‹ La guerre en action, VirtonChapitre 61 sur 98 · D) L’ORDRE DE STATIONNEMENT · texte numérisé non relu

D) L’ORDRE DE STATIONNEMENT

Le général Boëlle ignorait tout cela à 17 heures. Par le capitaine Pellegrin, du G. Q. G.; par le commandant Tanant,

(3) Le bataillon Boone ne sera pas abandonné. Les débris de la 14° brigade, sortis d’Ethe à 20 heures, passaient à La Malmaison à 22 heures, et le recueihaient

de l’État-major de l’armée; par le capitaine de La Chavignerie, il savait la situation mauvaise au 5° corps et peu brillante à la 7€ division, mais à Virton, la bataille paraissait stabilisée et même, à la jumelle, il pouvait voir, à ce moment, un reflux des Allemands vers Robelmont, reflux que notre artillerie accompagnait vigoureusement. S'il eût eu des forces disponibles, 11 eût même prononcé une attaque

décisive; mais il n’avait plus que cinq ou six compagnies .

fraîches et cette ultime réserve, 1l devait la conserver, en cas d’imprévu. En attendant d'y voir plus clair, c’est donc un regroupement des unités qui s'impose, pour être en mesure de reprendre la lutte demain.

A 18h. 30, un ordre de stationnement est rédigé, aux termes duquel les 115€ et 1172 tiendront Montquintin, Dampicourt et Saint-Mard et la 7€ division, la lisière des bois au sud de Ruettes. Le P. G. de la 8e division s’installera à Harnoncourt; celui du 4° corps, à Lamorteau. Le général Desvaux, qui vient de recevoir le commandement de toute l’infanterie de la, 8° division, donne les ordres d'exécution :

Au commandant Graff, dont le bataillon, le 2° du 115€,

est toujours à Saint-Mard, de tenir dans Saint-Mard jus-

qu'à nouvel ordre, pour permettre au gros de la division de se retirer sur Harnoncourt, où il ira lui-même cantonner plus tard;

Au colonel Jullien, commandant le 117€, d’aller regrouper son régiment à Dampicourt; |

Se

Au colonel Gazan, commandant le 1152, de regrouper

le sien à Lamorteau;

Au capitaine de La Chesnelière, commandant les débris du 130€, de rallier ses éléments à Lamorteau;

Au lieutenant-colonel Dubosq, du 124€, de constituer un détachement de trois compagnies fraîches et d’une section de mitrailleuses, pour surveiller les lisières est et sud-ouest des bois de la Côte et de Guéville.

Les compagnies Maturie (1'€) et Duboucher (4°) du 115€, la compagnie Moureaux (2°) et la section de mitrailleuses

Fourtier, du 124€, seront désignées pour ce service, à leur passage à Harnoncourt (1).

Un peu après 19 heures, tandis que ces ordres s’élaboraient et qu'avec le soir, le calme. paraissait revenu sur le champ de bataille, dans le lointain, vers Robelmont, un grand bruit monts. Des clairons et des tambours sonnaient et battaient la charge; des cuivres faisaient éclater la Marseillaise, hurlée par des milliers de voix.

Les cœurs battirent à se rompre. Fébriles, les jumelles fouillèrent ces hauteurs que le crépuscule commençait à envelopper et on put encore apercevoir des masses allemandes s'enfuir à toutes jambes vers les bois.

C'est le 1172 qui accomplissait sa mission, de concert avec des bataillons du 2° corps.

{(:) L’exécution sera des plus difficiles et le but cherché ne sera finalement pas atteint, dans cette région boisée, abordée la nuit, sans reconnaissance préalable. En particulier la compagnie Moureaux et la section de mitrailleuses Fourtier qui devaient occuper la lisière du bois de Guéville, face à Allondrelle, conduite par un guide belge, marchant à la file indienne ne parvint pas à se dégager des fourrés. La colonne fut coupée dans la nuit. Les officiers, qui marchaïent en tête, arrivèrent avec le guide au point fixé, mais les trois quarts de la compagnie, avec l’adjudant Surzur et le sergentmajor Maunoury, se perdirent et furent recueillis, grâce à un hasard extraordinaire, par le lieutenant-colonel Dubosq. Ils n’arrivèrent à leur poste qu’à 5 h. 30 du matin.

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