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avant-postes et qui feraient bien de ne plus trop s’attarder maintenant.
L'arrêt de quelques minutes, imposé sur la route par le général de Lartigue, rappela les esprits à l’existence d’un danger et dix minutes plus tard, quand on repartit, tandis qu’un bruit très net de combat venait du nord, l’échelonnement réglementaire était pris par le bataillon de Busserolle, tête d'avant-garde.
Pourtant, de la ruée sous laquelle étaient sb à cette minute les 9 et 42e compagnies du 115, ce bataillon était fort loin de se douter, quand, à environ 1 kilomètre au nord de Virton, il se trouva subitement enveloppé dans une gerbe de mitraille, ricochets ou balles de plein fouet, qui faisaient des victimes ou passaient par centaines : en miaulant, au-dessus des têtes. Le réveil fut rude. Immédiatement déployées, les compagnies se terrèrent.
Que s’est-il passé ensuite? Nul ne le saura sans doute jamais autrement que par quelques tragiques épisodes sur quoi les imaginations pourront édifier des légendes. Le brouillard, comme la nuit, comme les bois, enveloppent du même voile les défaillances et les héroïsmes. Ce qui est certain, c’est que ce bataïllon, immobilisé par la brume dans la zone où les [er et IIIe bataillons du 7€ grenadiers prussiens se rualent à l’assaut, a disparu tout entier. Quelques isolés, une cinquantaine peut-être, se retrouvèrent à Houdrigny et purent se battre de nouveau dans la journée, mais 1] n'y avait aucun officier parmi eux. Le commandant de Busserolle était mort. Morts les capitaines Besson (1r€), Le Borgne (3€), Capiat (4°), seuls présents sur le champ de bataille, puisque le capitaine Isnard (2€) était tombé à Mangiennes. Mort le sous-lieutenant Batel (1re); disparu le lieutenant François et mort le sous-lieutenant Guichard (2°); blessé le lieutenant de Chaumontel et mort le sous-lieutenant Hyon (3°): disparus le lieutenant Gambiez et le sous-lieutenant Théry (4€).
Le colonel Chabrol appuie par une compagnie du bataillon Fadaï (2°) la droite du bataillon de Bus-
serolle. — Demeuré sur la route, à 800 mètres de Virton, le colonel Chabrol pense que le bataillon de Busserolle a renforcé les deux bataiïllons du 115€ et il ne doute pas que l’effort de ces trois bataillons rejettera l’ennemi. - En attendant, comme la lutte paraît s’intensifier et que le brouillard ne cède pas, il a prudemment arrêté le bataillon Fadat (2°) du 1308, tête du gros de l’avant-garde, et il a adressé le compte rendu suivant au général de division :
Expédié le 22 août, 6 h. 5.
Colonel comm 15° brigade à Général comm! 8e D. I.
La tête d'avant-garde (un bataillon du 130€) est arrêtée à la lisière sud du bois de Virton. Quatre compagnies sont engagées. Il est difficile, en raison du brouillard, de se rendre compte de l’effectif de
. l’ennemi.