‹ La guerre des paysans [microforme]Chapitre 4 sur 22 · TE RS · texte numérisé non relu

TE RS

Tout à coup le brasseur s’épouvan larmes tomber des yeux du prêtre et :

—Ciel! qu'y a-t-il donc? s’écria-t-il.

cette malheureuse lettre ?

Le curé s’approcha de lui, et, lui pre:

avec compassion :

. —J’ai pitié de vous, mon pauvre arm

—Quoi! qu’aije à craindre? s’écria frayé. Voilà qu’on sonne déjà le d messe va commencer. Pour l’amour sieur le curé, dites-moi ce qu’il y a dar

—Eh bien, dit le curé en soupirant, Votre fils vous annonce que dans trois il viendra ici, à Waldeghem, pour faire de la République française, et pour cha pôts de la tyrannie et du fanatisme, religion. Il nous promet la protection nous nous rendons dignes de ce bienfai sion et l’obéissance. Bref, il vous donn dra arrêter votre vieux .pasteur, ainsi conscrits.

—Dieu! Dieu! mon fils! dit le bra tant et en portant les mains à ses yeux.

reau qui nous est envoyé !.

—Consolez-vous, cependant, mon n lui dit le curé. Il n’y a pas de votre fs

ÿ — 51 — dans la boue imnMMes-nous pas dans un temps d’épreuve? Songez faire mon inexcMieu nous tiendra compte là-haut de toutes ces dou- M... Je dois sortir ; l'heure à déjà sonné. Peutbe su sonner Pést-ce le dernier sacrifice que mes mains offriront

à lus piigneur dans notre humble église... Je ne vois és e ee ”] de date sur cette lettre: on l’a oubliée... Ilse

+ ? ; SÉÉ — =

Vatre fils qu elle soit restée en route deux ou trois Jours; ire demain ou après demain votre fils sera-t-il

Simon Brutici--- Modérez votre douleur ; calmez votre coeur

retournez chez vous : j'irai vous voir après la mes- : bientôt donc...

vuvanta ; ‘il voy:f À 1entôt d :

re et son visage MCuré pressa encore une fois la main du brasseur . . . Q 1 2Lœ is . = ja-t-il. Qu’y a-t]SeSpoir, et gagna l’église en traversant le cime

ou : tr = ui prenant la ma OUT cons ler maître Meulemans, il avait compri propre tristesse : mais, à cette heure, son coeur

re ami! @uplissait peu à peu d’une profonde doule-: en le brass-férant les malheurs qui allaient fondre sur - . inle dernier cou Paroissiens.

qu’il entra dans l’église, @ qu'avec un long redit adieu dans le fond de son âme affligée à tout L vit, le vieux prêtre à cheveux blancs chancela,

mour de Lieu.

a dans cette let:

irant, je vous le

trois ou quatr@l vers le ciel un oeil suppliant !

: >. = . . na

: faire exécuter [Pendant il trouva la force de dissimuler son émo- & chasser tous 14e vétit les habits sacerdotaux et monta les mar-

e Yautel.

messe se continua lentement. Malgré les chants

le calme de la mort semblait régner dans l’é-

Quatre voix seulement se faisaient entendre au

les autres membres de SainteCécile, atteints par ription, s'étaient enfuis dans les bois, Mais en

le brasseur en « ment, la plupart d’entre eux se groupaient autour Re tel de Saint Sébastien.

Échant était si triste et si languïssant, l’orgue si non malheureulMtlique; les têtes de la foule en prière s’inelitre faute. Et É 5! profondément, tous les coeurs étaient si pleins

sme, c’est-à-dire} ection de la Fri ienfait par la :

donne avis qu'à ainsi que les p

d’anxiété et de douleur, que la vue de cet tristesse d’une commune entière eût sans étranger d’une inexplicable angoisse...

Lorsque le prêtre se retourna pour bér et que chacun eut relevé la tête, deux lar coulèrent sur les joues du vénérable pastel

Cette vue excita chez les assistants une tion. Un frisson les saisit; les femmes et les s’inclinèrent en pleurant silencieusem mes se regardèrent les uns les autres avec inquiétude, comme pour se demander l’explieation de cette terrible énigme,

Pendant ce temps, le prêtre s’était retot nn

Soudain à la porte de l’église retentit u une voix formidable, qui emplit toute 1 une roeulement de tonnerre, prononce ce

—Au nom de la loi, que personne ne b mez toutes les issues

Et une se à de voix sauvages par d’enthousiastes exclamations :

—Vivye la République française! Libert ternité ou la mort!

Dans les circonstances présentes, les sc gue française, quoiqu’ils pussent signif suffisaient pour frapper la malheureuse c inexprimable épouvante.

Chacun s’élança en poussant des cris tations, et voulut s’enfuir; mais la gran déjà fermée et occupée par des soldats.

au désespoir se précipita comme un torre tite porte latérale qui semblait encore ou:

crasait, on se blessait, afin de pouvoir premiers; mais la vue d’une dizaine de b fermaient cetie. issue de leurs pointes r

ière cette haie de fer les visages farouches des sol- ; refoulèrent le peuple tremblant dans le temple. a multitude oscilla un instant encore d’un côté à

de cette mystéri sans doute sai:

| LR)

ar bénir les fil

re avec des clameurs de détresse, jusqu’à ce que .

ix larmes bill Houvement cessât enfin, et que la plupart, en proie : pasteur. plus extrême désespoir, se laissèrent tomber sur les ë

, une indicible 4 nes et les jeune: eusement, les k s avec une profs der mutuelks = L retourné vers

es et sur les bancs.

curé était agenouillé devant l'autel, et ne boupas plus que s’il eût été changé en statue.

Dh loin de la grande porte d’entrée, sous le jubé, un ne tempêtait et criait; jusque-là on n'avait pas gndu ce qu’il voulait, parce que les cris de détresse ent dominé sa voix.

était assurément le chef des soldats. Du moins 6 blaient-ils obéir à ses ordres.

était un homme d’environ trente ans, de belle tailais d’une physionon@fe extrêmement dure et cruel- D’épaisses moustaches lui descendaient jusqu’au on; ses cheveux flottaient en partie sur ses joues, Pndant aussi en désordre sur ses épaules. Il porsur la tête un chapeau galonné et surmonté d’un ; che ondoyant; son habit, boutonné presque juscou, était serré autour des reins par une écharpe lore, dans laquelle taient passés deux grands pis* s. Ses bottes étaient à découvert, et leur revers en jaune et luisant était rabattu sur la jambe. Un d sabre à fourreau de fer traînait derrière lui.

cris et des ls soldats qui l’accompagnaient semblaient choisis

ntit un cri ter ute l’église co!

nce ces mots: À > ne bouge ici!

wvages y répoi Liberté, égalità les sons de lai

signifier d’ail use commune

grande portef mille pour inspirer de l’effroi aux gens des cam-

ats. Alors lacs, ct sans doute ils durent apparaître aux villa- | , . .

| torrent vers @5 assez osés pour Jeter sur eux un furtif regard, com

re ouverte. Offine bande de démons vomis par l’enfer pour touravoir s’échapp@iter et martyriser l’humanité.

> de baionnettbus étaient des hommes déjà d’un certain âge, ru-

nites menaçani@de physionomie ef d’allures, le teint bruni par les urs du soleil, l’oeil étincelant, la face rébarbative, Æ

re . ere

les cheveux en désordre, les lèvres cachées ses moustaches.

Leurs vêtementes étaient en mauvais 4 malpropres ; seuls, leurs sabre et leurs fusil gneusement polis, et brillaient comme de |

Dès que l’homme à l’écharpe tricolore et s’aperçut que le tumulte avait diminué pou:

tre de parler à la foule de façon à être entc na à voix basse un ordre aux soldats, parut et les ranger, et s’écria ensuite de toute la sa Voix:

—Portez armes! En avant, marche!

Une dizaine de soldats quittèrent la gra le suivirent jusqu’au milieu de l’église,

Une nouvelle ondulation pleine d’anxiété ta parmi les villageois effrayés. Comme vaient deviner ce que signifisient ces ordres s’imaginaient sans doute que leur dernière ‘enue. Cependant leur mquiétude commen ner lorsqu'ils virent les soldats s’arrêter sous la chaire.

L’officier parut vouloir monter dans ce une porte légère placée devnat l’escalier, (

. fermée l’arrêta. ’

Il fit du doigt un signe au soldat qui se plus près de lui. Le soldat leva la crosse d un Coup violent retentit dans l’église, la ] en pièces, et l’officier apparut dans la chair

Il tira de son’ habit un paquet de papiers la, suspendit son chapeau au bras du cruc trouvait devant lui sur le bord de la chaire, ça lallocution suivante, qu’il accompagna sauvages et exaltés:

— Habitants de la commune de Waldeghe je me trompe, des esclaves ne peuvent con noble langage des peuples libres! Hé hien,

chées sous dép}

vais état, ust:

fusils étaient | e de l’argent. ?

ore et au pan:

é pour lui per:

e entendu, il &

parut les part te la plénitud

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