‹ La guerre en action, VirtonChapitre 68 sur 98 · C. — LE DERNIER COUP DE CANON · texte numérisé non relu

C. — LE DERNIER COUP DE CANON

Le général Boëlle quitte le P. C. de 280. — Sur’

le mamelon 280, le général Boëlle et tout l’état-major du 4e corps avaient attendu, anxieux et im;uissants, le résultat de la ruée dont le bruit était monté jusqu'à eux. Après la Charge et la Marseillaise, ils avaient entendu les sonneries de Cessez le feu et du Rassemblement; puis, un peu avant 20 heures, dans la nuit constellée d’étoiles dont des feux, signaux ou incendies, trouaient brutale’ ment l’obscurité, le calme était revenu, profond et tragique.

Le général Boëlle se décida à s’arracher à son observatoire, d’où il ne voyait plus rien, mais d’où il dominait ces plateaux, dont la charge qu’il venait d’entendre affirmait qu’il était maître. S’approchant tout à coup de la batterie Guillet, du groupe Joly (3e) : « Tirez une dernière salve, ordonna-t-il au capitaine, pour dire à ces gens-là que le champ de bataille nous appartient. » Une salve ébranla Pair, quatre éclairs de feu s’allüumèrent à la lisière des bois, vers Belmont, puis, lentement, on descendit vers FHarnon-

court. Des officiers d’artillerie revenaient de reconnais-

sance. Le général arrêta au passage le capitaine Joly, commandant le 3€ groupe du 31€ : « Je vous prie, lui dit-il, de faire tirer encore quelques coups de canon au moment de vous relirer, pour bien montrer aux Allemands que le terrain est à nous. »

L'ordre fut exécuté. Au moment d'amener les avanttrains, pour aller bivouaquer à Harnoncourt, la 8€ batterie, commandée à ce moment par le lieutenant René, en l’ab-

sence du capitaine Mars, non revenu de reconnaissance,

tirait une salve sur Bellevue qui flambait. L’état-major allait arriver à Lamorteau. Le général Boëlle, consultant sa montre, fit remarquer au capitaine Leboiteux qui venait de le rejoindre, retour de sa mission auprès du général de Trentinian, qu'ilétait 20 h. 20.

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Le dernier coup de canon de la bataille nous appartenait; mais à 27 heures, les Allemands dirigèrent le feu de leurs obusiers de 150mm sur l’ambulance du couvent Saint- Joseph. Ils devaient encore, le lendemain, enlever à la baïonnette les ambulances d'Ethe et de Gomery ‘où il n'y avait que des blessés, et massacrer ces derniers ou les faire brûler vifs. |

Les ordres pour le 23 août. — L’état-major du 4e corps arrivait à Lamorteau à 21 heures et l’ordre préparatoire pour la journée du lendemain, déjà prêt, était immédiatement expédié. Voici cet ordre :

Q. G. de Lamorteau, 22 août, 19 heures.

Les troupes seront prêtes à partir à 2 heures du matin.

On devra être placé, à.3 h. 30, sur les positions qui seront indiquées après réception des ordres de l’armée. .

Les trains régimentaires se replieront aussitôt après les distributions : ceux de la 72 division sur Marville ; ceux de la 82 division sur Flavigny.

A 23 heures, l’ordre de l’armée n’étant pas encore arrivé, le général commandant le 4€ corps se décida à faire rédiger . un ordre général d'opérations. Le voici :

Q. G. de Lamorteau, 22 août, 23 h, 30.

Ordre général d'opérations n° 19 pour la journée du 23 août.

I. — Devant le 4° corps, l’ennemi a été maintenu à gauche (ouest) au nord de Virton; à droite (est), la 7€ division s’est reportée vers le sud-est. A la gauche du corps d’armée, le 2€ corps a progressé vers le nord. A la droite du corps d’armée, le 5€ corps s’est replié légèrement.

II. — Demain, le 4e corps continuera la lutte sur le front : Couvreux (2km500, ouest de Dampicourt), Montquintin, Lamorteau, lisière sud du bois Géline, 303, rive gauche de la Chiers, ouest de Vezin (inclus). Les villages de Dampicourt, Rouvroy, Harnoncourt,

La Malmaison seront organisés défensivement en avant du front,

La 8e division, en liaison avec le 2° corps, au nord-ouest de Cou-

vreux, organisera très fortement le front Couvreux, bois Géline,

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inclus; la 7e division, la hauteur 303 et Vezin, sur la rive gauche de la Chiers.

La 8e division disposera du génie de corps et du groupe d’artillerie de corps qui est avec elle.

Liaison entre les deux divisions : Torgny, appartenant à la 8° divi-

sion.

L’artillerie de corps prendra position sur les hauteurs Couvreux,

Montquintin, 282. |

Toutes les troupes devront être en position à 3 h. 30. Le train de combat à Verneuil (800 m. S.-0. d’Écouviez), pour ravitailler en munitions la 8° division. Il devra y être à 6 heures. La 7e division se ravitaillera directement à Vezin, au 2e échelon du parc d’artil- -erie.

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