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trouvait en situation de passer au point initial de Meixdevant- Virton, à 5 heures, et les deux bataillons de chas-. seurs qui avaient emprunté des chemins de traverse . pour rejoindre le 128, les régiments étaient tous fortement en retard sur l’horaire ordonné. Les hommes n'avaient rien pris avant leur départ et étaient fatigués d’une nuit tronquée et d’une marche énervante.
Le 2° bataillon du 147°, quittant Robelmont à 6 h. 30, est attaqué par l’ennemi. — Dès le lever du jour, dans le brouillard laiteux, le 2€ bataillon du 147, qui avait passé la nuit à Robelmont, était déjà au contact de l’ennemi.
En arrivant dans le hameau, la veille au soir à 22 heures, par une nuit noire, les nôtres ont trouvé les habitants peu communicatifs. Ces braves gens étaient terrorisés, et: avaient de bonnes raisons pour l’être. Ils se bornaïent à dire que les Allemands étaient là, tout près, dans les bois; à leur attitude, on comprenait qu’ils étaient sous la menace de terribles représailles, et que l’ennemi avait de grandes forces à proximité immédiate.
Par suite, point n’a été question de s'installer confortablement pour la nuit, de manger chaud n1 de dormir. Dans l’impossibilité où il est de faire aucune reconnaissance, le commandant Saget a chargé la compagnie de Lannurien (7€) d’occuper la lisière nord et les issues du hameau et le gros du bataillon est demeuré groupé, les hommes assis sur leurs sacs, l’arme à la main, prêt à manœuvrer ou à se replier. On a ouvert des boîtes de conserve, et ce repas, prolongé indéfiniment, a permis d'attendre le matin dans la brume glacée.
Dès le soir, le capitaine de Lannurien a poussé des patrouilles en avant, dans le bois. De toute la nuit, ces patrouilles n’ont rien vu, n’ont même entendu aucun bruit suspect : seulement des coups de fusil dans la direction de Bellevue. Mais à partir de 5 h: 30, c’est une fusillade sérieuse qui éclate de ce côté, avec crécelle de mitrailleuses. Même des ricochets de plus en plus nombreux de balles françaises,
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provenant des défenseurs de Virton sérieusement attaqués, viennent tomber autour de Robelmont.
Les patrouilles reçoivent l’ordre de s’enfoncer plus avant dans le bois. À 6 heures, elles en reviennent, talonnées par l’ennemi. Dans le brouillard impénétrable qui empêche de distinguer les objets à vingt pas, elles n’ont pu se rendre compte de l’importance des forces qu’elles avaient devant elles, mais de toute évidence, les Allemands sont nombreux et garnissent déjà la lisière.
Les patrouilles qui poursuivaient les nôtres, accueillies à coups de fusil aux premières maisons de Robelmont, ne cherchent pas à en savoir davantage et disparaissent, mais moins d’un quart d'heure plus tard, les assoillants
- reviennent en forces. C’est plus d’une compagnie déployée qui attaque la localité, à cheval sur le chemin conduisant au bois. Elle est à moins de 50 mètres; on ne la voit pas, dans l’ouate où elle évolue, mais on entend des ordres en allemand, on sent qu’un double mouvement enveloppant se dessine autour de l’obstacle.
Il est 6 h. 30. De Lannurien fait ouvrir le feu, au jugé, les armes horizontales, et prévient son chef de bataillon du danger qui menace ses ailes. Le reste du bataillon est à 200 ou 300 mètres en arrière ; les communications par la vue sont impossibles; la compagnie peut être enlevée, d’autant plus que le chef de bataillon qui avait décidé de placer une section en échelon refusé sur chacun de ses flancs n'a pas encore eu le temps de prendre cette disposition.»
Or, à cette minute même, arrive l’ordre de rejoindre la colonne à son passage à Meix-devant-Virton. Cet ordre, c’est le capitaine adjoint au colonel Rémond, commandant le 1478, qui le porte; il aurait dû parvenir à Robelmont une demi-heure plus tôt, mais le chemin de Berchiwé, qu'avait emprunté l’officier de liaison, était impraticable, les balles y arrivant de Virton par milliers.
Ordre est donc donné au capitaine de Lannurien de rompre le combat et de se replier. Deux sections de la compagnie Sénéchal (82) sont placées à droite et à gauche
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de la route, à hauteur de la sortie sud de Robelmont,
pour protéger le repli de la compagnie de Lannurien. L’ennemi se montra prudent, en dépit des renforts qu’il ne cessait de recevoir. Il constitua un rideau de tirailleurs devant l’obstacle; il étendit son front, à droite et à gauche, mais il ne progressa pas, intimidé par nos feux de rafale. La compagnie de Lannurien se dégagea donc
sans difficulté et par échelons de section, rejoignit le. bataillon qui avait commencé son mouvement de re- .
traite.
Un guide a été requis; il ne s’est nullement fait prier, d’ailleurs, et il conduit le bataillon, à la file indienne, par un sentier encaissé, à travers bois, jusqu’à Meix-devant- Virton. Le brouillard toujours aussi épais, favorisa ici le
bataillon Saget qui put défiler à moins: de 100 mètres des
Allemands, dont on entendait distinctement les conversations. C’est à peine si la compagnie Sénéchal, restée en arrière-garde, fut obligée d’écarter à coups de fusil quelques patrouilles trop audacieuses.
Mais arrivé à Meix-devant-Virton, à 8 heures, le commandant Saget n’y trouve pas son régiment. Il n’y a plus ici que les voitures médicales de la 4€ division et aussi un officier de l’état-major de cette division par qui il apprend que les deux autres bataillons du 147 sont déjà passés depuis longtemps, en route pour Bellefontaine, et qu’un
bataillon serait imprudent en s’aventurant seul dans l’im-
mense zone boisée, où l’on est bien certain maintenant que l’ennemi se trouve en forces. Le commandant décide donc d’attendre à Meix-devant-Virton le passage de deux bataillons du 91e qui, au dire de l'officier d’état-mayor, sont encore en arrière et ne vont pas tarder à arriver.
Les faisceaux sont formés dans le village. Une section est détachée sur la crête qui domine Meix-devant-Virton à l’est; une autre au point où le chemin de Bellefontaine, après le pont de la voie ferrée, pénètre dans le bois, cependant que la fusillade se fait entendre de plus en plus violente du côté de Virton, scandée par des coups de canon dont on distingue mal la provenance.