‹ La guerre en action, VirtonChapitre 26 sur 98 · ELU ETES · texte numérisé non relu

ELU ETES

coups de fusil de plus en plus nombreux. Des blessés passent, entre autres un lieutenant du 130€, allongé sur un brancard. Il a reçu une balle dans l’aine ; le sang coule à travers la toile. La vue de cet officier grièvement blessé impressionne les hommes. Les conversations s'arrêtent. On l’interroge : « L’ennemi? répond-t-il. Je ne l'ai pas vu. À peine sortis de Virton, nous avons été accueillis par une violente fusillade. Sur ma gauche, une compagnie à chargé à la baïionnette dans le brouillard et l'ennemi a disparu, mais des mitrailleuses ont arrêté l'assaut des nôtres. Voilà maintenant une demi-heure qu’on tiraille dans le brouillard sans rien voir, et les munitions se font rares. Dépêchez-vous d'aller appuyer les camarades. »

Et les habitants de renchérir : « C’est plein d' Allemands dans cette forêt.….; ça grouille dedans! »

D’autres blessés sont moins ardents. Ils se plaignent parce que c’est toujours le pauvre 130€ qui trinque. Les Boches étaient derrière des retranchements.. On ne les voyait pas dans ce brouillard. On s’est tiré les uns sur les autres. On n’a plus de cartouches... Tous les officiers | sont morts. |

Un retour un peu précipité d’une partie de l’escadron de Boisrouvray, dont plusieurs chevaux,sont blessés, jette dans le cimetière la queue du bataillon Favisr (3€) et la tête du bataillon Lambert (1er), du 124€, L’ennemi est là... IL faut l'empêcher d’entrer dans Virton. Un moment, sur ce point, 1l y à un désordre affreux, mais cela ne dure pas. Le colonel Desvaux, commandant la 16€ brigade, qui, à cheval, fend de son mieux cette foule entassée, a vite fait de rétablir le calme : « Zl n'y a devant nous que quatre pouilleux! déclare-t-l. L’avant-garde va ouvrir facilement le chemin. »

Pourtant, loin de cesser, la fusillade s’intensifie, semble se rapprocher et se déchire dans les rafales pressées des mitrailleuses. On écoute le colonel; on se reforme, mais on ne comprend pas.

Les Allemands ne poussent pas sur Virton. — Au

total, vers 8 heures, la situation était fort critique pour la

8e division et, dans le brouillard épais, les Allemands étaient virtuellement maîtres du plateau de Bellevue, qui sur plombe Virton. ;

Au nord-est, devant la compagnie Menez (8°) du ba-

taillon Graff (2°) du 1152, qui recule pas à pas, le Ier bataillon du 154€ régiment prussien progresse et le [Te batail-

lon de ce même régiment marche derrière lui, en colonne

double, prêt à prolonger son front vers la gauche.

La compagnie de Lantivy (6€), du même bataillon Graff, est toujours à la ferme Lempereur, sur ses positions de la nuit. Jusque-là, elle n’a eu devant elle que des patrouilles, et, ne sachant rien de la situation dans le brouillard, orientée seulement par le bruit de la fusillade qu’elle entend sur sa gauche et en arrière, elle se tient prête à résister.

Avec les compagnies Hartmann (5°) et Frère (7€) et la section de mitrailleuses du lieutenant de La Casinière, dans l’encombhrement de l'artillerie qui embouteille la route, des fractions du 1152 et du 130€ qui refluent, de celles du 124€ qui se portent en avant, le commandant Graff attend des ordres ou un appel de ses compagnies de grand’garde, qu’il est prêt à secourir où à recueillir.

Au nord et à l’ouest de Virton, le bataillon Coquerelle (3°), du 1152, n'existe plus; ses débris ont été rejetés par moitié sur Houdrigny et sur Virton, où est resté en réserve le bataillon Travers (17), de ce même régiment.

Les trois bataillons du 1302 ont fondu dans la four-

naise. Disloqués, décimés, sans officiers, leurs débris ont

reflué sur Virton, suivis de près par les tirailleurs des [er et IIIe bataillons du 7° grenadiers et par le ITIe bataillon du

Pendant ce temps, notre 124€ est tout entier en colonne pressée dans Virton, sa tête ne dépassant pas les dernières maisons vers le nord, ses dernières unités encore sur la route de Dampicourt. |

Le 117€ attend aussi, en colonne de route, les faisceaux formés : le bataillon Blanc (3€) à la sortie nord de Virton, où il a passé la nuit; le bataillon Mercadier (2€) sur la

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