votre amour pour lui qui vous a inspiré ce que vous venez de dire ? Vous ne répondez-
bas? Je vous vois trembler et pâlir; je me suis trompé,
est-ce pas? Eh bien, quoi qu’il en soit, je veux tout savoir. Voici quelles sont mes conditions: Genevièv:, renonce à Bruno et consens à devenir ma femme; je fais sursoir à l’exécution de la sentence. Bruno me suit Partout où ej vais; si Geneviève refuse de s’ascocier indissolublement à ma destinée, les balles frapperon Bruno où que nous puissions être; si elle devient ma fem-
me, l’instant du mariage sera aussi celui de la délivran ce de Bruno. Remplir cette promesse me sera difficile mais j'ai rendu de grands services à la Rupublique fran çaise et à notre général; je ne demanderai en récon. pens eque cette seule faveur. Quant à moi, je remplira ponctuellement les conditions... Mais vous, Geneviè\: la vie de Bruno vous est-elle assez chère pour que vou: consentiez à ce que je demande de vous ?
. La pauvre jeune fille demeurait anéantie devant 1: chef qui l’écoutait avec un sourire plein d’amertun:..
—Je vous lai dit, reprit-il, la vie de Bruno est dan: vos mains; moi aussi j'en appelle à votre générosité. Eh bien, le sauverez-vous ou le condamnerez-vou: ? Parlez, mon temps est précieux.
La jeune fille leva les yeux au ciel, et s’écria d'une voix déchirante:
—0" mon Dieu! mon Dieu! quelle épreuve!
—Dieu, pour le moment, ne peut vous venir en aide. dit Simon Brutus avec impatience: c’est à vous seule À disposer du sort de Bruno. Parlez; que décidez-vou: ?
—0 Simon, dit la jeune fille avec un accent navrant. je n’ose parler.
—Eh bien il ne faut pas beaucoup de paroles: il suffit d’une seule: devenez-vous ma femme, oui ou non?
Geneviève se mit à trembler plus fort et resta muette. Comme le chef insistait presque avec colère pour obicnir une réponse positive de la jeune fille elle releva soudain la tête et répondit :
—Ah! Simon, si je repousse votre offre vous le ferez tuer demain, n'est-ce pas? Ses souffrances dureront un - instant; il sera tombé pour sa foi et sa patrie ; il recevra là-haut la glorieuse couronne des martyrs... Mais si je cédais à votre désir, il m’e1 mourrait pas moin:; il mourrait lentement, tu ar son amour et par les tortures qui déchireraien con âme. Il ne serait pas frappé par les bs''es étrangères; mais moi, sa bien-12-
livranfficiie, e frau-
récoinplirai aevièye @e vols
ant |!»
rtuni, t dans rosité, VOUS ?
d'une
| aide, eule à VOU* À vran!,
non ?
uette.
obtereleva
ferez nt un recc- Mais ON: ; Tr les C pas n-212-
mée, moi qu’il chérit plus que la vie, je lui aurais donné le coup mortel; j’aurais plongé dans son sein le poignard meurtrier de la trahison! Non, non, vous êtes un bourreau, vous pouvez le martyriser et le mettre à mort: c’est votre office. Qu’il meure victime de votre cruauté et non de ma lâche infidélité. A de pareilles conditions ej ne veux pas sa grâce: elle le ferait mourer et me déshonorerait !
Frémissant de colère et de honte, Simon Brutus s’6cria d'une voix éclatante:
—Imprudente! C’est donc ainsi que tu reconnais ma bonté? Je pourrais te faire arrêter, me venger de ton insolente audace; mais il n’y a plus rien de commun entre nous. Je ne te connais pas!
À ces mots il repoussa Geneviève loin de lui; une «pression terribie se peignit sur son visage; il se tourna vers la mère saisie d’épouvante et dit:
—Allez, partez d'ici; je suis inexorable. Les halles punirant votre fils de son fanatisme. N’ayez plus d’espoir; car, si c'était possible, et si cela dépendait de moi, il mourrait plutôt deux fois qu’une.
la pauvre mère-poussa un cri horrible et tomba foudroyée sur le parquet. Tandis que Geneviève et ja soeur se précipitaient vers elle pour hui donner des secours, Simon Brutus ouvrit une porte et quitta Ja chambre.
Aux cris de détresse de la religieuse entra le caporal qui, déjà de retour, avait repris son poste à Ja porte de là rue; il apporta de l’eau et dun vinaigre, et donna tous ses soins à ces pauvres femmes éplorées.
À peine la mère de Bruno avait-elle rouvert les yeux qu'à la porte par où avait disparu Simon Brutus, parut un autre soldat qui apportait l’ordre de faire partir les trois femmes sur-le-champ et sans le muindre retard.
Il n'y avait aucun moyen de résister à cette injonction: le caporal soutint la mère à demi morte jusqu’à
pl BIS
mr emenenaneerene
la porte de la maison, et la lui dit un compatissant sympathique adieu.
L’infortunée mère semblait complètement anéan: elle s’appuyait, muette et défaillante, sur le bras Geneviève et sur l'épaule de la soeur, qui la soutenat de chaque côté. Les femmies désolées se traînaient sanglotant par les rues qui devaient les ramener au | guinage.
Elles allaient atteindre celui-ci lorsque, pour la p
mière fois, Geneviève prononça quelques paroles. E
dit d’une voix contenue à l’oreille de la mère de Brun —Ne désespérez pas encore. Le scélérat a dit q la puissance de Dicu ne peut nous venir en aide: blasphème; c’est ce que nous verrons! Puisse Jean « couvrir nos amis et revenir à temps!... Puisse-t réussir dans ses efforts! Tout n’est pas encore perd mère bien-aimée. Peut-être parviendrai-je, moi, à f: re ce miracle que le bourreau voulait nous vendre : prix de l’honneur et de la vie. Que le ciel éclaire m« esprit et qu’il fortifie mon coeur... Peut-être une f: ble jeune fille saura-t-elle sauver le pauvre martyr! La mère affligée jeta un mourant regard sur Gen
viève, et, comme si elle eut perdu tout sentiment. :
alissa entraîner, sans répondre un mot, dans l’intérieu du Béguinage.
tissant et
anéantie :
bras de atenateni aient en Tr au P:-
r la preles. Elle > Bruno:
dit que ide: ;l Jean déuisse-t-i] > perdu, il, à faindre au ire mon une faityr |
r Geneent, se atérieur
Nuu foin d’une des portes d’Hérenthals, qu’on nommait Porte des Vaches, et qui a disparu aujourd’hui, les Français avaient pris possession d’une maison bourgcoise. On avait donné la chambre de devant pour corps de garde à une trentaine de soldats chargés de surveiller cet entrée de la ville. Afin d’épargner les sentinelles, ou peut-être à défaut d’endroit plus convenable, on avait déposé sur des bottes de paille les paysans blessés, dans l’arrière-salle de cette maison. La porte du milieu de cette dernière place s’ouvrait sur le corps de garde, de sorte que les soldats avaient constamment en vue leurs prisonniers. r
IT faisait nuit, et tne si profonde obscurité régnait dans les rues, qu’à queïques pas de distance on ne pouvait même apercevoir les maisons.
La plupart des soldats de garde dormaïent sur des Chaises ou étaient étendus par terre, le sac sous la tête. Cinq ou six d’entre eux, assis autour d’une table, iouaient aux cartes. Le Sergent se tenait debout et se Promenait à pas lents et de haut en bas de la chambre. De temps en temps il allaft recommander la: vigilance à la sentinelle extérieure, ou s’approchait du gîte des prisonniers pour voir si tout était tranquille et sûr.
IT n’y avait pas de lumière dans la salle où gisaient les paysans blessés: mais la lampe du corps de garde éclairait sa partie centrale d’une faible lueur qui per-
mettait de distinguer les contours douteux des prisonniers.
Une douzaine d'hommes, ayant la tête, le bras ox jambe enveloppés de linges sanglants, y étaient ét dus sur la paille. Quelques-uns à demi sur leur sc tenaient la main sur les yeux, d’autres jetaient un gard fixe et hagard dans l'obscurité.
Un morne silence régnait parmi ces malheureux ; eût cru voir un amas de cadavres, $i les cuisantes d leurs que leur causaient leurs blessures n’eussent ar ché, par intervalles, à deux ou trois de ces pauvres ge des plaintes déchirantes qui ne rompaient le sile que pour le faire paraître plus lugubre ensuite,
Bruno était assis dans le coin le plus retiré; il ét. adossé à la muraille ; Sa tête se penchait lourdemx sur sa poitrine et ses bras s’affaissaient sur ses genou On n’eût pu dire s’il veillait ou s’il dormait, car : yeux, bien qu’à demi ouverts, étaient si immobiles si opiniâtrément fixés sur la paille que rien ne ven: trahir en lui un reste de Connaissance ou de vie.
* L'infirtuné jeune homme était assis là depuis bi. des heures sans avoir fait le moindre mouvement. tout ce qui lui avait été dit, consolantes paroles ou i: sultantes menaces, il n’avait rien répondu, ou témoigr seulement par un languissant regard son entière indil férence. =
Tous les prisonniers, tant les blessés qui se trouvaien au Corps de garde que les autres qui étaient enfermé aux environs du marché, tous, disons-nous, se savaion condamnés à être fusillés au lever du soleil. Le juse ment leur avait été lu saus qu’on leur fit grâce d'ur seul de ces barbares considérants,
Sans doute, beaucoup d’entre les prisonniers passaient cette nuit suprême e nproie à d’affreuses angoi:ses et à un terrible accablement ; Sans doute ils songeaient avec tristesses à la Jeunesse, au village natal, Aux parents, aux amis, à la bien-aimée qu’ils allaient quitter pour jamais. La crainte de la mort, quand elle
ras ou la ent éteneur séant it un 1.
reux ; on ites dount arrires gens,
silence
il était rdement genoux.
car ses biles «t > venait
lis bien ent. À | OU inmoigné + indif-
uvaient fermés avaient > juuee d'un
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s'approche lentement mais sûrement, est un sentiment s naturel à l’homme que le plus courageux ne peut comprimer l'instinct de sa propre conservation.
la certitude d’une mort imminente n’était néanmoins pas la cause de l'abattement de Bruno. Il avait oublié sa propre condamnation. Les plus cruels serents déchiraient son coeur... Son père assassiné, sa mère et sa bien-aimée consumée par les flarnmes, sa patrie plongée dans les horreurs de l'esclavage, l’incroyance et l’impiété triomphantes! Tout était donc perdu pour lui, et il pouvait mourir; car on’avait anéanti tout ce qu’il aimait sur la terre: il ne voyait plus rien au monde qu’il ne hait et ne détestât.
Dans l’excès de son malheur, il vidait, avec urte amère volupté, le calice de la douleur. Il s'était isolé de tout ce qui lentourait, et on eût pût le croire frappé de démence. Mais tandis qu’il était assis contre le mur silencieux, immobile, le regard fixe, son âme veillait et lui peignait de nouveau les affreuses catastrophes qui avaient frappé lui et les siens. Tout repassait sous ses yeux en scènes vivantes et animées, et cela aussiclairement, aussi distinctement qui si les événements mêmes se fussent répétés.
Ainsi il entendait les soldats faire feu dans le jardin de la maison paternelle, il voyait une grêle de balles percer le corps de son père; il voyait son sang couler à flots; il frémissait de rage et de désespoir en voyant brécipiter le cadavre de son père dans un puits immonde. Tout à coup son imagination le ramenait à Hé venthals, et devant la maison où il avait laissé sa mère °l Geneviève. Les flammes serpentaient au-dessus des rues en s’élevant vers le ciel; autour de lui ce n’était (ue craquements, hurlements, lamentations: mais au milicu de tous ces bruits sinistres, au milieu de cette affreuse confusion de cris de détresse, il distinguait la voix de sa mère, la voix de Geneviève. Elles appe-
laient au secours et, comme un cri suprême, lançaicy son nom vers le ciel, du milieu des flammes. . et lui lui, il pouvait voir, au milieu de la maison en feu, . mère et Geneviève courir, les cheveux épars, au milic. de l’ardente fournaise, s’embrasser dans leur désespoir. et, l’éœeil fixé vers le ciel, disparaître enfin sous les d‘. bris fumants de la maison écroulée!... Telles étaient et bien d’autres encore, les épouvantables scènes que sn imagination cruellement surexcitée évoquait sous son regard troublé, en renouvelant sans cesse le spectacle de ses malheurs.
Les souffrances qu’éprouvait l’infortuné jeune homme devaient être indicibles; rien d’étonnant donc que cette navrante contemplation l’eût arraché au sentiment de la vie réelle, et le tînt comme pétrifié ct en démence, plongé dans l’abîme des plus poignantes tortures. 7 * Î1 voyait, gisant à ses pieds sur la paille, les cadavres consumés de sa mère et de sa bien-aimée ; il était encore tout frissonnant et tout pâle, sous l'impression de cette vision lorsque le sergent entra dans la galle, une lampe à la main, et lui dit en français :
—Ah! çà, camarade, que vois-tu donc là dans Ja paille ? Le temps des revenants est passé: la République française les a chassés en Espagne. Montre du couage, mon garçon; un peu plus tôt, un peu plus tard, 1l nous faut tous manger des balles.
Bruno jeta sur le sergent un regard languissant et vague comme s’il ne l’eût pas compris, et ses yeux s'abaissèrent de nouveau vers le sol.
—Pauvre garçon! murmura le sergent. N'est pas soldat qui veut. Il a peur: l’épouvante l’a rendu stupide et fou...
Un soldat ent. dans la salle et dit à son chef :
—Citoyen sergeut, il y a là deux femmes près de !2
nçaicut et lui, feu, à milieu espoir, les d:.
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cada- était ession salle,
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sentinelle; elles demandent la permission de visiter los prisonniers.
—Des femmes! des femmes dans mon corps de garde! s’écria le sergent. Que diable le factionnaire a-t-il en tête? Qu’on renvoie ces femmes... et vite!
—Ce sont des religieuses, des soeurs hospitalières, lit observer le soldat; elle demandent à vous parler...
—Cela change un peu l'affaire, dit le sergent; mais, nonnette ou non, âme qui vive n’arrivera, sans l’ordre + mon chef, jusqu’à mes prisonniers. Voyons ce que c'est; fais entrer ces femmes... jusqu’à la porte, pas plus loin.
Lui-même regagna la chambre de devant; mais lorsque la première religieuse apparut à ses yeux, il s’arrèta stupéfait, fit même un pas en arrière, et murmura avec admiration :
—Oh! oh! si toutes les nonnes étaient comme celleci, je crois que je deviendrais un saint!
La première religieuse était vraiment d’une beauté «aisissante; sa taille était élégante et svelte, son attitude imposante, son visage d’une angélique pureté et ses yeux pleins de feu.
Elle était suivie d’une soeur dont la physionomie était douce, mais moins distinguée; celle-ci portait au bras un grand panier, contenant trois ou quatre bouteilles, du poin et de la viande, et des bandages pour panser les blessures.
À l'apparition des deux femmes, les soldats attablés avaient déposé leurs cartes; d’autres avaient quitté leur couche de paille. Tous fixaient silencieusement les yeux sur la noble jeune fille.
Avec une certaine affabilité et même avec respect, le sergent drmanda à la première rçligieuse:
—Eh vien, ma charmante soeur. que désirez-vous ?
Ta religieuse répondit en ben français, et d’un ton doux et simple:
—Nous sommes des coeurs qu’on a envoyées soulager et consoler les blessés. Nous avons déjà vi. beaucoup de Français; la charité, dont nous sommes humbles servantes, nous ordonne de rendre visite an. aux pouvres prisonniers. J’osæ espérer, citoyen, 4 Vous nous laisserez remplir cette mission.
—Je le voudrais bien, répondit ! :ergent, car | vérité il faudrait être un Joup ou un tigre pour pou\o vous refuser quelque chose ; mais, ma chère soeur. | r'y puis rien. Les ordres sont formels et sévères ; sa permission de l'état-major, personne ne peut approchi des prisonniers.
—J’ai une permission, répondit la religieuse en t rant de sa poche un papier qu’elle tendit au sergent.
Celui-ci l’approcha de la lampe, et dit en se parlar entre les dents:
—Un ordre du général d'introduire les soeurs los pitalières partout auprès des blessés, et de les laie circuler librement partout où elles je voudront... (l'es positif...
Il se tourna vers la soeur qui l’attendait, et dit:
—C’est en règle: mais je doute si le mot blessés n s’applique pas seulement aux blessés français.
—Vous faites tort à votre nation, répondit la rcligieuse. Depuis quand les Français sont-ils cruel: ct sans pitié vis-à-vis d’un ennemi vaincu, et surtout ;isà-vis Ge malheureux blessés ?
—En effet, dit le sergent en souriant avec un certain orgueil ; je vois que vous nous connaissez : terribles à 11 guerre, bons enfants après la bataille. toujours pré: à rendre service aux femmes et aux malheureux: nou: voilà. Le général ne peut l'avoir entendu autrement. Mais, mes soeurs, les hommes qui sont là n’ont vlns besoin de rien ; dans quelques heures ce sera fini d'eux. Je vais cependant vous conduire aupres d'eux, et même vous éclairer. Venez, suivez-moi, il ne fait pas gai
ées pour jà visité mes es ite ällss] ‘en, que
car en pourvoir oeur, je es; sans )procher
> en tient.
parlant rs los laiser + C'est
dit :
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a ri liuels et ut : 18-
certain es à |A )réts À , ous ment, t nlns d'eux.
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dans ce tombeau-là ; après cela, vous y êtes habituées, vous ne voyez rien autre...
Il prit la lampe et fit signe aux soldats de rester dans le corps de garde: suivi des deux soeurs, 1l entra dans la salle des prisonniers, et tint la lampe élevée pour qu’elles pussent mieux y voir.
La première religieuse s'arrêta un instant à contempler les prisonniers. Son coeur crut se briser quand elle aperçut l’infortuné Bruno affaissé dans un coin, la tête courbée presque sur les genoux, anéanti par la souffrance et cômme pétrifié par la” douleur; il parut mème insensible à la soudaine apparition de la lumière ‘lans la sombre prison.
Elle réprima promptement son émotion, et alla vers les blessés qui se trouvaient le plus loin de Bruno. A chacun d’eux elle adressa quelques paroles de consola- ‘ion, mais si bas que le sergent ne put saisir qu’un murmure doux ct étouffé. Elle réconforta les plus affaiblis par un verre de vin, donnn à ceux qui avaient faim du pain et de la viande, et disposa mieux les bancages de quelques blessures.
Le sergent, qui s’était arrêté près de la porte avec la lampe, murmurait à part lui:
—Belle ct généreuse fille! Ca ferait un fameux chirurgien de bataillon... C'omme elle y va avec les banlages et les linges.
À mesure que la charitable soeur approchait du coin où se trouvrit Bruno, ses mouvements étaient plus précipités. Le sergent crut même remarquer qu’elle tremblait; et il lui sembla qu’à son entrée elle n’était r 18 aussi pâle que maintenant; mais il attribua le premier fait à la compassion, et le second à la lueur jaunâtre de la lampe.
Comme elle faisait un pas pour se rapprocher de Bruno, le sergent lui dit:
—Ma soeur, laissez ce pauvre diable en paix. Ilale
cerveau brûlé; il est fou, et ne vous comprendrait pas De toute la journée il n’a ni mangé, ni bu, ni parlé. (« sera le plus heureux de tous: il mourra sans s’en douter.
Mais la religieuse parut ne faire aucune attention À cette remarque; elle alla droit au jeune homme, se pencha vers lui, prit entre ses mains la tête du blessé, qui était enveloppée de linges, et lui dit quelques mots l'oreille.
Bruno, comme frappé d’une secousse terrible, :e dressa debout, tout frémissant, et s’écria avec égarment :
— Geneviève! Geneviève !
—Silence, silence! assieds-toi et tais-toi! murmura la jeune fille d’une voix sourde et impérieuse... Si. lence, tu sauras tout...
Et avec une force irrésistible elle repoussa son bienaimé tout tremblant jusqu’à ce qu’il eût repris Sa première attitude.
—Ïl paraît que ce pauvre fou vous connaît, dit le sergent. Vous vous appelez donc Geneviève? C’est un joli nom.
—l: se trompe, répondit la jeune fille; le malhew- TEUX garçon croit probablement que je suis sa soeur. 1] me semble que ces linges qui entourent sa tête compriment trop sa blessure: cela enflamme son cerveau. Un nouveau bandage soulagera ses souffrances.
—Ma mère! sécria Bruno avec anxiété en la regardant fixement dans les yeux. Ma pauvre mère! parle! oh! parle!
—Silence! répondit la jeune fille; je ne puis te connaître. Tais-toi, je te réjouirai par de bonnes nourolles.
Tandis que Bruno. stupéfait et tremblarn: attachait toujours sur elle des veux interrogateurs, elle se mit à défaire la bande qui entourait sa tête et échang:a à haute voix avec lui plusierrs paroles insignifiantes : elle
it pas.
rlé, Ce douter, tion à
1e] pensé, qui nots à
le, <e
égare-
rmura NE
bienà pre-
dit le
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dheuee À mpri- , Un
le faisait même souvent en français pour ôter au sergent tout soupçon; mais en même temps elle trouvait moyen de dire aussi des choses qui firent battre de honheur le coeur ::. isune homme, et amenèrent sur son visage un ‘range ei ridieux sourire. Le sergent sestima plus sir qu'aura: :vant qu’il était un insensé,
Quand Bruuc sut tint ce que Geneviève avait à lui dire, le nouveau linge se trouva fixé autour de sa tête. la jeune fille lui donna un ordre, il s’étendit sur la ‘vaille et la laissa s'éloigner sans le moindre témoignage de reconnaissance et même sans paraître encore jeter les yeux sur la religieuse,
Arrivée dans le corps de garde, Geneviève dit au sergent :
—Citoyen, je dois sortir de la ville pour aller voir ne pauvre femme qui'est en danger de mort. Ayez la bonté de me faire ouvrir la porte.
Le visage du sergent s’assombrit et il parut réfléchir profondément :
—Nous avons l’ordre le plus sévère de n’ouvrir la porte pour personne, grommela-t-il; vous m’obligeriez beaucoup, ma soeur, si vous vouliez renoncer à cette course.
—Cela m’est impossible. citoyen; j’ai aussi des supérieures à qui je dois obéissance: et d’ailleurs l’ordre de votre général ne suffit-il pas? N’est-il pas assez formel? Tenez, veuillez le relire encore une fois, je vous en prie.
Le chef prit l'écrit, considéra attentivement la sienature et le cachet, et lut à haute voix en ayant Pair de consulter les soldats qui l’entouraient :
—...Laisseront passer librement les citoyennes Soeurs de l'hôpital partout où elles se présenteront. Partout! C’est par la porte aussi! Eh bien, suivez-moi, ic vous ouvrirai la porte. Resterez-vous longtemps dehors, ma soeur, et rentrerez-vous en ville de ce côté-ci ?
nn. 15
Je préviendrais mes hommes en ce cas, pour qu’ils ne vous fissent pas attendre inutilement.
—La pauvre femme que nous deŸons visiter demeur à près d’une lieue d’ici, répondit Geneviève. Je pense . que nous pourrons être de retour dans deux heurc:
—Et vous osez vous risquer ainsi, seule avec votr: compagne, dans la plus profonde obscurité et sur un Chemin désert? J’admire votre courage, ma soeur; ne craignez-vous pas d’être attaquées par quelques-uns de ces brigands ?
—Les brigands ne se hasarderont pas si près d’Htrenthals; et, quoi qu’il arrive, Dieu veillera sur nous Parce Que nous pratiquons la charité en son nom.
—Voilà de belles paroles en vérité, remarqua le sergent, mais s’il s’y joignait une douzaine de fusils français, je m’y fierais davantage... Allons, bon voyage, ma soeur, je souhaite qu’il ne vous arrive pas malheur. A votre retour criez à la sentinelle: soeurs de charité ; ce sera pour nous le mot d’ordre pour vous reconnaître.
Après quelques remerciements, Geneviève et sa cousine Catherine franchirent la porte de la ville et s’enfoncèrent d’un pas rapide dans les ténèbres.
Elles restèrent assez longtemps sans parler, et suivi rent le chemin avec une précipitation extraordinaire jusqu’à ce que soeur Catherine, ne pouvant continuer. s’arrêtât en disant à Geneviève :
—Cousine, cousine je n’en puis plus. Reposons-nous un peu... Vous courez tellement que je puis à peine respirer ! |
—Ah, chère Catherine, dit Geneviève d’une voix suppliante, pour l’amour de Dieu, hâtons-nous; nous sommes en retard sur l’heure indiquée. Puisez force ct courage dans la pensée que la vie de malheureux martyrs sera la récompense de nos fatigues.
—Oui, oui, répondit la religieuse tout hors d’halei-
ils ne
neu pense ES
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Ir ur ne ns de
l'Hinous serfranyage, heur.
rilé ; ître.
Cous’en-
uivi aire Luer,
nous eine
VOIX aous e ct
nar-
lei
me; personne ne peut faire l’impossible, dût-il par là
&agner le cit.
-Parlez plus bas, chère cousine, dit Geneviève, les ubres mêmes ne doivent pas savoir pourquoi nous pommes ici... Allons, je vous donnerai le bras et vous rndrai ainsi la marche plus facile.
Les deux femmes se remirent en route.
Un peu plus loin, soeur Catherine entendit tout à œup un frôlement de feuilles dans le taillis de chênes qui avoisinait le chemin. Elle s'arrêta aussitôt toute temblante.
—(Qu’avez-vous, cousine? demanda Geneviève. Vous temblez? Voyez-vous quelque chose ?
—Ah! qui pourrait y voir dans cette épouvantable obscurité? dit soeur Catherine avec un profond soupir. J'entends bouger les branches, là, dans le taillis; je suis inquiète, j’ai peur...
— N'est-ce que cela? répondit Geneviève en entraîmnt sa compagne... Venez, c’est le vent qui passe dans ls arbres.
Elles marchèrent de nouveau pendant un certain lemps jusqu’à ce que Catherine estimât le danger assez doigné et pât respirer librement. Elle reprit alors:
—Vous n’avez donc peur de rien, vous, Geneviève ? Si c'eût été un homme, un voleur de grand chemin ? —Kh bien, chère cousine, j'eusse défendu et vous et moi...
—Pensez-vous cela, vraiment ? N’êtes-vous donc pas me femme comme les autres? Et que peuvent faire feux pauvres filles contre un homme armé?
—Voyez-vous, Catherine, je suis une femme comme ls autres; mais l’oeuvre que je me suis proposé d’acomplir demande l’habileté et le courage d’un homme. l'espère que Dieu m’accordera lune et l’autre. Un
homme seul ne me ferait pas trembler: je porte à des armes sur moi...
—Ciel! s’écria soeur Catherine avec effroi, vou: riez verser du sang? J’accepterais plutôt la mort } moi-même...
—Ceux qui sont bons et faibles devraient done : jours courber la tête sous le pied des méchants ot “oppresseurs ? s’écria Geneviève avec indignation. ct , sans se défendre, comme si l'esclavage et l’éternclle sécution étaient leur sort naturel! Ah! les homme vantent de leur courage, et vraiment Dieu les à do de force d’âme et d’intrépidité; mais, cousine Cat rine, si le nombre des lâches n’était pas plus grand celui des courageux, la perversité pourrait-elle :i $ vent insulter impunément à Dieu et fouler aux pi l'humanité? Oh! si j'étais homme, et si les autres ho mes me ressemblaient! le sol où je suis née enclo: rait ses oppresseurs!... Mais les hommes, Catheri
—- les hommes sont la plupart avides et intéressés : tan que les uns combattent le mal, les autres cherchent d ce mal leur propre avantage !...
Cette manière de raisonner parut à la soeur Catl rine si étrange et si inconcevable qu’elle ne suscita sa part aucune observation; suspendue au bras de compagne, elle continua à marcher silencieuseme dans l’obscurité. :
Au bout de quelque temps elle demanda:
—Mais, Geneviève, n°y sommes-nous pas encore? . tombe presque de fatigue.
—Vous devez le savoir mieux que moi, puisque c'e vous qui devez me conduire. Neerbuel est-il enca loin ?
— Encore à quelques portées d’arbalète. S'il ne fi sait pas si noir nous verrions déjà les premières sons. .
— Ah! Et pourquoi ne me prévenez-vous pas ? Je da
prenire garde et faire attentio vou: poudieaiernent à cette heure, mort po A peine avait-elle pronon therine lui jeta les bras done todiift 2 Montrant du doigt
te arts rs n. Nous allons marcher cé ces mots que soeur Ca-
au Cou et poussa un cri étoufdans les ténèbres, sans dire un
mot.
nts et dd” : & on, ct «li —Que voyez-vous? demanda Geneviève troublée. nelle —Là, dans le fossé. … une ombre noire qui bouge !.…. m homme !
s à dou Au même instant s’élevèrent du fossé les accents ne Catigfutenus d’une chanson populaire, comme si c’eût été grand qui signal de Feconnalssance, (C’en était un en effet, le si soit Geneviève dit à sa compagne :
aux pie —Kassurez-vous ; Cet homme attend ma venue, Suitres ho é-moi, ils sont là.
+. La jeune fille chanta à son t atherindelques notes de la chanson.
+ Wssé; Geneviève alla à sa ren:
hent daditureusement la main:
—0h! Jean, dit-elle, mon bon ami, tout va bien. Je ar Cath@Ai Vu et je lui ai parlé :
; ii est emprisonné près de la sc Forle-aux-Vaches : le sergent de garde m’a laissé enras de Mr. Si vous avez avec
vous des hommes Courageux, il eusemalft sauvé!
—A une portée d’arbalète d'ici, il y en a une cinquaniine qui sont cachés dans le taillis, répondit avec joie cor Oh! Geneviève, puissions-nous
our d’une voix contenue L’homme sauta hors ducontre, et lui serrant cha-
D 2 pet 27 75 pe ETES TOUS
délivrer notre bon Bruno des
A jeune fille avec une ferme us; il.me l’a déjà bien évi-
l ne fl Tes qu’à ivre. Elle de-
? Je do
son cou-
vent, et restera cachée chez lui... Bonne cousine, ir quez-nous la ferme.
Soeur Catherine prit un sentier qui les condu bientôt devant une habitation de paysan à la porte laquelle elle frappa. Après avoir échangé quelques | roles avec le fermier, qui avait paru à une fenctre l'étage, elle fut introduite et souhaita à sa cousine heureuse réussite.
Dès que la porte fut refermée Jean prit à gauche là ferme, saisit la main de Geneviève et lui dit:
— Venez vite, et dites-moi ce qu’il nous faut fa pour réussir dans notre tentative.
—-J’ai songé à tout chemin faisant, répondit la jeu fille. La prison de Bruno touche presque à la porte, sorte que nous n’aurons pas à pénétrer avant dans ville. C’est Dieu même qui en a disposé ainsi. Jes ce qu’il faut dire pour que la porte s'ouvre. Vo maintenant ce que vous avez à faire: vous approch avec vos hommes jusqu’à quelques portées d’arbalète la ville; vous les faites ramper sur le sol dans l'o curité jusqu’au pied des fortifications. Je vais seule
avant, je fais ouvrir la porte; mais vous ne bouge h encore, car la porte pourrait se refermer avant que vo l’eussiez atteinte. Je ferai accroire au chef que que que chose nous a fait peur et que ma soeur est enco en arrière. Pendant qu’il ira voir au-devant d’ell j'appellerai: Soeur Anne! soeur Anne! Sur ce mot:l vous vous levez, vous franchissez la porte, vous vou emparez du corps de garde, et vous délivrez les priso uiers... Le reste dépend du courage de vos hommes.
— Votre projet est bon, il est excellent, ma chà Geneviève, répondit le domestique; moi aussi je con mence à espérer maintenant, une joyeuse attente fa
battre mon coeur. Venez, hâtons-nous, et avez co fiance dans l’intrépide résolution de nos hommes: Ki rel du Lion les a choisis et rassemblés lui-même. Il
en à aussi cinq ou six d’'Hérenthals qui connaissent paraitement les chemins et les bois. -.. Îls sont cachés,
ine, indi
conduisi porte ques pa enctre ( usine ur
Il porta deux doigts à sa bouche et fit entendre un son aigu et prolongé. A peine ce signal était-il donné que l’on entendit le feuillage s’agiter, et bientôt cinquante hommes, armés de fusils et de sabres, se trouvèrent autour dhu domestique.
Ceux qui étaient de Waldeghem, mais surtout Karel du Zion, serrèrent la main de la jeune jeune fille d’une
auche d it :
aut fa affectueuse étreinte, et s’efforcèrent de la consoler en
lui exprimant leur vif désir d'engager la lutte, Jean Là jeun@S coupa court bientôt à cet entretien, et fit part à tous porte, dE du projet de délivrance tel que Geneviève l’avait con- ; dans (à çu.
Je sai les jeunes gens d'Hérenthals furent placés à l’a- >. Void vant-garde afin d'indiquer la route à suivre à travers pprochæ le bois et les buissons. On partit immédiatement dans balète WE la direction de la ville.
ns l'ob
Les amis de Bruno marchaient d’un pas rapide dans seule @ les ténèbres, en gardant le silence lè plus absolu, et en ju 267 se suivant de près les uns les autres, l: long des haies et que VOUS des fossés ; ils dirigeaient leur marche de façon à ne que que rencontrer aucune route ni grand chemin.
st enco Quand, après une bonne demi-heure de marche, ils d'lS approchèrent de la ville, leur marche se ralentit, On
e mOt-@ recommanda un silence plus profond encore: il fallut,
SV tn marchant, toucher le sol avec précaution et éviter, s prison
autant que possible, tout bruit de branches ou de OMMS fouilles.
na chà
Un peu plus loin encore, tous se couchèrent à platje con
ventre et se mirent à ramper comme des reptiles jusnte fai qu'au pied des fortifications.
vez Col Sur ces entrefaites, Geneviève avait gagné la grand’- 18: KE route, et elle se tint cachée quelques instants dans une re. ]
spinière, afin de laisser aux hommes qui la secon-
à une centaine de pas d’ici, dans le taillis. .. —
daient le temps de se rapprocher de la ville. Bientôt el se, porta en avant, et, chemin faisant, elle vit les am de Bruno étendus sur le sol, au bord du chemin, con : des ombres noires ou des cadavres inanimés; pas un : bougea sur son passage. Tout était donc prêt, chacr é’ait à son poste.
Arriée à quelques pas de la porte, la jeune fille cr d’une voix évidemment effrayée :
—Soeurs de charité! soeurs de charité!
La sentinelle alla vers le sergent, qui s’était endorn la tête sur la table, et l’éveilla.
—Citoyen sergent, dit-il, les religieuses sont der tour. Elles demandent à à rentrer.
—C’est bien, répondit le sergent en se frottant | yeux, nous allons voir.
—Elles sont pressées, fit observer le soldat; il n semble qu’elles ont peur.
Le sergent prit la clef et suivit la sentinelle, jusqu la porte, il mit la bouche contre le guichet, et d manda en sadressant au dehors:
—Qui est là?
—Soeurs de charité! répondit-on.
—Est-ce vous, ma soeur? demanda-t-il de nouveau.
—C’est moi, moi qui suis sortie tout à l’heure ps cette mais dépêchez-vous, citoyen, j’ai grand’peur.
Le sergent ouvrit la porte, mais si peu que Genevi ve eût à peine pu passer. Aussi resta-t-elle en dehor en disant avec une feinte frayeur.
—Oh! citoyen, attendez un peu, je vous en prie; m soeur accourt là-bas dans l'obscurité. Deux homme nous ont poursuivies jusqu'ici :nous nous sommes sau vée; ma soeur est encore en arrière, je l’entends: elk n’est plus loin.
‘Trompé par ces paroles, le sergent ouvrit la port davantage, et rejoignit Geneviève au dehors. Il s’effor
ntôt elle les amis , CON me iS un ne Chacun
Glle cria
endormi t de retant les ; il me
jusqu’à et de-
uveau.
ure par ur.
xeneviè- | dehors
rie; ma hommes 16S Sauds: elle
brés ou désarmés.
ça de voir dans l'obscurité sur le chemin, et dit à la jeune fille :
—Mais je n’entends rien.
dans les mains des brigands.
demain ces coquins-là.
—Non, non, elle vient, reprit la jeune fille; et élevant la voix, elle cria : Soeur Anne! soeur Anne!
Et, tout en poussant ce cri, elle s’élança sur la route obscure,
—Que faites-vous ? que faites-vous? s’écria le sergent; je ne puis rester ici...
Il n’eut pas le temps de finir la phrase. Cinquante hommes surgirent tout à Coup dans les ténèbres: tout ‘D rampant ils s'étaient tellement rapprochés du sergent que celui-ci ne les aperçu} qu'au moment où il était déjà entre leurs maine.
On le bâillonna, on lui tint bras et jambes pour l’empêcher de faire aucun mouvement, et on l’entraîna loin de la porte de l’autre côté du chemin, sans qu’il lui fût possible de donner le moindre éveil à ses camarades. Aucun des paysans n’avait prononcé un mot ni fait le moindre bruit.
Tandis que cinq ou six d’entre eux tenaient le sergent étendu sur le sol, les autres, toujours silencieux, # précipitèrent à travers la porte, tombèrent sur le factionnaire et envahirent le corps de garde,
Les soldats, qui avaient entendu quelque bruit à la Porte de la maison, s’étaient jetés sur leurs armes. et allaient s’élancer au dehors lorsque l'invasion des payfins vint les en empêcher. - .
On tira quelques coups de fusil; une lutte s’engagea pendant quelques instants au sabre et à la baïonnette ; Mais, déconcertés par cette surprise et succombant sous le nombre des ennemis. les Français furent bientôt sa- Cependant, tout en combattant,
Votre soeur sera tombée Nous attraperons bien
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deux ou trois soldats avaient gagné la rue et étaien allés donner l’alarme sur le Marché.
Les coups de fusil avaient déjà éveillé les soldat campés près de l'Hôtel de Ville ;les tambours et le trompettes faisaient entendre le terrible appel aux x mes, et une foule de soldats s’élançaient du March vers la porte, |
Mais les paysans n’avaient pas non plus perdu leu temps, ils avaient emporté les captifs de leur prison e ce précipitaient triomphalement à travers la porte a moment où Îles premières bandes de soldats apparais saient au loin.
Geneviève attendait à quelque distance de la porte Dès qu’elle entendit la voix de Bruno, elle vola à & rencontre et se suspehdit à son cou à demi morte d joie. Sc: larmes coulèrent par torrents; elle lui prodi gua les puroles de bonheur et de tendresse, et remercis Dieu par une ardente prière...
Bruno allait à son tour témoigner à sa courageuse amie tout l’amour, toute la reconnaissance qui inondaient son coeur, lorsque une vingtaine de balles qui passèrent en sifflant sur leurs têtes et les sauvages cris de vengeance des soldats leur firent comprendre qu’ils n'étaient pas encore hors de danger.
—Dans le bois! dans le bois! s’écria Karel du Zion,
» et tous s’élancèrent au bout du chemin dans le taillis. + Avertis par ce cri, les soldats tirèrent dans la direction indiquée. Ils se déployèrent rapidement le long du chemin et pénétrèrent dans les taillis et dans le bois. Longtemps encore on entendit çà et k des coups de feu.
Enfin. après d’infructueuses recherches, les officiers ordonnèrent la retraite. Tambours et trompettes rallièrent les soldats; on rentra dans la ville, la porte fui fermée, et tout redevint au dehors calme et silencieux.
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rison et = | à ee Le corps principal des Paÿysans, ou, comme les Fran-
ais le nommaient, la grande bande des brigands se Jparais- ; : Le trouvait, au lever du soleil, dans un lieu boisé, à deux lieues environ de la ville de Diest.
la à ça Bien qu’on n’aperçut en cet endroit que de rares pe- = de btons d'hommes armés qui, comme des sentinelles perprodi- dues, étaient placés aux coins des champs et au nord
smercia M des haies, il était facile de deviner qu’une foule d’in- £ surgés remplissait la forêt, car au-dessus des arbres Fe planait un murmure sourd et confus comme le lointain E ina rixissement d’une mer agitée. — les qui Et en effet, à l’abri de la forèt, cinq mille hommes es cris Mau moins étaient répandus dans les sentiers ou réunis : qu'il À dans les clairières.
Celui qui eût pénétré dans le bois, pour sonder d’un | Lion, Mi curieux ce qui s’y passait, se fût étonné à juste aillis, Mûtre de l'aspect étrange de cette multitude de gens ve- diree. Mrs de tous les points du pays.
Re Il aurait vu d’abord, dans une plainte découverte, e bois. trois à quatre cents paysans chevaucher à la suite les aps de uns des autres et, SOUS le commandement d’un officier, & réunir, tourner bride, trotter, tellement que la terre fficiers humide volait dans les airs. | es C’étaient les cavaliers de l’armée des patriotes qui te fui dressaient leurs chevaux de labour aux évolutions miliiaires, 1Cieux. — : :
8 Ce spectacle était passablement singulier : la plupart #7 Mi cheval sans selle et vêtus de la blouse bleue des cam-
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Pagnards, ces cavaliers eussent fait au spectateur j'o fet de paysans qui s’amusaient à quelque kermesse, :; | long sable qui brillait dans leur main et les pistoli passés à leur ceinture ne l’eussent averti qu'il s’agissa de choses plus sérieuses.
Un peu plus loin, au milieu d’une centaine d’ho mes rangés comme une escorte, se trouvaient de non breux chariots déjà attelés et prêts à se mettre en mur che. On pouvait en remarquer quelques-uns sur !:: quels flottait un petit drapeau avec cette inscription Poudre; d’autres étaient chargés de fusils neufs et (| sabres, si bien qu’on en pouvait conclure que les pay. sans avaient en abondance des munitions de guerre.
De cet endroit on entendait retentir, derrière un massif d’aunes, des clameurs extraordinaires qui, jar moments, montaient bruyamment vers le ciel, puis ces. saient pour recommencer, un instant après, avec une nouvelle énergie.
Il y avait là une espèce de prairie, couverte d’hommes de tout âge et de toute condition. Il y avait déjà quelque discipline dans cette multitude, on pouvait le reconnaître aux fusils disposés en faisceaux, de sorte qu’au premier appel, chaque drapeau pouvait retrouver son poste, chaque homme son arme. Quelques femmes et enfants, mais en petit nombre, se montraient aussi au loin à travers les taillis.
Le bruit qui retentissait par intervalles au milieu des arbres avait une cause particulière. Au milieu de la prairie, sur un chariot chargé de vivres, se tenait un homme qui, avec grand renfort de gestes, adressait une harangue à ceux qui l’entouraient. Ce qu’il disait devait réjouir la foule et l’enthousiasmer, car, chaque fois qu’il avait fini une phrase, les auditeurs battaient des mains et confirmaient ses paroles par mille exel:
mations diverses. Il leur parlait de la patrie et de la
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foi, des sans-culottes et de l’impiété, de bataille et de triomphe, de délivrance et de liberté.
‘n entrant plus avant dans la forêt, on eût atteint l'endroit où les officiers d'état-major de l’armée étaient réunis en conseil de guerre.
Le général Constantin de Roumiroir, Bruxellois de distinction; assis au bord d’un fossé profond, tenait “ir ses genoux une carte du pays; les autres officiers étaient assis des deux côtés du fossé et écoutaient attentivement œ que leur disait le général].
Un concertait la prise de la ville de Diest et l’on s'eflorçait de calculer sur la carte de quel côté il serait l plus facile de surprendre cette place forte.
Les officiers paraissaient satisfaits et pleins d’espoir; ils saluaieñït souvent par d’enthousiastes acclamations les paroles du général de Roumiroir.
Plus avant encore, aussi loin que s’étendait la forêt avec 8es nombreuses clairières, campaient, épars, des détachements de l’armée des patriotes.
Les habitants de Waldeghem s’étaient établis dans un champ bordé de chênes bas et rabougris. Ils étaient au moins trois fois aussi nombreux que lorsqu'ils avaient quitté le Zandberg, poursuivis par les Français.
La captivité de Bruno, sa miraculeuse délivrance et
mandait comme capitaine.
Karel du Lion, nommé Capitaine en second, était oc- Cupé en ce moment à exercer ses hommes à charger leurs armes. Depuis la veille seulement ils avaient reçu ds cartouches confactionnées, ct il fallait qu'on leur tnseignât à s’en servir avec rapidité.
Karel avait aligné ses hommes : il commandait, cou-
rait, criait, rectifiait avec autant de gravité et de zèle que s’il n’eût jamais fait autre chose en sa vie. Chaque parole qu’il prononçait était un encouragement ; il enflammait tellement la bravoure de ses compagnons par ses belliqueuses allocutions, que tous les yeux rayonnaient d’espoir et d’ardeur.
Au milieu de cette troupe s'élevait un drapeau singulier. Il était fait d’un morceau de toile blanche, probablement la moitié d’un drap de lit. Sur ce drap était peinte en rouge de sang une grande croix avec cette inscription: Pour Dieu et pour la patrie! I] était facile de voir que ce drapeau n’était nullement l'ocuvre d’un artiste, Karel avait fait à lui tout se], et, à défaut de pinceaux, y avait appliqué la couleur ave la main; cependant, tel qu’il était, il avait une signification elaire et saisissante, et sa vue jetait l'espoir et le courage dans le coeur des jeunes gens.
Geneviève était assise à l’une des extrémité du champ, à côté du vieux curé de Waldeghem.
La jeune fille avait quitté les vêtements religiéux ct repris le costume campinois.
Le curé lui parlait; mais elle semblait distraite par une pensée qui l’obsédait, et tournait sans cesse la tête da côté de la plaine où le terrain, s’élevant pou à pu, finissait par former une colline.
À cinq ou six pas de Geneviève se trouvait le brasseur, père de Simon, la tête penchée dans ses mains et immobile come sil eût été plongé dans un profond sommeil.
— Pauvre père! dit le curé en soupirant et en jetant sur le brasseur un regard de commisération. : Sa douleur est inexprimable. Soyez-en sûre, Geneviève, le malheureux homme en mourra. Hier soir et pendant une partie de la nuit, j’ai fait et dit tout ce qui m'était possible pour le consoler... Iidée que son fils est un des chefs de nos persécuteurs est pour lui un affreux
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mrtyre ! et ce qui s’est passé à Hérenthals lui a percé k coeur plus cruellement encore... =
—Et ce n’est pas sans raison, mon vénérable père, rpondit-la jeune fille; il craint que son fils n’ait fait mettre à mort la mère de Bruno.
—Bruno paraît le redouter aussi, reprit le prêtre ; mais toi, Geneviève, tu es bien sûre, n’est-ce pas, quelle se trouvait en sûreté avant que nos gens ne délivrassent leur malheureux ami ?
—Tout à fait sûre, mon père. Personne ne pouvait découvrir l’asile où on l’a conduite. Tout était calculé d'avance; on aurait imputé la faute tout entière à ma œusine Catherine, et d’ailleurs. .…
— Vous pâlissez, Geneviève! qu'est-ce qui vous fait peur ?
—Rien, mon père; je croyais entendre la voix de Bruno.
—N'avez-vons pas dit tout cela à Bruno, qu’il est si inquiet et si alarmé ?
—Je le lui ai dit, mon père; dans le premier moment il m'a cru et s’est même réjoui des nouvelles que je lui annonçait. Ce n’est que depuis ce matin, à mesure que l jour est venu, que l’inquiétude s’est emparée de lui, parce que Jean ne revient pas. Moï-même je commence à craindre, et je dois faire effort sur moi pour maitriser mon anxiété croissante.
—Au fait, Geneviève l’inquiétude de Bruno n’est Peut-être pas sans fondement. Les Français parcourent continuellement 1: Campine dans tous les sens. Il faut que Jean échappe à mille dangers avant. d’arriver jusqu'ici; ces soldats étrangers sont si cruels...
Geneviève laissa tomber la tête sur sa poitrine, pâlit, Süipira, et reprit d’une voix tremblante d’émotion :
—Dieu sait si le pressentiment du brasseur ne nous ‘annonce pas un nouveau malheur. mon père, ce