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Engagement du 91° régiment d’infanterie, à 7 h. 45. — En effet, la bataille faisait rage à ce moment au nord de Virton, et même le 91€ régiment d'infanterie, dernier de la colonne de la 4€ division, qui aurait dû, à ce moment, avoir dépassé Meix-devant-Virton, avait été happé par le combat, à son passage à Houdrigny et avait dû, au lieu de continuer sa marche vers le nord, mettre successivement tous ses bataillons en garde, face à l’est.
Ce régiment cheminait en colonne de route, le bataillon Barrard (3°) en tête, et ce bataillon venait de dépasser Houdrigny, à 7.45, tandis que la fusillade crépitait vers l’est, quand soudain des fantassins du 4€ corps français, Surgissant du brouillard, arrivèrent au pas de course sur la route. C’étaient les débris des 9€ et 12° compagnies du 1152, auxquels s'étaient joints des isolés du 1308, et même des soldats du 1472, venus de Robelmont et égarés; il y avait de nombreux blessés parmi ces hommes qui n'avaient plus de munitions et paraissaient poursuivis de très près par l’ennemi. Le capitaine Cousin, du 115€, qui était avec eux, rend compte au colonel Blondin, commandant le 912, qui marchait en tête du bataillon Barrard, que d'importantes forces allemandes venaient d’enlever la ferme de Bellevue, bousculant les avant-postes de la 8 division; que leur direction d’attaque paraissait devoir les conduire droit sur Houdrigny, et que rien ne semblait devoir s'opposer à leur progression rapide. De fait le glacis descendant du mamelon 280 sur Houdrigny et sur la route de Meix-devant-Virton était déjà balayé par des rafales de mousqueterie.
Le 91e est le dernier élément d’une colonne de division, qui a l’ordre de marcher sur Bellefontaine; il est déjà fortement en retard sur l’horaire prescrit. Le colonel Blondin ne croit donc pas avoir le droit de suspendre un
-mouvement qui doit lui faire rejoindre les trois autres régiments de sa division, et de prendre à sa charge une mission de flanc-garde qui incombe au 4€ corps. Pourtant, devant l’afflux des isolés du 130€ qui ne cessent de se rabattre en plus ou moins mauvais arroi sur Houdrigny,
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il juge nécessaire de prendre quelques dispositions pour parer à tout événement et dégager au moins les fractions compromises de la 89 division, en attendant la division Regnault (32) dont la tête est à ce moment près de Villersla-Loue.
Tandis que le capitaine Cousin rallie dans Houdrigny les éléments désemparés des 115€ et 130€, le colonel donne donc l’ordre au commandant Barrard de porter son bataillon en flanc-garde mobile sur la crête à l’est d’'Houdrigny, et de rejoindre le gros du régiment à Meix-devant-Virton dès qu’il aura été relevé par des éléments de la 3e division. Il informe immédiatement son chef, le général Lejaille, commandant la 7e brigade, de l’obligation où il est de s’arrêter, par le billet suivant :
« 8 h. 15. Des fractions du 1472 venant de Robelmont, me disent qu’elles sont poursuivies par de l’infanterie ennemie. Je porte un bataillon vers 295. Dès que Je serat dégagé, je continuera la marche sur Meix. »
Pendant ce temps, sans arrêt, les bataillons Malmasson (17) et Beslay (2°) ont continué leur marche vers le nord.
Le brouillard commençait à céder dans le fonds de la vallée du ruisseau « Les Forges » quand le bataillon Barrard, en colonne double très ouverte, gravit les pentes du mamelon 280. La compagnie Pétin (99) a pour objectif la cote 280; à sa gauche, la compagnie Coulaux (11€), la crète au nord de ce mamelon; la compagnie Gardey (12°) marche dans les traces de la compagnie Coulaux et la compagnie Bergery (10€) reste disponible à la sortie nord d’Houdrigny. Les compagnies ont pris une formation en échiquier, les sections en colonne par deux.
La compagnie Pétin (9), défilée aux vues et aux coups de l’ennemi, n'est retardée par aucun obstacle; ses sections se glissent à travers les chaumes et gagnent très vite l’objectif désigné. Au contraire, les compagnies Gardey (12€) et Coulaux (11€) doivent franchir un ravin battu par des mitrailleuses qui le prennent d’enfilade, et aussi par d’innombrables balles parvenues en fin de course et