‹ La guerre en action, VirtonChapitre 40 sur 98 · MONTE · texte numérisé non relu

MONTE

la compagnie Rozet (6€); à droite, la compagnie Borius (7e), celle-ci cherchant à se lier au bataillon Favier. Les unités, en ligne de sections par quatre, par deux ou par un, se glissent dans le brouillard, à travers les Jardins, le long des murs ou dans les fossés, progressant vers la cote 260, sans éprouver de pertes.

Les éclaireurs signalent que la crête où le bataillon doit s'installer reçoit des feux paraissant venir d’une crête parallèle que l’on aperçoit à environ 200 mètres dans la brume indécise.

Les sections se sont déployées si facilement que le commandant Brunet ne croit pas l’ennemi en forces sur la crête en face et donne l’ordre de l’en chasser. Mais à peine les nôtres se montrent-ils à découvert qu’un formidable tir de barrage les accueille. Il faut revenir en arrière et attendre, abrités dans les avoines, le renfort de la 8 et l’appui de l’artillerie.

La compagnie Moriceau (9°) était près du cimetière quand elle reçut l’ordre du commandant Favier de se porter à la gauche du 32 bataillon. La section de l’adjudant Motel est laissée au colonel Fropo qui l’a requise pour la garde du drapeau et le capitaine Moriceau prend comme direction la cote 260 où il pense trouver la gauche de son bataillon.

Mais on s’égare dans des jardins dont il faut contourner les clôtures, ce qui rejette vers l’ouest, de sorte que la 9 compagnie ne peut réellement songer à s’orienter que parvenue hors de la zone des habitations. C'est alors à la boussole qu’elle marche dans la brume épaisse vers le nord-ouest, les trois sections en ligne de sections par quatre, ignorant jusqu'à la présence du bataillon Brunet, déjà déployé en avant dans cette région. En tête et à droite, précédée d’éclaireurs et avec le capitaine, marche la section du sous-lieutenant Fouquet; au centre, celle du sergent-major Maupas; en arrière et à gauche, celle du lieutenant Roger.

On va prudemment, car, en avant, la fusillade est intense et que l’on ne sait pas exactement où l’on va

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aboutir. Tout à coup, après avoir entendu sonner la charge et redoubler la fusillade, la section Fouquet, parvenue à quelques mètres de la cote 260, se trouve au milieu de groupes de la compagnie de Clercq (10€) qui refluaient, sans gradés. Le capitaine Moriceau rallie ces hommes assez facilement, les replace face en avant et arrête sa compagnie. En attendant d’être mieux orienté, il se tient prêt à faire face à une attaque de l’ennemi.

Les trois bataillons du 124° essaient de refouler.

l'ennemi. — En effet, depuis 9 heures la situation s’est aggravée sur le front du régiment.

Aux termes de l’ordre reçu, ce régiment avait une mission défensive. Il n’aurait pas dû dépasser la crête qui couronne Virton, en are de cercle, marquée par Ja cote 260, les Réservoirs et la cote 265.

Mais à 9 heures, la cote 265 était perdue, nous verrons à la suite de quelle fausse manœuvre imposée au bataillon Graff (2€) du 115€. Dès lors, les unités du bataillon Fa-

vier (3°) du 124€, parvenues à la crête des Réservoirs,

étaient prises en écharpe par le sud-est.

Faute d'outils en nombre suffisant, les hommes creusaient le sol, assez mou heureusement, avec leurs mains

et le couvercle de leur gamelle; ils s’abritaient derrière

leur havresac, mais sous les shrapnels qui commençaient à éclater, assez inoffensifs, il est vrai, parce que dirigés trop haut, leur situation devenait pénible, maintenant qu'une brise du sud chassait en gros flocons le brouillard vers les bois, et que le soleil commençait à se montrer.

Bataillon Favier. — Le commandant Favier, qui avait vu les Allemands se replier en toute hâte, sans même emporter leurs blessés, pensa qu’un effort suffirait pour les rejeter et permettre à ses compagnies de pousser au delà de la crête, à l’abri des feux d’écharpe.

Les clairons du bataillon sonnent la charge. Tout le

monde saute sur pieds, baïonnette au canon, et, officiers

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