‹ La guerre en action, VirtonChapitre 31 sur 98 · SR RE · texte numérisé non relu

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rasant sur toute sa longueur la pente occidentale de 280; elles doivent en outre couper à la cisaille de nombreuses clôtures de fils de fer barbelés et leur marche est sensiblement retardée.

Les compagnies de première ligne ont déployé chacune trois sections et ouvert le feu, mais en dépit des efforts des officiers, qui fouillent le terrain de leur jumelle, on ne voit rien. On tire dans le bleu. Le commandant Barrard prescrit à ses compagnies de première ligne de s'installer solidement sur le mamelon 280, sans chercher à dépasser la crête et il rapproche la compagnie Bergery (10€) à mipente du mamelon, pour qu’elle soit prête à appuyer la compagnie Pétin.

De la cote 280, on croit enfin apercevoir une ligne feld-grau, à peine plus sombre que les avoines au milieu desquelles elle est : une ligne d’ombre légère qui disparaît d’ailleurs tout de suite, mais manifeste sa présence par le déclenchement d’une fusillade très violente.

Une artillerie qui semble être à l’est de Robelmont, à la lisière des bois, entre aussi en action et des obus de 77mm éclatent, heureusement trop haut, au-dessus de la compagnie Pétin qui se terre.

Il est environ 8 À. 30. Dans le brouillard qui semble maintenant aller se masser à la lisière des bois, on perçoit des mouvements de troupes du côté de Robelmont. Le commandant Barrard rend compte que son flanc gauche est menacé.

Quand ce compte rendu lui parvint, vers 9 heures, le colonel Blondin, marchant en tête de ses 1€T et 2e bataillons, était sur le point d’atteindre le passage à niveau de la voie ferrée, à 1 kilomètre au nord d’Houdrigny. Il allait vers Bellefontaine, son objectif ne prêtant à aucune équivoque. Depuis plus d’une heure, il entendait la bataille qui se livrait vers Virton, mais cette bataille était dans l’ordre des possibilités, puisque le 4 corps avait mission de couvrir le flanc gauche du 2€. Le 4€ corps était engagé;

la mission du 2€ corps n’en demeurait pas moins.

Obligé cependant de couvrir le flanc gauche du bataillon

hrs

Barrard, le colonel donne l’ordre au commandant Malmasson de détacher une compagnie sur la croupe de Berchiwé.

Cinq minutes plus tard, cette mesure apparaissait comme insuffisante, car le feu d’infanterie et d’artillerie redoublait d’intensité dans la direction de Robelmont, et, par surcroît, des obus de plus en plus nombreux venaient éclater sur la route, à tel point que, de toute évidence, la marche vers le nord allait devenir très coûteuse, sinon impossible. Le colonel se décide donc à prendre part à l’action vers l’est. Aussi bien, si l’ennemi restait maître de la région de Robelmont, la colonne du 2° corps serait coupée, et la division Regnault devrait livrer bataille pour rejoindre la division Rabier vers Bellefontaine.

Le commandant Malmasson, autorisé à engager les forces nécessaires pour enrayer les progrès de l’ennemi, porte en avant tout son bataillon, face à Robelmont : deux compagnies en première ligne et deux compagnies en échiquier, débordant à gauche. és

La compagnie Viot (2°), compagnie de gauche de la deuxième ligne, chemine en ligne de sections par deux dans le ravin qui monte de Berchiwé vers Robelmont. Elle est flanquée à gauche par les sections de mitrailleuses des 1er et 2e bataillons. |

Les feux ennemis semblent partir de la lisière de Robelmont, ainsi que des bois à l’est et à l’ouest de ce village, et, pour atteindre Robelmont, il faut franchir un glacis dénudé d’environ 800 mètres. Très vite, les deux compagnies de première ligne subissent des pertes et doivent se terrer. Ainsi que des deux sections de mitrailleuses, elles prennent pour objectif de leur tir la lisière de Robelmont, plus facile à repérer que la ligne indécise de tirailleurs, visible seulement par instants et qui paraît s’étendre indéfiniment vers Virton.

Le commandant Malmasson garde en renfort ses compagnies de deuxième ligne. Isolé comme il l’est, il ne sait pas s’il n’en aura pas besoin tout à l’heure, pour couvrir

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