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B) AVEC LE GÉNÉRAL BOELLE SÜR LE MAMELON

Le P. C. jusqu’à 14 heures. — Qualifier de P. €.

l'installation du général commandant le 4€ corps sur le mamelon 280, sereit employer un vocable consacré par l’usage, mais qui ne répondrait pas à la réalité. Il v avait là, près d’un petit bois triangulaire, au sud de la route, sans moyens de communication et sans possibilités de travail, cinq ou six officiers qui attendaient des ordres, des renseignements ou la poussée des événements. Depuis midi, le général de Lartigue est venu sur ce plateau, lui aussi, avec une partie de son état-major, puis le général Desvaux, commandant la 46° brigade.

Le 1 Les historiques des 46e et 154° régiments prussiens n’ayant pas paru, il n’a pas été possible d'identifier cette troupe.

ne

Ainsi que le général Boëlle l’avait fait prévoir, la veille au soir, dans son coup de téléphone au général Grossetti (1), les deux divisions du corps d'armée, séparées l’une de Pautre par une région difficile, se battaient chacune pour leur compte, sans direction possible et dans des conditions extrêmement critiques.

De toute la matinée on ne sut rien de la 72 division; rien même du 442 régiment d'artillerie qui avait été appelé vers 9 heures sur le mamelon 280. À midi seulement le colonel Sabatier arrivait, avec le cagitaine Segrétain, de l’état-maJor, envoyé à la recherche des batteries. Il rendait compte de la décision qu’il avait dû prendre, de scinder son régiment, pour appuyer à la fois les 7e et 8e divisions. Le général Boëlle approuva cette mesure.

A midi 30, c’est ce compte rendu du colonel Lacotte, commandant la 13€ brigade, de la division de Trentinian :

Colonel Lacotte, comm 132 brigade, à Général commt le 4 C. À,

‘Les éléments passés sous mon commandement, entre Gomery et Ethe, comprenaient, à 7 h. 50 : 6 compagnies du 101€, le 102€ tout entier, 2 groupes de l'artillerie divisionnaire. Ces éléments se sont engagés sur Ethe, par ordre du général de Trentinian, pour le dégager d’Ethe. Or, cette infanterie n’a absolument pas pu sortir des bois, attendu que la lisière était battue par l’artillerie adverse et que notre artillerie n’a jamais pu deviner les positions de l’artillerie adverse. Les 6 batteries ont dû se replier dans les bois, au sud de Ruettes,

P. O. L'officier d’état-major.

Ceci est d'autant moins rassurant qu'aucune nouvelle directe n’est encore arrivée du général de Trentinian… Mais voici le capitaine Jullien, de lPétat-major de la 7e division. Il est sorti d'Ethe par miracle, à travers de violents tirs de barrage; son cheval est blessé, son harnachement criblé de balles. Il a quitté le général de Trentinian à 10 heures (?)}, au moment où, la 14€ brigade

(:} Voir Ethe, p. 16.

(*) Voir Ethe, p. 83.

refoulée dans Ethe avec des pertes élevées, la défense de la localité s’organisait. Au passage à Gomery, il a porté au colonel Lacotte l’ordre d'intervenir vers Belmont avec les éléments disponibles de sa brigade.

Sur le résultat du mouvement offensif de la 132 brigade, on est déjà pleinement fixé par le compte rendu du colonel Lacotte… Le général Boëlle et le colonel Degoutte se concertent. Un rapide examen de la carte montre que si la 7e division ne peut pas se maintenir sur le plateau de la Malmaison, la 8° division, tournée ce soir par ces bois,

. devra abandonner la position 280—Montquintin. La 7€ di-* vision est-elle encore en état de se battre? Tout est là!

Le colonel Degoutte charge le capitaine de La Brosse, commandant l’escadron divisionnaire, d’aller vers Latour, voir et se renseigner. Le capitaine part vers 13 heures.

À 14 heures, c’est le capitoine Lanoix qui est envoyé dans la région de la Malmaison. Il doit prendre une automobile et passer par Torgny et Charency. On attend toujours... Que faire d'autre? Mais qui dira l’angoisse de ces heures pour des hommes ardents dont le cerveau, en pleine activité, voit clairement le danger mortel de la situation, et qui n’ont aucun moyen de conjurer le destin? Avec

ténacité et ponctualité, une batterie allemande de 150mm

envoie, toutes les dix minutes, une rafale de 4 coups sur le chemin près duquel se trouve le P. C. : 2 coups longs, 2 coups courts, 4 explosions formidables, 4. cratères. Le général Boëlle, tout à ses pensées, ne voit rien, n'entend rien. La jumelle à lœil, il suit le combat qui paraît favorable vers Robelmont. On avance de ce côté, mais à droite, vers Latour, que se passe-t-11?.… Où est la 7e division?

La liaison avec la 7° division. -— Le général de Lartigue a déjà envoyé ce qui restait de l’escadron divisionnaire vers Ruettes et vers la Malmaison, pour se lier à

la 7€ division. Il reste les régiments de réserve, mais ils

sont disloqués. Du 315e, le 6€ bataillon est parti à 6 heures, ce matin, pour Marville, où il garde le P. C. de la 3° armée.

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