‹ La guerre en action, VirtonChapitre 32 sur 98 · ERA TENTE AA · texte numérisé non relu

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son flane gauche ou pour se relier au bataillon Barrard.

Le colonel Blondin a rendu compte au général Lejaille, commandant la 7€ brigade, de la nécessité où il était de s’arrêter et 1l lui a demandé l’appui de quelques canons. Après quoi, il s’est constitué, à l’abri, à contre-pente, près d’un passage à niveau, une réserve : le bataillon Beslay (2°) de son régiment et les éléments disloqués du 115 et du 130€, au total environ 200 hommes, que le capitaine Cousin, du 1156, avait mis à sa disposition. Il était plus de 9 heures. Le soleil maintenant était haut sur l'horizon, et combattant lui aussi pour l’ennemi, il dardait ses rayons dans la figure des tirailleurs du 91e.

L'arrêt de la 3° division. — La division Regnault

avait quitté Montmédy à 2 h. 30. Elle avait marché très . lentement, à cause du brouillard et de l’encombrement,

par l’artillerie et par les trains de la division Rabier, d’une route étroite, en remblai et bordée de fils de fer qui empêchaïent les attelages de se garer. De sorte que sa tête débouchait à peine du Haut-Bois à 8 h.30, où quelques voitures attardées de la 4€ division, qui suivaient le 91e, obstruaient encore le passage.

Le général Regnault est Ià, piétinant sur place depuis près de deux heures, n'ayant réussi à obtenir aucun renseignement, impatient, ne comprenant rien à une pareille irrégularité dans la marche. Ayant même de rien savoir, il a profité du répit interminable que lui laissaient les circonstances pour donner quelques instructions au capitaine de Saint-Hilaire, commandant le groupe des escadrons divisionnaires. Avec l’escadron Baillot (5°) que le capitaine a à sa disposition, 1l faudra, tout à l’heure, quand on aura dépassé le Haut-Bois, aller reconnaître le plateau à l’est d’'Houdrigny. Entre Houdrigny et Meix-devant-Virton, la colonne va prêter le flanc pendant plus d’une heure à cette région que le 4° corps d’armée est bien chargé de garder, mais où il ne sera pas

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mauvais d’avoir tout de même un œil, en cas de surprise.

Il faudra aussi, au cours de cette reconnaissance, prendre contact avec les unités du 4€ corps qui auront dépassé Virton. :

L'arrêt s’éternise. Les hommes sont fatigués de ces longues stations successives sac au dos, arc-boutés sur leurs fusils; quelques-uns dorment dans les fossés et on les réveille pour aller s’arrêter dix mètres plus loin; les artil- leurs dorment sur leurs chevaux qui ont serré sur l’infanterie; on n’a rien mangé; la nuit a été courte, terminée à 1 heure du matin, heure à laquelle on a été alerté. le brouillard épais et froid glace les os... on grinche; les commentaires vont leur train, andere de bienveillance à l’égard du commandement.

Des trompes d’automobile sonnent furieusement. Trois voitures fendent péniblement la foule. C’est le général Gérard, commandant le 2€ corps, accompagné de son

état-major. Le général pensait trouver la tête de la 3e divi- .

“sion au delà de Meix-devant-Virton, en plein bois et depuis Thonne-le-Long, il longe des compagnies et des batteries arrêtées. Il demande des explications au général Regnault qui ne peut lui en donner aucune.

Mais en voici : une vive fusillade éclate soudain, très rapprochée, vers Houdrigny. On distingue même bientôt le crépitement précipité de mitrailleuses, et quelques minutes plus tard, le canon gronde vers le nord-est; enfin un compte rendu sommaire provenant du colonel Blondin, commandant le 91€ annonce la présence de l’ennemi sur le plateau de Bellevue et l’obligation où est le colonel de détacher un bataillon en flanc-garde sur les crêtes à l’est d’Houdrigny.

Le déploiement du 87°- — Que l’ennemi soit en forces au nord de Virton, cette éventualité parait peu probable

au général commandant le 2€ corps. étant donnés les ren-

seignements que possède l’armée. Quelque détachement des trois armes a dû se glisser dans les bois : une division de cavalerie peut-être. Le 4e corps dont c’est le rôle,

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ouvrira le passage; quant au 22 corps, sa mission l’appelle vers le nord. Le général Gérard décide donc de suspendre la marche de la 3€ division, tant que l’ennemi n’aura pas été refoulé, tout en se couvrant de ce côté par un minimum de forces : c’est d’abord un bataillon, puis un second, que Pon pourra placer sur les deux pitons qui surplombent Villers-la-Loue, au nord-est et au sud-est, sur la rive droite du ruisseau « Les Forges ».

Le 87€ est en tête. Il est réduit aux bataillon Imard (2°) et Chardoillet (32), le bataillon Cussac (197) ayant été détaché auprès de la 9 division de cavalerie. Le bataillon Chardoillet (3€) a sa tête à la sortie est de Villers-la- Loue.

Il est 9 heures quand le général Carré, commandant la

6e brigade, transmet au colonel Rauscher, commandant ce

régiment, l’ordre du commandant de corps d’armée.

Le bataillon Imard va aller tout entier sur le mamelon 225, au sud-est de Villers-la-Loue ; le commandant Chardoillet conduira deux de ses compagnies sur le mamelon nord-est, laissant deux compagnies dans le village, à la disposition du colonel. Les deux bataillons, partis en colonnes doubles largement ouvertes, les compagnies en lignes de sections par deux, étaient installés à 9 k. 30 sur les positions qu’on leur avait assignées.

L’escadron et l'artillerie divisionnaires. — Le capitaine de Saint-Hilaire estime que le moment est venu d'exécuter la reconnaissance prescrite par le général Regnault. Il scinde donc l’escadron Baillot. Laissant au capitaine, à Villers-la-Loue, les pelotons de Boiville et de la Porte, il se met à la tête des pelotons de Lamber-

terie et de Castres, descend avec eux au grand trot dans

le ruisseau « Les Forges » et leur fait gravir en fourrageurs l’autre versant, sous les obus qui commençaient à tomber dru. Apercevant la ligne du 91€ couchée, qui faisait le coup de feu, il renvoie les chevaux dans le ravin, déploie 3 escouades à pied à la droite de l’infanterie et rend compte

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au général Regnault que la lutte est déjà chaude à l’est d’'Houdrigny.

Le général s’en doutait à la persistance de la fusillade et aux projectiles d’artillerie lourde qui écrasent maintenant les maisons de Villers-la-Loue ou creusent dans les champs des entonnoirs invraisemblables d’où s’échappe une abondante fumée noire. Il déploie donc immédiatement son artillerie.

Les trois groupes du 17€ régiment divisionnaire sont là, sur la route, le groupe Defrance (1°) en tête, dans Villers-la-Loue. Ce groupe tourne à gauche dans le chemin du bois Lavaux et va se mettre en batterie derrière la crête où est le bataillon Chardoillet, près du Calvaire.

Le groupe Deslions (20) suivait, à hauteur du Haut-Bois. Il oblique à gauche, lui aussi, et se met en batterie le long de la lisière du bois.

Quant au groupe de Montlebert (30), dont la tête était à l’entrée du Haut-Bois, il se porte en avant, prend le chemin du Bois Grehire et trouve là une excellente position avec un observatoire qui lui procure des vues très étendues dans la direction de Virton.

Le général Gérard, jugeant ces dispositions suffisantes pour couvrir l’arrêt prolongé de la 3€ division, attend des renseignements plus décisifs pour faire davantage. Seulement, il est inquiet sur le sort de sa 4° division, avec qui les communications peuvent être dangereu-. sement gênées si la route de Meix-devant-Virton est rendue inutilisable pendant quelque temps. Pour que cette division ne lui échappe pas, même si l’ennemi est en force dans le bois, le général commandant le 2e corps transporte son poste de commandement à Sommethone d’où les communications avec Bellefontaine sont assurées par Gérouville.

Le bataillon Saget (2°), du 147°, quitte Meixdevant-Virton, appelé à Bellefontaine.

De fait, les communications par la route de Meix vont être coupées entre les 39 et 4€ divisions. A 9 heures,

un seul élément les maintenait encore, par un effet du hasard : le bataillon Saget du 147€ que nous avons vu venir de Robelmont à Meix-devant-Virton.

Ce bataillon est là, sans directives, sans nouvelles de son régiment, ni de la 4€ division, ni même de la 3°; aucun des agents de liaison envoyés vers Bellefontaine ou vers Villers-la-Loue, n’est revenu; il est entièrement isolé. Sentant la nécessité de ne pas laisser l’ennemi arriver jusqu’à la route, le commandant a poussé la compagnie de Lannurien (7€) sur la crête est de Meix, puis, l’ennemi devenant menaçant, 1l à fini par déployer toutes ses compagnies face à Robelmont. |

Quand le brouillard s’est levé, on a pu voir des troupes françaises gravir les pentes de Cawette et s’y figer dans les flocons blancs des obus. Puis de la cavalerie et de Pinfanterie allemandes se sont installées à gauche dans la ferme de Verly, ont ouvert le feu sur le bataillon et cherchent à le déborder par les bois; une artillerie et des mitrailleuses allemandes, installées dans la région est de Robelmont qui brûle, le couvrent de projectiles.

Le commandant Saget va cependant rester dans cette situation, subissant des pertes, mais gênant incontestablement l’ennemi du côté de Robelmont, où il a réduit ses mitrailleuses au silence, et du côté de la ferme de Verly, où il l'empêche de déboucher des bois de Fréchy.

A 9h.45, voici enfin un ordre du colonel Rémond, commandant le 1472. Il faut rejoindre en toute hâte le régiment vers la ferme de la Hage; la 4€ division se bat à Bellefontaine.

Sous un feu violent d'infanterie et d’artillerie, l’ordre du repli est donné. La compagnie de Lannurien (72) restera en position pour protéger le mouvement. Mais l'agent de liaison qui portait cet ordre au capitaine de Lannurien est tué. Le bataillon se retire et la 72 compagnie ne s’en aperçoit pas.

Le capitaine de Lannurien, blessé par une balle qui lui a traversé la cuisse, se rend compte pourtant dès 70 h. 50

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de son isolement. Il ne sait à quoi l’attribuer : à un oubli de son chef, peut être — quand on est blessé, on manque de bienveillance — mais sentant pleinement l’utilité de son action, il reste encore là environ une demi-heure, avant de se replier, par échelons, sur Meix. Quand il arrivera dans cette localité, vers 71 h. 80, le gros de son bataillon l’a déjà quittée, se hâtant vers Bellefontaine.

L’ennemi. — Connaissant la nature exacte du danger qui menaçait la [Xe division allemande sur son flanc gauche, nous comprenons pourquoi ses colonnes d’assaut n’ont pas progressé sur Virton vers 8 h. 30, quand le brouillard s’est dissipé. |

A ce moment, la situation de cette division apparaît ainsi :

Cinq de ses bataillons sont déployés sur le plateau de Bellevue, et son artillerie divisionnaire est en batterie à la lisière des bois;

Les trois bataillons du 58° avec une batterie et un escadron, observent les régions de Robelmont et de Meixdevant-Virton, où les uhlans ont signalé l’ennemi,

Le IIe bataillon du 72 grenadiers est massé en renfort à la lisière du bois, près de la route; les Ier et ITe bataillons du 19€ sont en colonne, leur tête au coude de la route entre les bois de Naux et de Virton;

Le IIIe bataillon de ce dernier régiment, envoyé, la veille, en soutien de la IIIe division de cavalerie, n’a pas encore reJoint.

L'occupation de la ferme de Bellevue (8 heures). — Sur le plateau de Bellevue, le combat mené par les cinq bataillons des 7€ grenadiers et 154€ de ligne s’est développé favorablement, surtout à la droite de la ligne allemande, où le IeT bataillon du 7€ grenadiers a dépassé la ferme de Bellevue.

L’historien officiel allemand de la « bataille de Longwy » (1), témoin des événements, a voulu faire de l’enlève-

() Haupt von Murius : Der Grosse Krieg in Einzeldarstellungen. Die Schlacht bei Longwy.

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