QU
ment de vive force de cette ferme, un brillant épisode, une page de gloire pour le beau régiment commandé par le prince Oscar de Prusse. Trop de témoignages irrécusables s'inscrivent en faux contre sa version pour qu'il soit possible de l’accepter comme vraie.
La réalité apparaît modeste. Nous avons vu la compagnie Cousin (12°) du 115€, renforcée par les débris de la compagnie Rocquencourt (9), tenir pendant près de deux heures devant cette ferme, jusqu'à l’épuisement complet de ses munitions; et nous avons montré ces deux unités, réduites ensemble à une centaine d'hommes, se repliant sur Houdrigny, un peu après 7 heures, sans être particulièrement pressées par l’ennemi.
Il n’y avait donc plus à 8 heures que des morts et des blessés dans l’intérieur de la ferme de Bellevue et à l’extérieur, contre ses murs ou dans les fossés de la route, quand l’assaut allemand se produisit.
Le feu est tout de suite mis à la paille et aux matelas qui avaient été préparés pour les Français, et la ferme est bientôt la proie des flammes, ainsi que les blessés qu'elle abritait. Ces malheureux pouvaient être une cinquantaine.
“es blessés qui sont sur la route, on les achève d’une balle dans la tête. Le propriétaire, M. Servais, coupable d’avoir accueilli les Français, est dépouillé de ses chaussures, fouillé et entraîné par des soldats que dirige un offieier. Conduit dans le bois avec sa femme, ses enfants et son domestique, 1l allait être fusillé quand il réussit à s'enfuir.
Tel est le fait de guerre qui motiva ce télégromme enthousiaste de Guillaume IT à son fils : |
« Au prince Oscar de Prusse, Grenadiers du Roi. Bravo, mon garçon! »
Après dix ans, toute lumière faite, 1l ne nous est possible d'approuver, ni l’exploit du fils, ni les félicitations du père.
Bellevue dépassée, le 72 grenadiers poussa en avant dans le brouillard, bataillons accolés : le Ier à droite, le IIIe à gauche, ce dernier à cheval sur la route.