PARAIT ER
de la route, tenant sa carabine par le canon et menaçant ceux qui vont vers l’arrière.
L’ennemi n’avançait pas, tenu en respect par les mitrailleuses du lieutenant Dufour qui tiraient en fauchant à la vitesse de 600 coups à la minute et avaient le canon rouge.
Et devant le général de Lartigue toujours là, avec son état-major, tant bien que mal, une ligne de feu se constitue avec des éléments disparates, entre la crête militaire du plateau et la lisière nord de Virton.
Le gros de la 8° division s’arrête dans Virton. — Tandis que le 115€ et le 130€ se faisaient ainsi hacher en détail sur le plateau de Bellevue, dans un brouillard qui les empêchait de voir l’ennemi, le gros de la 8e division s’était enfourné dans Virton et ne pouvait en déboucher.
Le 124€ était en tête, et à 6 k. 30 le bataillon Favier (3) : tête de colonne, avait ses premiers éléments non loin des dernières maisons de Virton, sur la route d’Étalle. Le bataillon Lambert (1€) était dans les rues de la ville, et le bataillon Brunet (2€), encore sur la route de Dampicourt.
Le général de division avait arrêté le bataillon Favier, et on attendait, on piétinait sur place, le sac au dos et larme au pied. Les hommes, réveillés par alerte à 3 heures, étaient fatigués et énervés. Les habitants leur portaient du café, des friandises, du tabac, mais leur disaient que cet arrêt ne les étonnait pas, l’ennemi étant depuis longtemps dans le bois, là, tout près.
L'arrêt se prolongeant, le groupe Gadois (42), groupe de tête du 31€ régiment d’artillerie, a poussé de l’avant, insensiblement, pénétrant dans la localité, ses attelages doublant les voitures de l’infanterie, refoulant les fantassins contre les murs et embouteillant la rue.
Le bataillon Travers (17), du 115€, le seul non engagé du régiment, est à la sortie nord de Virton, lui aussi, groupé près de la route, attendant des ordres et faisant nombre. L’encombrement est invraisemblable.
Cependant, vers le nord, on entend maintenant des